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Livre des Miracles de Sainte-Catherine-de-Fierbois 1375-1470.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Lun 30 Jan - 13:55 (2017)    Sujet du message: Livre des Miracles de Sainte-Catherine-de-Fierbois 1375-1470. Répondre en citant

Livre des Miracles de Sainte-Catherine-de-Fierbois 1375-1470.
« Les miracles saincte Katherine »


A une trentaine de kilomètres au sud de Tours, dans le canton de Sainte-Maure, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, Sainte-Catherine-de-Fierbois a vu passer d'illustres pèlerins, de Charles Martel à Louis XI, sans oublier Jeanne d'Arc ou Charles VII. De l'origine du pèlerinage on ne sait rien et le recueil de miracles qui nous reste se borne à signaler le renouveau du sanctuaire, vers 1375-1376. Ce manuscrit (1) forme un petit registre contenant des récits d'événements merveilleux dus à l'intervention de Catherine d'Alexandrie, honorée à Fierbois..

Voir sur le forum: L'Église Saint-Catherine.

Ce recueil de miracles été composé entre 1470 et 1483 peut-être à Tours, pour Charlotte de Savoie, épouse de Louis XI (2) Quoi il en soit, il s'agit un riche ouvrage écrit pour essentiel en français, sans doute à des fins de dévotion princière et non du registre proprement dit des attestations des miracles que les gardiens du sanctuaire (Chapelle) devaient conserver pour certifier les hauts faits de la sainte, et plus encore pour témoigner de l’accomplissement de leur vœu par les miraculés.

Entre 1375 et 1470, 237 miracles sont attestés avec toutes les garanties possibles authenticité Ils constituent pour tous les aspects de la vie quotidienne un document de premier ordre Dans ce texte une obsession la guerre de Cent Ans. Elle est présente d’un bout à l’autre du document avec ses trêves qui libèrent les passages vers le sanctuaire, et multiplient les témoignages avec ses hommes de guerre qui rendent visite la sainte, avec ses prisonniers, ses fuyards, ses otages, ses blessés ses pendus, et ses rançonnés qui tous ont été secourus par sainte Catherine un moment ou un autre. On ignore tout du sanctuaire avant le XIVe siècle mais le silence des documents est sans doute pas le fruit du hasard La guerre a-t-elle pas, sinon fait naître du moins considérablement, favorisé ce pèlerinage.

La légende raconte que Charles Martel, en 732, après avoir remporté la bataille de Poitiers, aurait exterminé les dernières troupes dans les bois qui avoisinaient alors Sainte-Maure. Pour remercier Dieu de cette victoire décisive sur les Maures, Charles-Martel aurait fait construire en ce lieu sauvage appelé Fierbois (ferus bocus) une petite chapelle (3) dédicacée à sainte Catherine d'Alexandrie, patronne des soldats. En ex-voto de purification, il y déposa, derrière l'autel, son épée. Cette histoire de dépôt n’apparaît en fait qu’après l’épopée de Jeanne d'Arc. Le premier manuscrit citant Sainte-Catherine-de-Fierbois est un ouvrage du XVe siècle : Vie de sainte Catherine dans lequel est relaté le premier miracle de cette dernière…

 


« L'an mil trois cent soixante et quinze, le pèlerinage de Madame sainte Catherine appelé Fierbois, étant en la paroisse de Sainte-Maure, au diocèse de Tours en Touraine, fut trouvé par un prud'homme dudit lieu que l'on appelle Jean Godefroy. Ce Jean Godefroy, habitant audit lieu de Fierbois, était alors en telle maladie qu'il fut sept ans sans pouvoir s'aider de membres qu'il eut… Or il revint à ce bonhomme que, naguère, il y avait eu une chapelle de Madame Sainte Catherine et en un lieu qui était plein de grands bois, de buissons et de ronces. Et il n'y avait aucun qui put y avoir accès. Il lui vint une idée pieuse et lui fut avis que, s'il faisait une neuvaine en ce lieu, sont état s'amenderait. Et il fit tant que, par ses valets, à force de cognées et instruments de fer, il fit faire une sente par laquelle il fut porté audit lieu. Et tantôt qu'il fut devant ladite chapelle, avant que sa neuvaine fût achevée, il vit bien et clair, et fut sain et guéri de tous ses membres. Et encore est-il à cette heure en un aussi bon état qu'il fut jamais. Grâces en soient rendues à Dieu et à Madame Sainte Catherine. »

La popularité du sanctuaire dans un écart méridional de la paroisse de Sainte Maure à une journée de marche de Tours, est du après son « invention » en 1375 par un habitant des environs à tout d’abord, si l’on suit la chronologie du Livre des Miracles, été liée à ses vertus thaumaturgiques. L’introduction du Livre dit clairement que « le voyage de madame sainte Catherine […] fut trouvé par un prodomme dudit lieu que l’on appelle Jehan Godefroy, Jean désespérant de guérir se souvint en 1375 d’une chapelle en ruine de la paroisse, s’y fit porter et « fut sains et gueri de tous ses membres », inaugurant ainsi le pèlerinage. Le quatrième miracle enregistré par le recueil offre le premier voeu à distance (depuis l’Angoumois) suivi d’oblation, le cinquième semble montrer que la réputation du lieu rayonne en 1379 également jusqu’à Angers. le sixième signale déjà un sanctuaire nécessitant des travaux. Les vingt-sept premiers miracles (1375-1379), sont tous des guérisons inespérées de maladie ou des issues heureuses d’accidents gravissimes après un voeu des victimes ou de leurs proches de se rendre à la chapelle ou d’y faire une oblation.

Il y a aussi le merveilleux des modes intervention sensibles de la sainte, les visions et aussi les voix qui sont moins traditionnelles qu’accompagnent souvent une lumière ou la sensation un coup Jeanne Arc qui vint à Fierbois découvrir son épée ne fut pas seule au XV siècle. Des foules nombreuses viennent, alors, honorer et remercier sainte Catherine en son sanctuaire: chevaliers, dames, escuiers, damoiselles, gens notables tant d'Eglise comme seculiers, archidiacre, prieurs, clercs de toutes sortes, mais aussi gens plus connus, comme La Hire, le fameux compagnon de Jeanne d'Arc ou comme Jehan Des Croix et Robin Pettylow dont on retrouve aisément la trace dans les événements de l'époque; humbles aussi, pèlerins venus en groupe.

Les récits de miracles ont permis l'établissement d'un graphique outre le fait que certains d'entre eux relatent plusieurs miracles, un certain nombre ne peuvent être datés de façon très précise, hélas, et ne peuvent donc entrer en ligne de compte ; Aussi ne faut-il pas donner à ce graphique une importance qu'il ne peut avoir. Cependant, il permet de remarquer l'établissement d'un courant à peu près régulier de déclarations de miracles, voire même une certaine progression dans leur nombre, qui tient peut-être, il est vrai, à la datation plus fréquente et plus précise des récits au fil des années. Les années 1443-1445, particulièrement fastes, le doivent-elles à la trêve instaurée par Charles VII avec les Anglais? Il est difficile de l'affirmer, mais vient ensuite une période beaucoup moins brillante que termine, dans les années 1468-1470, un véritable renouveau.

Ainsi les récits, présentés si soigneusement à tous égards, apparaissent-ils, pour la plupart, comme la transcription de véritables procès-verbaux dont ils ont les caractères essentiels et le souci d'exactitude. Ils témoignent du miracle, mais aussi, ce qui a son importance, de l'accomplissement du vœu…

Cette recherche de la vérité dans le témoignage explique que le miraculé soit expressément nommé; seuls quelques récits, parmi les plus anciens et les plus brefs, échappent à la règle. Les deux cent trente-sept documents auxquels ont eu accès les rédacteurs pour les recueillir ont dû s’accumuler dès la fin du XIVe siècle dans les archives de la chapelle tourangelle.

Quels sont les bénéficiaires du miracle ? Les hommes à 70%, les enfants à 19% puis les femmes à 11%. Pour 237 récits: un mentionne une guérison en venant au sanctuaire et 10 guérisons au sanctuaire ou après y être venu.

Pour 237 récits:
1- intervention de songes (en liaison avec le « miracles » : Une
2 - manifestation lumineuse : Une
3 – Visions : 7
4 – Voix : 4

La nature de 269 miracles.
1 - Maladies et infirmités guéries : 37,9 %
2 - Protection contre les épidémies: 1,1 %
3 - Protection dans les accouchements: 3,3 %
4 - Accidents évités ou réparés : 14,8 %
5 - Malheurs des temps atténués : 34,2 %
6 - Résurrections, réanimations : 8 %
7 - Pèlerinage expiatoire 1 seul cas

le sanctuaire est soumis à une autorité locale, présente ou mentionnée régulièrement dès les années 1420 ; le recteur de la paroisse de Sainte-Maure, qualifié parfois de prieur en est un membre ordinaire, puisque le sanctuaire relève de sa juridiction, un frère, au moins, lui est adjoint. Ce sont les gouverneurs et les gardiens, leur présence est attestée jusqu'aux derniers récits. Leurs attributions sont mal définies, mais ils sont certainement chargés de l'administration spirituelle et temporelle du lieu.

L'authentification des récits de miracles.
Déclarations faites sans serment 17 %
Déclarations mentionnant la présence de témoins mais sans serment 1 %
Déclarations mentionnant et nommant des témoins mais sans serment 2 %
Déclarations faites sous serment 18 %
Déclarations faites sous serment, en présence de témoins 5%
Déclarations faites sous serment, en présence de témoins nommés 3 %
Déclarations faites sans serment, mais en présence des gardes de la chapelle 12 %
Déclarations faites avec serment devant les gardes de la chapelle 39 %
________________________________
(1) Poitiers Archives His toriques du Poitou LX 1976 163
(2) ceci nous permetd'affirmer que le manuscrit a été composé, dans sa forme actuelle, entre le 11 juillet 1470, dernière date mentionnée, et le 1er décembre 1483, date de la mort de la reine.
(3) Après l'incendie de la chapelle en 1440, le cardinal Hélie de Bourdeilles, archevêque de Tours, fit construire l'église actuelle, sur l'emplacement de l'ancienne chapelle, vers 1450. Elle fut achevée grâce aux largesses de Charles VII. Vers le milieu de XVIe siècle, la dévotion pour sainte Catherine est encore populaire, et pour protéger l'église et les reliques qu'elle recèle, par lettre patente du roi du 2 janvier 1545, Louis de Rohan, seigneur de Sainte-Maure fut autorisé à clore le bourg de Sainte-Catherine de murailles et de fossés (disparus depuis), ce qui lui permit de prendre le nom de ville.


____________________________________________
Source : Chauvin (Yves) éd Livre des Miracles de Sainte-Catherine-de- Fierbois (1375-1470)
Bulletin - Amis du vieux Chinon. Bulletin de la Société archéologique de Touraine
Des Miracles de Mme Sainte Katherine de Fierboys, en Touraine (1375-1446) par M. Jean-Jacques Bourassé In-12. 1858.

http://histoirepassion.eu/?1379-1446-Les-miracles-de-Sainte-Catherine-de-Fi…
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MessagePosté le: Lun 30 Jan - 13:55 (2017)    Sujet du message: Publicité

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