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Caves et carrières de Chinon (2)

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 10:23 (2016)    Sujet du message: Caves et carrières de Chinon (2) Répondre en citant

Caves et carrières de Chinon (1)

Caves et carrières de Chinon (2)
Chinon.

Si, depuis le XVIIe siècle, on trouve en divers ouvrages ou articles de revues des références (descriptions ou courtes notices) aux caves carrières de Chinon, dues soit à des visiteurs-touristes soit à des historiens tourangeaux, il n'existe aucun historique ni étude d'ensemble de ces curiosités chinonaises. De même, si certains articles comportent d'utiles croquis de certaines parties de ces caves, il n'existait pas davantage de plan détaillé de l'ensemble jusqu'au plan levé par M. Langlois, géomètre-expert, à l'occasion des travaux de « confortement » du coteau Saint-Martin ; les effondrements de 1921 avaient certes fait disparaître un certain nombre de galeries et de caves, mais grâce à des relevés faits avant 1914, il a été possible de compléter le plan de M. Langlois. Les travaux de « confortement » récents ayant également entraîné la disparition d'un nombre important de galeries et de caves, il nous paraît opportun de faire aujourd'hui un bilan de toutes nos connaissances ce qu'avaient été ces immenses caves-carrières et quelques autres et sur le rôle qu'elles ont joué à travers les siècles dans l'histoire de Chinon.


La ville de Chinon s'est développée à travers les siècles entre la rivière de Vienne et le promontoire rocheux sur lequel est assis le château, atteignant vers l'Est (devant le cimetière actuel) la cote 104 et s'abaissant vers l'Ouest au-dessus du quartier du Vieux-Marché jusqu'à la cote 84 (sol du fort du Coudray au château). Les premiers habitants de la région ont sans doute occupé au néolithique, sur les terrasses fluviatiles supérieures de la Vienne, quelques grottes, qu'il est aujourd'hui à peu près impossible, sans fouilles sérieuses, d'identifier, étant donné les nombreux remaniements ou agrandissements ultérieurs et sans oublier les effondrements de rocher provoqués sur le flanc sud du coteau à des époques diverses par des extractions intempestives dans les carrières. Ces caves d'habitation et autres, creusées dans la « millarge » jaune du turonien supérieur, entrecoupée parfois d'un banc peu épais d'un grès silicieux, ont généralement peu de profondeur, mais s'étagent sur les diverses terrasses jusqu'à cinq niveaux différents en certains points on y trouve parfois des sources ou de petits bassins contenant des eaux de ruissellement.

C'est sur l'avant-dernière terrasse inférieure de la Vienne, c'est-à-dire à une côte moyenne 41, que se situent les entrées anciennes et actuelles des caves-carrières de Chinon, creusées à l'étage du turonien inférieur dans l'épais banc de « tuffeau » ou craie micacée. Au-dessus de ce banc de « tuffeau » existe une couche de marne schisteuse d'une épaisseur moyenne d'environ 4 m, mais qui ne forme pas une couche uniformément horizontale et présente des poches. Ces caves-carrières comprennent essentiellement deux réseaux principaux qui n'ont aucune communication entre eux :

1 - l'un à l'Est, le plus important, appelé « les Caves des Vaslins », propriété
communale, dont les diverses galeries sensiblement parallèles s'étendaient d'Est en Ouest, à une cote moyenne 44, sous le coteau Saint-Martin, le Fort Saint-Georges et le Château du milieu, depuis la montée de la Porte de la Barre jusqu'à la douve séparant le Château du milieu du Fort du Coudray.

2 - l'autre à l'Ouest, appelé généralement « les Caves du Vieux Marché » (ou du nom de leurs propriétaires successifs), dont les diverses ramifications sont situées presque entièrement sous le Fort du Coudray à une cote moyenne 39.

3 - Il existe d'autres ensembles de caves qui, à l'origine, ont pu servir, au moins, certaines, de carrière et sont devenues plus tard des caves à usage domestique ou industriel ; elles s'ouvrent au fond des diverses impasses qui partent vers le Nord de la grande transversale chinonaise Est-Ouest, vieux chemin gaulois, devenu au Moyen Age et jusqu'à la Révolution de 1789 les Hautes Rues Saint-Mexme, Saint-Etienne et Saint-Maurice (aujourd'hui Diderot, Jean-Jacques Rousseau et Voltaire). La plupart de ces caves sont à un niveau inférieur à celui des deux réseaux
principaux.

4 - Enfin il existait un réseau complètement indépendant, situé à la cote 56 à son entrée, c'est-à-dire au-dessus de la couche de marne schisteuse, et qui se développait à la fois vers le Nord sur une profondeur d'environ 160 m et vers l'Est ; ce sont « les Caves des Fontaines » qui, pendant des siècles, ont collecté l'eau destinée à alimenter, d'abord à l'époque romaine les villas et établissements existant à la place du parking récemment construit, puis la fontaine des Halles sans qu'il soit possible de dire depuis quelle époque.

Notes Historiques sur les caves de Chinon.
Ces notes basées sur les documents actuellement conservés dans les archives municipales et départementales ne sauraient constituer un historique complet de l'exploitation et de l'utilisation des caves de Chinon, mais elles permettront cependant d'apprécier la place importante qu'elles ont tenu dans la vie chinonaise.

Avant le XVIIe siècle.
Les références aux caves sont rares avant le XVIIe siècle. La plus ancienne remonte au 11 février 1417; c'est une déclaration féodale à la Baronnie archiépiscopale de Chinon qui concerne les « Caves de Blanchefleur » Les « Caves Peintes » sont mentionnées sous le nom « la Roche Peinte » dans un titre de 1435 des Archives du prieuré de Pommier Aigre (Arch. d'I.-et-L., fonds Pommier Aigre, liasse 8, cote 12). Les « Caves des Vaslins » n'apparaissent qu'au xvie siècle dans une autre déclaration datée du 15 décembre 1536. Deux autres titres du xvie siècle sont des actes de vente : l'un, du 19 octobre 1551, est relatif à une cave située aux « Caves de l'Hôtel-Dieu » ; l'autre, du 2 septembre 1576, à un jardin « proche les caves de l'Hôtel-Dieu » Enfin, il ne faut pas oublier la description dans l'œuvre de Rabelais de la « Cave paincte de la première ville du monde » Avec ces seules références il est impossible de dire avec précision à quelle époque a commencé l'exploitation des diverses carrières. Toutefois, il paraît probable que cette exploitation a commencé dans les Caves du Vieux Marché, d'où la pierre était montée par un puits d'extraction directement auprès des murailles à construire.
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Mikerynos
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MessagePosté le: Dim 4 Déc - 11:08 (2016)    Sujet du message: Caves et carrières de Chinon (2) Répondre en citant

Du XVIIe et XVIIIe siècles jusqu'à la Révolution.

1 - Les divers groupes de caves.
Au cours de cette période, les références aux caves de Chinon deviennent de plus en plus nombreuses, références non seulement aux caves déjà mentionnées, comme les « Caves de Blanchefleur », les « Caves de l'Hôtel-Dieu », les « Caves des Vaslins », mais encore à d'autres caves, comme les « Caves des Bedoits », les « Caves de Beauvais », les « Caves de la Brèche », les « Caves Néret ». Ce sont généralement des déclarations féodales ou des actes de vente concernant des immeubles sis près de ces caves ou sur des rues ou ruettes y conduisant. La plupart de ces références figurent dans les archives de la Baronnie archiépiscopale, dont le fief s'étendait sur les anciens quartiers St-Mexme et St-Etienne et aussi sur le coteau St-Martin jusqu'au « canton » de la « Bresche ». Mais, dès le dernier quart du XVIIe siècle, on ne parle plus des « Caves de Blanchefleur » sans qu'il soit possible de dire si c'est à la suite d'un éboulement ou pour toute autre cause.

Les « Caves de l'Hôtel-Dieu » sont encore mentionnées dans trois titres au début du XVIIe siècle, mais ces mêmes caves sont, dès 1618 et jusqu'en 1698, désignées sous le nom de « Caves de Beauvais » sans doute à cause de la « Maison de Beauvais », le bel édifice du XVe siècle assis sur des fondations plus anciennes et qui faisait alors partie de l'Hôtel- Dieu, mais que la construction du parking a fait disparaître…

C'est au début du XVIIIe siècle, et pour la première fois en 1730 que la ruette, qui antérieurement s'appelait « ruette qui va aux Caves de Beauvais », est désignée sous le nom de « ruette qui va aux Caves des Vaslins », c'est-à-dire vers l'entrée nouvelle de ces caves depuis que l'effondrement, dont il est impossible de fixer la date, est venu couper les galeries. Toutefois, pendant tout le XVIIIe siècle, les références à la « ruette conduisant du carroy Saint-Etienne aux Caves des Vaslins » restent abondantes jusqu'à la décision du Corps de Ville en 1743 de « faire abattre la voûte d'entrée des Caves des Vaslins qui menaçait ruine » (25). Un peu plus tard, un devis de réparations à faire aux bâtiments du collège, daté du 30 septembre 1762, prévoit la consolidation d'un mur dans le jardin près du rocher et la réparation d'une petite porte (qui existe encore) permettant d'aller du jardin vers l'église St-Martin, « les vidanges devant être mises dans les caves ». Bientôt, le Bureau du Collège va décider dès 1776 de construire une nouvelle cour à l'Ouest des bâtiments à l'emplacement de jardins et terrains lui appartenant ; mais les travaux ne commenceront qu'en 1788 et consisteront notamment à « clôturer cette cour, ses abords et ses accès et à reconstruire le mur qui soutenait les terres du côté Nord ». Ces travaux ont fait disparaître ies derniers vestiges de la primitive entrée des « Caves des Vaslins », aujourd'hui complètement remblayées pour le « confortement » du coteau.

Les noms d'autres caves apparaissent dans les documents, par exemple : les « Caves des Bedoits » dès 1603, les « Caves Néret » en 1674. Par contre, on ne trouve aucune référence aux « Caves du Vieux Marché » avant le début du XIXe siècle. Enfin, des déclarations féodales et des actes de vente concernant des caves du coteau St-Martin, sont assez nombreux, et parfois assez précis pour les identifier.

Utilisation des caves.
Si les « Caves des Vaslins » et les « Caves du Vieux Marché » ont été incontestablement des carrières, d'où ont été extraites les pierres de la plupart des maisons de la Ville et des murailles du Château, si certaines caves ont pu servir d'abris-refuges en des périodes troublées, si la plupart des caves existant sur le coteau ont servi d'habitation, les Chinonais ont dû très tôt utiliser les caves existantes, ou en « pier » près de leurs maisons, pour conserver leurs vins. La décision suivante du Corps de Ville, en date du 12 juin 1667 (31), en porte témoignage : « il est permis au Sr. Bridonneau, Président de l'élection, de faire pier une cave dans les caves des Vallains pour sa commodité de telle longueur et largeur qu'il jugera à propos sans toutefois incommoder ceux qui ont des caves audit lieu » Mgr Huet, archevêque d'Avranches, visitant en juin 1687 les Caves peintes, note les remarques suivantes : « les caves peintes sont plusieurs caves sous le château de Chinon que les bourgeois louent pour y mettre leurs vins en été et les retirent en hiver pour les transporter dans leurs celliers, qui sont plus froids que ces caves » Dans certaines caves du coteau, à proximité des nombreux vignobles qui entouraient Chinon, il existait des pressoirs.

Visites touristiques des caves.
Outre le passage de Mgr Huet dans les Caves peintes, il semble que les « Caves des Vaslins » aient dès la fin du XVIIe siècle reçu la visite de touristes, telle l'excursion faite le 22 avril 1699 par un groupe d'élèves du Collège royal de la Flèche, que l'Histoire de ce Collège relate de la façon suivante : « Il y a à Chinon un château sur un haut rocher, sous lequel nous entrâmes dans de profondes caves où l'on voit l'eau se geler aussitôt et former une espèce de cristal »

Il est possible que les réparations effectuées en 1608 sur « le grand chemin qui monte des fauxbourgs, par le Puy-des-Bancs, à la Porte de la
Bresche, pour en empêcher la ruine imminente entre la cave Blanquefleur au-dessus de la maison de Beauvais » aient été rendues nécessaires par un effondrement.

Effondrements.
Cependant, les archives ne relatent, pour la première fois, un écroulement de cave qu'au XVIIIe siècle, en 1775, cet écroulement s'était produit à la Mariette, sur le coteau au-dessus du Collège, et avait intercepté le chemin allant de l'église Saint-Martin à la Porte de la Barre, mais il ne paraît pas avoir eu de répercussions, au moins immédiates, dans les caves sous-jacentes. Au début de la Révolution, les carriers (« perrayers ») continuent à extraire des pierres des « Caves des Vaslins » et autres. Mais, à une séance du Conseil municipal, le 4 frimaire an II (novembre 1793), il est indiqué que ces « perrayers » opèrent des excavations qui affaiblissent les piliers qui soutiennent le ciel du rocher, agrandissent les voûtes et pénètrent jusque près des rues, ce qui peut occasionner de grands malheurs » ; en conséquence le Conseil « arrête que dès demain matin il sera fait à son de caisse défense aux perrayers de continuer d'extraire de la pierre et de faire aucune excavation dans les Caves dites Vaslins et autres sur la propriété d'autrui, jusqu'à rapport des commissaires qui ont été chargés de visiter lesdites caves, à peine de 50 livres d'amende et de détention » Nous ignorons quelle suite a été donnée à cet arrêté.

Jusqu'à l'an XIII on ne trouve aucun renseignement concernant les caves. Mais, pendant l'hiver, le 8 pluviôse an XIII (28 janvier 1805), l'effondrement subit d'un rocher près la Porte du château entraîne l'écroulement de plusieurs habitations « occassionnant la mort de plusieurs personnes et la perte totale du mobilier d'un plus grand nombre et encombrant de ruines » la rue jusqu'au carrefour au Sud en face de la maison de Sureau. L'accès de la route de Tours par cette voie est interrompu. Les autorités interviennent rapidement. Dès le 10 pluviôse, le Maire Legrand prend un arrêté défendant « de pier dans les caves situées en ville »

De la période révolutionnaire à la catastrophe de 1921.
Au début d'avril 1821, dans une cave du coteau St-Martin, presqu'au coin du petit chemin rural 95 qui rejoint au Nord le chemin rural 176, un bloc de rocher se détache du ciel et écrase un homme et une femme pendant leur sommeil. Le Maire prend aussitôt des arrêtés interdisant l'occupation de diverses autres caves manquant de solidité sur le coteau et aussi sous le fort St-Georges. De son côté, le Préfet prescrit à l'Ingénieur départemental des Mines d'effectuer une visite de toutes les caves de Chinon, afin d'indiquer au Sous-Préfet celles qui devraient être consolidées et celles que les habitants devraient être contraints de quitter.

C'est seulement à partir du 18 août que l'Ingénieur commence cette visite depuis, à l'Ouest, les caves de la Casemate sur le chemin de Saint- Louand jusqu'à celles du coteau Ste-Radégonde à l'Est ; il examine non seulement les grands groupes de carrières, mais encore de très nombreuses caves d'habitation des coteaux St-Martin, de la Mariette et Ste-Radégonde. Dans un volumineux rapport, daté du 13 septembre, il fait part au Préfet de ses observations. Il ne saurait être question de reproduire ici ce document ; il nous paraît cependant utile de résumer certaines observations qui permettent de comprendre les effondrements ultérieurs…

Les « Caves du Vieux Marché » (Caves Raffeau) sont creusées dans un calcaire très sain, sans filières et ne laissant pas filtrer l'eau ; toutefois, au bout d'une chambre ouverte sur le côté sud de la galerie principale, il s'est produit un enfoncement s'élevant à une quinzaine de mètres par suite d'extraction sur un front trop large, et l'Ingénieur suggère de combler cet enfoncement jusqu'au ciel avec un mur en pierres sèches pour soutenir les remblais.

Dans les Caves peintes
, le ciel est solide, sans filières et les sont en bon état. Parois Dans les caves de la rue du Docteur-Gendron (Caves Legril), où l'élévation des galeries résulte de l'extraction de deux bancs de tuffeau enlevés l'un après l'autre, le rocher a beaucoup de ténacité, le ciel est sans filières et les parois n'offrent aucune dégradation, mais il note qu'en fin d'extraction, et pour les mêmes raisons que dans les caves du Vieux-Marché, il s'est produit un enfoncement qu'il suggère de combler de la même manière.

Quant aux Caves des Vaslins, l'Ingénieur n'a pas pu les visiter entièrement, mais il rappelle que, dès le mois de février 1827, il avait signalé au Sous-Préfet qu'« il s'était formé en divers points des enfoncements considérables qui pouvaient journellement s'accroître et s'élever jusqu'à la superficie de la côte » (45). Il insiste une fois de plus sur la nécessité d'établir pour toutes ces grandes caves un plan général et des coupes verticales. L'Ingénieur donne aussi une description des Caves Bedoits où il ne voit aucun danger immédiat ; mais il ajoute que « cette cave, se trouvant sous une rue fréquentée par des voitures, celles-ci, par l'ébranlement qu'elles occasionnent en roulant sur un pavé incliné, pourraient faire détacher inopinément une masse de rocher »

Dans les Caves du Collège, la visite s'est bornée à la partie orientale (cave à vin et galerie aux bassins) ; partout le ciel est très sain et sans filières. Les constatations faites au cours de la visite des multiples caves d'habitation existant sous le fort St-Georges et dans les rues de la Porte du Château, du coteau Saint-Martin et du Puy des Bancs sont très instructives : trop grande largeur des galeries, insuffisance d'épaisseur des piliers ou des murs de soutènement, recouvrement trop faible (parfois moins d'un mètre de tuffeau tendre sous la terre végétale), séparation trop faible entre des caves de niveaux différents (46). Dans tous les cas des travaux de consolidation sont suggérés. Toutefois, l'Ingénieur signale que, malgré un revêtement peu épais, il n'y a aucun danger si le ciel est un tuffeau siliceux très résistant de 0,60 m d'épaisseur.

Les Caves Trutteau. Le cas Trutteau, potier, mérite d'être mentionné. Ce potier s'était installé vers janvier 1816 dans des immeubles lui appartenant au coin Sud-Ouest de la petite place Saint-Martin (aujourd'hui place d'Argouge) et creusa pour son fourneau une galerie « juste au-dessus de dangereuses excavations » dit le rapport, l'Ingénieur estime que l'ébranlement causé par l'exploitation du Sieur Trutteau aurait été la cause de chutes de rocher dans diverses caves.


A la suite de l'interdiction faite au sieur Trutteau de continuer son exploitation en ce lieu, il la transféra dans la maison de Beauvais et les caves voisines, qui lui appartenaient également. Certaines caves furent agrandies ; un passage souterrain fut établi entre la maison et les caves. En mars 1847 un rapport de l'architecte-voyer de Chinon signale le danger que des éboulements récents dans les Caves Vaslins présentent pour la sécurité de la rue du Puy-des-Bancs. Le « garde-mines » (ingénieur) ayant effectué une visite des lieux présente un rapport au Préfet, qui par un arrêté du 18 juin prescrit dans le rapport, que la Ville de Chinon sera tenue de réparer les conduits et bassins qui sont au-dessus des caves Vaslins et Trutteau et de les entretenir en bon état, et aussi que divers propriétaires de caves à l'entrée des caves Vaslins devront les remblayer.

Le 21 juin, le Maire de Chinon prend un arrêté d'exécution conforme à l'arrêté préfectoral ; il avait, dès avril, pris divers arrêtés d'urgence prescrivant le remblayage de diverses caves, notamment celles de Trutteau qui, pour ces travaux, avait demandé l'autorisation de prendre de la terre devant l'entrée des caves.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, on trouve encore quelques arrêtés municipaux prescrivant des travaux, soit dans les caves de la Brèche en 1850, soit en diverses caves sur le chemin de Saint-Louand en 1855 et 1856 ; mais il ne paraît pas s'être produit d'effondrement majeur avant 1921, à part l'engloutissement en 1905 d'une porcherie établie à l'entrée des caves du collège par le Principal, et l'effondrement en 1908 d'une tour carrée dans la partie Sud-Est du fort Saint-Georges provoqué par l'élargissement d'une cave sous-jacente et entraînant la mort de la femme du propriétaire. Aussi, pendant toute cette période, le nombre des caves à vin dans les Caves Vaslins a-t-il augmenté, atteignant 90 en 1894. Les propriétaires se chargent, en se cotisant, des réparations d'entretien, soit des galeries en 1894, soit de la voûte d'entrée en 1905.
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