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Le Château de Saint Sénoch.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Jeu 21 Sep - 13:07 (2017)    Sujet du message: Le Château de Saint Sénoch. Répondre en citant

Le Château de Saint Sénoch.
Varennes.


Aussi bizarre que cela puisse paraître, le château de Saint-Senoch est en effet situé sur le territoire de la commune de Varennes. Jadis les deux seigneuries qui appartinrent d'ailleurs un certain temps à différents membres de la même famille étaient très proches l'une de l'autre comme le prouvent encore aujourd'hui les ruines de l'église de Saint-Senoch à 750 mètres à vol d'oiseau de celle de Varennes. (Église et bourg de Saint-Sénoch (Ruines)


 

Un ancien plan de 1740, permet de situer approximativement l'ancien château qui devait être à la place de la ferme actuelle, portant le nom de Basse-Cour. Dans la seconde moitié du XVIII"siècle, on le remplaça par une élégante construction dans le goût du temps, située plus à l'Ouest dans le vaste parc. Sa façade méridionale, avec ses chaînages à refends, présente au centre un avant-corps en légère saillie, surmonté d'un oculus et aux extrémités deux pavillons à fronton courbe. Au-dessus de la porte d'entrée, ouvrant sur un perron de quelques marches, la fenêtre est munie d'un balcon en fer forgé de l'époque Louis XVI avec les initiales HDS : Haincque de Saint-Senoch. Le toit à la Mansarde est percé de lucarnes en bois. Bien que les huisseries soient d'origine, presque tous les petits bois ont été supprimés pour permettre de poser de grandes vitres. Un jour prochain, sans doute, elles reprendront leur aspect d'autrefois. La façade opposée a sensiblement la même apparence, mais le fronton central est meublé de deux écussons bombés, destinés probablement à recevoir des armoiries, et aucun fronton n'existe aux ailes.

Les boiseries de chêne des deux salons sont d'époque, ainsi que toutes les fermetures des fenêtres et des portes. Un grand nombre de pièces au rez-de-chaussée et à l'étage ont conservé leur cheminée Louis XVI avec un trumeau surmonté d'un motif décoratif variant à chaque fois. La cave n'est pas la partie la moins intéressante du logis. S'étendant sous tout l'édifice, elle forme à l'Ouest trois caveaux voûtés parallèles et à l'Est une belle salle de deux travées séparées par un doubleau. Toutes communiquent par un long couloir également voûté.

Non moins remarquables dans cet ensemble, sont les communs formant deux enclos de part et d'autre de la cour d'honneur. Ils comportent des bâtiments mansardés placés avec un grand souci de la symétrie. L'un d'eux est actuellement transformé en une vaste bibliothèque. En perçant les murs à l'opposé des entrées de chaque cour, on a déterminé une allée transversale d'environ trois cents mètres de long donnant accès à des salons de verdure. Tandis qu'au sud, une allée perpendiculaire de plus de deux kilomètres va se perdre là-bas, dans les lointains vers le Pré Brouillard, au Nord un grand tapis vert où l'on projette de reconstituer le jardin à la Française, descend en pente douce vers la route de Saint-Senoch qui longe la propriété. Dans son dictionnaire de l'arrondissement de Loches, Dufour rapporte que lorsqu'on a creusé la pièce d'eau qui termine le jardin du château actuel on a trouvé du « pavé en marqueterie» (sans doute de la mosaïque) et « d'autres ouvrages qui annonçaient une habitation romaine », ce qui prouverait l'ancienneté de l'occupation du site.

 

Si nous ignorons la date exacte de la construction de l'édifice, il est possible d'en déterminer l'époque avec assez de précision. Dans son mémoire où il sollicite l'honneur d'être admis à l'Académie royale d'architecture, Couture l'aîné qui cite parmi ses oeuvres le château de la Moustière et celui de Saint-Senoch, se dit « premier élève de feu monsieur Le Carpentier, architecte du roi ». Or celui-ci mourut en 1773. On peut donc admettre qu'à cette date le château de Saint-Senoch était construit, peut-être depuis plusieurs années, ou allait l'être dans les années qui suivirent. D'autre Alexandre-Bernard part Haincque ne dut devenir seigneur de Saint Senoch qu'à la mort de son père survenue le 20 février 1756. Il est donc possible de situer la construction du château actuel entre 1756 et 1780.

Il était donc achevé lorsque la Révolution éclata. Alexandre-Bernard Haincque, quittant Paris et ses dangers dès le 15 décembre 1792, vient tout naturellement chercher refuge à Saint-Senoch; mais délaissant le château tout neuf, sans doute trop compromettant, il vient habiter avec sa femme Marie-Louise Véron dans une autre petite maison lui appartenant. Le 2 mai 1793, la municipalité le considérant comme suspect, décide de le désarmer. La garde nationale se rendant à son domicile n'y trouva que deux fusils, dont l'un était à deux coups. Alexandre-Bernard Haincque mourut le 4 brumaire an VII à Varennes, sans laisser de postérité. C'est l'une de ses soeurs, Jeanne-Angélique, épouse de Jean Guesnard, qui sous bénéfice d'inventaire et en raison des renonciations des autres soeurs ou de leurs ayants droit, fut déclarée seule héritière. Elle vendit presque aussitôt à son lointain cousin, celui-ci Pierre-Marie Haincque, ancien magistrat et procureur du roi à Loches avait épousé Félicité Nolleau. Pourtant Pierre Haincque ne garda le château de Saint-Senoch que peu de temps, puisque le 28 mai 1809, il le céda en l'étude de Me Gallicher, notaire à Beaulieu. La veuve de ce dernier, remariée à M. Ducasse, le vendit à son tour le 5 juillet 1831 pour 287200 francs à à M. Luce Parfait Victor, ancien receveur général d'Indre-et-Loire. Son fils Jules, en s'alliant avec Louise Florine Foisy de Trémont, obtint l'autorisation d'ajouter à son nom, celui de son épouse.

 

Avant le décès de Mme Luce de Trémont, née Elisabeth-Mélanie Fournier de Boisayrault d'Oiron, survenu le 28 février 1881 à Varennes, le domaine qui comprenait encore 3 500 hectares avait été partagé entre les enfants le 3 mai 1876. Amédée Luce de Trémont eut six fermes avec le château qu'il vendit le 28 septembre1920. L'acquéreur ne le garda que deux ans; revendu en 1922, il le fut à nouveau le 26 juillet 1930, où il fut acquis par le fils du professeur Robin, de la faculté de médecine de Paris. Une nouvelle mutation intervint le 11 juin 1951 qui donna le château à ses propriétaires actuels. M. et Mme Planiol ont réussi avec amour et patience à lui redonner son aspect d'autrefois et à en faire une des plus belles résidences du Lochois. Un arrêté du 2 février 1963 a inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques les façades et toitures du château et des communs. Disparue en janvier 2014, le professeur Thérèse Planiol, le château est mis en vente. En 2016, le château et le parc de 12 hectares sont vendu, le mobilier est mise au enchère en Mars de la même année.

Le domaine propose actuellement des chambres d’hôtes et une salle de réception.

Source : André Montoux T2 P211
Bulletin SAT 1975
_________________________
Base Mérimée : PA00098270
Protection MH 1963/02/02 : inscrit MH : Façades et toitures du château ; sol de la cour d'honneur ; les façades et les toitures des communs situés à l'Est et à l'Ouest de cette cour (cad. B 96) : inscription par arrêté du 2 février 1963
Historique. Le château a remplacé un édifice primitif. Elevé d'un étage et d'un comble sur rez-de-chaussée, il comprend un pavillon central et deux ailes dont les travées terminales sont, à la façade sud, en saillie sur les deux travées précédentes et surmontées d'un fronton courbe au tympan sculpté. A l'est et à l'ouest, une cour de servitudes est encadrée de chaque côté par deux bâtiments de communs aux axes parallèles à ceux du château. A l'intérieur, toutes les pièces du château sont ornées de boiseries d'époque Louis XVI.

Localisation.



 

Cadastre 1832.





 

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MessagePosté le: Jeu 21 Sep - 13:07 (2017)    Sujet du message: Publicité

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