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L'Abbaye Saint Julien.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 17:37 (2014)    Sujet du message: L'Abbaye Saint Julien. Répondre en citant

L'Abbaye Saint Julien.
Tours.


L'abbaye de Saint- Julien fut fondée par des moines venus d'Auvergne, elle est fondée vers 575 par l’évêque Grégoire de Tours et se développe autour de la tour carrée (encore visible aujourd'hui). Anéantie par les Normands en 853 puis relevée vers 940 par l’archevêque Théotolon, l’église est renouvelée au XIe siècle, notamment après le siège de la Cité en 1043. Au début du XIe s. est une période d'intense activité spirituelle, intellectuelle et artistique. L'église s'enrichit de reliques prestigieuses : le chef de saint Julien rapporté de Brioude, une sandale de Notre-Seigneur découverte en 1006 dans une ancienne châsse, et « des reliques de beaucoup de saints »; les miracles se multiplient, le pèlerinage paraît très couru. L‘abbaye est devenue riche et puissante, exemptée de tout devoir envers l'église cathédrale; ses abbés gouvernent aussi Marmoutier, Bourgueil, Maillezais, Saint-Pierre du Mans, Saint-Pierre de Preuilly. En 1044, elle est âprement disputée entre le comté de Tours, la maison féodale blésoise et la maison d'Anjou. Geoffroy III d'Anjou remporte le comté après un conflit qui endommage l'église. Elle est reconstruite et consacrée en 1083. Un ouragan fait écrouler la nef de Saint-Julien en 1224. De l’abbatiale consacrée en 1084, il ne subsiste que la tour porche de style roman. L'église est une nouvelle fois reconstruite et édifiée sous la forme actuelle. De 1243 à 1259 on donne à l’édifice les caractéristiques de l’architecture gothique. Durant l’époque moderne, l’abbaye est désaffectée progressivement de sorte qu’il ne reste que quelques moines au moment de la Révolution.


L’implantation.
L’abbaye est implantée dans une zone rurale entre la Cité et le bourg de Châteauneuf. Au nord, l’abbaye est délimitée par la Loire, au sud par la Grand-Rue médiévale, actuellement rue Colbert. À l’ouest, le tracé plus récent de la rue Royale, actuellement rue Nationale, oblige au XVIIIe siècle l’alignement des bâtiments.

Les bâtiments monastiques.
Au nord de l’église abbatiale se développe une vaste cour ceinte de bâtiments monastiques autrefois desservis par une galerie couverte. Il en subsiste des traces d’arrachement, notamment contre le mur nord de l’église. La salle capitulaire aménagée à la limite du XIIe et du XIIIe siècle est sans doute l’élément le plus intéressant. De plan quadrangulaire, elle comporte neuf travées couvertes de voûtes sur croisées d’ogives. L’espace utilisé à des fins religieuses, administratives et politiques, abrite le siège du Parlement de France de 1589 à 1594.

L’abbaye de Sain-Julien, située entre le quartier Cathédrale et le quartier Saint-Martin, joue un rôle fondamental dans le tissu urbain tourangeau en assurant la liaison entre ces deux pôles, le long de l’axe principal est-ouest de la ville. L’implantation des bâtiments situés autour de l’ancien cloître et de l’ancienne église abbatiale a été une première fois bouleversée lors du percement de la rue Nationale avec la création de l’axe nord-sud, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. L’abbaye est ensuite vendue comme bien national et son église utilisée comme relais de poste. Sauvée de la ruine grâce à son rachat par l’État, les destructions de 1940 et de 1944 vont contribuer au délabrement du cloître et des bâtiments contigus qui seront en partie reconstruits «à l’identique» après la guerre. Le parvis de l’église, très restreint, est aujourd’hui encaissé de plus de trois mètres par rapport à la rue Nationale.


Architecture.
L’église abbatiale présente une nef flanquée de collatéraux. Elle comporte une élévation à trois niveaux : grandes arcades, triforium, fenêtres hautes. Les voûtes de la nef portent des inscriptions révélant les noms de donateurs et prieurs. A partir de la croisée du transept, le volume intérieur se modifie. L’élargissement des bras du transept se poursuit jusqu’au chevet. Les formes sont plus animées, plus diversifiées et des différences de traitement des baies et du triforium apparaissent. En effet, au XIIIe siècle, la reconstruction de l’église commence par le nord en s’appuyant sur des murs plus anciens. Après certaines recherches, le vocabulaire architectural devient plus cohérent et unifié lors de la mise en place de la nef. Le massif oriental très développé présente un chevet plat dont l’originalité s’explique peut être par une volonté d’économie ou la prise en compte d’un état antérieur. Deux absidioles sont ajoutées au XVIe siècle.

Le clocher porche.
Le clocher s'élève sur plan carré (9 m de côté hors d'oeuvre) jusqu'à la hauteur de 25 m21. Ies murs, épais de 1 m environ, ont conservé à l'intérieur, dans les parties hautes, leur parement de moyen appareil à gros joints lissés et chanf reines. Le clocher porche était autrefois surmonté d’une flèche de pierre. Sa typologie est bien connue en Touraine mais également en Poitou et en Saintonge. Les modillons sculptés dans l’esprit roman placés à la base de la toiture ont été ajoutés au XIXe siècle. De même, le porche a été entièrement repris en sous-oeuvre. Les motifs des chapiteaux sculptés s’inspirent du bestiaire médiéval. Dessinés au XIXe siècle par Gustave Guérin, ils sont installés à l’occasion de la restauration faite dans les années 1960.

Une église polychrome.
La couleur souligne certains détails d’architecture à l’instar des clés de voûtes. Elles portent les noms des donateurs ayant contribué au financement du chantier au XIIIe siècle. Signalons la peinture murale exécutée au revers de la tour-porche, derrière l’orgue. Réalisée à la fin du XIe siècle, elle représente des épisodes de la vie de Moïse.

Les vitraux.
Les vitraux anciens ont disparu. Ceux réalisés au XIXe siècle par les ateliers Lobin ont été détruits en 1940. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale de nouvelles verrières sont installées. Max Ingrand réalise la plupart des panneaux, Jacques Le Chevalier, ceux des absidioles. Ils sont représentatifs du renouveau de l’artdu vitrail au XXe siècle. Max Ingrand travaille directement avec la Commission des Monuments Historiques pour répondre au remplacement des verrières de très nombreux édifices. Ses réalisations sont visibles à Tours, notamment au cloître de la Psalette, à la cathédrale Saint-Gatien et dans l’église Saint-Saturnin.


Le mobilier.
Le mobilier a été réalisé pour l’essentiel au moment de la restauration, au XIXe siècle. Le choeur abrite plusieurs autels, tous exécutés d’après les dessins de Guérin. L’orgue de facture classique a été réalisé après 1945 par Boisseau. La chaire datée de 1809 est dessinée par Pinguet. Signalons également la présence de plusieurs toiles dont celles consacrées à saint Martin et installées dans la chapelle du même nom, dans l’absidiole sud.

Sur l’initiative de Prosper Mérimée, alors Inspecteur des Monuments Historiques, l’église Saint-Julien est inscrite sur la première liste des édifices protégés en 1840. Il s’en suit une importante restauration conduite par l’architecte Gustave Guérin au milieu du XIXe siècle. Après les événements de la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle campagne est réalisée par l’Architecte en Chef des Monuments Historiques, Bernard Vitry. L’église Saint-Julien est propriété de l’Etat qui en assure l’entretien, la restauration et la mise en valeur. Les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale ont ravagé une grande partie du centre ville de Tours dont l'entrée de ville où se situe l'église. Miraculeusement, Saint-Julien reste debout et les dégâts ont pu être réparés. L'abbaye détruite a par contre été remplacée par le square Prosper Mérimée. En 2004, la chute d’une pierre d’ogive depuis la nef provoque la fermeture de l'édifice. Après plusieurs années où il n'est ouvert qu'à l'occasion des journées du patrimoine, sa réouverture totale est autorisée par une visite de la commission de sécurité le 28 septembre 2011.

Aujourd’hui.
Parallèlement à l'arrivée du tramway de Tours en 2013, l'église connaîtra dès 2011 une restauration notamment de son clocher, puis la création d'un grand parvis en harmonie avec la restructuration de la place Anatole France que jouxte l'église. Elle devrait de nouveau accueillir les offices religieux en 2012. L'ancien dortoir des Moines de l'abbaye Saint Julien qui touche la façade nord de l'église abrite aujourd'hui le Musée du Compagnonnage de Tours.Les celliers sont occupés par le Musée des Vins de Touraine.


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Référence Mérimée : PA00098130
historique L'ancienne abbaye forme un ensemble complet de bâtiments comprenant l'église abbatiale, le bâtiment Est renfermant une salle capitulaire voûtée surmontée d'un dortoir, les bâtiments nord renfermant des dépendances et les anciens celliers voûtés occupant la face ouest. Le cloître entourant la cour carrée formée par ces bâtiments, a disparu. Protection MH 1923/05/01 : classé MH ; 1940/10/28 : inscrit MH ; 1947/09/17 : classé MH ; 1948/05/10 : classé MH : Ancienne salle capitulaire (cad. DY 3, 222, 248) : classement par arrêté du 1er mai 1923 ; Façades et toitures du bâtiment formant le côté Est de la cour du cloître et contenant la salle capitulaire (déjà classée) (cad. DY 3, 222, 248) : inscription par arrêté du 28 octobre 1940 ; Sol de la cour du cloître et dortoir (intérieur et extérieur) (cad. DY 3, 222, 248) : classement par arrêté du 17 septembre 1947 ; Celliers voûtés (cad. DY 3, 222, 248) : classement par décret du 10 mai 1948.
Nationale (rue) 8, 16
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Référence Mérimée : IA00071348
historique L'abbaye fondée par Grégoire de tours en 575, détruite en 853 ; fut restaurée par Théotolon, archevêque de tours en 935 ; une nouvelle consécration de l'église a lieu en 943 ; un clocher porche est ajouté vers 970 puis, entre 1032 et 1042 l'abbé Gerbert entreprend la réfection de l'abbaye dont l'église est à nouveau consacrée en 1084 ; des vestiges de fresques, au revers du clocher correspondent à cet édifice dont la nef s'écroula en 1224 ; le cellier avait été construit dans le 4e quart du 12e siècle, la salle capitulaire dans le premier quart du 13e siècle ; après 1243 on reconstruit la nef puis le choeur selon un parti différent ; la construction des fortifications ampute une partie de l'enclos au 14e siècle ; au milieu du 16e siècle on reconstruit 2 absidioles, le logis abbatial et des communs ; vers 1590 l'enclos est à nouveau amputé lors de la construction de l'arsenal ; après 1637 les mauristes remanient les bâtiments conventuels, détruisent la partie nord de l'aile est et construisent la bibliothèque à l'étage de l'aile ouest ; le projet de dom placide Roussel, de 1652 n'est pas réalisé ; les projets urbains des 17e et 18e siècles amènent des modifications importantes : destruction de la chapelle saint Aubin, de la chapelle de la Trinité (1687) construction de bâtiments divers lors de percement de la rue royale ; à la Révolution, l'église devient caserne, puis écuries et remises, l'enclos fait l'objet de projets d'aménagements partiellement réalisés ; l'église rachetée en 1846 est réouverte au culte en 1859 après une importante restauration par Gustave Guérin qui reprend en sous oeuvre la tour, reprend la charpente et le choeur, reconstruit la sacristie ; les chapiteaux du rez-de-chaussée de la tour ne furent sculptés que vers 1960 après que l'église, fortement endommagée pendant la guerre, eut été restaurée par B. Vitry
description Voûtes d'arêtes effondrées au 1e étage du clocher ; lambris de couvrement dans l'aile est ; chapelles orientées couvertes de croupes polygonales ; toiture du clocher fréquemment modifiée au cours des siècles : toit en pavillon actuellement ; bâtiments conventuels en moellon, couverts de toits à longs pans à croupe ; cellier actuellement couvert en terrasse ; accès au clocher par escalier hors-oeuvre tournant ; ancien accès à l'étage au dessus du cellier par escalier dans-oeuvre en vis ; escalier hors-oeuvre en vis couvert d'un toit polygonal en pierre à l'angle de la nef et du bras sud du transept. Protection MH 1840 : classé MH ; 1923 : classé MH ; 1947 : classé MH ; 1948 : classé MH.
Nationale (rue) ; Colbert (rue)

- La tour de l'église Saint-Julien de Tours, par MM. Robert et Michel RANJARD SAT T.XXVIII 1943 Page 53.

Abbaye-Saint-Julien-de-Tours. Cne de Tours. Ad monasterium Sancti Juliani quod est situm in suburbio Turonicae urbis, 940 (Loizeau de Grandmaison, Fragments de chartes du Xe s. provenant de l’abbaye de Saint-Julien de Tours, n° 3) ; Ecclesiae Beati Juliani, quae est sita in suburbio Turonicae urbis, 970 (Loizeau de Grandmaison, Fragments de chartes du Xe s., n° 27) ; Abbate et conventu Beati Juliani Turonensis, août 1231 (Cartulaire de l’archevêque de Tours, p. 88) ; Evrardus, abbas Sancti Juliani, août 1231 (B.N.-Ms Latin, n° 5441, t. 2, fl. 314 v°) ; Patronatus Abbatis Sancti Juliani Turonensis, vers 1300 (Pouillé de Tours, p. 10) ; Ad patronatum abbatis Sancti Juliani Turonensis, vers 1300 (Pouillé de Tours, p. 11, 12) ; Ad abbatem Sancti Juliani, vers 1300 (Pouillé de Tours, p. 13) ; Abbacia Sancti Juliani Turonensis, vers 1330 (Pouillé de Tours, p. 23) ; Abbaye de Sainct Julien de Tours, juillet 1378 (A.N.-JJ 113, n° 102, fol. 42) ; Ad abbatem Sancti Juliani Turonensis, XIVe s. (Pouillé de Tours, p. 33 et 34) ; Abbati Sancti Juliani, fin XIVe s. (Pouillé de Tours, p. 41) ; Nicholas de Pont Joubert, moine de Sainct Julien de Tours, février 1401 (A.N.-JJ 155, n° 436, fol. 267) ; L’abbaye de Sainct Julien de Tours, août 1480 (A.N.-JJ 208, n° 94, fol. 51 v°) ; Abbas de Scalaria, vers 1508 (Pouillé de Tours, p. 94) ; Abbas Sancti Juliani Turonensis, vers 1508 (Pouillé de Tours, p. 95, 96, 98, 99, 140, 141 et 143) ; Acte de foy et hommage par Louis Catinat, pour les fiefs et temporel de l’abbaye Saint Julien de Tours, relevant du chasteau de Tours, 12 novembre 1685 (A.D. 37-C 603). Confirmation et vidimus des privilèges royaux obtenus par l’abbaye de Saint-Julien de Tours depuis le règne de Louis VII, 1483 (A.N.-JJ 210, n° 87, fol. 57). Abbaye bénédictine fondée au VIe s. Cartulaire : B.N.-Ms latin lat. 5443, Coll. Baluze, t. 18, 54, 77, 128, Dom Housseau, t. 13 ; B.M. de Tours, Ms 1278. A.D. 37-H 461-578, 954-969.

Localisation.




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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 17:37 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Mikerynos
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MessagePosté le: Jeu 27 Mar - 17:40 (2014)    Sujet du message: L'Abbaye Saint Julien. Répondre en citant

Le Monasticon Gallicanum est une collection de 168 planches gravées de vues topographiques représentant les 147 monastères de l'Ordre de Saint-Benoît, Congrégation de Saint-Maur et deux cartes des établissements bénédictins en France. Ces planches furent réalisées à la demande de dom Michel Germain au XVIIe siècle et reproduites par Monsieur Peigné-Delacourt en 1870.


Monasticon Gallicanum

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