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L'Abbaye de la Bourdillière.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 06:29 (2014)    Sujet du message: L'Abbaye de la Bourdillière. Répondre en citant

L'Abbaye de la Bourdillière.
Genillé sur Indrois.


Le 24 mai 1662, Louis de Menou acheta le château de La Bourdillière (15ème siècle) Il y fonda un prieuré de femmes qui devint un couvent royal (et une abbaye) le 14 avril 1688. Il fut dissout en 1770. Les bâtiments (17ème siècle) des religieuses de l'ordre de Citeaux ont été conservés.

La Bourdillière formait deux fiefs dont l'un relevait de Loches. En 1662, Louis de Menon en devint propriétaire et, veuf et entré dans les ordres, fonda un couvent de Filles de l'ordre de Cîteaux. Les premières religieuses appartenaient toutes à sa famille. D'abord prieuré, le monastère est érigé en abbaye en 1688. Il fut supprimé en 1770 par ordonnance de l'archevêque de Tours. Le logis seigneurial, devenu ensuite logis abbatial, est composé d'un bâtiment accompagné d'un pavillon, sur plan trapézoïdal, à l'angle nord-ouest duquel se dresse une tour cylindrique. Sur la façade sud fait saillie une tour polygonale, contenant la vis de pierre reliant les étages. Le château était entouré de douves. Des bâtiments monastiques construits au 17e siècle, subsiste un grand corps de logis qui était le bâtiment des religieuses.

Un monastère familial au XVIIe siècle :  Le Prieuré Cistercien de la Bourdillière (1662-1769)
L'histoire du prieuré de Notre-Dame de La Bourdillière qui n'excède pas la durée d'un siècle est très intéressante, surtout en raison du caractère très spécial du monastère à ses origines. Il a en effet été fondé par un père de famille entré dans les ordres, qui y accueillit ses sœurs, ses filles, ses cousines et ses nièces, de sorte que tout le monde y appartenait à la même souche familiale. Toutefois, les archives accessibles sont peu nombreuses et peu explicites, et nous en serons réduits à présenter ici une courte notice, ramassant les quelques faits et données qu'il nous a été possible de recueillir. La création de La Bourdillière vient au terme des nombreuses fondations féminines qui eurent lieu à cette époque en Touraine comme dans l'ensemble de la France. Dans un travail sur le prieuré bénédictin du Boulay au XVIIe siècle, nous avons énuméré les fondations réalisées sous l'épiscopat de Mgr Bertrand d'Eschaux (1617-1641) Sous son successeur, Mgr Victor Le Bouthillier (1641-1670), qui avait été son coadjuteur de 1630 à 1641, on vit les fondations du couvent de l'Annonciade céleste à Tours en 1643 , des chanoinesses régulières, dites « Viantaises », de Beaulieu-les-Loches la même année, des Augustines hospitalières de Sainte-Maure, toujours en 1643, des Ursulines de Montrichard (1642) et de l'Ile-Bouchard (1645).

 


Dans l'ensemble, et si l'on excepte le couvent des Annonciades, ces fondations n'ont rien de spécifiquement monastique; les fondations des Feuillants, du Carmel, de la Visitation et du Calvaire (à Tours et à Chinon) appartiennent à la génération précédente ; par contre, l'époque où s'effectue la fondation de La Bourdillière (1662) est celle où, dans le diocèse, sont réalisées les « réformes » monastiques, tant d'hommes que de femmes : Marmoutier (1629); Bourgueil (1630), Le Boulay (avant 1637), Saint-Julien de Tours (1637), Noyers (1659), Cormery (1662), Beaulieu-les-Loches (1662), Turpenay (1667), Villeloin (1669) Ce fait a pu avoir une influence sur la nature de la fondation de La Bourdillière. Il faut en outre remarquer son caractère insolite : c'est une fondation rurale alors que le début du XVIIe siècle voit précisément les monastères de « filles » quitter la campagne pour s'installer dans les villes, à l'abri des murs. Fils de René II de Menou, seigneur de Boussay et Genillé, et de Madeleine Fumée, Louis Menou était l'aîné d'une famille de 28 enfants (14 du premier lit, 14 du second). Agé de 14 ans. Il est enseigne au Régiment de Touraine-Infanterie ; à 15 ans, il est capitaine au Régiment de Normandie. Il quitte tôt le service, cependant, pour se marier avec Catherine Perrot du Plessis, fille d'un grand-maître des eaux et forêts aux départements d'Anjou, de Touraine et du Maine. Devenu veuf à l'âge de 30 ans, il entre dans les ordres et reçoit l'ordination diaconale. C'est alors qu'il songe à fonder un monastère de moniales. En 1662, il achète la terre et seigneurie de La Bourdillière en Genillé à un parent de sa femme, Louis Perrot, pour la somme de 52.000 livres. Le logis seigneurial, situé dans la vallée de l'Indrois, datait du XVe siècle ; il avait d'abord appartenu aux Fumée, médecins renommés au temps de Charles VII et de Louis XI. Le seigneur de Boussay fait ensuite les démarches nécessaires auprès des autorités ecclésiastiques et civiles.

 


Information fut faite au nom du roi sur l'utilité de l'établissement à La Bourdillière d'un couvent de Dames, par le seigneur de Maray, Emery Dalloneau, conseiller du Roi, lieutenant-général au bailliage et siège présidial de Loches. Pour constituer le premier noyau de la communauté, Louis de Menou sollicita plusieurs de ses parentes qui avaient fait profession en divers monastères. Deux au moins nous sont connues avec quelque précision : Madame Scholastique de Menou, probablement l'une de ses sœurs, moniale à Beaumont- les-Tours en 1644, et une autre Madame de Menou dont on ignore le prénom, moniale au Boulay, près de Châteaurenault, en 1652. Par contre, on ne sait pas où était religieuse
Claude Menou, la sœur aînée dont Louis fit choix pour première Prieure. Le contrat de fondation date de 1662; les moniales ont déjà été installées à La Bourdillière et y mènent la vie régulière sous la direction de Claude de Menou, prieure. Louis de Menou leur cède La Bourdillière et une fondation suffisante à condition qu'on lui laisse porter le titre de « fondateur » et que l'on accueille plus tard, sans dot, dans le monastère quatre de ses filles. Les lettres de l'archevêque de Tours, Mgr Victor Le Bouthillier de Rancé, qui autorisent l'établissement, sont datées du 18 avril 1662. Le fondateur se réservait le choix de la prieure.

La communauté se compose essentiellement de quatre des sœurs de Louis de Menou : la prieure Claude, Scholastique, et deux autres ; et de trois de ses demi-soeurs, filles de Louise de Montfaucon : Madeleine, Françoise et Louise. Pourquoi le prieuré choisit-il de prendre les observances cisterciennes ? Les fondations cisterciennes du XVIIe siècle sont rares dans la région ; il n'en existe ni au diocèse de Poitiers, ni en celui de Luçon, ni au Mans, ni à Rennes, ni à Nantes, ni à Chartres, ni à Blois, ni à Orléans ; la seule fondation cistercienne est celle de Sainte-Catherine d'Angers, faite en 1638 avec des moniales du Perray-aux-Nonnains par Catherine Licquet. Il est probable que l'adoption des observances cisterciennes a été résolue sous l'influence de l'abbaye du Pont-au-Dames, au diocèse de Meaux. Réformée elle-même avant 1629 par une moniale de Montmartre, Claude de Beauvillier, disciple de sa sœur Marie, la grande abbesse, et émule de sa sœur Françoise, abbesse d'Avenay, l'abbaye de Pont-aux-Dames avait restauré en Touraine le prieuré du Boulay (avant 1637) et donné à l'abbaye de Beaumont une abbesse en la personne d'Anne-Marie Cochefilet de Vaugelas (1647-1669) qui précisément était parente des Menou.

La Bourdillière adopta donc les observances cisterciennes et les moniales portèrent la coulle blanche et le scapulaire noir, mais le prieuré ne fut jamais affilié à l'ordre ; on ne trouve aucun acte relatif à lui dans les procès-verbaux des Chapitres généraux. Quelque temps après la fondation, quatre des filles de Louis de Menou, Catherine, Anne, Marie et Agathe, et treize de ses nièces vinrent chercher abri dans le monastère (25), de sorte que la maison n'abritait pas moins de vingt-quatre religieuses, toutes parentes. En 1668, le monastère reçoit des lettres royales de confirmation. Un peu plus de 25 ans après la fondation, avant 1688, Louis de Menou transmettait au Roi son droit de nommer la supérieure ; le monastère changeait donc de caractère et devenait « royal » (26). Par lettres patentes du mois d'avril 1668, Louis XIV nomma pour coadjutrice de la première prieure la fille de Louis de Menou, Catherine. Il n'est pas du tout certain que le monastère ait été érigé en abbaye ; les bulles pontificales semblent inexistantes ; mais il a pu en porter le titre, car on le donnait volontiers aux monastères ayant des prieures à vie (Le Boulay, par exemple)

En 1696, le monastère est devenu numériquement l'un des plus importants de la région puisqu'il compte 44 religieuses (43 selon le Mémoire de Miromesnil de 1697) mais il a seulement un revenu de 1.500 livres. Pour loger les moniales, il a fallu construire à l'Est de l'ancien logis seigneurial un grand bâtiment qui subsiste encore. Claude de Menou, la prieure perpétuelle établie par son frère, mourut en 1691; sa nièce, et coadjutrice depuis 1688, Catherine Ire lui succéda. Catherine Ire reçut à son tour comme coadjutrice en 1714 sa nièce Catherine II, fille de René III de Menou et de Dorothée de Chasteignier. Elle gouverna le monastère plus de vingt ans et était encore en charge en 1734. En 1746 et 1752, l'abbesse est Catherine III ou Catherine- Françoise de Menou. Carré de Busserolle donne ensuite le nom de Marie-Eléonore de la Roche-Menou en 1764 ; mais la maison se survivait. Selon Dom Cotineau qui cite Lecestre, mais aurait besoin d'être contrôlé, il n'y aurait plus eu que cinq religieuses au moment de la suppression, sur les 44 de 1698. Car le monastère fut supprimé : en 1769 Mgr Henri-Marie-Bernardin Rosset de Fleury ferma le monastère et invita les moniales à se joindre à la communauté de Beaumont-les-Tours ; il nomma un régisseur pour les biens appartenant à la maison conventuelle de La Bourdillière, Claude Bressault, de Loches, qui installa un gardien, Jacques Pasquier, garçon jardinier, avec mission « d'entretenir les jardins, veiller à la conservation des lieux, de lever et d'abaisser le pont-levis, de soigner les arbres... »

Les actes officiels de la fermeture de l'abbaye sont de l'année suivante : un arrêt du Conseil, du 9 mars 1770, et une ordonnance de l'archevêque de Tours, du 15 mai 1770. Les raisons alléguées étaient le délabrement de l'église et des bâtiments claustraux, et l'insuffisance des revenus. Le total des revenus s'élevait à 4.034 livres (contre 1.500 en 1697) tandis que les charges annuelles étaient de 5.111 livres ; l'abbaye contractait chaque année une dette de l'ordre de 1.100 livres ; il en allait ainsi depuis plusieurs années ; lors du décès de Catherine III de Menou, le passif était déjà de 12.728 livres. Mais l'héritier des droits du fondateur, René-Louis-Charles marquis de Menou, né le 9 octobre 1746 et descendant de Louis de Menou par son père et du frère de Louis par sa mère, fit opposition à l'extinction du couvent. Il s'ensuivit une longue procédure qui dura une dizaine d'années. Louis de Menou, n'ayant pu empêcher l'exécution de l'arrêt du Conseil et de l'ordonnance archiépiscopale, prétendit imposer aux moniales de Beaumont, héritière des biens du prieuré, certains devoirs et charges à lui dus en qualité de fondateur (1772). Il fut débouté de ses prétentions à la suite de nombreuses discussions (1773) ; de fait, les droits du fondateur avaient tous été remis à la couronne avant 1688 (38). Le marquis de Menou n'en continua pas moins ses chicanes ; la procédure se termina finalement par un décret du 30 mars 1778 et des lettres patentes de mars 1779 aux termes desquelles la décision du Conseil était maintenue.

Parmi les biens acquis par le monastère au cours de son siècle d'existence, il faut mentionner :
- La métairie du Coudray, à Genillé, provenant de la succession de François Laumosnier et achetée pour 2.100 livres en 1682.
- Une maison avec cours, jardins, ouches, terres, prés, vignes, pacages, bois, dans le village de la Noctière, à Coulangé, provenant de la succession de Marie Aubin et acquis sur Sylvain Beaugé et ses enfants en 1720 pour 18.000 livres.
- La métairie de la Puchère, à Genillé, acquise pour
3.000 livres en 1734.
- La métairie de Corviers, paroisse de Luzillé, achetée à Louis-Gaëtan de Thienne, baron de Beauchesne, pour 2.250 livres en 1736.

Une chapellenie était desservie à La Bourdillière sous le titre de Notre-Dame de Pitié, dès avant que le château ait été transformé en monastère. En 1768, l'année précédant la suppression, un nouveau titulaire, Louis Garnier, prêtre, en avait été pourvu. L'année suivante, lors de la suppression du monastère (1769), l'archevêque autorisa le transfert de la chapellenie en l'église paroissiale de Genillé ; elle comportait alors la célébration de trois messes par semaine et était rétribuée avec une rente de 25 setiers de froment, valant 500 livres ; le transfert officiel se fit par ordonnance de l'official, en 1772. L'église de Genillé abrite la chaire de la prieure-abbesse et de beaux panneaux de bois représentant les bustes du Christ et de sa Mère qui ornent maintenant la porte de la sacristie Le monastère portait : « D'azur à un soleil d'or en chef, à dextre ; un aigle au vol abaissé d'argent à senestre, et trois aiglons posés deux et un »
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Référence Mérimée : PA00097763
historique La Bourdillière formait deux fiefs dont l'un relevait de Loches. En 1662, Louis de Menon en devint propriétaire et, veuf et entré dans les ordres, fonda un couvent de Filles de l'ordre de Cîteaux. Les premières religieuses appartenaient toutes à sa famille. D'abord prieuré, le monastère est érigé en abbaye en 1688. Il fut supprimé en 1770 par ordonnance de l'archevêque de Tours. Le logis seigneurial, devenu ensuite logis abbatial, est composé d'un bâtiment accompagné d'un pavillon, sur plan trapézoïdal, à l'angle nord-ouest duquel se dresse une tour cylindrique. Sur la façade sud fait saillie une tour polygonale, contenant la vis de pierre reliant les étages. Le château était entouré de douves. Des bâtiments monastiques construits au 17e siècle, subsiste un grand corps de logis qui était le bâtiment des religieuses. Protection MH 1951/11/27 : inscrit MH : Les façades et les toitures : inscription par arrêté du 27 novembre 1951.

- Revue Mabillon : archives de la France monastique. 1905.Tome LVIII AVRIL - JUIN 1973 N° 252
Dom Guy OURY Un monastère familial au XVIIe siècle: le prieuré cistercien de La Bourdillière (1662-1769)

Abbaye-Notre-Dame-de-la-Bourdillière. Cne de Genillé. État des revenus et charges de lad. abbaye de la Bourdillière, vers 1770 (A.N.-Q1 375) ; Procuration par Marie Bois Gaultier, Élisabeth Trotignon, Marguerite Touillard, religieuses du couvent de la Bourdillière, à [blanc], pour consentir à l’extinction dud. couvent, 1er juin 1770 (A.D. .37-2 C, tours, t. 191, p. 139, case 2, 27 juin 1770) ; Bourdillère, XVIIIe s. (Carte de Cassini) ; La Bourdillière, 16 juin 1811 (acte Gilet-Paris) ; La Bourdillière, 1831 (Cadastre) ; La Bourdillière, 1966 (Cadastre). Prieuré fondé en 1662 ; puis Abbaye Notre-Dame, de l’ordre de Cîteaux, fondée par Lettres Patentes du 14 avril 1688. Fief.

Localisation.






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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 06:29 (2014)    Sujet du message: Publicité

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