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Caves et carrières de Chinon (1)

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 09:03 (2016)    Sujet du message: Caves et carrières de Chinon (1) Répondre en citant

Caves et carrières de Chinon (1)
Chinon.


D'années en années, le nombre des caves à Chinon ne cessa de s'accroître, les unes aux dépens des galeries qu'elles obstruaient, les autres par l'élargissement de cavités de dimensions jugées insuffisantes, dans lesquelles le pic du carrier faisait son office. Les maçons trouvaient là eux aussi en hiver un profit appréciable et non sans agrément.Peut-être faut-il voir dans cet empressement à multiplier les aménagements et les agrandissements, une des causes de d’éboulement qui, en août 1921, vint bloquer la grande galerie d'entrée, à trente mètres environ de la porte, entraînant dans le sous-sol une partie du coteau Saint-Martin.

136 cavités souterraines ont été recensées à Chinon, allant de quelques mètres à plusieurs milliers de mètres de longueur. Il s'agit des anciennes carrières de tuffeau utilisées pour la construction du château et de la ville et réparties en plusieurs ensembles plus ou moins connectés. Quelques galeries anciennes subsistent à l'aplomb du donjon du Coudray, puis d'ouest en est, s'enfonçant vers le nord sous le coteau, « Les caves Plouzeau » reliées au château par le puits du Coudray, les nombreuses caves particulières de la rue Voltaire « Les Caves Peintes », avançant jusque sous le fort saint-Georges, « Les caves Vaslin » et les caves du vieux collège. Cette voirie souterraine ponctuée de carrefours et de petits monuments, parcourue de sources et profondément remaniée par les Chinonais après la fin de l'exploitation des carrières, entraîne des effondrements, des chutes de pierres, de blocs ou l’écroulement de masses rocheuses. Le plus important de ces mouvements de terrain a eu lieu le 14 et le 15 août 1921, quand une partie du coteau saint-Martin s'effondra, emportant avec lui la voirie et les habitations, à l'emplacement de l’actuelle place de la Brèche.

Les principaux secteurs concernés par le risque de mouvements de terrain sont, sur la rive droite de la Vienne, Les Mollières, le quai Pasteur, le centre ancien, le coteau Saint-Martin, Sainte-Radegonde, Paul Huet, Rochefaucon et La Rochelle, les Closeaux et le Grand Ballet ; sur la rive gauche : La Collarderie, Parilly, Le Vauserain et le Plessis-Gerbault.


Ce risque est directement lié aux cavités souterraines qui sillonnent le coteau. Les Chinonais n'ont pas été loin pour extraire la pierre nécessaire à l'édification du château et des bâtiments urbains. Ce, avant même le tout début du Moyen Âge. Certaines galeries d'extraction sont antérieures au siège d'Ægidius, en 464, et se sont continuées jusqu'au XVIIe siècle, telles celles qui sont sous le site du Couvent des Calvairiennes, connu à l'heure actuel sous le nom de Clos Saint-Michel. À côté de ces galeries d'extraction, il faut ajouter les innombrables « roches » qu'ont creusé les Chinonais depuis le premier habitat connu au Paléolithique. Habitat au double bénéfice : d'une part on créait des espaces utilisables, d'autre part on récupérait la pierre extraite ! Il y a encore peu d'années, des caves se sont ainsi creusées en toute anarchie causant parfois des drames mortels, le dernier connu remontant au début des années 1980.

Le 10 Mars 1799, un éboulement très important au niveau du coteau St Martin, en arrière du Collège, détruit plusieurs caves et maisons. Il a enseveli les habitants en faisant un mort.
Le 28 Janvier 1805, un écroulement rocheux détruit quatre maisons Porte du Château ayant fait deux morts.
Le 29 Janvier 1813, un éboulement sur le coteau Ste Radegonde entraîne des dégâts matériels importants : une personne y laisse la vie.
Le 2 Avril 1827, sur le coteau St Martin, un effondrement de voûte dans une cave fait deux morts.
Le 21 Décembre 1855, l’écroulement de trois caves se produit sur le coteau de Ste Radegonde.
En Décembre 1875, un effondrement se produit à l’intérieur d’une cave sous le Château du Coudray : un ouvrier est tué.lors des travaux de déblaiement.
Durant l’hiver 1879, de nombreux éboulements se produisent sur les coteaux St Martin et Ste Radegonde.
Le 14 Août 1921, un énorme effondrement affecte tout un quartier de Chinon dans le haut de la rue du Puits des Bans. Bien qu'un grand nombre de maisons soient détruites, on ne déplore heureusement aucune victime.
En Mai 1967, une masse rocheuse de 20 m3 se détache du coteau au dessus de la rue Philippe de Commine.
En février 1979, des chutes de pierres se produisent dans le coteau au dessus de l’entrée des caves Pointreau.
En Septembre 1979, un effondrement se produit dans la cour du collège, révélant l’existence de cavités souterraines.
Le 15 Février 1985, un écroulement de masse rocheuse se produit dans un jardin Rue du Coteau à Ste Radegonde.
Le 6 Mars 2001, Mouvement de terrain coteau St Martin, 30 m3 de terre ont chuté de 8 mètres de haut dans une cave et un jardin.

Tous ces glissements ont fait 8 morts sur une période de 200 ans. le coteau sus-jacent étant miné par les Caves-carrières Vaslins : un très vaste réseau de galeries qui communiquent avec celles situées à l'Est (caves du Collège) et à l'Ouest (caves du Vieux Marché).

Comment connaître exactement ce réseau ? Suite à l’effondrement mortel, au mois d'avril 1827, le Préfet de Tours missionna un ingénieur des mines pour expertiser l'état des carrières et des caves habitées du Coteau de Chinon. Les travaux préconisés par cet ingénieur ne furent jamais exécutés. En 1847, à la suite d'un important mouvement de terrain qui affecta la rue du Puits des Bans, un autre ingénieur des mines vint, lui aussi, inspecter le coteau, notamment les caves de M. Trutteau. Un potier, qui pour exercer son art, creusa d’immenses galeries, juste au pied du coteau, sous les caves Vaslins, au Nord de l'actuel parking de la Brèche. L'ingénieur des mines interdit la circulation rue du Puits des Bans qu'il fit fermer à chaque extrémité par des barrières. À propos de la cave située sous la rue du Puits des Bans, ce dernier s'inquiète : « Cependant considérant que cette excavation se trouve sous une rue fréquentée des voitures qui par l'ébranlement quelles occasionnent en roulant sur un pavé incliné pourraient faire détacher cette masse inopinément... »

En 1847, l'ingénieur des mines interdit la circulation rue du Puits des Bans qu'il fit fermer à chaque extrémité par des barrières.

Le 14 et 15 août 1921, une partie du coteau s'enfonçait dans les Caves-carrières Vaslins causant la destruction d'une quarantaine de maisons situées entre la rue du Puits des Bans, celles du Coteau Saint-Martin et celles adjacentes au chemin rural 175. Outre la démolition des maisons, cet effondrement a obstrué l'entrée et les galeries des Caves Vaslins. Cette entrée, située au bas du mur Nord du parking de la Brèche, bien que murée est encore visible. Reconnaître l'étendue des dégâts provoqués aux souterrains s'est avéré impossible. Dans les années 1970, les employés du géomètre, M. Langlois, ont effectué un relevé des caves et carrières situées entre la rue du Collège à l'Est et le Vieux Marché à l'Ouest. Ils n'ont pas pu pénétrer dans la zone située exactement en regard de l'actuel emplacement du parking de la Brèche, cette zone étant celle de l'effondrement de 1921.

Sur ce plan ne figure pas le relevé des caves « Blanquefleur » ou « Caves de Beauvais » situées au fond de l'impasse Jean Macé. Actuellement, par deux ouvertures, un des piliers de soutènement de cette cave est visible, son couronnement semble accuser fortement les ans. La maison du haut moyen âge, dite de Beauvais, qui se trouvait au-dessus, au 17 rue de l'Ours, à était démolie vers 1940. Les travaux de « confortement » récents ayant également entraîné la disparition d'un nombre important de galeries et de caves. dès le dernier quart du XVIIe siècle, on ne parle plus des « Caves de Blanchefleur » sans qu'il soit possible de dire si c'est à la suite d'un éboulement ou pour toute autre cause. C'est au début du XVIIIe siècle, et pour la première fois en 1730 que la ruette, qui antérieurement s'appelait « ruette qui va aux Caves de Beauvais », est désignée sous le nom de « ruette qui va aux Caves des Vaslins », c'est-à-dire vers l'entrée nouvelle de ces caves depuis que l'effondrement, dont il est impossible de fixer la date, est venu couper les galeries. Il est possible que les réparations effectuées en 1608 sur « le grand chemin qui monte des fauxbourgs, par le Puy-des-Bancs, à la Porte de la
Bresche, pour en empêcher la ruine imminente entre la cave Blanquefleur au-dessus de la maison de Beauvais » aient été rendues nécessaires par un effondrement.

Cependant, les archives ne relatent, pour la première fois, un écroulement de cave qu'au XVIIIe siècle, en 1775, cet écroulement s'était produit à la Mariette, sur le coteau au-dessus du Collège, et avait intercepté le chemin allant de l'église Saint-Martin à la Porte de la Barre, mais il ne paraît pas avoir eu de répercussions, au moins immédiates, dans les caves sous-jacentes. Un réseau de caves s'ouvrait, derrière la maison de Beauvais, à l'extrémité d'un petit passage souterrain, appelé « Caves des Fontaines »


La catastrophe de 1921.
Les événements de 1921 se sont déroulés très vite. Le dimanche 14 août, une fissure à peine dessinée est apparue sur la chaussée en face de l'entrée sud de la rue de la Porte du Château. Dans la nuit, vers 22 heures, le premier effondrement s'est produit un peu à gauche de la partie Sud-Nord du petit chemin rural 175, exactement au-dessus de la galerie dite « du Buffet » dans les Caves Vaslins, à l'endroit où un trou, bien connu des Chinonais d'alors, communiquait avec
une vaste excavation, appelée les Caves Gillot du nom de leur propriétaire. Cette excavation était dans sa partie Nord encombrée de décombres et le ciel suintait constamment ; jusqu'au début du XXe siècle aucune cave n'y avait été installée, à partir des années 1902 ou 1903, une dizaine de caves y furent aménagées de part et d'autre d'une allée centrale dans la partie Sud.


Dès le lundi 15, la fissure avait déjà 0,40 m de large et l'on pouvait voir à 3 m de profondeur. Il était possible de suivre cette fissure depuis le mur supportant la rue du Puy-des-Bancs entre la rue Jeanne-d'Arc et la montée de la Brèche, puis le long de la rue du coteau Saint-Martin jusqu'à l'entrée du chemin rural 175 ; à partir de là, correspondant en sous-sol aux Caves Gillot d'abord et à la galerie dite « du Buffet » ensuite, elle s'incurvait vers le Nord en. direction du premier effondrement pour reprendre une direction Nord-Est et aller se perdre dans un un champ à une vingtaine de mètres au Sud du chemin rural 95.

Naturellement, cet énorme effondrement a, non seulement, obstrué l'entrée des Caves Vaslins et écrasé toutes les caves à vin existant entre l'allée principale et la galerie dite « du Buffet » et alentour, mais en surface a également provoqué la destruction de toutes les maisons situées entre la rue du Puy-des-Bancs et la rue du coteau Saint-Martin et aussi de part et d'autre du chemin rural 175 et en a endommagé beaucoup d'autres qu'il fut nécessaire d'abattre. Il serait fastidieux d'en faire l'énumération. Toute cette zone a été profondément bouleversée…


Sans insister sur les conséquences des événements de 1921 pour les personnes sinistrées (destruction d'habitat, perte de mobilier, etc.), et pour les propriétaires de caves à vin et leurs précieuses collections de fines bouteilles, le sauvetage de celles ci a amené une jonction entre les Caves peintes et les Caves Vaslins (51) et aussi entre certaines caves de la Brèche et la galerie des Vaslins. L'effondrement ayant d'autre part écrasé l'étroite galerie des Caves des Fontaines, les robinets de la Brèche et celui de la fontaine du puits artésien, place de l'Hôtel de Ville cessèrent d'être alimentés. Les caves à vin ayant été évacuées, il n'en fut pas construit d'autres. Un passage boisé fut établi pour permettre de franchir la zone dangereuse de la galerie, tandis que des témoins étaient placés sur quelques fissures du ciel des galeries à l'Ouest et proches de l'enfoncement principal.
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Dernière édition par Mikerynos le Dim 4 Déc - 09:26 (2016); édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 09:03 (2016)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 09:15 (2016)    Sujet du message: Caves et carrières de Chinon (1) Répondre en citant

La catastrophe de 1921.


Vue de Chinon 1921


Chinon, quartier St Martin, ruines causées par le glissement de terrain.


M. Dutard à Chinon, près d'une fissure après le glissement de terrain.


Chinon, éboulement.


Chinon, maison Demoy, la 1ère maison éboulée.


Rue de la Porte du château de Chinon, maison écroulée et fissure dans le sol dues au glissement de terrain des 14 et 15 août 1921.


Chinon, éboulement, le chemin qui conduit aux caves Vaslin, barré par des barbelés.


Chinon, rue de la Porte du château, barrée par des barbelés.


Chinon, quartier St Martin, barré par des barbelés.


Chinon, quartier St Martin, ruines dues au glissement.


Chinon, le quartier St Martin éboulé.

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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 09:25 (2016)    Sujet du message: Caves et carrières de Chinon (1) Répondre en citant


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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 10:24 (2016)    Sujet du message: Caves et carrières de Chinon (1) Répondre en citant

Caves et carrières de Chinon (2)
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