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La Collégiale Saint-Martin.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Ven 25 Avr - 10:12 (2014)    Sujet du message: La Collégiale Saint-Martin. Répondre en citant

La Collégiale Saint-Martin.
Candes-Saint-Martin.


Saint Maurice et Candes

L'histoire et le caractère du village sont très marqués par Saint-Martin qui y avait fait construire un prieuré, une école et une église. La première église de Candes fut probablement placée sous le patronage de Saint Maurice, puisqu’elle en conservait les reliques. Mais, dès la mort de Saint Martin, Candes est associé au nom et au souvenir de l’évêque de Tours, à tel point qu’au XIè siècle, pour désigner la collégiale, le nom de Martin, ou bien se joint, ou bien même se substitue à celui de Maurice. En témoignent le cartulaire de l’abbaye de Bourgueil qui mentionne « l’office qu’avait Bourgueil en l’église de Saint Martin et de Saint Maurice de Candes » ou encore une bulle papale énumérant parmi les biens de l’abbaye « la prébende en l’église Saint Martin de Candes ». Tant et si bien que la nouvelle église, construite à partir de 1175, est dédiée au seul Saint Martin. La commune de Candes elle-même changera de nom pour devenir Candes-Saint-Martin au milieu du XXe siècle, en 1949.


Aujourd’hui, même si le nom et le prestige de Saint Martin ont quelque peu éclipsé la figure de Saint Maurice, la collégiale peut se targuer de conserver une relique offerte par Saint Martin lui-même, témoignage précieux de l’attachement de l’évêque de Tours pour Candes et de la grande dévotion qu’il avait pour l’officier mort martyr.

Si on ne sait rien ou presque de l’église primitive de Candes, le chantier de construction de l’édifice actuel est assez bien documenté. Commencés en 1175, les travaux sont probablement achevés vers 1225, et on doit à Dom Guibert, père abbé de l’abbaye de Gembloux, près de Namur, de connaître d’intéressants détails sur la construction de la nouvelle église cinq ans après le début des travaux. Deux grandes campagnes de travaux sont perceptibles dans l’architecture. La chapelle Saint Martin, le chœur et le transept forment la partie la plus ancienne. Bien que de style gothique, plusieurs réminiscences romanes témoignent de leur antiquité. Les travaux ont du ensuite être interrompus quelques années, avant de reprendre avec l’arrivée vers 1215 d’un nouveau maître d’œuvre que les spécialistes appellent le Maître de Candes. On change alors complètement de programme : d’une nef avec un haut et large vaisseau central flanqué de deux bas-côtés plus bas et plus étroits, on passe à trois vaisseaux de dimensions identiques. La façade principale, sur le côté nord, s’enrichit d’un porche monumental couvert d’une chapelle dédiée à Saint Michel. Des variations comparables, signes d’interventions successives, apparaissent dans les sculptures. Il est à noter que les motifs sculptés de Candes ont fait école. Ainsi, les moulures de la nef ont été reproduites à Saint-Jean l’Habit de Fontevraud. Nombre de sculpteurs devaient être des pèlerins se rendant à Compostelle, travaillant un temps sur un chantier avant de reprendre la route : la circulation des hommes, des savoir-faire et des techniques était sans aucun doute plus importante qu’on ne l’imagine.




Guerres et conflits.
Les guerres et conflits laissent leurs traces dans l’architecture de la collégiale. Au cours de la guerre de cent ans, l’église est fortifiée : créneaux et mâchicoulis, chemin de ronde et bretèche apparaissent à l’extérieur de la collégiale. C’est peut-être à cette occasion que le bas des fenêtres de la nef est muré. Les guerres de religion infligent à l’église de lourdes dégradations : en 1562, une troupe en armes, commandée par le comte de Montgommery allume dans la petite ville de Candes plusieurs incendies, détruit les archives du chapitre religieux et mutile les statues du porche qui sont décapitées.

Le poids des ans.
Le poids des ans semble peser sur la collégiale, qui au cours du XVIIIème siècle, montre des signes de grande faiblesse. En 1715, un tremblement de terre fragilise considérablement l’édifice. C’est Louis XIV qui délivrera les fonds nécessaires à la restauration de la collégiale, peu de temps avant sa mort. Cela n’empêchera pas plusieurs parties de l’édifice de s’effondrer quelques années plus tard. Il faudra attendre le XIXème siècle pour que soit entreprise une restauration complète sous la direction de Jean-Baptiste Cailleau. C’est aussi l’époque où l’église est classée monument historique (1840).

La fondation de la paroisse.
C’est en 387 que Saint Martin établit à Candes, au confluent de la Loire et de la Vienne un prieuré, une école et une église. Candes fait donc partie, avec Amboise, Langeais, Saunay, Ciran et Tournon, des six paroisses de Touraine fondées par Martin. Jusqu’au IVè siècle, le christianisme était surtout implanté dans les villes et c’est à l’action évangélisatrice de Martin qu’est due la fondation des premières paroisses rurales, là où le paganisme était encore bien vivace. La charge de ces paroisses est confiée à des clercs souvent formés à Marmoutier et qui continuent à mener une vie proche de celle des moines.

L’église collégiale.
Le prieuré fondé par Saint Martin a subsisté jusqu’au IXe siècle. Comme les moines exerçaient un ministère essentiellement paroissial, ils furent sécularisés en 848. Ils formèrent alors, choisis par l’archevêque un chapitre composé de douze chanoines. L’église devient dès lors collégiale, elle le restera jusqu’à la Révolution française. Les chanoines sont gouvernés par l’un d’eux qui porte le titre de chevecier. Ils désignent quatre des leurs pour être curés. Aux pieds de la collégiale, une maison porte toujours le nom de « maison des quatre curés ». Plusieurs détails du mobilier témoignent encore aujourd’hui de la présence des chanoines : les stalles du chœur et surtout le maître-autel du XVIIIè. Cet autel était placé, jusqu’au milieu du XIXè siècle à la croisée du transept et la messe pouvait être célébrée d’un côté ou de l’autre, selon qu’elle était célébrée pour les chanoines qui étaient dans le chœur, ou pour les fidèles qui étaient dans la nef.

L’église à nouveau paroissiale.
Après les remous révolutionnaires, le concordat permet le rétablissement du culte. L’église de Candes devient église paroissiale, tout en gardant la dénomination de collégiale. Depuis 1992, Candes forme avec onze autres communes de la rive gauche de la Vienne la paroisse Saint-Martin de Candes. Même si ses limites ne correspondent pas à celles du IVè siècle, l’antiquité de la paroisse n’en demeure pas moins réelle et le nom de son fondateur prestigieux. Depuis 2012, l'apostolat de la paroisse est assuré par les prêtres de la Communauté Saint-Martin.

Le porche.
Ce corps de porche, construit vers 1250 est un grand massif rectangulaire à deux étages : le porche proprement dit et au dessus, la chapelle Saint-Michel. Au rez-de-chaussée, le porche est couvert de voûtes qui s’appuient sur une fine colonne centrale. Au fond, la porte de l’église comporte cinq voussures. Le premier rouleau est sculpté de scènes du jugement dernier. Le tympan, fort mutilé, figure le Christ entre la Vierge et Saint Jean. Dans les ébrasements, des niches abritent des statues évoquant la correspondance de l’Ancien et du Nouveau Testament. L’ornementation la plus originale se trouve dans les soubassements, à hauteur d’yeux : ils présentent des têtes de saints et de rois au milieu d’un beau décor de végétaux, d’anges et de masques. Cette sculpture est loin d’être homogène et de qualité égale : plusieurs groupes de sculpteurs se sont succédés à Candes pendant plus d’un demi-siècle.

A l’extérieur la façade du porche est composée de deux registres superposés de statues. Une première série de statues dont beaucoup ont disparu, entoure le portail. Une seconde galerie, séparée de la première par de fines colonnes engagées, est mieux conservée. La répartition des sculptures ne semble pas obéir à un programme iconographique précis : les apôtres sont mêlés à des statues de saints comme saint Jean Baptiste, saint Etienne, saint Denis, saint Michel. Une bretèche interrompt l’arcature supérieure de la façade. Construite au XVè siècle en pleine guerre de cent ans, elle était destinée à assurer la défense de l’église.

La façade occidentale, le chevet.
Ayant découvert le porche, on pourra monter et faire le tour de l’église. La façade ouest est flanquée de deux contreforts d’angle, surmontés au XVè siècle de créneaux et de mâchicoulis. Deux autres contreforts plus petits amortis en pinacles, s’appuient contre le pignon et encadrent la porte. La faible élévation du flanc sud s’explique par la pente de la falaise : les effets de verticalité ont été réservés au porche nord. Le chevet est très sobre, percé uniquement de grandes baies.


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Référence Mérimée : IA00011479
historique Au 12e siècle, la maison où avait vécu saint Martin est délabrée et l'église Saint-Maurice qu'il avait fondée est abandonnée, on décide la construction d'une collégiale, en 1175, on démolit la maison de saint Martin et on commence la construction du chevet et du transept ; les travaux s'échelonnent jusqu'aux premières années du 13e siècle, puis ils sont interrompus pendant quelques temps jusqu'à l'arrivée d'un nouveau maître d'oeuvre que les spécialistes appellent le Maître de Candes, un changement de programme intervient alors, l'abbé Bourasse rapporte qu'une inscription se trouvant dans la nef donnait la date 1215 pour l'achèvement de cette dernière ; le porche nord-est forcément postérieur mais du même auteur que la nef et la façade occidentale ; le statuaire de ce porche, reste inachevé, peut avoir été sculpté vers 1250 ; une bretèche 4e quart 15e siècle interrompt l'arcature supérieure de la façade du porche ; la chapelle Saint-Martin fut complètement restaurée au 19e siècle. Protection MH 1840.

Collégiale-Saint-Martin-de-Candes. Cne de Candes-Saint-Martin. Capicerius et capitulum ecclesiae Beati Martini Candatensis, 1247 (A.N.-JJ 274, Querimoniae Turonum, n° 457) ; Item, collatio capiceriatus, prepositure et prebendarum ecclesie Beati Martini de Canda, 1257 (Cartulaire de l’archevêché de Tours, charte 25, p. 36) ; Et conventuum Sanctorum Maximi de Caynone, Martini de Canda capiceriis, 22 février 1320 (Cartulaire de l’archevêché de Tours, charte 52, p. 132) ; Capitulum de Canda, vers 1330 (Pouillé de Tours, p. 19) ; Capicerius Beati Martini de Canda, XIVe s. (Cartulaire de l’archevêché de Tours, charte 149, p. 311) ; Capitulo Candatensi, fin XIVe s. (Pouillé de Tours, p. 42) ; Privilège accordé au chévecier, prévost et chapitre de l’esglise Sainct Martin de Candes de ressortir directement au parlement de Paris, et privilège de committimus, décembre 1473 (A.N.-JJ 195, n° 1266-1268, fol. 279 v°-280) ; L’Esglise de Sainct Martin de Candes, février 1484 (A.N.-JJ 210, n° 83, fol. 54) ; Confirmation des privilèges de l’esglise Sainct Martin de Candes, juillet 1498 (A.N.-JJ 230, n° 213, fol. 103) ; Chapitre de Cande, archiprêtré de Lille Bouchard, 1781 (A.D. 37-G 11, fol. 360). A.D. 37-258-282.


Localisation.




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