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Le Château de Puygibault

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Ven 9 Jan - 10:14 (2015)    Sujet du message: Le Château de Puygibault Répondre en citant

Le Château de Puygibault (Loches)
Commune de Loches.


Le château de Puy-Gibault est une construction du 19ème siècle du style néo-renaissance. Il appartient à l’hôpital de Loches. Mais n’ayant jamais pu être utilisé pour des activités hospitalières, il a été laissé à l’abandon durant de nombreuses années. Actuellement, il se trouve enclavé dans l’enceinte du site Hospitalier du même nom (L'Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (E.H.P.A.D) Situé Route de Puygibault appartenant à l’Hopital de Loches, et l’internat du lycée privé Saint Denis International School, construit en 1991.


Historique.
Le manoir de Puy Gibault, qui figure encore sur le premier cadastre de 1826, s'élevait au bord du chemin et affecte curieusement le même plan que l'hôtel de la rue du château qui les abritera plus tard. Il fut remplacé en 1885 par l'édifice actuel, élevé par l'architecte Collet, qui collabora avec Guérin pour le palais de justice de Loches en 1866. Il est l'un des témoins de cette architecture contemporaine à laquelle on commence à prêter quelque attention. Il est donc particulièrement regrettable de le voir laisser à l'abandon et promis à une ruine certaine, ce qui pourrait motiver sa destruction, ce qui serait un vrai scandale. Il n'est sans doute pas inutile de revenir sur ce domaine de Puy Gibault, dont le nom reste attaché à cette branche de la famille Haincque, et d'essayer d'en retrouver l'histoire. Selon Carré de Busserolle qui lui donne comme propriétaire en 1542 Guillaume Sauvage, ce serait un ancien fief. Mais il n'est pas mentionné à ce titre dans le rôle de 1639 et les actes du XVIIIe siècle que nous avons pu consulter ne parlent pas du: « fief, terre et seigneurie de » suivant la formule consacrée, mais plus simplement du « lieu, métairie et closerie de Puy Gibault ». Les bâtiments et une partie des terres relevaient essentiellement de la seigneurie de May à Chanceaux, à laquelle était due une rente de quatre boisseaux et demi (de blé sans doute) et deux boisseaux d'avoine.

La question se pose de savoir jusqu'à quelle époque la famille Haincque resta propriétaire de Puy Gibault, qui selon le dictionnaire d'Indre et Loire, serait passé dès 1702 à Gabriel Dalonneau, lequel fut inhumé le 17 juillet de cette année là ? Les documents retrouvés ne donnant pas d'origine de propriété pour cette première moitié du XVIIIe siècle, il y a là une lacune que nous n'avons pu combler à ce jour. Mais on remarque que Pierre Haincque ne fait jamais suivre son nom de celui de Puy Gibault, ce qui semble indiquer qu'il n'en eut jamais la possession. Cependant, dans son acte de mariage, son père est appelé « Adrien Haincque de Puy Gibault» et dans son testament rédigé en 1758, sa mère se dit veuve « du sieur de Puy Gibault ». Il apparaît pourtant certain qu'à cette date le domaine n'était plus dans leur patrimoine, car il appartenait à Gilles Moreau, receveur au grenier à sel de la ville et à son épouse Anne-Catherine Durifflé. Leur mariage avait été célébré à Saint-Ours le 25 octobre 1700 et elle était veuve lorsqu'elle fut enterrée à Saint Antoine le 5 janvier 1761. Ses trois enfants et uniques héritiers: Anne-Catherine, demeurant au couvent des dames religieuses de l'Hôtel Dieu de Loches, Gilles-Denis marchand à Montlouis, et Jacob receveur des tailles à Chinon, vendirent le 6 juin 1763: « les lieux, métairie et closerie de Puy
Gibault et la borderie de la « Gaignotterie», consistant en maison pour le maître, le métayer, le closier et le bordier, cellier, «coulombier» et autres bâtiments», la métairie de Champboisson à Azay le Chadieu et un « lopin » de pré dans la prairie de Mauvières pour 11 800 livres à Jacques-Prudent Bruley et son épouse. La somme était payable « en leurs commodités » mais les intérêts, 590 livres, devaient être versés chaque année .


Il y a, reconnaissent les vendeurs, un certain nombre de réparations « tant de maçon, charpente et couverture », c'est pourquoi il sera fait un procès verbal de visite « pour être remboursés sur les quittances qu'ils en rapporteront ». Le 9 juin suivant, en présence de Me Robin, eut lieu la prise de possession suivant le curieux cérémonial prévu par la coutume, de Puy Gibault et de la «Gagnotterie», située à proximité. Ce lieu est encore mentionné sur la carte de Cassini, mais il n'en est plus question par la suite. Pour acquitter les droits de vente, il fut procédé le 2 août 1765 à la ventilation du domaine. Il en ressort que Puy Gibault et la Gagnotterie, pour une valeur de 3450 livres, relevaient de la seigneurie de May à Monsieur le marquis d'Argenson, des vignes et des prés pour 1600 livres au fief de Mauvières à Monsieur de Baraudin. Quant à la métairie de Champboisson, elle dépendait d'Azay et quelques pièces de terrain, situées dans la seigneurie de Bergeresse à la Chartreuse du Liget.

L'acquéreur, Jacques-Prudent Bruley, né à Paris le 24 septembre 1725, était le fils de Prudent Bruley, procureur du Châtelet de Paris, qui eut onze enfants dont quatre seulement ont eu une postérité. Il est donc l'oncle du célèbre Prudent-Jean Bruley, président trésorier de France, qui sera Maire de Tours en 1790 et Député à l'Assemblée Législative (24). Jacques-Prudent, qui est seulement bourgeois de la bonne ville de Loches, s'était uni le 23 février 1756 à Anne-Jeanne Auger. Or celle-ci était la fille de François Auger, garde-marteau de la maîtrise des Eaux et Forêts de Loches et seigneur de la Roche Bertaud à Ciran depuis 1723 et de dame Magdeleine-Gabriel Haincque, inhumée dans l'église Saint-Ours le 30 octobre 1747, soeur d'Adrien Haincque III et donc tante de Pierre Haincque. Anne Auger rentrait donc en possession du domaine ancestral de Puy Gibault.

Jacques-Prudent Bruley ne semble pas très fortuné et se trouve parfois dans une situation difficile, et ses deux frères se chargèrent de pourvoir à l'éducation de ses enfants (24). Il en eut au moins quatre, dont Anne et Jeanne mortes dans leur jeunesse. L'un des garçons, Jean-Prudent, disparut également avant son père qui décéda à 73 ans le 5 pluviôse an VII ( janvier 1799) En 1793 il devait encore sur l'acquisition de Puy-Gibault une somme de 7226 livres 12 sols…



La suite sur : Bulletin de la Société archéologique de Touraine T. XL Année 1984. Page 1027.
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MessagePosté le: Ven 9 Jan - 10:14 (2015)    Sujet du message: Publicité

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Mikerynos
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MessagePosté le: Ven 9 Jan - 10:18 (2015)    Sujet du message: Le Château de Puygibault Répondre en citant

Le Château de Puygibault (Suite)

La construction du petit chemin de fer départemental de Loches à Ligueil allait amputer certaines parcelles situées de l'autre côté de la route. Dans sa séance du 24 avril 1888, le jury d'expropriation fixa à 11400 francs l'indemnité due à monsieur Breton. C'est dans sa belle résidence de Puy-Gibault que celui-ci termina ses jours le 21 décembre 1906 ayant eu trois filles de son mariage. C'est madame Oursel qui recueillit la propriété aux termes d'un acte de partage des 1er et 4 décembre 1944, après le décès de Madame Breton survenu le 29 avril 1939. Mais Madame Oursel disparut à son tour sans enfants le 20 février 1963, après avoir légué par testament Puy-Gibault en indivision à ses neveux et nièces.


Crédit photo Lionel F.

Le 18 octobre suivant, la commission administrative de l'hôpital civil de Loches décidait l'achat éventuel du domaine de Puy-Gibault et chargeait son président de mener les pourparlers nécessaires. Le 6 décembre, la décision définitive était prise et la déclaration d'utilité publique de l'opération demandée. L'autorisation préfectorale fut accordée le 27 février 1964 et le 24 avril, Monsieur Élie Rossignol, maire de la ville et président de la commission de l'hospice, signait l'acte d'achat de Puy-Gibault avec plus de 20 hectares de terre d'un seul tenant. Les meubles et l'horloge récupérée jadis dans un couvent d'Ursulines furent exclus de la transaction, mais avant de revendre le mécanisme, les héritiers donnèrent la préférence à l'hospice qui la racheta. Mais les pensionnaires actuels de Puy-Gibault n'ont jamais entendu sa sonnerie qui pourrait rythmer leurs jours monotones. Dans ce site magnifique en effet, on a élevé une maison de retraite de 80 chambres, puis plus tard une unité de soins. Dans le cadre de ce vaste complexe hospitalier on aurait pu croire que le château trouverait son utilisation. Il n'en a rien été à ce jour et l'état de délabrement où il se présente serre le cœur de tous les visiteurs.

Nous sommes autorisés à dire combien les vendeurs regrettent amèrement d'avoir vendu à une collectivité qui le laisse péricliter plutôt qu'à un particulier qui aurait eu à cœur de l'entretenir avec soin. On comprend les sentiments de ceux qui l'ont connu habité et vivant, et qui lui voient aujourd'hui cet aspect sinistre de maison déserte et abandonnée. Par les fenêtres béantes, les vitres brisées, l'humidité pénètre à loisir et poursuit son long travail de pourrissement qui sera bientôt irréversible. Avant peu les dégâts seront irréparables !!!


L’Horloge du Château.
Le château de Puygibault a abrité, jusqu’au début des années 2000, une horloge du 19e siècle, réalisée par la maison Louis Delphin Odobay, inscrite au titre objet aux Monuments historiques le 20 février 2006. L’horloge de Puygibault comporte deux corps de rouages en bronze sur un bâti en fonte peinte sur pieds et a conservé ses deux cadrans, ses timbres et ses aiguilles. Elle présente un intérêt particulier, car la ville de Loches possède cinq horloges d’édifice, une par siècle, datant du 16e au 20e siècle. En mai 2003, Gilles et Marie Vassort, maîtres-horlogers réputés, décide de restaurer l’horloge du château, et de la transférer dans un nouveau lieu. La Fondation a soutenu ces travaux, qui ont été confiés à l’atelier Vassort. L’objectif était de restaurer les fonctions mécaniques et l’esthétique de l’horloge, dans le respect de son identité et de son aspect d’origine. Puis l’horloge a été installée de manière définitive en 2004 dans le hall d’accueil d’un nouvel établissement d’hébergement pour personnes âgées construit sur le site de Puygibault.
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Puy-Gibault. Puy-Ribault (1542), Puits-Gibau (XVIIIe siècle, carte de Cassini), Le Puits-Gibault (XXe siècle, carte IGN). Cet ancien fief relevait de May. En 1542, il appartenait à Guillaume Sauvage; en 1662, à Jacques Chaspoux de Verneuil; en 1668, à Adrien Haincque; en 1702, à Gabriel Dalonneau. Puy-Gibault. Cne de Loches. Le Puy Gibeau, 1542 (Dom Housseau, t. X, n° 4233) ; Le Puits Gibeau, 1662, 1668, 1702 (A.D. 37-E 139, 223) ; Puy Gibault, XVIIIe s. (Carte de Cassini) ; Puits Gibault, 1826 (Cadastre) ; Puy Gibault, 1962 (Cadastre).

Localisation.






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