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Le Château de Villiers-Boivin

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Mer 10 Mai - 15:15 (2017)    Sujet du message: Le Château de Villiers-Boivin Répondre en citant

Le Château de Villiers-Boivin
Vézières (86)

Le long de la D24 qui part de Seuilly (Indre et Loire) ce trouve à quelques kilomètres, deux vestiges d’importantes forteresses : celles de Villiers-Boivin et de Monpansier. Elles sont toutes les deux sur la commune de Vézières et inscrits à l’inventaire des monuments historiques. La commune de Vézières a été formée des deux paroisses de Vézières et de Saint-Citroine; cette dernière, dont l'église subsiste transformée en grange, appartenait aussi à la grande abbaye angevine de Saint-Florent. Dans ces deux paroisses se trouvaient plusieurs fiefs importants : Villiers-Boivin, Monpancier,les Forges. La seigneurie de Villiers-Boivin, qui relevait de Bournand, était possédée aux XIVe et XVe siècles par une famille Boivin qui lui a laissé son nom.


De la seigneurie Villiers-Boivin, qui remonte au XIVe siècle, il ne reste que cette tour. Avec en sous-sol un souterrain, elle ne comprenait qu'une seule pièce à chaque étage, desservie par un escalier dont on voit encore les traces. Elle abrite des richesses artistiques rares. La salle du premier étage, voûtée en plein cintre, est entièrement couverte de peintures datant sans doute de la construction de la tour et rappelant les bonnes écoles de la Renaissance. Au milieu de ces peintures, figurent des signes et des sujets qui font penser aux évocations de la sorcellerie. Au deuxième étage, la pièce est couverte par une voûte composée de seize caissons décorés chacun d'une rosace. Au troisième étage, une voûte sphérique supporte la terrasse qui dessert les mâchicoulis et les créneaux.

En sous-sol, un étage souterrain sert de cave. Du côté Nord, la tour était desservie par un escalier dont on voit encore les arrachements. A chaque étage, la tour ne comprenait qu'une seule pièce. Au premier étage, la salle contient un siège d'aisance dans la face sud-ouest. La fenêtre est au Nord-Est et la cheminée au sud-ouest. Cette pièce, voûtée en plein cintre, est entièrement couverte de peintures, datant sans doute de la construction de la tour, et rappelant les bonnes écoles de la Renaissance. Il semblerait que le peintre, pour le choix et l'arrangement des sujets, a dû, suivant le goût de l'époque, s'inspirer à la fois de la mythologie païenne et des traditions bibliques. Mais en plus on voit apparaître au milieu de ces peintures des signes et des sujets qui font songer aux évocations de la sorcellerie. Une description rendra mieux notre pensée.

Sur la face percée par la fenêtre, Mars est assis, revêtu d'une armure, à côté de lui, Vénus, complètement nue, se tient debout. A chaque articulation de cette dernière figure, et sur plusieurs points principaux, tels que les seins, le nombril, etc., est dessiné le symbole de la femme (cercle et croix) Ce signe était employé, au Moyen Age, en astrologie, pour désigner Vénus, et encore à présent dans les sciences, il désigne Vénus ou le sexe féminin. Sur l'ébrasement de la fenêtre en retour du panneau précédent, un Amour, traîné par un lion dans une coquille formant char, se dirige du côté de Vénus. Sur l'ébrasement opposé on distingue très nettement un coq noir au-dessus duquel on lit en lettres d'or sur fond noir : « EST QUANDO JACUISSE NOCET » Sur la face opposée de la pièce se trouve la cheminée. Au-dessus est représenté l'atelier de Vulcain. L'enclume a sensiblement la forme d'un écusson.

A droite, le fourneau près duquel un cyclope tire le soufflet. Directement sur le manteau l'inscription suivante est encore déchiffrable : « VVLCANE DVM FERRVM MOLIS EN CONIVGEM MARS PERMOLIT » Les lecteurs nous permettront de ne pas insister sur le jeu de mots « molis permolit » ni sur l'ingéniosité de l'artiste qui, représentant Vénus et Mars d'un côté de la chambre, dessine Vulcain occupé à forger, juste sur la face opposée. Au centre de la voûte, un lit ressemble beaucoup par sa forme aux tables d'évocation décrites et représentées dans les livres de sorcellerie. Dans le lit, à la place qu'occuperait la tête de la personne, une rose-croix et encore le signe Y. à côté du lit, un homme agenouillé a quitté son armure. Sur le flanc opposé de la voûte, un groupe de chérubins soutient les rideaux verts du lit. Au-dessous, toute une théorie de personnages allant de la face de la cheminée à la fenêtre. C'est d'abord un groupe de femmes, précédé par Mercure, aux côtés duquel l'Amour dirige une flèche vers le lit décrit ci-dessus. Ensuite, un homme et une femme enveloppés dans un filet semblent invités par un groupe de personnages, mais Saturne s'oppose à leur rencontre.

Au deuxième étage, la pièce est couverte par une voûte composée de seize caissons décorés chacun d'une rosace. Dans un caisson central, la rosace est remplacée par un écusson, décoré de fuseaux, surmonté d'un lion et ayant deux enfants pour portants. Dans un caisson d'angle, une tête d'homme; à l'angle opposé, une tête de femme. La sculpture de ce plafond, comme les peintures de l'étage inférieur, est due évidemment à un bon artiste de la Renaissance. Au troisième étage, une voûte sphérique supporte la terrasse qui dessert les mâchicoulis et les créneaux. Il est pénible de penser que ce petit édicule, qui nous donne des échantillons si complets et si parfaits des trois arts du dessin au XVIe siècle, soit peut-être appelé à disparaître prochainement, faute de quelques poignées de ciment et de deux ou trois ceintures de fer.

Monpancier, dont les archives sont conservées au château de Coudray Montpensier, appartenait en 1292 à Vincent de Monpancier; son fils, Macé, la vendit en 1307 à Émery de Bornand; par héritage, elle échut à André Bessonneau, chanoine d'Angers, qui, le 23 avril 1392, « de l'assentement et volenté de Hugues et Guillaume Bessonneaux, » ses frères, donna à son neveu, Pierre de Bournand, écuyer, « l'oustel, domaine, terres et appartenances de Monpancier sis en la paroisse de Veryeres ». Le 26 juillet 1459, Jacques de Bournand, successeur de Pierre, vendit les deux tiers de cette seigneurie à « haut et puissant seigneur Loys, bastar de Bourbon, fils de dame Jelianne de Bonzand, » soeur du vendeur; deux jours après, il lui fit don de l'autre tiers.


Le fief de Villiers-Boivin par A. Desmé de Chavigny.
Sur la petite route cahoteuse qui, par Arthenay, conduit de Lerné à Vézières, après avoir dépassé ce curieux mamelon sphérique appelé, dans le pays, «le Pet de Mêron » Les regards du passant sont attirés, sur la gauche, par un élégant donjon du XVIe siècle, qui domine de très haut les vieux chênes de la forêt de Villiers et une partie de la plaine de Bournand. Situé au milieu d'une clairière, entouré d'un verger et de bâtiments de fermes, ce Donjon constitue, avec un charmant colombier de même époque, quelques pans de murs écroulés et deux entrées de caves voûtées tout ce qui subsiste d'une ancienne demeure seigneuriale, le château de Villiers-Boivin, construit entre 1534 et 1545, par Loys du Rivau, Sgr de Judeaux, et par son fils, Nycollas. Antérieurement au château Renaissance des du-Rivau, il existait, sur le même emplacement, une demeure féodale plus ancienne, un « Hostel » semi fortifîé, construit aux XIIIe et XIVe siècles par l'antique famille noble des Boivin, laquelle posséda le fief de Villiers pendant 4 générations et lui donna son nom.

Quelques vestiges des anciennes constructions du XIVe siècles e retrouvent dans l'infrastructure du manoir des du Rivau, notamment les entrées de caves, jadis fortifiées, qui s'aperçoivent, à droite et à gauche du pied du donjon. La Maison Boivin tomba en quenouille en 1438. Le 7 mars 1452, Simone Boivin, dernière du nom, Dame de Villiers, épouse Messire Jehan du Rivau, Sgr de Judeaux, originaire de la province d'Anjou et lui apporte en dot la terre et seigneurie de Villiers-Boivin. Loys du Rivau, leur fils, commença la démolition de « Hostel » des Boivin, et l'édification du château Renaissance dont les vestiges, tels qu'ils subsistaient enl883, sont le produits par notre dessin. La construction fut continuée et achevée par Nycollas du
Rivau, fils et héritier du précédent, qui était, en 1543, archer, de la garde du roy, tenant garnison au château de Chavigny-en-Touraine, sous les ordres de Messire Loys Le Roy, Sgr de Chavigny, la Haye, la Bastardière, etc., gentilhomme ordinaire de la Chambre du roy, et capitaine de ses gardes.

Cette proximité de Villiers, à trois lieues de Chavigny, lui facilita grandement la surveillance des constructions et aménagements de son château, qui furent achevés en 1545, et dont voici, d'après un PV. de « visite » de 1637, à nos Archives, une description succincte :

« Une enceinte semi-fortifiée, sensiblement carrée, haute de 16 à 18 pieds, entourait les constructions. Sur la face au couchant de cette enceinte, s'ouvrait le portail d'entrée, garni, au-dessus, d'un poste de guet, avec 4 mâchicoulis. Sur le côté droit du porche, mais en dehors de l'enceinte et appuyée au mur, se trouvait une petite chapelle dédiée à saint Jacques, chapelle dont la cloche était placée dans le pignon de droite du portail, et pouvait être manœuvrée par le guetteur. Face à l'entrée de l'enceinte, se situait le corps de logis principal qui avait 60 pieds de long, et comprenait une grande salle basse, garnie de carreaux cuits et de pierres dures, surélevée de 2 étages de chambres ; puis, au-dessus, greniers et galetas. On accédait à ces étages par un vaste escalier de pierre placé au Nord du bâtiment.

Au midi de ce corps principal, se trouvait une construction « plus ancienne » (peut-être conservée de l'ancien hébergement des Boivin ?), De 16 pieds de large sur 22 de long, comprenant un cellier et 3 chambres hautes, avec grenier au-dessus. Enfin, à l'Est de ces bâtiments, un escalier, placé dans une tourelle semi-cylindrique accolée au donjon, donnait accès aux trois étages de la grande Tour, laquelle formait l'angle sud-est de l'enceinte. On voit, les pierres de raccordement de cette tourelle d'escalier, déjà démolie en 1883, accrochées au flanc Nord-Est du donjon

Les 3 pièces circulaires des 3 étages de la grande tour constituaient les pièces d'honneur du château et étaient richement décorées. Le charmant plafond à caissons, en pierres sculptées, tel qu'il existait en 1883, était celui du second étage. Le plafond du 1er étage était également à caissons sur pierres, mais, déjà démoli en 1883, nous ne pouvons en donner, la reproduction; Celui du 3e étage, qui était la chambre des gardes, était formé par de grosses poutrelles en bois peint, et, sur la plate-forme, la tourelle des Archers, autour de laquelle régnait un chemin de ronde crénelé et muni de mâchicoulis. A droite et à gauche du pied du donjon, s'ouvraient les 2 vastes, caves voûtées dont nous avons déjà parlé, et qui faisaient certainement partie du système de défense du château. Dans celle de gauche, aujourd'hui éboulée, un puits intérieur fournissait l'eau potable en cas de siège. Celle de droite, qui subsiste, constitue pour les exploitants actuels de la ferme de Villiers, une cave à vin de premier ordre.

L'ensemble de cette gentilhommière Renaissance, dont les constructions et aménagements avaient coûté aux du Rivau était, comme il se doit, complété par une fuye en pierres dures, d'un fort gracieux.modèle, placée à l'extérieur de l'enceinte,• un peu à gauche du donjon et dont la toiture subsistait encore en 1883. Ce'colombier est aujourd'hui à demi enterré sous les décombres. Disons que, hélas, toutes les sculptures sur pierre qui ornaient encore, en 1883, les restes du manoir des du Rivau-Boivin, notamment oe petit joyau Renaissance que constitue le plafond à caissons du second étage, objet de notre dessin, ont aujourd'hui disparu, démontées pierre par pierre par des amateurs, et transportées ailleurs !

Source
: Bulletin - Amis du vieux Chinon, Tome 4, No 9 – 1944, page 48.
_________________________
Base Mérimée : PA00105771
protection MH 1967/07/26 : inscrit MH Tour de Villiers-Boivin (cad. B 714) : inscription par arrêté du 26 juillet 1967

Localisation.




Cadastre 1898 .






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