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Le Château de Voizeray (Voizeré)

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Lun 26 Déc - 08:37 (2016)    Sujet du message: Le Château de Voizeray (Voizeré) Répondre en citant

Le Château de Voizeray (Voizeré)
Assay.


Le château privé de Voizeray est un ancien fief relevant de la seigneurie de Vont, il date du XVIIe siècle. De part et d’autre du logis rectangulaire sont accolés deux pavillons carrés. Il a conservé son porche à fronton avec une double porte piétonne. Jadis il possédait une chapelle. Le grand logis de Voizeray, paroisse de Graçay, est cité dans deux actes, de 1692 et de 1693. La maison, fief et seigneurie de Voizeray, est cité dans un acte de 1701. Le fief appartenait vers 1689 à Jacques Thibault. Il fut ensuite acheté par Guillaume II Drouin de Champmorin. En 1692, les biens de ce dernier furent partagés entre ses 5 enfants. Voizeray échut à René Drouin (1679-1735), marchand à Nantes, (voir Courcoué : famille Drouin) qui le céda ensuite à Urbain Taffeneau, notaire à L’Île-Bouchard et sénéchal de cette même localité. Le bien passa plus tard à la famille Blucheau et, après la mort de Marie Blucheau, en 1829, son fils Joseph hérita de Voizeray.


L’accès du manoir actuel, du 17ème siècle, est une porte en plein cintre, accompagnée d’une porte piétonne (1) et surmontée d’un fronton triangulaire armorié avec les lettres DD (Daniel Drouin ?) ; le corps du logis principal est flanqué de deux pavillons.

Voizeray par André Montoux.

Dépendant d'une paroisse poitevine, rattachée au département d'Indre-et-Loire par l'Assemblée Constituante, Voizeray est l'une de ces demeures avec Dauconnay, s'élevant sur la ligne de hauteur qui marquait jadis la limite entre le Poitou et la Touraine. Si l'on en juge par une description du 21 janvier 1693 (1) l'apparence de l'édifice est restée sensiblement semblable à ce que nous voyons aujourd'hui. « Le grand corps de logis de Voizeray, paroise de Graçay, consiste en plusieurs chambres basses, salle du commun, office, plusieurs chambres haultes, cabinets, un escalier de pierre et aux deux bouts du logis sont deux pavillons. Par le devant sont deux terrasses garnies de leur balustrade, cour renfermée de haultes murailles à un coing de laquelle est le coulombier, à l'autre coing est la chapelle...» Ces différents éléments ou leurs traces se retrouvent encore dans une construction qui par ailleurs semble avoir été sérieusement remaniée à une époque postérieure. Dans son état actuel, cette imposante demeure est séparée du coteau, au nord, par un profond fossé. Deux portes plein cintre y donnent accès chacune à un caveau voûté en moellons d'environ six mètres de longueur sur à peine trois mètres de large, creusé dans la falaise calcaire. Le corps de logis principal est toujours flanqué au midi de deux pavillons quadrangulaires en fort décrochement.

Sous les toits à quatre versants d'ardoises cloutées, les combles sont éclairés par deux oculus circulaires aux ailes et par trois lucarnes dans la partie médiane. La plus large au centre a son fronton courbe brisé par un fleuron. Un double cordon en saillie court sur la façade au niveau de l'étage et les allèges sont soulignées par des tables, aux contours moulurés de façon différente et devenant des médaillons aux extrémités. Les clefs des baies sont ornées de masques au rez-de-chaussée, de consoles cannelées au niveau supérieur où les chambranles sont à crossettes, d'une double guirlande de feuillage à la fenêtre centrale. L'imposte de la porte, s'ouvrant sur une terrasse accessible par un perron de quatre marches, est divisée par un meneau formant cariatide et représentant un buste de femme. Dans le vestibule part un bel escalier de pierre où les trois premières volées rectilignes ont leurs degrés revêtus de bois ; la quatrième tournant à gauche conduit au grenier carrelé. D'autre part, seize marches également de pierre, descendent au sous-sol sous plancher. Une imposante cheminée de près de trois mètres de large a conservé dans son foyer, un tout petit four à pâtisserie intact.

Certaines des salles, aux plafonds de chevrons apparents, sont chauffées par des cheminées qui attestent l'ancienneté du logis. L'une est typique du XVIIe siècle avec hotte encore assez saillante, corniche et grand trumeau occupé par un tableau. Celle du premier est Louis XVI avec manteau peint, jambages cannelés et rudentés au tiers. Sur l'une des faces latérales, on relève cette inscription encore bien lisible : « aujourd'hui 5 mai 1794 je part pour Péronne ». L'une des pièces du pavillon occidental a ses murs revêtus de lambris de plus d'un mètre de hauteur, constitués de panneaux rectangulaires. Le mur septentrional, dans son axe médian, présente une sorte d'avancée en pierres de taille et en encorbellement supportée par quatre corbeaux. De ce côté, les allèges des lucarnes à fronton triangulaire coupent la ligne du toit, et des constructions en appentis occupent les angles rentrants, formés par la partie principale et les ailes.


Le jardin au midi ouvre sur le chemin en cul-de-sac, par un portail aux arcatures en bossage à fronton triangulaire, timbré de deux D entrelacés, épaulé à l'intérieur où les linteaux sont droits, par deux contreforts amortis en glacis. Le couronnement des portes piétonnes, dont l'une à gauche est murée, est en partie détruit. Seule une extrémité formant aileron a subsisté sur celle qui est restée en service. Au sud-est, en bordure de l'allée conduisant aux dépendances, on remarque, enrobées dans la verdure, les fondations d'une fuye détruite dont la salle basse possédait une double meurtrière. Par contre, au sud-ouest, la propriété voisine s'appuie sur un mur comportant une ouverture plein cintre aveuglée surmontée d'une croix. Il faut sans doute y voir « le pavillon connu sous le nom de chapelle » signalé dans un acte de partage du 6 juin 1846(2). Mais, nous l'avons vu, colombier et chapelle sont expressément mentionnés à cet endroit dans l'acte de 1693

Voizeray, qui figure sur la carte de Cassini, était, dit un acte de 1774, un fief relevant noblement à muance de seigneur et de vassal de la seigneurie de Vont (?) Selon Carré de Busserolle, il aurait appartenu vers 1689 à Jacques Thibault. Mais dans l'inventaire des titres fait le 9 décembre 1692 est mentionné un parchemin du 4 septembre 1687 concernant une adjudication faite à Guillaume Drouin pour la somme de 10 705 livres qui pourrait bien concerner l'achat de Voizeray par celui-ci.
Guillaume Drouin, sieur de Champmorin et sa femme moururent peu de temps après puisque leur succession se régla à partir du 16 décembre 1692 entre leurs enfants : Louis, René, Guillaume, Jean-François et Jeanne. Dans le premier lot qui échut à René Drouin figure « le grand corps de logis de Voizeray avec la métairie de la Guillotière » et plusieurs pièces.

Le 22 août 1701, René Drouin seigneur de Voizeray, marchand en la ville de Nantes et y demeurant paroisse Saint Nicolas, bailla à titre de rente foncière, annuelle et perpétuelle pour 300 livres par an : « la maison, fief et seigneurie de Voizeray à Urbain Taffonneau, notaire à l'Ile Bouchard, Léonard et Jacques Taffonneau, marchands qui sont dits habitant tous les deux à Voizeray. Cette famille allait en garder la propriété pendant la plus grande partie du XVIIIe. Le registre des Vingtièmes de 1765 pour la paroisse de Graçay, indique que les héritiers d'Urbain Taffonneau, sénéchal de l'Ile Bouchard, firent déclaration pour « une maison appelée Voiseray consistant en maison ranclos, 5 arpents de vigne, 30 de terre, chargée de 60 livres de rente ». Le dit bien ayant été donné « au sieur Taffonneau sur le pied de 15 000 livres par son contrat de mariage ». En observation on précise que « la terre et seigneurie de Voiseray consiste en deux métairies : la Basse Cour et la Guillotière. La première avec 6 arpents de bonnes terres et 12 de médiocres avec 2 boisselées de vigne est donnée à moitié à Antoine Bottereau et rapporte 178 livres, la seconde avec 15 arpents de terre de première qualité, 17 de médiocre et une boisselée de vigne est exploitée à moitié par Jean Bigot et donne un rapport de 298 livres. Le revenu total servant de base à l'imposition est de 749 livres.

Cependant de nombreux actes n'ayant pu être retrouvés, il apparaît assez difficile de comprendre clairement quel fut le sort de Voizeray à la fin du XVIIIe siècle. Les éléments qui ont pu être réunis au cours de cette recherche nous donnent le nom des quatre enfants d'Urbain Taffonneau : Pierre-Christophe, Augustin, Urbain et Anne qui épousa Louis-René Perronneau des Guesmards, bourgeois de Saumur. L'ainé Pierre-Christophe demeurant à Voizeray « ayant souscrit plusieurs obligations et billets » vendit le 9 décembre 1773 à Germain Blucheau : « la moitié de la métairie de la Basse Cour, dont la totalité lui appartenait en indivis avec Urbain, Augustin et Anne.

L'année suivante, le 2 novembre il lui céda entre autres choses « le principal manoir du dit lieu de «Voizeray » pour 4 000 livres à verser à divers créanciers. Le 7 octobre précédent Augustin lui avait également aliéné « le quart de ses droits dans la succession de son père » (9). Il semble alors qu'Anne Taffonneau et son mari aient intenté une action en retrait lignager contre Germain Blucheau le 1erfévrier 1775. Un bail à ferme de la métairie de « Voizeray » le 6 nivôse an IV (27 décembre
1795) montre qu'ils sont alors en possession de la maison de Voizeray (II), laquelle
cependant au début du XIXe siècle était définitivement passée à Marie Blucheau.

Celle-ci était veuve en premières noces de Gabriel Doussard et remariée à Joseph Jahan qui décéda le 10juillet 1814. Elle ne mourut à Voizeray que le 21 juin 1829 à 74 ans et la propriété échut à Joseph Doussard. Celui-ci qui se maria également deux fois, procéda à une donation partage entre ses trois enfants le 6 juin 1846. La liste de ses biens est importante puisqu'elle comprend, outre la terre de Voizeray, la métairie de la Deniziard, à Chissac en la même commune, les domaines des Courtils et de la Boule à Ceaux (Vienne), la métairie de la chapelle de Crue à Sammarçolles (Vienne) et une pièce de pré dans la prairie de Chinon. Les donateurs se réservaient leur vie durant la jouissance de la maison de maître de Voizeray y compris les deux jardins, le vivier, le pré et quelques pièces de terre. Le premier lot attribué à Joseph Doussard, comprenait la maison de Voizeray, mais une petite partie avec certaines dépendances étaient rattachées au second lot et notamment « le pavillon au sud ouest de la cour, connu sous le nom de « chapelle » qui échut à son frère. Joseph Doussard a son tour, le 12 novembre 1872 donna Voizeray à son fils Joseph-Delphin, mari de Louise Doussard. Peut-être procédèrent-ils à une restauration, ce qui expliquerait les deux D entrelacés (Doussard-Doussard) qui se remarquent au fronton du portail ?

Décédé le 6 octobre 1898, il laissait un fils Emile, qui avec sa mère échangea Voizeray en 1910 à Emile Savaton, dont la veuve et les deux enfants en cédèrent la propriété les 2 et 3 janvier 1926 à monsieur Charles Guéritault , qui n'habita jamais le château. Celui-ci devait être revendu en 1973 aux exploitants de la ferme. Depuis, un effort considérable et persévérant qui mérite d'être souligné a été accompli pour remettre en valeur cet édifice peu connu, mais qui ne manque pas d'un certain caractère.
_________________________
(1) Ce genre de portail, comportant une grande porte voûtée pour les voitures et une petite porte pour les piétons, située en général à droite de la grande dont elle est une réduction, est caractéristique des manoirs de la région.
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Ce domaine s'est appelé: Voizeray (1692, 1693, 1701 et 1774, divers actes notariés), Voizeray (1765), Voiseray (XVIIIe siècle, carte de Cassini), Voizeré (1823, Ordonnance royale), Voizeré (1836 et 1938, cadastre). Il faisait partie de l'ancienne commune de Grazay. C'est un ancien fief. En 1689, il appartenait à Jacques de Thibault; en 1765, à Urbain Taffonneau.

Voizeré. Cne d’Assay. Le grand logis de Voizeray, paroisse de Graçay, 16 décembre 1692 et 21 janvier 1693 (acte Arvers-Chinon) ; La maison, fief et seigneurie de Voizeray, 22 août 1701 (acte Arvers-Chinon) ; Louis Drouin, sieur de Voiseray, 12 décembre 1707 (A.C. d’Anché-GG 5) ; Voizeray, 2 novembre 1774 (acte Arnaud-, Vienne) ; Une maison appelée Voizeray et la métairie de la basse cour, 1765 (A.D. 37-C 8, p. 15, art. 2) ; Voiseray, XVIIIe s. (Carte de Cassini) ; Voizeré, commune de Grazay, 30 juillet 1823 (Ordonnance Royale, A.N.-F 2 II Indre-et-Loire 2, plan annexé à la minute) ; Voizeré, 1836 (Cadastre) ; Voizeré, 1938 (Cadastre). Commune de Grazay. Chapelle. Fief.

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Source : Bulletins des Amis du Vieux Chinon - Tome VIII, n° 9, p. 1273-12

Localisation.




Cadastre 1836.






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