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Le Château de Châtigny.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Jeu 2 Fév - 10:02 (2017)    Sujet du message: Le Château de Châtigny. Répondre en citant

Le Château de Châtigny.
Fondette.


Le château de Châtigny est bâti à flanc de coteau, à quelques centaines de mètres de la levée qui protège la varenne des inondations de la Loire. Sa construction date de la fin du 15e siècle, comme l’atteste notamment le décor en damier de pierre et de brique de ses murs, mais le site sur lequel il s’élève est occupé par les hommes depuis l’époque gallo-romaine.


Le château de Chatigny a été édifié en 1487 sur les restes d'une villa gallo-romaine qui constituent encore aujourd'hui les fondations du château côté sud sur plus de 4 mètres de hauteur. Les ruines d'autres bâtiments gallo-romains sont visibles à l'ouest de la cour avec les restes d'une piscine intérieure, d'une piscine extérieure, d'un hypocauste, et de sols en mosaïque qui ont été confiés au musée archéologique de Touraine. La qualité des mosaïques prouvée par provenance lointaine des pierres (Asie, Italie et Pyrénées), la qualité des dessins et l'importance des installations techniques est la preuve de l'atteinte d'un niveau de confort (piscines, chauffage central...) et de richesse extrêmement élevé au cours du IIIe siècle. Devant l'importance de ces installations, certains auteurs ont émis l'hypothèse de la présence de bains publics dans la mesure où cette villa était placé en bordure de la voie romaine Tour - Saumur.

D'abord conçu comme un bastion défensif, le château domine le coteau nord de la Loire en amont de la forteresse de Luynes. Il a été la propriété successive de plusieurs maires de Tours aux XVe et XVIe siècles, dont Jacques de Beaune.


Laissé à l'abandon au XVIIIe siècle, il faillit être rasé tellement son état de délabrement était avancé. Restauré entièrement en 1855 par le duc d’Ulceda et d’Escalona, le château a pris une nouvelle allure avec de nouvelles fenêtres pour remplacer les fenêtres défensives d'origine et de nouveaux communs. Il a depuis lors une vocation de résidence privée à l'exception de quelques années pendant la Seconde Guerre mondiale pendant lesquelles il a accueilli une maison de repos.

Historique.
Le site conserve, à l'ouest de la cour, les vestiges d'une villa gallo-romaine paraissant dater du 3e siècle. Le château fort a probablement été bâti en 1487. Il se compose de deux ailes en retour d'équerre cantonnées de tours rondes et d'une courtine prolongeant l'aile Est et fermant la cour au nord. L'aile est prolongée d'une partie plus haute accolée au pignon nord orné de damiers, sans doute sur des bases anciennes car les murs en sont épais. La courtine nord est percée d'une porte fortifiée de plain pied dont le pont-levis a disparu. Des communs néogothiques ont été réédifiés vers l'ouest. La courtine ouest a disparu après la fin du 18e siècle pour ouvrir la cour vers les jardins et le parc situé au-delà. Les murs en pierre de taille de grand appareil, sont ornés, au niveau des pignons et dans les parties hautes des tours, d'un décor de damiers en brique et pierre. De rares baies conservent leur décor de la fin du 15e siècle ; d'autres ont été percées ou agrandies à l'époque classique ou au 19e siècle. Les façades intérieures sont éclairées par des baies toutes reprises ou créées à la fin du 19e siècle, dans un style néogothique flamboyant. La courtine nord-est a été pourvue d'un crénelage et son portail a été en partie reconstruit. A la suite de l'aile Est a été élevée une cuisine formant terrasse qui vient s'accoler à la courtine. Un niveau de terrasse a été aménagé à l'époque classique et s'étend à l'ouest. Le parc paysager règne à l'ouest et au nord.




______________________
Base Mérimée : PA37000022
Protection MH : 2006/06/16 : inscrit MH : Les vestiges gallo-romains ; le portail d'entrée et sa courtine ; les façades et toitures ; les façades et toitures des communs néo-gothiques ; le mur de soutènement de la terrasse à l'ouest (cad. CD 149, 150) : inscription par arrêté du 16 juin 2006.

La villa gallo-romaine.
Ruines villa gallo romaine au début du 20ème siècleC’est à la fin du 19e siècle que Charles de Beaumont, alors propriétaire du château, découvre dans le parc de son château les restes d’une villa datant du 3e siècle (voir photo). Historien et archéologue, il fouille lui-même le site pendant plusieurs années et en établit des plans détaillés, hélas aujourd’hui disparus. A. Benoît du Rey qui rachète le domaine après la Deuxième Guerre mondiale, et qui lui-même se passionne pour l’archéologie, met à jour, en 1961, lors de travaux de terrassement, de nouveaux murs gallo-romains qui disparaissent dans les soubassements du château. Cette dernière découverte démontre que l’ensemble gallo-romain s’étendait sur une large surface et était composé de plusieurs bâtiments.


La villa présentait 35 m de façade sur la Loire, dont les eaux venaient sans doute, à l’époque, baigner parfois le pied du coteau. Les fouilles ont permis de dégager plusieurs salles. Dans certaines d’entre elles, on a pu relever des éléments de décor mural et des mosaïques du sol. Au nord du bâtiment existait un ensemble thermal chauffé par hypocauste.

Le château.
Aucun document ne nous renseigne vraiment sur l’histoire de Châtigny pendant la période médiévale, même si le nom est cité dans plusieurs chartes du 9e et du 10e siècle, sous différentes orthographes. Mais il reste quelques traces de bâtiments de l’époque carolingienne, des bâtiments qui s’appuyaient sur les fondations gallo-romaines. C’est sur ces socles anciens qu’ont été entrepris, à la fin du 15e siècle, les travaux du château actuel. On élève alors les deux ailes sud et est, disposées en retour d’équerre, ainsi que les tours rondes qui donnent à Châtigny l’aspect de forteresse qu’on lui connaît aujourd’hui. Le damier de brique et de pierre de taille qu’on observe sur une large partie des façades et des tours sont typiques des modes rapportées des Guerres d’Italie, dont s’inspirent alors les bâtisseurs tourangeaux.

L’aile est se prolonge par une courtine et se termine par une tourelle en encorbellement. Sa longueur est pratiquement le double de celle de l’aile sud. Dans la tour de l’angle sud-est a été aménagée la chapelle, comme le laissent deviner les croisées d’inspiration gothique qui portent des vitraux.


La partie nord du château où existaient encore, au début du 18e siècle, des douves et un pont-levis, a été reconstruite au 19e siècle. Le portail d’entrée et les écuries datent de cette époque, ainsi que la restauration des courtines est. Le château ayant été bâti sur la pente du coteau, un remblai a dû être apporté pour combler l’angle intérieur des bâtiments et aménager la cour. Les façades qui s’ouvrent sur celle-ci ont été beaucoup remaniées au 19e siècle; seules trois baies d’origine ont échappé à ces restaurations.
La cour se prolonge vers l’ouest par une belle terrasse sur la Loire, par laquelle on accède à une seconde terrasse, plus basse, bordée d’un garde-corps en fer forgé daté du 18e siècle. Un vaste potager était jadis cultivé à l’angle sud-est du parc.

Les propriétaires successifs.
Situé à la limite des fiefs du château de Luynes et de Martigny, Châtigny relevait, pour la plus grande partie, du premier et, pour une moindre part, du second. Si on ignore tout des possesseurs du domaine avant la construction de l’actuel château, on connaît assez bien les propriétaires successifs aux époques modernes et contemporaines.

C’est à Jean Quétier, l’un de ces marchands tourangeaux promus financiers royaux par Louis XI, qu’on attribue la construction du château. Au 16e siècle, lui succèdent Jacques de Beaune, autre financier du roi, puis Gilles du Verger, président du siège présidial de Tours et maire de la ville en 1588. Tous les biens de ce dernier, parmi lesquels figure Châtigny, sont saisis à la fin du 16e siècle, en raison de ses compromissions dans la Ligue. Le château est restitué à ses filles au début du 17e siècle. L’une d’elles épouse Hector Le Boucher, frère du seigneur voisin de Martigny. Hector Le Boucher devient ainsi coseigneur de Châtigny avec son beau-frère, Jean de Rambour, époux d’une autre fille de du Verger. Le domaine échoit ensuite à Michel de Pinelaire, marié à la fille d’Hector Le Boucher. Face à des difficultés financières croissantes, Michel de Pinelaire se voit, en 1685, contraint de vendre le château à Etienne Morier, l’un de ses créanciers. Ses héritiers vendent le domaine en 1758 à Charles-François Leleu, époux de Marie-Anne de Houdan. La famille Houdan des Landes se transmet Châtigny jusqu’à la Révolution.

Au début du 19e siècle se succèdent plusieurs propriétaires : Antoine Mauclerc, puis Jean Chivert, et enfin la famille Digby qui, en 1858, cède le domaine au duc d’Uceda, grand d’Espagne venu cacher au bord de la Loire des amours adultérines. Disposant d’une belle fortune, ce dernier va procéder à de nombreux travaux de restauration et d’aménagement pour rendre son séjour tourangeau le plus agréable. En 1872, c’est le comte de Beaumont, que nous avons évoqué plus haut, qui acquiert Châtigny. La famille le conservera jusqu’en 1936. Ensuite, pendant une dizaine d’années, le château va accueillir des enfants handicapés dans une « école de plein air ». C’est après la guerre, en 1946, que Félix Benoît du Rey achète le domaine et procède à quelques travaux pour effacer les dégradations des dernières années.

Les Fondettois garderont longtemps le souvenir de Mme Benoît du Rey qui ouvrait volontiers les portes de son château aux curieux d’histoire, accueillait les enfants, chaque année, dans le parc pour la fête de l’école Notre-Dame, et avait aimablement accepté de placer les allées du domaine sur l’itinéraire de la Marche des Rois.


_____________________________________________
Source : GUILBAUD René-Charles, Le château de Châtigny, in Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLVII, année 2001, p. 99 à 110.
Collectif, Château de Châtigny, in Le patrimoine des communes d’Indre-et-Loire, Flohic éditions, t. 2, p. 874.
JEANSON Denis, Sites et monuments du Val de Loire 2, Tours, 1984, p. 97 à 108.
CARRE DE BUSSEROLE Jacques-Xavier, Dictionnaire géographique, historique et biographique d’Indre-et-Loire, Mayenne, rééd. 1966, t. 2, p. 80 et 81.
Bulletin SAT 2001

Localisation.




Cadastre 1844.






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