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Jehanne d'Arc en Touraine (01)

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Mer 22 Fév - 18:44 (2017)    Sujet du message: Jehanne d'Arc en Touraine (01) Répondre en citant

Jehanne d'Arc en Touraine.
Histoire & Synthèse.


                 


1er partie (Synthèse Mikerynos 2017)

Bien que je ne sois pas historien, j’ai rarement vu une telle anarchie dans les dates et les lieux ou Jeanne d’Arc serait passé lors de sa courte épopée. A part quelques faits bien établis, tout le reste est flou… Les historiens ayant chacun leurs versions et la polémique est de rigueur. Curieusement il existe peu d’information et de nombreuses zones d’ombres sur les 5000 km parcourus en 22 mois par Jeanne. Je vais essayer ici d’établir ici ma propre chronologie. De même que je ne rentrerais pas dans certains détails, exception de certains faits qui me semblent importants ou marquants. Bref ! Je remets ici en cause une partie de l'Histoire traditionaliste de l'épopée johannique.

Au début du XVe siècle, la France était dans une situation à peu près désespérée. Les Anglais occupaient militairement toute la France au nord de la Loire et une partie de la Guyenne au sud. Leurs armées campaient dans toute la partie du territoire située à l'ouest d'une ligne Compiègne : Paris - Orléans. Le territoire, à l'est, de cette ligne était tenu par les Bourguignons, leurs alliés… C'est en Touraine que commence la glorieuse épopée de Jeanne d'Arc. C'est là, au jardin de la France, qu'elle arrache au roi Charles VII, contre l'avis de ses conseillers, les deux décisions qui vont bouleverser le cours de la Guerre de Cent Ans et celui de l'histoire de France et d'Angleterre :
À Chinon, la simple bergère venue de Lorraine rencontre Charles VII et sait le convaincre de sa divine mission. C'est là qu'il lui confie son armée et que la reconquête de la France est enfin décidée…
À Sainte-Catherine-de-Fierbois, Jeanne d'Arc trouve sa fameuse épée frappée de cinq croix…
À Tours, elle reçoit son armure et sa bannière...
À Loches, après sa victoire d'Orléans sur les Anglais, elle réussit à décider Charles, son « gentil dauphin », d'aller se faire sacrer à Reims et d'être enfin, pour ses sujets comme pour ses ennemis, le légitime souverain de France

« La Chevauchée Sacrée »

L'équipée de Jeanne d'Arc, de Vaucouleurs à Chinon, appelée depuis par certains auteurs « La Chevauchée Sacrée » parait, à première vue, avoir été d'une audace déconcertante, une espèce de folie ! En effet, les difficultés quasi insurmontables du trajet ne permettaient pas de tenter une pareille aventure. Il fallait chevaucher de longs jours, en pays ennemi, bondé de pillards et de brigands de toutes espèces, au milieu des éléments incléments en cette saison d'hiver, traverser des rivières grossies par les pluies continuelles, éviter les ponts gardés par les Anglais et les Bourguignons, éviter également les routes et les chemins trop fréquentés, passer à travers champs et coucher à la belle étoile par simple prudence. Jeanne d'Arc osa, soutenue, par sa foi ardente dans le caractère sacré de sa mission et le but providentiel à la réalisation duquel, elle se savait appelée. Mais ses compagnons malgré leur bravoure, ils n'étaient rien moins que rassurés…

Les historiens n’ont pu se mettre d’accord pour fixer le jour exact du départ de Jeanne. La seule indication est fournie par Jean de Metz : « Le premier dimanche de Carême, que nous appelons le dimanche des Bures, nous partîmes pour la mener au roi à Chinon.. » Ce que l’on peut affirmer, sans plus de précision, que Jeanne se mit en route le 23 Février 1429 (Pour certains historiens elle serait partit le 11 ou le 13 Février)

1 Première étape : En fin d’après-midi, Jeanne et son escorte (Jean de Nouvilonpont et Bertrand de Poulengy, Jean de Honnecourt et Julien, leurs serviteurs, Colet de Vienne, messager du roi, et un archer nommé Richard ) se mirent en route, ils partent de Vaucouleurs (Meuse) et les 450 kilomètres vont être ainsi parcourus en onze jours, à raison de 40 km par jour, sur un mauvais bidet de labour, par une jeune fille qui, jusqu'alors, n'avait presque jamais enfourché un cheval. Évitant les grandes routes, ils ne se trouvaient guère à portée, des ponts et ils durent souvent passer à gué les rivières grossies par les pluies. On ne connaît que de rares étapes de l’itinéraire suivi par la petite troupe, et de nombreux chemins proposés par certains « historiens » ne sont que des spéculations…

2 Deuxième étape : Abbaye Bénédictine de Saint-Urbain (Haute-Marne) à Saint-Urbain-Maconcourt, située 50 km de Vaucouleurs. Jeanne et ses compagnons y arrivèrent au milieu de la nuit. Ils passeront la nuit entre le 23 et le 24 Février.

3 Troisème étape : L’Abbaye de Clairvaux à Ville-sous-la-Ferté (Aube) Jeanne y passera la nuit du 24 au 25 Février.

4 Quatrième étape : Devant l'ancienne Abbaye de Pothières (Côte d’Or) a coté d‘une statue de Jeanne, une stèle porte : « L'an 1429, le samedi 26 février, Sainte Jeanne d'Arc, venant de l'abbaye de Clairvaux et se dirigeant sur Auxerre, fut hébergée en cette abbaye bénédictine de Pothières avec ses six compagnons, Colet de Vienne, Richard L'Archer, Bertrand de Poulangy, Julien de Honnecourt, Jean de Metz, Jean de Honnecourt… »

5 Cinquième étape : Auxerre (Yonne) une citée sous le contrôle des Anglo-Bourguignons, cependant dans son procès, Jeanne signala cette ville comme étape ou elle y célébra la messe dans la Cathédrale, sans doute le dimanche 27 Février. L’itinéraire entre Saint-Urbain et Auxerre n’est pas connu. Cependant, Jeanne aurait aimé s’arrêter dans les églises et les monastères lors de ce trajet, et serait passé à Mezilles (Yonne) et Saint-Fargeau (89) Bléneau (89)

6 Sixième étape : arrivée à Gien le 28 Février 1429 (Loiret) une citée restée fidèle à Charles VII, la troupe traverse la Loire sur le pont de pierre construit en 1246. Jeanne séjourne à Gien deux jours. Quel parcours suivirent-ils après Gien ? Aucune indication ou aucun document ne le précise. Seul les légendes ont tracé une multitude d’itinéraires. Bien des villes ou des bourgades, en Sologne, en Berry ou en Touraine prétendent que la jeune Lorraine passa dans leurs murs. Nous allons quand même suivre un des itinéraires possibles.

              


7 Septième étape : Jeanne quitte Gien le 1er Mars, puis prends la direction de Saint-Gondon (45) Sennely (45) et Saint-Viâtre (41)

8 Huitième étape : Mennetou-sur-Cher (Loir et Cher) ou selon la tradition, Jeanne y serait passé le 3 Mars 1429. Cette bourgade est située sur l'ancienne voie de Bourges à Tours. La chevauchée se poursuit dans le Berry, une région favorable au roi de France. Le trajet devenant moins périlleux, il se poursuit désormais dans la journée.

9 Neuvième étape : Après la traversée de la Sologne, l’itinéraire entre Mennetou-sur-Cher et Sainte Catherine de Fierbois n’est pas connue. Nous avons lieu de croire qu'ils firent une étape à Blois (41) où la Pucelle devait séjourner plus tard, et qu'ils prirent l'antique voie romaine longeant la rive gauche de la Loire. Les historiens la font passer par La Ferté, Saint-Aignan, Montrichard, Loches et Manthelan, d’autres par Bléré, Reignac et Manthelan. Cependant, une tradition raconte que la petite troupe aurait traversé la rivière l'Echandon par le « Pont Girault » situé la commune d’Esvre-sur-Indre (Indre et Loire) dans la vallée de l'Échandon en direction de Saint-Branchs le 4 Mars 1429. Ce qui n’est pas vraiment le trajet le plus court (01)

Un autre trajet dit qu'ils prirent l'antique voie romaine longeant la rive gauche de la Loire. De la sorte, après être entrés en Touraine par le territoire de Mosnes, ils se seraient dirigés sur Amboise pour, de là, passer le Cher à Saint-Martin-le-Beau. Jeanne avait hâte de se rendre à Chinon par le chemin le plus court, tout en faisant un pèlerinage à la chapelle de l'une des saintes qui furent ses conseillères. Nous supposons qu'elle franchit l'Indre à Cormery ou à Reignac et s'avança vers Sainte-Maure par la voie de Manthelan.

10 Dixième étape : Arrivée en fin d’après-midi dans le bourg de Sainte Catherine de Fierbois (37) sans doute le 4 Mars 1429. Elle est hébergée deux jours dans l'aumônerie construite par Boucicaut. Elle fait rédiger une lettre au Dauphin et la lui fait porter par deux hommes de son escorte. À Fierbois, elle prie devant la statue de sainte Catherine, dans la chapelle qui lui est dédiée. « Le dimanche 6 Mars, elle quitte Sainte-Catherine de Fierbois et, en évitant Saint- Epain, occupé par les Bourguignons, arrive à l'entrée de L'Ile Bouchard au confluent de la Vienne et de la Manse. Sur la rive droite, elle met pied à terre devant le portail roman de l'église Saint-Gilles et assiste à la grand-messe. C'est sa dernière halte » (André Castelot (1953) C’est aussi dans ce bourg qu’elle enverra chercher son épée. Selon certaine source, Jeanne serait repartit le 5 Mars vers l’Ile-Bouchard ou elle y aurait passé une nuit. Ce trajet est d’environ 35 kilomètres.

       

11 Dixième étape : Saint-Epain était ocupé par les Anglais, Jeanne aurait alors emprunté la route de la « Vallée de Courtineau » pour se rendre L’Ile-Bouchard , avec une courte halte à la chapelle creusée dans le roc et placée sous le vocable de « Notre dame de lorette » qui selon la tradition voudrait que Jeanne s’y abrita de la pluie alors qu’elle se rend de Sainte-Catherine-de-Fierbois à Chinon le 6 mars 1429.

12 Douzième étape : L'Église Saint Gilles de Ile Bouchard : Même si certains historiens privilégient un itinéraire différent, le passage par L'Ile Bouchard demeure une croyance bien établie. Jeanne aurait pénétré par la porte Nord dite « Saint-Jean » par le vieux chemin qui longeait la face Nord de l’église Saint-Gilles, le 6 Mars 1429. Puis en évitant Panzoult et cravant-les-Coteaux occupés par les Anglais, en passant par Malvaut. Une autre tradition indique que Jeanne aurait traversé la rivière « La Manse » près de Crouzilles au lieu-dit « Gué-de-Jeanne » C’est aussi dans les parages de Malvaut qu’une une embuscade aurait eu lieu, mise en place par des soldats à la solde de Georges de la Trémouille, visant à neutraliser Jeanne et ses compagnons.

13 Treizième étape : Chinon (Indre et Loire), Jeanne et son escorte arrivent dans la ville par la porte Est, celle dite de « Verdun », en fin d’après-midi le 6 Mars 1429. Au pied de la ruelle Jeanne d’Arc, un panneau rappelle que c’est à cet endroit que Jeanne serait descendue de cheval en arrivant à Chinon.

Ici s’arrête la « La Chevauchée Sacrée »


Le roi ne voulant pas la recevoir de suite, elle attendit deux jours avant que l’on lui permette de le rencontrer. Dans un premier temps Charles VII se contenta d’envoyer auprès de Jeanne quelques conseillers pour se faire une première opinion. Puis il envoya des gens d’église pour l’examiner à leur tour. Pendant ces deux jours d’attente, Jeanne était hébergée dans une maison du bourg du quartier du Grand Carroi (02) Le 8 Mars, Jeanne rencontre Charles VII dans la grande salle de la forteresse. Après avoir reconnu le dauphin dissimulé au milieu des courtisans, elle se montre suffisamment convaincante. Charles VII lui pose quelques questions et s’ensuit un épisode mystérieux : Le Secret. Charles se rapproche de la cheminée pour être seul avec elle, et c’est ici qu’elle va lui faire des révélations qu’eux seuls garderons secrètes. Une discussion qui va durer presque deux heures…

Elle est logée dans la Tour de Coudray du 6 au 10 Mars 1429, puis elle est envoyée à Poitiers pour que les conseillers du roi et les docteurs en théologie puissent juger de sa bonne foi. Après avoir passé ces examens, elle est à nouveau reçu par le roi à son retour à Chinon. Cette deuxième rencontre est dite du « Signe »
___________________________
(01) Toutefois, on comprend mal ce détour par le pont de l'Echandon et l'allongement notable de parcours. Certes, Jehanne vient de passer en bas de Loches sans traverser la ville. On peut croire que, venant de Montresor par la Corroirie, elle a traversé Beaulieu lès Loches et continué son chemin par Dolus-le-Sec, Saint Bault, le Louroux et La Tinelliere. Mais pourquoi remonter jusqu'à Monchenain et redescendre par Saint Branchs. Par contre, le passage sur le pont de l'Echandon le lundi 16 Mai 1429 s'explique très bien si Jehanne venant de Tours (par Esvres) désire faire une halte à Sainte Catherine de Fierbois pour prier la Sainte qu'elle aime tant et qu'elle a tant priée lors de son premier passage, en se rendant à Loches.
(02) M. de Cougny, Chinon et ses monuments, in-8, 1898, p.35-36. D'après cet auteur, Jeanne d'Arc logaa dans la maison du gentilhomme Reignier de la Barre, dont la veuve ou la fille fut heureuse d'héberger la Pucelle.


La chronologie rapide des événements suivants est ici: Jehanne d'Arc en Touraine (02)
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Dernière édition par Mikerynos le Sam 25 Fév - 20:12 (2017); édité 10 fois
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MessagePosté le: Mer 22 Fév - 18:44 (2017)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 22 Fév - 19:59 (2017)    Sujet du message: La Chapelle de Sainte-Catherine Répondre en citant

La Chapelle de Sainte-Catherine-de-Fierbois.

Ou pourrait se trouver cette chapelle ? On nous dit que l’église actuelle a été construite à son emplacement. La légende raconte que « Charles Martel, en 732, après avoir remporté la bataille de Poitiers face à Abd er Raman, aurait exterminé les dernières troupes dans les bois qui avoisinaient alors Sainte-Maure. Pour remercier Dieu de cette victoire décisive sur les Maures, Charles-Martel aurait fait construire en ce lieu sauvage appelé Fierbois (ferus bocus) une petite chapelle, dédicacée à sainte Catherine d'Alexandrie, patronne des soldats » Une autre version rapporte que la chapelle existait déjà au VIIIe siècle, et que Charles Martel n'aurait fait qu'y déposer son épée

L'église paroissiale actuelle de Sainte-Catherine se rattache à des récits plus ou moins légendaires faisant remonter leurs fondations au VIIIe siècle. Les cartulaires et pouillés médiévaux ne fournissent pas de date de fondation précise. Les premières mentions de Sainte-Catherine-de-Fierbois (Sancta Katherina de Fero Bosco) datent du XIVe siècle. Elles sont issues d'une chronique appelée le Livre des miracles de Sainte Katherine de Fierbois et éditée en 1858 par J. Bourassé. Il s'agit du récit de miracles survenus vers 1375 à l'emplacement d'une ancienne chapelle dédiée à sainte Catherine d'Alexandrie, en ruine, reconstruite et achevée vers 1379. Une autre légende, mais datant du XVe siècle fait remonter les origines de l'église au moins au VIIIe siècle. L'origine en est la découverte, vers 1375, par un habitant de Sainte-Maure, Jean Godefroy, qui guérit en retrouvant le chemin menant à une ancienne chapelle dédiée à sainte Catherine, « en un lieu qui était plein de grand bois, de buissons et de ronces » Il décide ensuite de restaurer la chapelle et fait appel à un maçon de Saint-Epain, Hilaire Habert. Le récit des miracles autour de la chapelle se répand et attire de nombreux pèlerins et malades. Peu après, Jean le Meingre de Boucicaut, maréchal de France, et seigneur de Fierbois selon J.-L. Chalmel, décide d'une nouvelle restauration de la chapelle et de la construction d'une aumônerie à ses côtés. Celle-ci est achevée en 1408, puisqu'à cette date, Jean Boucicaut fait une donation de rente à l'hôpital qu'il a dédié à Notre-Dame et à saint Jacques. Il obtient l'assentiment de Jean de Craon, seigneur de Sainte-Maure en 1415 et dote encore l'aumônerie de 32 arpents de terres situées à Saint-Epain. En 1408, le pape Benoît XIII avait, de plus, autorisé la création d'un cimetière, pour les morts de l'hôpital et les pèlerins, le bourg de Sainte-Maure étant trop éloigné.

  


Le bourg de Sainte-Catherine-de-Fierbois se développe rapidement à la faveur des nombreux pèlerins se rendant dans la chapelle. Un chemin de Saint-Jacques y fait halte, passant aussi par l'église Saint-Gatien de Sepmes. Une voie gallo-romaine serait présente sur la commune, reliant Loches à Chinon, en connexion avec une autre voirie (de Nouâtre à Athée-sur-Cher) au lieu-dit « La Croix de Barres » située à environ 1 km à l’Est de « La Croix de Berre » avant d’arriver à Sainte-Catherine-de-Fierbois à environ 1,2 km à l’Ouest. La fouille du site « Pré de la Fosse-Les Clavaux » à Sainte-Catherine-de-Fierbois , portant sur près de 3 hectares, a eu lieu du 8 avril au 2 juillet 2013, avec une équipe de 18 à 27 personnes. Le site est localisé sur un versant exposé sud-sud-est. Un petit cours d’eau (ruisseau « des Coudrais ») est présent en bordure d’emprise, à environ 1300 m du centre du village actuel, à proximité du toponyme « La Croix de Berre » sur la D101 ou rue de Bossée (1) Lors de ces fouilles, les restes d’une une configuration tout à fait originale pour un site rural alto-médiéval concernant le bâtiment No 3.De par ses dimensions, son plan et la puissance de ses fondations, il s'apparente à un édifice religieux, dont le statut exact reste difficile à déterminer (chapelle, église ?). Les trois datations radiocarbone effectuées sur des charbons issus des comblements des trous de poteau (un négatif et deux comblements d'avant-trous) s'échelonnent entre 676 et 976 ap. J.-C mais on note une correspondance maximale pour la période fin VIIe- IXe s. Cet édifice est implanté sur des ruines d'un bâtiment de la villa antique, encore partiellement visible.

_______________________________
(1) BEN KADDOUR, 2015 : BEN KADDOUR C., MARIE G. et SARRESTE F. - Sainte-Catherine-de-Fierbois (37), Pré de la Fosse – Les Clavaux, Rapport final d'opération archéologique, Éveha – Études et valorisations archéologiques (Limoges,F), 3 vol., SRA Centre, 2015.

Les Clavaux. Cne de Sainte-Catherine-de-Fierbois. Les Clavaux, 1832 (Cadastre) ; Terre située à la Pièce des Claveaux, 4 juillet 1863 (acte Scoumanne-Tours) ; Les Clavaux, 1955, 1966 (Cadastre).
______________________________
Voir sur le forum: L'Église Saint-Catherine.
Livre des Miracles de Sainte-Catherine-de-Fierbois 1375-1470.
« Les miracles saincte Katherine »

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Dernière édition par Mikerynos le Dim 26 Fév - 14:32 (2017); édité 6 fois
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MessagePosté le: Mer 22 Fév - 20:09 (2017)    Sujet du message: L’épée de Jeanne d’Arc. Répondre en citant

L’épée de Jeanne d’Arc.
Synthèse Mikerynos - 2017


Lorsque l’on parle des épées de Jeanne d’Arc, c’est sans aucun doute celle découverte à Sainte-Catherine-de-Ferbois qui est la plus connue. C’est celle-ci qui vient en tête… Une épée auréolé d’un mystère sur son origine et sa disparition. Mais Jeanne a aussi possédé plusieurs autres épées :

- La première de ses épées, est celle qui lui a été offert par Robert de Baudricourt le 20 Février 1429, trois jours avant son départ pour Chinon (37) Cette épée ayant été forgé par les habitants de Vaucouleurs (55) qui se sont cotisé pour la payer. Une épée « grossière » mais on ignore à quoi elle put bien ressembler, sans doute une arme solide et simple. Jeanne ne l’utilisera pas.
- Celle de Ferbois, la seconde et la plus célèbre.
- Celle donnée par Charles VII après son sacre.
- Celle remise par la ville d’Orléans après sa délivrance.
- Celle prise sur un Bourguignons, lors du siège de Paris en Septembre 1429.
- Celle de Franquet d'Arras, prise après sa victoire à Vaires-sur-Marne (77) le 23 Avril 1430.
- Celle qui lui fut offert par les bourgeois de Clermont en Auvergne, début Novembre 1429.

Toutes ces épées ont disparues. Jeanne a en sans doute utilisée d’autres au cours de ces campagnes, des épées prises à l’ennemi, mais là aussi, on n’en sait pas plus…

 

L’épée de Sainte-Catherine-de Fierbois.
Le 5 Avril 1429, à son départ de Chinon pour Tours, Charles VII lui avait remis une épée de valeur. Mais ses « Voix » lui dirent que, à cette arme, elle en devait préférer une autre, qui se trouvait dans la chapelle de Sainte-Gafherine-de-Fierbois, à huit lieues de Tours, derrière l'autel (1) Au renseignement donné par les Saintes, la tradition ajoutait que cette antique lame avait été pendue aux murs du petit oratoire par Charles Martel lui-même, en 732, après sa victoire sur les Sarrasins (2) C'est ce héros que les « Voix » auraient désigné en parlant d'une « épée dépourvue de fourreau et ayant appartenu à un valeureux chevalier ». Ainsi cette arme aurait deux fois sauvé la France. La tradition peut très bien être l'expression de la vérité. Pourquoi les Voix auraient-elles désigné cette épée, elle avait été une épée ordinaire ? A sa suite, de nombreux chevaliers déposèrent aussi leur épée en ce lieu. Dans la mêlée, quand ils se voyaient sur le point de périr sous les coups de l'ennemi, ou bien quand, prisonniers\ ils ressentaient les douleurs des sombres cachots, ils en faisaient le vœu à sainte-Catherine-de-Fierbois, et une fois sains et saufs, ils accouraient accomplir leur promesse… Jeanne connaissait de réputation ce lieu de pèlerinage, elle voulut.y passer, au commencement de mars, lors de son voyage de Vaucouleurs à Chinon. Elle y entendit trois messes (3) et elle se Sentit toute réconfortée, car aussitôt elle écrivit à Charles VII pour lui demander de la recevoir…

Pour en revenir à l’épée de Fierbois, lors de son procès à Rouen, face à ses accusateurs, les questions multipliées qu'ils posèrent à Jeanne et ses réponses, nous fournissent de l'épée de Fierbois une description minutieuse :
« Aviez-vous une épée ?
- J'avais une épée que j'avais prise à Vaucouleurs.
- N'avez-vous pas eu une autre épée ?
- Etant soit à Tours ou à Chinon, j'envoyai quérir une épée dans l'église de Sainte-Catherine-de-Fierbois, derrière l'autel. Elle y fut trouvée aussitôt toute rouillée,
- Comment saviez-vous que cette épée était là?
- Je sus qu'elle était là par mes « Voix » Oncques je n'avais vu l'homme qui l'alla chercher. J'écrivis aux gens d'église du lieu qu'ils m'envoyassent cette épée, et ils me l'envoyèrent. Elle était sous terre, pas fort avant et derrière l'autel, comme il semble. Je crois bien avoir alors écrit qu'elle était derrière. Dès qu'elle fut retrouvée, les gens d'église du lieu la frottèrent. La rouille tomba aussitôt sans efforts. Ce fut un marchand d'armes de Tours qui l'alla chercher. Les gens d'église de Fierbois me l'ornèrent d'un fourreau; ceux de Tours également. Les deux fourreaux qu'ils me firent étaient, l'un de velours vermeil, l'autre de drap noir. J'en ai fait faire un troisième de cuir bien fort.
- Aviez-vous l'épée de Fierbois quand vous fûtes prise ?
- Quand je fus prise, je ne l'avais point. Je la portai constamment depuis que je l'eus jusqu'à mon départ de Saint-Denis, après l'assaut de Paris.
- Quelle bénédiction fîtes-vous ou fîtes-vous faire sur elle ?
- Je ne l'ai ni bénite ni fait bénir. Je ne l'eusse su faire.
- Vous teniez beaucoup à cette épée ?
- Je T'aimais bien, parce qu'elle avait été trouvée dans l'église de Sainte-Catherine, que j'aimais bien...
- N'avez-vous pas quelquefois posé votre épée sur un autel pour qu'elle fût plus fortunée ?
- Non, que je sache.
- N'avez-vous jamais fait des prières pour qu'elle fût fortunée ?
- Il est bon à savoir que j'eusse voulu que mon harnois fût bien fortuné.
- Aviez-vous votre épée, quand vous fûtes prise ?
- Non, j'en avais une qui avait été prise sur un Bourguignon à Saint-Denis, j'ai offert une épée et des armes, mais ce n'était pas cette épée »

Des réponses de Jeanne il ressort qu'elle dut donc premièrement écrire de Tours aux « gens d'église » de Fierbois, puis attendre leur réponse. Ces chapelains connaissaient Jeanne, aussitôt ils l'invitèrent à faire prendre l'épée. Un homme qu'elle « n'avait jamais vu » y alla, sans doute un des ouvriers de son maître armurier. On trouva l'épée ensevelie à une petite profondeur, derrière l'autel, parmi de vieilles armures; mais on la reconnut aisément au signe que Jeanne avait donné, d'après ses « Voix » : cinq croix étaient gravées sur la lame. Ayant enlevé la rouille, les prêtres estimèrent qu'il était peu digne de l'épée et de la sainte de l'envoyer nue, et ils fabriquèrent un fourreau de drap noir, ou peut-être même de drap d'or.

Quand le messager (4) fut de retour à Tours, il montra sa commission à des chanoines, qui ne trouvèrent pas assez riche le fourreau de leurs confrères, ils en firent un autre de velours vermeil, semé de fleurs de lis. Mais Jeanne estima ces présents trop féminins, peu capables d'affronter les ardeurs et les chocs des combats, et, virilement, elle commanda un simple fourreau de cuir bien fort.

Jules Quicherat, le greffier de la Rochelle (5) donne une version un peu différente, il écrit que l’épée se trouvait dans un coffre conservé sous l’autel, un coffre qui n’avait pas été ouvert depuis vingt-cinq ans. Certains historiens ont tenté d’expliquer rationnellement cette découverte. Notons au passage que l'épée est placée en ex-voto, ce qui signifie qu'elle n'est point enterrée. Ce qui explique en partie la quasi-absence de corrosion constatée sur la lame. Quant à la légende qui fait attribuer la première propriété de l'arme à Charles Martel, il est facile de la contredire :
- D'une part, de l'acier forgé aux environs de 730 n'aurait pas passé près de 700 ans, enterrée ou pas sans autre dommage qu'une légère corrosion qui cède au passage d'un chiffon.
- Et d'autre part, la chapelle de Fierbois où Charles Martel l'aurait déposée n'existait point en 732.
- Jeanne déclare elle-même que cette épée, lorsqu’elle a été trouvé, n’était pas présente depuis longtemps « pas fort avant et derrière l'autel »
- Le type de l’épée ne correspond pas.

Donc cette épée n’est pas celle de Charles Martel, a qui donc a-t-elle pu appartenir ?
- Par exemple à Godefroy de Bouillon, le « premier » croisé à pénétrer dans Jérusalem. Le vraisemblable initiateur, sinon fondateur, de l'Ordre du Temple… Cette arme va se transmettre au fil des âges à travers l'Ordre du Temple, certainement de Grand Maître en Grand Maître, jusqu'à échoir un jour au connétable Bertrand du Guesclin (6) lui même représentant l'Ordre. Jeanne entrera donc en sa possession quelque temps après son arrivée à Chinon. Du moins en sera-t-elle la dépositaire (7)
- Ou encore à un chevalier de l’ordre de saint-Jean-de-Jérusalem, comme Nicolas de Giresme, ou Antoine de Prie, ect…

Bien sur tous cela reste du domaine de hypothèse. Quoiqu'il en soit, tous les récits concordent sur le fait que l'épée fut formellement identifiée par les cinq croix, soit sur la poignée ou soit sur la garde, mais pas sur la lame.. Et c'est bien là qu'il faut voir dans cette arme uniquement un symbole, « un bâton de commandement » en quelque sorte. Car en effet, il faut bien comprendre qu'une arme, forgée au XIème siècle, ne doit pas présenter les mêmes qualités de résistance qu'une arme forgée quatre siècles plus tard… Si on se réfère au blason de Jeanne suite à son anoblissement (8) la forme de l’épée fait penser à une épée du XVe, XIVe ou XVIIIe siècles. Quoi qu’il en soit, c’est une épée de luxe et de grande qualité (9) Lors de son procès, les juges insisteront pour savoir ce qu’était devenue, en vain :
« Aviez-vous votre épée quand vous fûtes prise ?
- Non, j’en avais qui avait été prise sur un Bourguignon.
- Où est restée l’épée de Fierbois ? Dans quel village ?
- A Saint-Denis, j’ai offert une épée et des armes, mais ce n’était pas celle-là.
- Aviez-vous cette épée à Lagny ?
- Je l’avais à Lagny. De Lagny à Compiègne je portais l’épée du Bourguignon qu j’ai dit. C’était une bonne épée de guerre, bonne à donner de bonnes buffes et de bons torchons.
- Ou avez-vous laissé l’épée de Fierbois ?
- Dire où je la laissai ne touche point le procès et je ne répondrais pas là-dessus maintenant ! »

Selon Jeanne, cette épée ne versera jamais le sang… Avec cette épée, elle a peur de faire du mal à ses ennemis, donc elle ne s’en sert pas beaucoup. Son arme principale, c’est son grand étendard, qu’elle déclare aimer « quarante fois mieux » que son épée. Cette-ci fut donc portée par la Pucelle lors des batailles d'Orléans, de Patay, pendant la campagne de la Loire et le sacre de Charles VII à Reims.

Cette épée, Jeanne la brisa au camp de Saint-Denis (77) sur le dos d'une ribaude début Septembre 1429 avant les assauts sur Paris. C’est le duc d'Alençon, commandant de l'armée royale depuis la libération d'Orléans, qui déclara que l'épée de Sainte-Catherine-de-Fierbois fut brisée à Saint Denis même. En effet, il semble que Jeanne ait pris l’habitude de frapper avec cette épée sur le dos des filles de joie qu’elle rencontrait, de tels incidents étant précédemment mentionnés à Auxerre par le chroniqueur Jean Chartier et par son page Louis de Coutes pour l’étape de Château-Thierry. Détail intéressant, le duc d'Alençon précise que l'incident intervint après l'échec de la tentative sur la porte Saint-Antoine.

De toute façon, briser une épée sur le dos de quelqu’un sans armure paraît invraisemblable. Un spécialiste en matière militaire, disparu récemment, démontre que la brisure de l'épée était techniquement impossible ; et de toute façon, il eut été possible de ressouder cette arme si elle s'était rompue. Jeanne aurait donc gardé l'épée de Sainte-Catherine-de-Fierbois jusqu'au printemps 1430, et l'aurait alors délaissée, par peur que cette arme, à laquelle elle attachait un caractère mystique, ne fut prise par les Anglais. Donc cette épée toujours intacte serait cachée quelque part…

Ou se cache l’épée de Fierbois ?
Devant Paris, quand Jeanne fut contrainte par le roi de battre en retraite, début Septembre 1429, elle changea d'équipement en offrant son armure comme ex-voto à la basilique de Saint Denis, avec une épée qu'elle gagna devant Paris : usage habituel chez les hommes d'armes de l'époque quand ils avaient été blessés: ce qui fut le cas de Jeanne devant Paris. Jeanne avait cependant conservé l'épée qu'elle avait fait venir de Sainte-Catherine-de- Fierbois. On rencontre ici quelques confusions. Cette épée fut portée par Jeanne jusqu'à Lagny-sur-Marne (77) en Avril 1430. Où la déposa-t-elle alors ? Elle refusa de répondre sur ce point : quelques sources, mais postérieures de deux ou trois siècles, assurent qu'elle fut conservée à Saint Denis. Quant à l'armure, elle fut décrochée par les Anglais quand ils reprirent cette ville un peu plus tard, et on ne sait ce qu'elle devint (10)

Entre le 23 et 24 Avril 1430 : Lagny-sur-Marne (77) Jeanne d'Arc s'y défait de six épées. L'une d'elles, serait l'épée de Sainte-Catherine-de-Fierbois (11) Jeanne venait d'abandonner l'épée de Fierbois pour en prendre une autre capturée sur un bourguignon aux environs de Lagny, Franquet d’Arras.

Le 23 mai 1430, à Compiègne, c'est un archer picard (demeuré anonyme) qui parvient à l'agripper et à la faire choir de son cheval. Ensuite Jeanne offre sa reddition à un capitaine nommé Guillaume dit « Le bâtard de Wandonne » (12)
Celle-ci fut ensuite remise à son seigneur Jean II de Luxembourg. Suivant une légende du comté de Flandres, ce dernier avait récupéré l’épée de Jeanne qu’il emmura derrière l'autel de l'église Saint-Pierre de Wandonne. Hors, nous savons que depuis septembre 1430, que Jeanne n’utilise plus l’épée de Fierbois. Il s’agit sans doute de l’épee de Franquet d’Arras.

Une autre piste plus sérieuse, voudrait que l’épée fût cachée dans l’église abbatiale de Notre-Dame-des-Ardents (13) à Lagny-sur-Marne. Le 23 Avril 1430 c’est la bataille de Vaires-sur-Marne dans la banlieue de cette ville, contre Franquet d’Arras. Jeanne est victorieuse et s'empare de l’épée de son ennemie qu’elle garde comme trophée. Puis le 28 Avril 1430, elle se rend au château de Vez (60) Elle serait même venue plusieurs fois inspecter ce château. Elle aurait alors écouté la messe dans la chapelle et se serait tenue longtemps dans la tour pour surveiller les environs.
Le 5 Mai 1430, elle retourne à Lagny pour la troisième fois, et c’est là que l’épée de Fierbois aurait été caché dans l’église abbatiale, avant son arrivé le 16 Mai 1430 à Compiègne. Cependant, les historiens sont très prudent avec ces faits. Une autre piste, un des frères de Jeanne d'Arc, chargé de veiller sur ses biens, aurait été en possession de cette fameuse Epée, et ce après la mort de sa sœur. Pour conclure, l’épée de Fierbois a complètement disparu, et personne ne sait aujourd’hui ou elle se trouve. Sauf un miracle, après tous ces siècles, elle ne ressemblerait plus à grand chose.

A quoi ressemblait cette épée ?
Les exemples, tirés de l'armorial de l'Arsenal et des vitraux du Mans, semblent prouver qu'en 1430, au moins dans la haute noblesse, on préférait les pommeaux allemands et italiens à l'ancien pommeau discoïde français. La plupart des lames d'épées du quinzième siècle mesurent de quatre-vingt centimètres à un mètre de longueur. Leurs taillants sont sensiblement rectilignes depuis le talon jusqu'à la pointe. Dans les épées, la prise (c'est-à-dire la poignée proprement dite, abstraction faite du pommeau et des quillons) est généralement fusiforme. Aussi l'appelle t'on fusée.

 

Le plan du plat de la lame, elle se trouve souvent plus large à sa base au-dessus des quillons qu'à son sommet sous le pommeau. La soie, prolongement aminci de la lame à partir de son talon, constitue l'armature de la poignée en reliant entre elles ses trois parties ; elle traverse, en effet, d'abord la garde munie de ses quillons, puis la fusée dans toute sa longueur et enfin le pommeau au sommet duquel est rivée son extrémité terminée quelquefois par un bouton saillant.

Comme cela a été décrit plus haut, cette épée fut formellement identifiée par cinq croix (ou fleurs de lys, selon certaines versions) représentant les cinq plaies du christ. On ne connaît pas la disposition de ces croix sur l’épée. Cependant sur son blason que tout le monde a vu et connaît, nous avons une idée de cette disposition. En date du 2 juin 1429, il est donné à Jeanne, par un brevet royal d'armoiries.Il se compose, comme chacun sait, d'une épée, la pointe en haut (14) portant une couronne et flanquée de deux fleurs-de-lys. On a donc vraisemblablement représenté ici l'épée dite de Sainte Catherine de Fierbois, retrouvée soi-disant à l'aide des voix de Jeanne, derrière l'autel de l'église de cette commune. Cet écusson a-t-il été l'écusson de Jeanne d'Arc ? Le roi d'Angleterre l'affirme, Jeanne d'Arc le nie. Qui croire ?
C'est textuellement d'ailleurs ce qu'elle avait déjà dit dans son interrogatoire du 10 mars 1430 : « Je n'ai jamais eu d'écu », dit-elle, puis elle ajoute : « Mon roi, il est vrai, en a donné un à mes frères, à savoir, un écu d'azur à deux lys d'or et une épée au milieu. »: « à la question : Avez-vous un écu de noblesse, un écu et des armoiries, elle répondit : Personnellement je n'en ai jamais eu » Par contre, elle revendiqua avoir porté un étendard. (15)

Ce sur son blason, l’épée représentée semble être une courte épée à deux tranchants, à lame très-large au talon, quillons très-recourbés, ciselés en torsade avec pommeau circulaire, utilisée au milieu du XVe siècle appelée « Estoc »

Les autres épée de Jeanne d’Arc.
Outre celles citées au début du texte, il existe toujours deux épées « attribuées » à Jeanne d'Arc : l'une à Dijon au palais des Etats de Bourgogne, l'autre à Nice, au Musée d'Art et d'Histoire. rien, dans nos connaissances, ne permet d'affirmer que Jeanne a utilisé ces deux armes…

______________________________________________________
(1) Jeanne, dans sa déposition, avait dit : « Étant à Tours ou à Chinon, j'envoyai quérir une épée, etc. » (Procès I, Pages 56 à 80) Ces mots n'indiquent pas un manque de mémoire chez la Bienheureuse, qui fut toujours très précise, très exacte dans ses réponses. Le texte primitif doit se traduire : « Étant soit à Tours, soit à Chinon » c'est-à-dire dans les deux endroits. Ce passage laisse bien entendre qu’après le jugement de Poitiers, Jeanne d'Arc alla à Chinon. Ce ne dut être que lorsque le roi l'eût nommée chef de ses troupes, en lui remettant une épée, que les « Voix » lui parlèrent de l'épée de Fierbois.
(2) Une vieille tradition veut que Charles Martel, après la victoire de 732, gagnée dans les landes de Miré, poursuivant les Sarrasins sur la route du midi par Pont-de-Ruan et Saint-Épain,ait exterminé les derniers corps des ennemis dans les bois que traversait cette route : le vainqueur, pour remercier le Ciel de cette victoire décisive, vint déposer son épée dans une petite chapelle de Sainte-Catherine qui s'élevait solitaire au milieu de ces bois sauvages (férus hoscus, Fier-bois)
(3) Quelques mois après la mort de Jeanne à Rouen, Charles VII fit commencer l'église que l'on voit aujourd'hui. Celle du temps de Jeanne-d'Arc avait été construite en 1379, sur les ruines d'une autre plus ancienne.
(4) C’est en vérité Julien de Colet de Vienne, messager de Charles VII qui qui vient quérir l’épée auprès de Baudricourt à Sainte-Catherine-de Fierbois.
(5) Ce fut le greffier de l'Hôtel-de-Ville de La Rochelle en exercice pendant les deux années où se renferme la carrière de Jeanne d'Arc.
(6) cette arme a été offerte par le connétable Du Guesclin au Duc Louis d'Orléans, et qu'à la mort de ce dernier en 1407, sa veuve l'a léguée à Pierre « Clignet » de Breban qui la fera placer en ex-voto sur sa propre tombe dans la chapelle de Fierbois.
(7) N'oublions point d'ailleurs qu'elle fut logée à la Tour du Coudray, dans le lieu même où furent retenus prisonniers en 1308 les derniers grands dignitaires du Temple, dont Jacques de Molay. Il est bien évident que le dauphin pouvait loger Jeanne à un autre endroit de ce château de Chinon, qui comportait plusieurs milliers de mètres carrés de surface habitable, mais ce fut précisément dans cette tour que Jeanne fut logée.
(8) Le 29 Septembre 1429, anoblissement de Jeanne et de sa famille suite à la requête de ses frères. Il faut garder à l’esprit que la lettre d’anoblissement d’origine a disparu et qu’il ne reste que des copies manuscrites qui sont en principe conforme ou proche de l’originale.
(9) Ce qui explique mal sa destruction sur le dos d’une prostituée.
(10) Il est probable que les pièces en furent partagées entre les vainqueurs du moment, comme cela se faisait habituellement, sort qui fut sans doute celui de l’armure que portait Jeanne lors de sa capture à Compiègne.
Il n’était pas conforme aux usages du temps qu’une armure déposée comme ex voto ait été détruite, mais ce n’est pas impossible puisque les Anglais qui voulaient faire passer Jeanne pour une sorcière auraient pu croire qu’un mauvais sort y était attaché.
(11) L'épée de Fierbois, jugée désormais inutile et d'ailleurs endommagée, aurait été, dit la légende, laissée à Lagny et remise par Jeanne d'Arc à une autorité de l'abbaye Saint-Pierre qui l'aurait fait enfouir dans un souterrain situé sous l'abbatiale ou murer dans un pilier de la chapelle de la Vierge-des-Ardents : telle serait l'opinion gratuite d'un auteur latignacien, Marcel Pouzol. En fait, nul ne sait ce qu'il est advenu d'elle : la Pucelle, prise par l'Anglais, dira l'avoir laissée à la garde de ses frères eux-mêmes qui l'accompagnaient et s'occupaient de l'intendance (chevaux et équipements de combat) et de l'avoir de leur sœur et, depuis, on n'a plus trace de l'épée de Fierbois.
(12) Wandonne est une petite ville du pas de Calais, qui s'appelait autrefois Audincthun. Guillaume le bâtard est le demi-frère de Jean, dit Lyonel de Wandonne.
(13) En 1430, lors de son second passage dans cette ville, Jeanne d'Arc accomplit un acte considéré comme miracle, la résurrection d'un enfant mort depuis trois jours. Cet acte fut pris en compte lors de sa canonisation 3. Le récit de ce miracle a été fait par Jeanne d'Arc lors de son procès de Rouen le 3 mars 14314 : « L'enfant avait trois jours. Il fut apporté devant l'image de Notre Dame de Lagny. On me dit que les jeunes filles de la ville étaient devant cette image et que j'y voulusse bien y aller prier Dieu et Notre-Dame de rendre la vie à l'enfant, j'y allai et priai avec les autres. À la fin, "la vie reparut chez l'enfant" qui bailla trois fois et fut baptisé ; aussitôt après, il mourut et fut inhumé en terre Sainte. Il y avait trois jours, disait-on, que la vie n'était apparue dans l'enfant ; il était noir comme ma cotte, mais quand il eut baillé, la couleur commença à lui revenir. » Pour moi, j'étais avec les autres jeunes filles à prier, à genoux, devant Notre Dame. »
(14) L’épée la pointe en l'air représente l'emblème de la noblesse, du courage, de l'intrépidité et de la victoire. Elle est été adoptée par les personnes qui ont accompli quelques actes de valeur.
(15) Jeanne d'Arc a eu en effet un emblème. Elle se l'est fait faire elle-même à Poitiers et elle l'a porté. On sait que la Pucelle possédait une troisième oriflamme figurant Jésus crucifié, avec Marie et Jean au pied de la croix. On admet communément que celle-ci fut exécutée à Blois.

A suivre...
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MessagePosté le: Mer 22 Fév - 20:34 (2017)    Sujet du message: Jeanne d’Arc à Tours Répondre en citant

Jeanne d’Arc à Tours

Après les « Examens » de Poitiers, on croit, en général, quue Jeanne gagna Tours directement; mais il semble plutôt qu'après avoir passé à Châtellerault le 24 mars, qui était le jeudi saint, elle revint à Chinon avec Charles VII, pour y prendre ses pages et une partie de son équipement militaire. Puis elle repart vers Saumur à l’Abbaye de Saint-Florent ou elle y restera du 27 au 30 Mars. Elle est venue visiter Jeanne d'Orléans, Jeanne fut hébergée dans le logis abbatial fortifié, un donjon récemment construit à l'intérieur de l'enceinte. (1) Puis elle retourne à Chinon.

Quoi qu’il en soit, Jeanne arrive à Tours le 5 Avril 1429, elle y restera presqu’un mois. S'il faut s'en rapporter à une tradition locale, ils seraient allés, sans doute Jean du Puy à leur tête, audevant d'elle jusqu'à Joué-les-Tours, et ils l'auraient rencontrée auprès d'une source, qui pour cela porterait le nom de fontaine de Jeanne d'Arc.


Yolande d'Aragon avait à Tours une amie d'enfance, angevine aussi, et qu'elle avait donné à sa fille Marie d'Anjou, femme de Charles VII, pour dame d'honneur. Elle s'appelait Eléonore de Paul. Elle était mariée au seigneur tourangeau Jehan du Puy, châtelain des Roches-Saint-Quentin, près de Loches, et « principal conseiller » du roi. La reine leur demanda d'héberger la jeune fille, son amie. Leur hôtel se trouvait dans la paroisse de Saint-Pierre-le-Puellier, probablement dans la rue Briçonnet actuellement, alors rue des « Trois-Pucelles » D'un autre côté, il existe, dans la rue des Trois-Pucelles, une maison aujourd'hui célèbre sous le nom de maison de Tristan et qui semble bien avoir été la demeure d'un sieur Pierre du Puy. Si l'on admet que ce dernier fut le père de Jehan, mari d'Éléonore de Paul, nous aurions donc ici l'hôtel où descendit Jeanne d'Arc (2)

Durant son séjour à Tours, Jeanne qui aimait fréquenter les lieux saints, et du souvent venir à Saint-Martin, sûrement Jeanne vint aussi à Saint-Gatien « Fréquenter l'église et les lieux de dévotion était son plaisir » témoignera d'elle en son procès. Par l'intermédiaire de son aumônier, frère Pasquerel, Jeanne dut entrer aussi en relations avec le haut clergé de Tours, et les familles les plus chrétiennes et les plus patriotes. le souvenir de son passage est attaché à l'église des Augustins, où elle allait prier, il subsiste encore quelques restes de cet édifice dissimulés derrière la façade d'une construction récente à l'angle Nord-Est des rues actuelles des Halles et Marceau (3)

L’Armure.
L'armure demandait le plus de temps à confectionner, car on dut la faire sur mesure. Le « maistre-armurier » auquel le roi confia le travail n'avait assurément jamais fait de cuirasse pour une jeune fille. Il fallut de nombreuses séances d'essayage. On ignore le nom de l'artisan qui confectionna le « harnois » On sait seulement qu'on lui versa, au nom du roi, cent livres pour son travail. Son épée, Jeanne l’a fait venir de Sainte-Catherine-de-Fierbois. Deux fourreaux furent confectionnés, dont un de velours vermeil, semé de fleurs de lis, et l'autre en cuir. Il paraît, qu'outre son épée, Jeanne se fit faire une lance et une petite haché d'armes. C'est à sa lance que fut attaché son étendard. Les armuriers abondaient en ce moment à Tours, qui était une des villes de France où se fabriquaient les armes les plus estimées. La rue Sainte-Marthe s'appelait, au XVe siècle, rue Braquemart, du nom d'une nombreuse famille d'armuriers, alors célèbre. On connaît aussi les noms de Colas et Guillaume de Montbazon, de Thomas du Breuil, de Jehan Rocquenair, etc… Au numéro 39 de la rue Colbert, se tient une maison du début du XVIème siècle dite « A la Pucelle Armée » Cette maison remplaça celle où l'armurier qui confectionna l’armure.

L’étendard.
Jeanne d'Arc eut donc son étendard, qu'elle décrit ainsi : « J'avais une bannière dont le champ était semé de lis. Le monde y était figuré, et deux anges, un de chaque côté. Elle était de couleur blanche, de cette toile qu'on appelle boucassin. Il y avait écrit dessus : Jhesus Maria, comme il me semble. Elle était frangée de soie. » Sûr l'avers elle fit placer, dans un écu d'azur, une colombe d'argent, tenant en son bec une banderole où se lisait : « De par le Roy du Ciel. » La toile ou bougrandont on se servit était très estimée au XVe siècle. Une rue de Tours, qui portait ce nom, était tout occupée par les fabricants et les marchands de boucassin et nos aïeux avaient la réputation de vendre le plus beau et le meilleur. Les sujets étaient non pas peints, selon qu'on a coutume de l'écrire, mais brodés, comme à toute bannière de baron ou de chevalier. Des lettres patentes de Charles VII, données à Chinon le 10 mai 1429, nous ont transmis le nom du peintre dés bannières de l'héroïne. Elles disent : « A Hennes Poulvoir, peintre demeurant à Tours, pour avoir peint et baillé estoffes pour un grand estandart et un petit pour la Pucelle, 25 livres tournois » Jeanne se lia d’amitié avec la fille de ce dernier dénommée Héliote ou Héliette (4) Elle fera bénir son étendard à Blois dans l'église Saint-Sauveur et en confia la garde à Jean Pâsquerel, son aumônier (5)


En même temps que Jeanne, on dut harnacher ses compagnons. Ses deux frères furent armés. Un ancien compte de la ville nous apprend que, « au moys d'avril 1429, après pasques, » il fut versé aussi à Jean dé Metz et à son camarade « pour luy avoir harnois pour eux armer et habiller pour estre en la compaignie de la dicte Pucelle six vingt livres tournois ». De par ordonnance et commandement du roi, on paya de plus 200 livres tournois « pour la despense de la Pucelle » Cette dernière somme fut sans doute affectée à l'armement de ses frères.

Le départ.
Les derniers préparatifs étaient achevés. Jeanne voulut partir, elle quitte Tours le 23 Avril et prend la direction d’Amboise pour rejoinder l’armée à Blois. Les eaux de la Loire étaient, à cette époque de l'année, très grosses.Elle traverse les grands ponts de Loire et gagne la rive droite du fleuve et la route d'Orléans. Jeanne séjourna pour une courte étape à Amboise, ou dit on qu’elle s'est équipée en sous-cuirasse de cuir. Puis elle aurait fait une halte à Chouzy-sur-Cisse au Manoir de Laleu dans le Loir-et-Cher le 24 Avril, avant d’arriver à Blois le 25 Avril 1429. Ici commence « La campagne de la vallée de la Loire »
____________________________
(1) Certains historiens placent cette rencontre fin Avril 1429. En même temps que Jeanne descendait à Saumur, sa plus ardente amie, Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII et reine de Sicile, courait à Tours et a Blois lui préparer le chemin..
(2) La maison édifiée en 1590 à l'emplacement de l'ancien logis médiéval (actuel n°15 du la rue Paul-Louis Courier)
(3) Une plaque commemorative et une statue de Jeanne d'Arc ont été placées
sur cet immeuble lors des fêtes tourangelles du cinquième centenaire, le 23 juin
1929.
(4) Jeanne reviendra à Tours pour son mariage le 9 Février 1430.
(5) Le petit étendard fut accidentellement brûlé au moment de l'entrée de Jeanne à Orléans. Le grand étendard a disparut au moment de la capture de Jeanne par les Bourguignons à Compiègne.

La chronologie rapide des événements suivants est ici: Jehanne d'Arc en Touraine (02)
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MessagePosté le: Sam 25 Fév - 20:15 (2017)    Sujet du message: Jehanne d'Arc en Touraine (01) Répondre en citant

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MessagePosté le: Lun 27 Fév - 23:34 (2017)    Sujet du message: Jehanne d'Arc en Touraine (01) Répondre en citant

Les secrets de Jeanne.
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