Touraine Insolite Index du Forum

Touraine Insolite
Mystères & Etranges


Le Château De Basse.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Touraine Insolite Index du Forum -> La Touraine -> Vestiges & Patrimoines disparus.
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Mikerynos
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 26 Fév 2008
Messages: 4 815
Localisation: Tours
Masculin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Mer 1 Nov - 12:44 (2017)    Sujet du message: Le Château De Basse. Répondre en citant

Le Château De Basse.
Chinon.


Basse ou Baffes, cet ancien fief relevant de Cravant les coteaux était mentionné dès 1281. En suivant la route de Chinon à Cravant, après avoir traversé le hameau des Loges, on atteint le ruisseau de Basse, au débouché de sa petite vallée dans celle de la Vienne. A l'est se dresse le coteau de Malvau, à l'ouest, celui de Basse, sur lequel s'élevait autrefois la maison seigneuriale du même nom. On accède à l'emplacement de l'ancien manoir, aujourd'hui totalement disparu, par le chemin tendant des Loges au carrefour du Puits-des-Truies. A peu de distance de ce carrefour, à droite de la route de Grandmont, un chemin d'exploitation, qui n'est autre que l'ancienne allée du château, conduit à l'entrée principale.


Le portail, orienté au nord, avait conservé presque intact son caractère d'autrefois jusque vers la fin du XIXe siècle, époque à laquelle il fut découronné de son arc en plein cintre à clef armoriée. Franchissons-le, en regrettant sa récente mutilation, et pénétrons dans ce qui fut l'enceinte du château. Quelques anciens titres permettent de reconstituer, au moins dans ses grandes lignes, la disposition des lieux. La maison de maître était précédée, au nord, d'une avant-cour, d'une cour, d'une basse cour, avec grange, remises, écuries, caves en roc et autres servitudes. Le château, situé au sud-est de la grande cour, se composait d'un corps de logis orienté à l'est, terminé par deux pignons, l'un au nord, l'autre au sud, avec tourelles et tour d'escalier. A l'intérieur, il comprenait: au rez-de-chaussée, une salle, un salon de compagnie, cuisine, chambre à coucher, cabinets et offices, bûcher, boulangerie et buanderie. Au premier étage, plusieurs chambres à feu, leurs cabinets, garde, robe, corridor, escalier et grenier sur le tout. Cette construction, qui sans doute en avait remplacé une autre plus ancienne, datait vraisemblablement du XVe siècle. Au midi et au levant, s'étageaient cinq terrasses, la première ombragée d'une promenade de tilleuls et flanquée de deux tours, dans l'une desquelles se trouvait la chapelle et, dans l'autre, « un optique ». Une garenne, un ermitage, plusieurs clos de vigne produisant un vin « breton » réputé, trois petites maisons proche la garenne pour loger les closiers, un bas-jardin s'étendant jusqu'au-delà du ruisseau, avec verger, vivier, oseraie et maison d'habitation pour le jardinier, complétaient l'entourage immédiat de la demeure seigneuriale.


Les dépendances en étaient considérables : elles comprenaient les domaines tout proches de Givré et de la Chabossière, de vastes étendues de terres labourables et de prairies dans la vallée de la Vienne, le tout situé sur la paroisse de Saint-Mexme les-Champs, avec extension sur celle de Cravant; et enfin la métairie de la Procurerie, paroisse de Saint-Benoist-du-Lac-Mort, non loin du prieuré de Grandmont. Du château et de ses terrasses, la vue s'étendait au loin sur l'un des plus beaux panoramas de la région et l'on conçoit aisément que ce lieu pittoresque et escarpé, déjà fortifié par la nature, ait été d'un puissant attrait pour le seigneur féodal qui vint y jeter les fondements du manoir primitif.

Quel fut ce seigneur et quelle était l'importance de son caslel ? On ne saurait le dire, aucun document n'éclairant ces origines lointaines voilées par la nuit du temps. Il paraît toutefois certain que cette terre, qui relevait à foi et hommage de la châtellenie de Cravant, devint d'assez bonne heure un des fiefs les plus importants de la contrée. D'après Carré de Busserolle, son plus ancien seigneur connu serait Pierre de Basse, chevalier, vivant en 1281, sur lequel nous ne possédons aucun autre renseignement. Ce même auteur donne ensuite, comme seigneurs de Basse aux XVIe et XVe siècles, les Le Roy de Chavigny qui, en réalité, furent seigneurs de Basses, en Loudunais et non de Basse, près Chinon. Cette confusion, due à la similitude des noms, méritait d'être signalée, dans l'intérêt de la vérité historique.

C'est seulement vers la fin du XVe siècle que l'histoire de Basse se précise. A cette époque, ce fief appartient à Louis de Prez (alias, des Prez), mort au début du XVIe siècle, avant 1521, peut-être même avant 1513. Sur le Rôle de la taille triennale de Chinon, établi le 6 juillet 1521, figure en effet la veuve de Louis Deprez, dame de Basse. Le rapprochement des dates laisse supposer que la veuve Louis Deprez s'identifie avec Marie de Reffou, propriétaire du fief en 1513, et que Guillaume de Prez, seigneur de Basse et de Chabossière en 1554, était son fils et successeur. Le domaine cesse d'appartenir aux de Prez dans la seconde moitié du XVIe siècle, pour passer aux mains de Louis Le Boucher, écuyer, ancien secrétaire de Madame Marguerite de France, duchesse de Savoie et de Berry...

Aux environs de 1810, le château appartient à Marie-Anne-Adélaïde Turgot, épousedivorcée de Jean-Antoine Costard, comte de Saint-Léger. Installée dans son château de Basse avec une nombreuse domesticité, la comtesse Turgot se plaît à y revivre la grande vie seigneuriale d'autrefois. Les bâtiments sont restaurés, les appartements reçoivent un riche mobilier, les jardins, remis en état, sont soigneusement entretenus. La noble châtelaine donne de brillantes réceptions et ses lourdes calèches, attelées de vigoureux percherons, avec cochers et laquais en livrées de l'époque Louis XVI, portant tricornes et perruques, parcourent presque journellement les mauvais chemins conduisant à Chinon ou à quelque château voisin. En 1824, parvenue à un âge avancé, peut-être aussi en raison d'embarras financiers résultant de trop fastueuses dépenses, la dame Turgot décide de se retirer à Paris et procède à la vente au détail du domaine.


C'est le morcellement, l'ultime dépècement, pourrait-on dire, de la belle terre de Rasse. C'est aussi l'arrêt de mort du vieux manoir, son implacable propriétaire, qui l'avait restauré et embelli par pure fantaisie égoïste, en ayant décrété la démolition totale « afin que personne ne l'habitât après elle » Par acte du 12 février 1825, devant M. Félix Bernier, notaire à Chinon, « l'emplacement et le fonds du château de Basse, cour, avant-cour, terrasses, etc. » sont vendus à Joseph Jacquelin (1) maçon, et à Madeleine Guérinet son épouse, sous la réserve expresse par la venderesse « de tous les matériaux à provenir de la démolition du château » Bientôt, il ne reste de la maison seigneuriale que ce que nous voyons encore aujourd'hui : les soubassements des tours qui flanquaient la première terrasse, des vestiges de fondations, de grands murs de clôture n'ayant plus rien à protéger... Seul, du haut de la colline dénudée,, le délicieux panorama de la valléen de la Vienne, reposant et consolateur, subsiste dans sa beauté... En 1837 des vestiges étaient encore visibles.

(1) Joseph Jacquelin,né et baptiséà Chinon (Saint-Etienne), le 1ermars 1771, marié à Chinon le ventôse,an VI, à Marie-MadeleineGuérinet, Successivement qualifié : tailleur De pierre (1797),maçon (1804) garde champêtre (1808),marchand fripier (1823), enfin, propriétaire, lors de son décès survenu à Basse, le 13 février 1855,il fut surtout un grand démolisseur. On le voit notamment, vers la même époque,contribuer pour unelarge part à la ruine du château de Chinon

Source : Bulletin - Amis du vieux Chinon. 1920-1921/06/30.- Docteur E. FAUCILLON
_________________________
Basse. Cne de Chinon. Villa quae dicitur Bosza, Xe s. ; Alodum de villa Baxiaco, 1007 (Dom Martène, Histoire de Marmoutier, t. I, donation d’Hugues de Châteaudun) ; Apud Baces, XIVe s. (Cartulaire de l’archevêché de Tours, t. 2, p. 224, charte 287) ; Basses, 1513 ; Basse Givray, XVIIe s. (A.D. 37-E 146) ; Basse, XVIIIe s. (Carte de Cassini) ; Bâsse, 1837 (Cadastre) ; Bâsse, 1967 (Cadastre). Chapelle. Fief.

Localisation.




Cadastre 1837.









_________________
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mer 1 Nov - 12:44 (2017)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Touraine Insolite Index du Forum -> La Touraine -> Vestiges & Patrimoines disparus. Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com