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Sarcophages et troglodytes médiévaux des Roches.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Jeu 31 Mar - 20:03 (2016)    Sujet du message: Sarcophages et troglodytes médiévaux des Roches. Répondre en citant

Sarcophages et troglodytes médiévaux des Roches.
Saint-Epain.


L'existence de nombreuses caves troglodytiques atteste d'une présence humaine ancienne dans le périmètre de l'actuelle commune de Saint-Épain. La « cave Fourte », près de la ferme de la Morinière, est un refuge composé de plusieurs salles, reliées entre elles par des couloirs, en constitue un bel exemple. Les travaux menés par M. Hubert font même remonter les premiers défrichements au Néolithique. Les habitations troglodytiques, aménagées et habitées pour certaines jusqu'au début des années 1960.
Souterrains de Saint Epain.La Grande Maison, « Les Caves Fourte »

 

La découverte de silex attribuables à la période allant du Paléolithique au Néolithique témoigne d'une présence humaine remontant à la préhistoire. Atelier de taille de sarcophages mérovingiens à partir du VIe siècle. Les sarcophages trapézoïdaux constituaient un mode d'inhumation relativement courant sur les sites funéraires du haut Moyen Âge. En 857, une notice de plaid en faveur de Norbert curé de St Epain mentionne la villa de Malebuxis (pancarta nigra, Sunt enim ipsae res ia villa quae vocatur Male-Buxis). Malebuxis ancien nom des Roches à l'époque carolingienne (le Gué de Maubuy est situé en contrebas des Roches). À partir du XIe siècle une partie des carrières est utilisée comme habitations. Au Moyen Âge, plusieurs textes mentionnent « Les Roches » (ancien fief), possession de la collégiale de Saint-Martin de Tours.

Trois carrières estimées à 1.300 m2 environ, maintenant rebouchées, ont certainement été utilisées pour la fabrication d'environ 2.000 sarcophages (estimation des archéologues).Suite à la découverte d’ossements humains, un sondage archéologique a été programmé en août 2010. Outre cette découverte fortuite, l’intérêt de la cave réside dans le fait qu’il s’agit d’une ancienne carrière. Le squelette découvert est celui d’une jeune femme (17-20 ans), déposé au fond de
la cave, dans des conditions relativement peu respectueuses. Les raisons de cette
« relégation », plutôt qu’une inhumation dans un espace funéraire n’ont pas pu être
déterminées.

Le site étudié se situe plus précisément dans la vallée de la Manse, rivière parallèle à la Vienne à cet endroit, au lieu-dit « Les Roches », à 2,5 km du bourg de Saint-Epain et à 2 km de l’entrée de la vallée de Courtineau, où d’autres carrières de sarcophages du haut Moyen Âge sont déjà connues. Les cavités se situent sur la rive droite de la Manse, dans le coteau assez abrupt, à une altitude comprise entre 70 m et 85 m. Le site des roches se compose d’une demi-douzaine de cavités, reliées entre elles par des terrasses et sentiers en pente douce. Le premier type de cavités correspond à des carrières. Un second type de cavités correspond aux habitations et dépendances troglodytiques, témoins d’une occupation ancienne du coteau depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, le site étant encore habité par le propriétaire du terrain. Les troglodytes réutilisent dans quelques cas les anciennes carrières encore suffisamment accessibles.

 

La carrière 1 est une carrière souterraine à piliers tournés (un seul pilier caractéristique des carrières médiévales. La carrière mesure 20 m de long (N/S) sur 15 m de large (E/O), dans sa partie souterraine, soit environ 300 m². Les traces de pic et négatifs visibles sur le coteau à l’avant de la carrière indiquent une exploitation sur cinq à dix mètres au moins avant de s’enfoncer dans la roche. La hauteur de galerie varie entre 3,20 m dans la salle 1 (sondage 1) et 3,40 m dans la salle 2 Deux accès sont visibles, un dans chaque salle actuelle. Deux chantiers d’extraction ont dû cohabiter pendant un temps, avant que la jonction ne se fasse entre les deux galeries. L’exploitation de la carrière s’est faite sur deux niveaux. Le premier d’une hauteur de 2,40 m environ et le second d’environ 1 m. Cette « double exploitation » et ces hauteurs se retrouvent sur plusieurs sites de la vallée de la Vienne, à Panzoult ou dans la vallée de Courtineau (Saint-Epain) La morphologie de la carrière et les traces visibles sur les parois permettent de reconstituer assez fidèlement le schéma d’exploitation du premier niveau de la carrière. Le second niveau reste plus difficile à appréhender

La carrière 2 est la plus importante du site. Elle s’étend sur 45 m de long (N/S) et 30 m de large (E/O). Seulement la moitié de la cavité est encore accessible aujourd’hui, et les effondrements à l’extérieur comme à l’intérieur sont très importants, la majorité des salles étant soit inaccessibles soit obstruées jusqu’au niveau du ciel de carrière. On peut estimer sa surface à 1300 m² au moins. Le taux de défruitement* se situant autour de 80%, la surface réelle n’est que de 1000 m² environ. Le sol de carrière n’est visible en aucun endroit de la carrière. Au fond de la salle F (voir plan), on observe pourtant une hauteur de galerie d’au moins 2 m ou 2,30 m entre le ciel de carrière et le niveau actuel du sol (déchets d’extraction). Il n’est pas impossible que la hauteur totale de la carrière soit, comme dans les carrières 1 et 2, d’au moins 3,40 m. La seconde partie de la carrière correspond à une salle mal conservée, audelà des premiers négatifs observés. La forme de la cavité et la présence de déchets de taille et/ou d’extraction dans le comblement permettent sans trop de doute de l’identifier ainsi.

La carrière 3 se compose de deux parties, dont l’extension n’est pas connue. La première partie est visible où trois négatifs sont dégagés. L’extraction s’est faite sur environ 1,10 m de hauteur, soit l’équivalent de deux ou trois blocs. Les faibles dimensions de cette carrière, ou ouverture de carrière plutôt, s’expliquent sans doute par une roche trop fractionnée pour permettre l’extraction de blocs de grand appareil.

 

Les différentes carrières étudiées témoignent d’une exploitation importante d’environ 1300 m². La nature des blocs extraits, correspondant à des cuves et couvercles de sarcophages trapézoïdaux, permet de dater le site du haut Moyen Âge, sans davantage de précision. Les carrières étudiées sont toutes souterraines, et s’ouvrent à une altitude relative au site comprise en 37,50 m et 51 m. D’après la surface exploitée, on peut estimer aux alentours de 1950 le nombre de sarcophages produits. Ce chiffre doit néanmoins être pris avec prudence, puisque notre connaissance du site n’en est pour l’instant qu’à son début. Le niveau actuel du site, bien plus haut que l’intérieur des carrières, indique clairement un remblaiement très important, imputable davantage à un recouvrement naturel (effondrement du coteau, colluvionnement important) plutôt qu’à un exhaussement volontaire du niveau du sol. Cet épisode d’abandon reste difficile à cerner.

Source :
Dominique Leray, propriétaire des lieux.
Daniel Morleghem
______________________________________
Avant 733, Donation par testament à l’abbaye de Saint-Martin-de-Tours du Domaine de Brigueil, aujourd’hui St-Epain. Cet acte ayant péri en 853 lors de l’incendie des Normands. Avant 857, Villa « Malebuxis » ancien nom des « Roches » à l’époque Carolingienne. Propriété d’Amalbert. Vente au prêtre Esaïe. A sa mort rentre dans le Domaine Martinien par donation. 857, Notice de plaid en faveur de Norbert, curé de St-Epain de la villa « Malebuxis ». Esaïe était son oncle. 1336, Bail à rente perpétuelle de l’erbergement des Roches à Robin Boutet. (Les tenures en erbergement sont des concessions de terres à défricher) 1398, Bail à rente à ses héritiers Pasquier Barangier, Laurent Martin, Jehan Hemery. (Prévôt en 1443) 1428, Bail à rente à Etienne Barangier, Guillaume l’ainé et Guillaume le jeune frère. 1461, Vente à Philippe de la Chapelle et Jean de la Chapelle son fils. (Notaire à Chinon)

Voir sur le forum:
Les carrières de sarcophages.
En Touraine.

Les Roches (Site troglodytique)
Saint Epain
_________________
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MessagePosté le: Jeu 31 Mar - 20:03 (2016)    Sujet du message: Publicité

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