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Le Château de Marçay.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Ven 18 Sep - 10:01 (2015)    Sujet du message: Le Château de Marçay. Répondre en citant

Le Château de Marçay.
Marçay.


Ce château du XVème siècle est bâti sur les ruines d'une forteresse du XIème siècle. Différentes familles ont vécu sur ce domaine qui comptait de nombreuses fermes dévolues à l'élevage et à la viticulture. C'était une forteresse sûre où se réfugiaient les paysans pour se protéger des gens de guerre qui écumaient la région. Les propriétaires successifs et les héritages ont morcelé cet immense domaine d'où il ne reste que le Château et ses dépendances, un parc arboré, des vignes et des terres sur une surface de 15 hectares. Cet ensemble constitue un îlot de verdure dans la campagne chinonaise, aménagée en hôtellerie et ouvert au public en 1973.


Historique.
Le château de Marçay et les terres qui en dépendaient ont appartenu à diverses familles. Du XIIIe au XVIe siècle, ce domaine féodal était la propriété de la maison de Faye. Un de Faye fut archevêque de Tours au XIIIe siècle. Je suis porté à croire qu'il a démembré, au profit de son archevêché, une portion des domaines et droits seigneuriaux de Marçay. Mais le château et ses dépendances n'en restèrent pas moins la propriété patrimoniale des de Faye pendant 300 ans après la mort de l'archevêque Jean, et ne sortirent de cette famille que sous le règne de François Ier. Par acte du 9 avril 1525, en effet, René de Faye, écuyer, Sr de Marçay, et Jeanne de
Vertou, sa femme, vendirent à René de Batarnay, d'honneur du roi, baron du Bouchage, Sr de Montrésor et du Bridoré, l'hostel, noble fief, terre, seigneurie et justice de Marçay, assis en la paroisse dudit lieu de Marçay, au pays de Loudunais, avec les métairies du château, la Barangerie, la Baraudière, les bois de haute futaie et taillis, hommes et hommages, garennes et toutes les dépendances et mouvances féodales de ladite seigneurie.

Marçay était encore en la possession de la famille de Batarnay à la. fin du XVIe siècle. Le 3 mars 1599, la dame Françoise de Batarnay, dame du Bouchage, fit faire une visite pour constater l'état du chastel de Marçay-lez-Chinon. Il fut reconnu que de nombreux dégâts avaient été causés au château par les gens de guerre de M. de Chavigny et par ceux de M. de la Tréraoille, qui y avaient séjourné pendant l'année 1597. Les habitants de la paroisse de Marçay et ceux des paroisses voisines s'y retiraient avec leurs bestiaux pour se mettre à l'abri des gens de guerre qui couraient la campagne et avaient aussi participé aux dégradations.

Avec le XVIIe siècle paraît une nouvelle famille. Le 28 mai1607, messire Simon LeBossu, conseiller du roi, maîtreordinaire eu la chambre des comptes à Paris, seigneur du château fort, terre et seigneurie de Marçay, fait arpenter les domaines dépendants de ladite seigneurie. Il est évident que c'était un acquéreur récent qui voulait faire constater d'une manière précise l'état et la contenance de son nouveau domaine. Cet acte de 1607 est fort curieux. Il renferme une description complète du château, qui comprenait alors deux corps d'hostel, flanqués de trois grosses tours, deux rondes et une carrée (ou plutôt octogonale); un jeu de paume, cour, caves, prison à mettre prisonniers, le tout entouré de hautes murailles et de fossés profonds. On mentionne le pont-levis qui donnait accès dans la cour, etc. Simon Le Bossu, qui avait épousé Marie Bonnet, laissa pour principal héritier Séraphin Le Bossu, son fils, qui fut aussi seigneur de Marçay. Celui-ci se maria le 27 décembre 1629 avec Elisabeth Tronson, et décéda au mois d'avril 1657. Il eut pour enfants : Alexandre-Louis Le Bossu, son principal héritier, et plusieurs filles ; deux d'entre elles, Marie et Madeleine, furent religieuses à Champigny. Alexandre Le Bossu épousa Renée de Rivière, mais il paraît n'avoir pas laissé d'héritier mâle.


A la mort de Séraphin Le Bossu s'ouvre une période désastreuse pour la famille Le Bossu. Ce seigneur était ruiné et avait laissé de grosses dettes. Le 21 mars 1667, le château de Marçay et ses dépendances furent saisis à la requête des religieuses de Champigny, auxquelles Séraphin Le Bossu n'avait jamais payé la pension de ses filles, religieuses en ce couvent, à celle des Ursulines de Loudun et de M. Dreux, Sr de Bellefontaine, créanciers du Sr Le Bossu. Cette saisie donna lieu à de nombreux incidents judiciaires; le procès dura plus d'un demi-siècle. Enfin,le 7 avril 1723, la terre et seigneurie de Marçay, avec toutes ses dépendances, furent adjugées à dame Françoise Dreux, veuve de messire Charles Odard, chevalier, et à Marie Dreux, sa soeur, filles de feu Guillaume Dreux, écuyer, Sr de Bellefontaine. Cette adjudication fut prononcée au bailliage de Loudun, devant lequel avait eu lieu toute la longue procédure que j'ai indiquée. Le 28 septembre 1722, avant l'adjudication, on avait procédé à l'arpentage de la terre et seigneurie de Marçay et de ses dépendances. Les experts avaient estimé non seulement les terres et les bois, mais les rentes tant féodales que foncières dues au seigneur, les produits de fief, et déterminé autant que possible les limites de la seigneurie de Marçay, opération difficile, parce que ces limites se perdaient dans les bois et les marais qui bordent la partie sud et ouest de la paroisse de Marçay. Elle décéda le 24 pluviôse an VII; sa succession fut vendue aux enchères par ses héritiers, à la barre du tribunal de Chinon. Le château et terre de Marçay, formant un des lots de ladite succession, furent adjugés à M. Luc Gilbert, par jugement du 6 messidor an X (août 1802) Ils appartiennent aujourd'hui à la famille d'Espinay, héritière de M. Luc Gilbert de Fontenay, représentant la famille Dreux par suite de cette aliénation volontaire.

Le château de Marçay était un fief noble relevant directement du domaine royal et du château de Loudun. Un aveu rendu le 1er avril 1775, par M™"du Langon, nous éclaire complètement sur sa mouvance féodale. Cet aveu est ainsi conçu: « De vous Louis XVI, roi de France et de Navarre, notre souverain seigneur, je, dame Marie-Anne Dreux, dame de Marçay, lePetit-Puy, lePlessis, le Vaugaudry, la Chancellerie et autres lieux, veuve de messire Antoine-Charles-Henri d'Arcemale, chevalier, seigneur baron du Langon, Le Breuil, Monsenil, Guinefoile, les Lionnières et autres lieux, tiens et avoue tenir, à cause de votre château de Loudun et de la Roche-Clermault, mon fief, terre et seigneurie de Marçay, lesquels choses j'ai eues à titre successif de feu messire Charles Dreux, mon frère, etc. »

Le château accuse diverses époques de construction. L'une des tours rondes situées vers le levant est surmontée de mâchicoulis avec ornements à trèfles allongés qui remontent au XVe siècle. L'autre tour ronde porte aussi des mâchicoulis, mais ceux ci avec ornements flamboyants qui dénoleut les premières années du XVIe siècle. Une autre tour, de forme octogonale, et qui jadis renfermait un escalier, était percée de fenêtres à choux frisés qui indiquent également l'époque qui précède immédiatement la Renaissance. On arrive au sommet de cette tour par une élégante tourelle en encorbellement, de la même époque, gracieusement suspendue au flanc de la tour principale. Du haut de ce donjon la vue embrasse toute la plaine du Loudunais, depuis le plateau de la tour Saint-Gelin jusqu'aux coteaux qui bordent la rive gauche du Thouet; on découvre Loudun, Saint-Léger, Le Coudray-Montpensier, etc. Ces trois tours, avec le corps de logis central et l'aile à l'ouest qui les relient, forment la partie ancienne du château, décrite dans la pièce de 1607 ci-dessus citée. Le château était eucore dans le même état à la mort de Mmodu Langon, d'après un état de lieux dressé à cette époque. Une seconde aile (à l'est) et une quatrième tour ont été ajoutées par M. Luc Gilbert. Les douves ont été comblées et les hautes muradles en grande partie détruites ; il en reste assez cependant pour se rendre compte de l'ancienne disposition des cours et avant-cours.

Il y avait dans les dépendances du château une chapelle, aujourd'hui détruite, et qu'il ne faut pas confondre avec celle de la famille de Mondion, qui était attenante à l ‘église paroissiale. La chapelle du château, d'après quelques débris de sculptures de style flamboyant employés dans des constructions postérieures, devait être contemporaine de la tour octogonale.


Le château n'est pas la seule construction ancienne que possède la commune de Marçay. Plusieurs maisons présentent encore des fenêtres è moulures et à arcs tudor, qui attestent leur ancienne origine. Le Grand-Logis, la Cour-aux- Moines, la Maison-BIauche, le Bois-du-Chillou, Beauvais et quelques autres habitations situées soit dans le bourg, soit dans la campagne, ont un certain caractère archéologique. C'étaient les logis des officiers de la seigneurie, ou de quelquelques gentilshommes campagnards.

Le Château de Marçay est devenu un hôtel de charme et un restaurant gastronomique. Fin 2014, Alors que Marçay a retrouvé une santé financière saine après des années compliquées, Philippe Mollard, la soixantaine, s'est résolu à vendre. Laissant ainsi filer l'un des derniers châteaux encore en sa possession (Il reste propriétaire de l'hôtel des Hautes Roches, à Rochecorbon) La fin de l'ère Philippe Mollard, qui avait racheté en 1973 ce qui est devenu hôtel restaurant quatre étoiles. Pour un montant qui oscillerait « entre 2,5 et 7 millions d'euros », Éric Lucas, financier de Melbourne âgé d'une quarantaine d'années, vient d'acquérir la bâtisse du XVe siècle, prisée des politiques (Mitterrand, Giscard d'Estaing et Chirac y ont notamment séjourné) comme des people.

Légende.
Au château de Marçay se rattache une légende assez curieuse que l'on me permettra de rapporter ici. Une châtelaine courait le loup-garou la nuit sous une forme monstrueuse. Le fermier lui ayant tiré un coup de fusil fut effrayé
de trouver, à l'aube du jour, au lieu du loup-garou qu'il avait vu la nuit, une femme couverte d'un linceul blanc. Il l'enterra secrètement, et depuis ce temps, la malheureuse châtelaine revient toutes les nuits couverte de son linceul et traverse les cours en poussant des cris plaintifs (1) Est-ce une transformation de la légende de Mélusine? Est-ce le récit travesti de quelque événement tragique qui se serait passé à une époque ancienne dans le manoir de Marçay ? Il doit y avoir là confusion et mélange entre des traditions d'origine diverse. Tous les châteaux du moyen âge avaient leurs fées protectrices ou ennemies. Les dames blanches d'Ecosse sont soeurs des fées gauloises, et il ne faut pas oublier que Marçay est tout voisin de la Roche-Clermault, Lerné, Seuilly, en un mot qu'il touche au canton où se passe toute la légende de Gargantua que Rabelais avait probablement recueillie dans les récits des paysans chinonais. Peut-être cette notice paraîtra-t-elle un peu longue pour une localité aussi peu importante que Marçay ; mais qu'il me soit permis de le dire : pour bien connattre l'histoire, il faut en étudier tous les détails les plus minutieux dans nos documents locaux. C'est ainsi seulement qu'on peut pénétrer le secret de nos vieilles moeurs, de nos vieilles institutions, de notre ancien état social. L'histoire d'un village ou d'un antique manoir est le reflet de l'histoire générale des villages et des manoirs.

(1) D'après une variante, les gens du château auraient poursuivi le loup garou plusieurs nuits avant de pouvoir le tuer, et la pauvre châtelaine, blessée el reprenant sa forme naturelle, aurait dit en expirant : « Peut-on tuer une mère de famille ! »

Chartrier du château de Marçay.— La ferme du château est souvent appelée la ferme de la Tourette dans plusieurs documents ; le nom de la Tourelle est encore donné aujourd'hui à une certaine portion du bourg de Marçay. Ce nom provient évidemment d'une tour qui devait se trouver en cet endroit, et dont il ne reste plus de trace.
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Référence Mérimée : IA00011837

historique: Edifice du 15e siècle, dévasté par les huguenots ; restauré à partir de 1597 ; remanié au 18e siècle ; campagne de restauration fin 19e siècle début 20e siècle (entre 1890 et 1914) en style néo gothique ; communs construits depuis 1833 au nord du château ; vestiges de fossés à l'est et d'une chapelle ? Au sud-ouest, escaliers remaniés, escalier en vis détruit, chapelle détruite
élévation élévation à travées
étages 2 étages carrés
escaliers escalier en vis ; escalier dans-oeuvre ; escalier tournant à retours avec jour
gros-oeuvre calcaire ; pierre de taille ; moellon
couverture (type) toit conique ; toit à longs pans
couverture (matériau) ardoise
typologie maison noble
état restauré - propriété propriété privée
protection MH 1963 : inscrit MH

Source : Bulletin SAT 1880.
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MessagePosté le: Ven 18 Sep - 10:04 (2015)    Sujet du message: Le Château de Marçay. Répondre en citant

Localisation.






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