Touraine Insolite Index du Forum

Touraine Insolite
Mystères & Etranges


Le château de la Roche-Morin.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Touraine Insolite Index du Forum -> La Touraine -> Vestiges & Patrimoines disparus.
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Mikerynos
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 26 Fév 2008
Messages: 4 671
Localisation: Tours
Masculin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Mar 19 Avr - 18:35 (2016)    Sujet du message: Le château de la Roche-Morin. Répondre en citant

Le château de la Roche-Morin.
Veretz.

Le château de la Roche-Morin, à trois kilomètres de la bourgade de Véretz, à 800 mètres environ de la Chavonnière, au milieu d'un parc aux arbres séculaires s'élevait encore il y a une cinquantaine d'années, un château du XVIIIe siècle assez bien conservé, le château de la Roche-Morin. Il avait ses dépendances comprenant la maison du fermier, celles du closier et du jardinier. Par une grande allée bordée d'ormes on y accédait venant de la route d'Esvres. Il avait une certaine distinction. Un fronton, belle entrance ; un lanternon avec clocheformait un ensemble très agréable. A droite se trouvait un porche en anse de panier, à demi ruiné, conduisant aux communs… Faute d’entretien, le château de la Roche Morin s’est délabré après la seconde guerre mondiale jusqu’à devenir un tas de ruines.


Il n’existe malheureusement aucun document, photos, plan ou dessin de cette demeure.

Malheureusement une grande lézarde s'était formée près d'un pilier de la porte d’entrée dans le pignon Ouest. Et le nouveau propriétaire n’y fit rien pour y remédier, même il l'abandonna et par la suite le pignon s'écroula. La toiture d'ardoise n'ayant aucune réparation, la destruction totale de cette belle demeure s'ensuivit. Plusieurs membres de la Société Archéologique et d'autres amateurs vinrent offrir d'acheter ce château croulant mais le propriétaire fut inexorable disant ne vouloir le vendre à aucun prix car les terres y attenant étaient excellentes pour la culture. Aujourd'hui il ne reste guère qu'un pan de mur au milieu de ruines faisant de ce petit coin si pittoresque l'image de la désolation. Seuls, les communs sont à peu près en bon état.

D'après l'histoire, ce château avait été reconstruit sur les ruines d'un autre du XVe siècle qui avait été habité par le sieur de la Roche, nous le savons par des recherches aux archives départementales. Puis au début du XVIIIe, en 1715, d'après certains mémoires, la Roche semblait appartenir à Madame Irène de Beauvais, veuve de Messire Bouilleux ou Rouilleux (1) Nous n'avons pu trouver le nom des propriétaires successifs, mais nous savons qu'il fut acquis en 1821, par le marquis de Siblas qui vint l’habiter afin de conduire l’exploitation du domaine. Paul-Louis Courier découvre la Chavonnière qui appartient à Augustin Isambert au début de 1816. Il ne l’achètera qu’en avril 1818 car il espérait acquérir le château de la Roche Morin. Etant voisin de la Chavonnière, nous savons qu'il rapports de bon voisinage. Ils se recevaient de temps à autre entre 1821 et 1825, date de l'assassinat de Courier en forêt de Larçay. Courier ayant eu des démêlés avec Debeaune, alors maire de Véretz, le Marquis de Siblas fit l'impossible pour essayer d'aplanir ces différends, mais il échoua et Courier dut aller en prison pour ce que nous savons.

Pendant l'incarcération de Courier, le Marquis de Siblas venait toujours en visite à la Chavonnière voir Herminie qui l'accueillait avec plaisir, mais elle l'éconduisit quand il l'invita à venir le voir à la Roche-Morin. On voit dans une des lettres de Courier à sa femme, alors qu'il était en prison, qu'il l'a félicitée d'avoir ainsi agi, en refusant l'invitation d'aller chez le Marquis à la Roche. Le chemin rural de la Chavonnière passait devant la Roche-Morin, c'est-à-dire juste devant sa maison ; le Marquis obtint du Conseil en 1823 de le Municipal reporter plus à l'Est où il est actuellement. Le Marquis jouissait de la considération générale dans son entourage; son fermier et ses closiers avaient ses faveurs car il aimait la culture et surtout le bon vin que l'on récoltait dans ses clos, au dire des gens du terroir que nous avons connus il y aura bientôt quarante ans.

Le Marquis de Siblas fut nommé Maire de Véretz en 1830, le 7 septembre, après Debeaune. Il réorganisa la Garde Nationale de la Commune qui comptait 110 hommes de 18 à 40 ans et lui donna comme instructeur Florent Desouches qui fut payé 30 francs par mois. Il ne remplit les fonctions de Maire que six mois et fut remplacé par son adjoint le Docteur Herpin le 13 mars 1831, qui devint Maire à son tour et administra la commune pendant quarante ans. Monsieur le Marquis de Siblas fut appelé à d'autres fonctions au grand dam des habitants qui le regrettèrent car ils avaient eu pour lui beaucoup de considération. Donc en 1831,il quitta Véretz sans que nous sachions à quelles fonctions il avait été appelé. Son château fut vendu en 1834 à la famille Huret qui le posséda jusqu'en 1918.

D'après Carré de Busserolle, près de la Roche-Morin se trouvait un champ sablé dans lequel furent ramassés de nombreux débris de poteries et de tuiles à rebord; ce qui laisse à penser, de même qu'à la Chavonnière, à l'existence de construction gallo-romaines. Depuis, tout a été nivelé et mis en culture; il faudrait faire des fouilles à cet emplacement.

En 1936, j'ai pu visiter ce château en ruines et pris des notes sur ce que j'ai constaté. Il était encore debout malgré l'écroulement de la toiture. Au rez-de-chaussée quatre grandes fenêtres et une porte d'entrée monumentale avec perron. Il y avait à l'intérieur quatre grandes pièces dont l'une principale devait être le grand salon, deux plus petites, salle à manger et deux chambres et cabinets ou cuisine. Les trois pièces étaient encore ornées de boiseries sculptées de couleurs ombre, belles cheminées à coquilles, encadrées de panneaux Louis XV de grande élégance. Au-dessus, mansardes telles qu'on les installait à cette époque pour le personnel. Quelque temps après, je fus invité par le fils du propriétaire, disant avoir découvert la cave dont on ignorait l'existence et l'entrée. Une partie d'encoignure de la salle à manger s'était écroulée faisant un trou, nous descendîmes sur les moellons tant bien que mal et à la lueur d'une lampe électrique nous vîmes à droite l'escalier dont la porte avait été murée.

A l'entour il y avait des tables, des fûts pourris et autres objets laissés sans doute par les ex-propriétaires. Au milieu, un puits carré à ras de terre dont la margelle basse était recouverte d'une grille en fer. On apercevait l'eau à peu de distance du bord. C'était une belle cave plein cintre, en pierres de Bourré en très bon état de conservation. Sur le côté se trouvaient deux excavations en forme d'entrée de souterrains, elles étaient murées à environ un mètre. Le propriétaire avait renoncé à les perforer même à la pioche à cause de la dureté du ciment. Dans la cour il venait, disait-il, de découvrir une citerne, c'était la laiterie ainsi qu'il en existait autrefois dans toutes les closeries ou grandes fermes du XVIIe, 2 mètres sur 4,50 mètres de surface et 3,50 mètres de profondeur. Il l'avait dégagée et vidée de nombreux remblais. D'après la tradition et suivant les dires de certains propriétaires environs, il y aurait eu, au moment des guerres de religion, un acquéreur de ce domaine, un catholique sans doute, venant du Limousin amenant avec lui des ouvriers pour la réfection du château, et qui aurait muré un coffre rempli d'or afin d'éviter qu'il ne tombât aux mains des protestants. Depuis ce temps, paraît-il, des fouilles auraient toujours été faites par chaque génération et n'auraient jamais abouti.


Pour en revenir au marquis de Siblas, voici une délicieuse anecdote que j’ai recueilli d’une bonne personne dont la grand-mère Marquis. Il aimait tisonner près de sa cheminée lorsqu'il rentrait à cheval au retour de la Mairie chaque soir. Sa vieille servante le gourmandait tout en lui apportant des bûches, mais lui, ne le prenait pas en riant car il était assez pointilleux. C'est alors qu'il lui dit à brûle pourpoint «Si vous étiez de mon rang je n'hésiterais pas à vous donner un soufflet.—Bien sûr, lui répondit elle, cela me rendrait service, ainsi qu'à vous, Monsieur le Marquis, j'en s'rais ben heureuse car le mien est assez usé et ne fonctionne plus, je sis obligé de souffler avec mon grand sureau ». Il serait nécessaire plus que jamais de demander à tous les membres de notre société de bien vouloir signaler, chacun dans son secteur, les vieilles demeures délaissées (et elles sont encore nombreuses) tout en recherchant leur origine et par une diplomatie appropriée, soit engager les propriétaires à les entretenir, soit leur offrir de les acheter ou faire leur réfection. Nous avons des exemples autour de notre secteur. Ainsi, le château d'Azay ou Donjon, près de l'église d'Azay-sur-Cher, menaçant de ruine a été entièrement rénovée ; Ainsi cette ancienne magnanerie, appelée le Manoir de la Miltière, à Montlouis; de même le Manoird des Barres. Regrettons que le fisc considère ces restaurations comme une plus-value et quadruple les impôts directs! On devrait plutôt donner la médaille de la Reconnaissance française à ceux qui contribuent à la sauvegarde de ces chefs d’œuvre.

M. André RIVIÈRE. 1964
________________________________
Source: Société archéologique de Touraine. Bulletin de la Société archéologique de Touraine. 1964. T XXXIV
(1) 1722-1729.Françoise-Charlotte de Beauvais, veuve de Joseph Roujou, pour son domaine de La Roche-Morin, paroisse de Véretz, les métairies de La Désirée et de La Bourdrie.

La Roche-Morin. Cne de Véretz. La maison appellée la Roche Marin, située paroisse de Véretz, 7 juin 1750 (acte Mouys-Tours) ; La Roche, XVIIIe s. ; La Roche Morin, 1821 (Cadastre) ; Une petite maison apellée la Rochemorin, 18 décembre 1844 (acte Robin-Tours) ; La Roche Morin, 1967 (Cadastre)

Localisation.



Cadastre 1967.






_________________


Dernière édition par Mikerynos le Mar 19 Avr - 18:42 (2016); édité 1 fois
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar 19 Avr - 18:35 (2016)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Mikerynos
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 26 Fév 2008
Messages: 4 671
Localisation: Tours
Masculin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Mar 19 Avr - 18:39 (2016)    Sujet du message: Le château de la Roche-Morin. Répondre en citant

Vues Aériennes.


Vue Aérienne 1949.



Vue Aérienne 1956.



Vue Aérienne 1979.



Vue Aérienne 2015.

_________________
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:35 (2017)    Sujet du message: Le château de la Roche-Morin.

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Touraine Insolite Index du Forum -> La Touraine -> Vestiges & Patrimoines disparus. Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com