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Le Château du Pressoir.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Sam 15 Avr - 09:56 (2017)    Sujet du message: Le Château du Pressoir. Répondre en citant

Le Château du Pressoir.
Beaulieu lès Loches.



Le Château du Pressoir date du XIXe siècle, il a été bâti dans un style pseudo-Gothique et pseudo-Renaissance. Si l'on examine le premier cadastre de Beaulieu terminé en 1826, on s'aperçoit que le plan des bâtiments du Pressoir qui venaient d'être vendus ne correspond en rien à celui du château actuel. Ce n'était qu'une simple maison de maître dont une partie existait encore à la fin du siècle dernier, adjacente à la construction moderne, si l'on en juge par une vieille photographie jaunie précieusement conservée. Autant qu'on puisse s'en faire une idée, d'après le fragment subsistant alors, ce devait être un édifice très sobre, sans grand caractère archéologique, couvert d'un toit à quatre pans et pouvant dater du XVII° siècle. Une tourelle carrée, existant à l'arrière, pourrait bien lui avoir appartenu. Elle renferme un escalier de bois à noyau que l'on aurait pu considérer intéressant de réutiliser. Mais ce n'est qu'une hypothèse qui demanderait à être vérifiée ?

Un acte contemporain précise sans ambage : « le château du Pressoir de style Renaissance construit sur un emplacement et pour partie sur les soubassements d'une construction plus ancienne ». Un titre antérieur de 1886 le décrivait déjà ainsi: « un château de style gothique Renaissance avec quatre tourelles deux rondes et deux carrées ». On peut donc affirmer que l'ancien immeuble fut rasé et réédifié entre 1830 et 1886. Mais comme nous le prouve cette photographie, cette réalisation se fit en deux époques relativement éloignées l'une de l'autre. Dans un premier temps, on éleva toute la partie de style néo-gothique adossée à l'un des corps de logis ancien pouvant servir d'habitation pendant les travaux. La façade occidentale regardant Loches est flanquée d'une tourelle en encorbellement, d'une seconde montant de pied et se termine par une tour massive en terrasse, toutes trois ornées de mâchicoulis décoratifs, tandis qu'un crénelage de fantaisie court à la base du toit mais sur ce côté là seulement. Les baies sont à croisée de pierre à linteau souligné d'une moulure retombant sur des culots sculptés. Une lucarne à meneau avec galbe triangulaire encadré de pinâcles, surmonte l'entrée placée sensiblement dans l'axe médian. Circonscrit par une accolade à fleuron et crochets de feuillage, le tympan porte, sommé d'une couronne de comte, un écu écartelé qui est au 2 et 4 aux armes des Gaultier de la Ferrière : « D'argent à la bande fuselée de six pièces de sable accompagnée en chef d'un lion armé de sinople et lampassé de gueules et en pointe d'une billette de gueules couchée en fasce» (19). En abîme le blason des Godeau : «D'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles de même et en pointe d'une ancre d'argent ». Il est donc bien probable que nous avons ici la marque des constructeurs. Un angelot à chaque extrémité du linteau tient une banderole où l'on peut lire à gauche: « Benefac domne bonis et rectis corde» : « Fais du seigneur à ceux qui sont bons et qui ont le coeur droit» et à droite: « in ces fidoe » ?.


Par cette porte on accède à un vestibule formé d'une travée voûtée sur croisée d'ogives aux nervures prismatiques, à la clef timbrée des armes royales. Les murs latéraux atteignent une épaisseur dépassant largement un mètre, alors que partout ailleurs ils n'ont guère que cinquante centimètres. La pièce occupant le niveau supérieur a son plancher comme surélevé par rapport à celui des salles voisines. On a donc l'impression d'une partie qui aurait été comme englobée dans la construction
nouvelle. Ne serait-on pas en présence de l'ancienne chapelle que l'on n'aurait pas osé détruire et qui aurait été ainsi conservée pour servir de hall à la nouvelle demeure? Bien restaurée, elle aurait été dotée d'une cheminée ornée d'un double blason, dont l'un est celui des Gaultier de la Ferrière.

A une époque beaucoup plus proche de nous, ce qui restait encore de l'édifice primitif subit à son tour une restructuration complète. Cette aile fut terminée, par un large pignon en escalier, percé de trois vastes fenêtres superposées, la plus haute à double meneau, les autres à triple meneau qui s'harmonise assez mal avec l'ensemble néo-gothique. On peut aimer ou ne pas aimer cette architecture, ce n'en est pas moins un beau pastiche ! Quels liens unissaient les trois acquéreurs de 1830 ? Tous les trois étaient cousins germains de la manière suivante. Ils appartenaient à une très ancienne famille tirant son nom de la Ferrière, près d'Ecueillé et dont le rameau principal s'était établi à Loches au commencement du XVII° siècle et fournit à la ville de très nombreux fonctionnaires. Joseph-Victor Gaultier de la Ferrière avait été baptisé à Saint Ours le 9 avril 1724, fils de Joseph, conseiller du roi, lieutenant des élus en l'élection de Loches, contrôleur au grenier à sel. Il succéda à son père dans les mêmes fonctions et mourut à Loches le 17 frimaire an XII (9 décembre 1803) à 79 ans. Il y avait épousé le 7 août 1752 Marie-Françoise Boullay qui lui donna sept enfants dont six furent chacun l'auteur d'une branche dont la postérité se continue de nos jours…

Trois ans plus tard, monsieur Jules-René Gaultier de la Ferrière mourut à Paris le 26 août 1857. Il avait épousé par contrat du 2 juillet 1832 Sophie- Agathe-Eglantine Jolly de Bussy. Celle-ci au règlement de la succession effectué le 9 novembre 1857 se vit attribuer la pleine possession du Pressoir. Elle devait y décéder le 3 novembre 1872. Elle laissait le domaine à son fils unique Jules-Albert Gaultier de la Ferrière qui s'était uni par contrat passé à Paris le 12 avril 1860 à Marie-Blanche-Zélia Perrochon de Beauplan. Ceux-ci avaient plusieurs créanciers dont madame veuve Guicestre, demeurant à Paris, qui demanda la saisie des biens de monsieur et madame de la Ferrière. Par jugement du tribunal de Loches du 29 octobre 1886, cette saisie fut convertie en vente aux enchères publiques qui eut lieu le 26 décembre 1886. Monsieur Auguste Richaud de la Hautière, avoué près le tribunal se rendit adjudicataire au profit de madame Guicestre du domaine du Pressoir.


A la requête de madame Deplais contre ses neveux et son frère, il fut procédé à la mise en adjudication des biens par jugement du tribunal de Loches du 2 février 1830 : « Le domaine du Pressoir avec la maison de maître composée de cuisine
deux cabinets, salon à manger, salon de compagnie, chambres à cheminée, salle de billard, écurie de huit chevaux. A droite, un petit pavillon dans lequel se trouve une chapelle qui a son entrée sur la cour, autel en bois garni de plusieurs chandeliers et tableaux, un clos renfermé de murs derrière lequel se trouve un bois taillis, chacun de trois arpents.
- les bâtiments de la métairie comprenant logement pour le métayer,
boulangerie, étable, bergerie, grange et petit jardin.
- une cave en roc sous la pièce de Vaubertrand
- 34 parcelles de terre d'une superficie totale d'environ 25 hectares.»

Cette dernière décéda à son domicile le 15 mars 1917 laissant deux filles. Madame Thérèse-Nathalie Guicestre, veuve de monsieur Lauthier qui recueillit le Pressoir dans le réglement de la succession, en céda la propriété peu de temps après le 31 mars 1921 pour 200 000 francs aux époux Daymond. Ceux-ci le 14 novembre 1925 le revendirent avec un confortable bénéfice à monsieur Raymond-Ferdinand Faure, industriel qui en garda la propriété jusqu'au 22 mars 1961. Une dernière mutation le
21 avril 1979 a donné le Pressoir à ses propriétaires actuels.


_______________________
Source : André Montoux AM T6 P22
François-Alexis Vantelon, Châtelain du Pressoir à Beaulieu-lès-Loches, par M. André MONTOUX

Le Pressoir.
Cne de Beaulieu-lès-Loches. Le Pressoir ou La Blanchardière, XVIIIe s. ; La métairie du Pressoir, située paroisse Saint André de Beaulieu, 20-30 juin 1788 (acte Pescherard-Loches) ; Le Pressoir, XVIIIe s. (Carte de Cassini) ; Le Pressoir, 1827 (Cadastre) ; Le château du Pressoir, situé commune de Beaulieu, 26 décembre 1886 (acte Parin-Beaulieu lès Loches) ; Le Pressoir, 1959 (Cadastre).
Ce domaine a porté les noms de: Le Pressoir ou La Blanchardière (XVIIIe siècle), Le Pressoir (XVIIIe siècle, carte de Cassini) et Le Pressoir (1827 et 1959, cadastre) En 1787, on y voyait une chapelle qui appartenait à N. Vautelon. Au début du XXe siècle, le château appartenait à la famille Bessy.


Localisation.




Cadastre 1827.








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