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Le Manoir La Goguerie.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Lun 26 Fév - 09:14 (2018)    Sujet du message: Le Manoir La Goguerie. Répondre en citant

Le Manoir La Goguerie.
Charentilly.


Ancien fief relevant du château de Tours, le premier chateau est bâti vers 1659 par Charles Cherbonnier, ancien échevin de Tours, l’édifice fut reconstruit vers 1773. Le manoir actuel a été édifié vers 1870, ancien château du Plessis « consistant dans un grand bâtiment aux côtés duquel sont deux ailes parallèles, une grand’cour, une chapelle, un logement pour le jardinier... » dont il ne reste actuellement que quelques vestiges.


Ce domaine appartenait en 1557 à Robin Fichepain, maire de Tours, puis en 1572 à Adam de Longuemort, valet de chambre du roi, et en 1604 à Thomas Bonneau, seigneur du Garsois, lui aussi maire de Tours. En 1659, à Charles Cherbonnier, en 1677 à N. Coudreau et en 1700 à Marie-Marguerite Quentin de Vau. Le domaine devient ensuite la propriété de de N. Boucher de Saint-Sauveur, lieutenant particulier des eaux et forêts de Tours en 1750 qui le vendit en 1766 à Claude le Bas du Plessis, chevalier et ancien garde des rôles et offices de France. Marie-Angélique d’Amboise, veuve de ce dernier, mourut à La Goguerie le 17 septembre 1785. Claude le Bas du Plessis, vendit le château par acte du 17 janvier 1787 à Marie-Louise Jacquette de Robien, chamoinesse-comtesse de l ‘Argentière. Ce fief passa ensuite au main de N. de Riquetti de Mirabeau qui fut vendu nationalement :

Adélaïde de Robien (1756-1814), fille de la noblesse bretonne. Après le décès de son père en mars 1784 et sa soeur étant décédée, Adélaïde devient fort riche, elle hérite du domaine de La Goguerie. Elle épouse Boniface de Mirabeau (1754-1792) le 9 Juillet 1788. La cérémonie de mariage a lieu dans la chapelle du domaine de la Goguerie à Charentilly à 3h du matin. Les vies d’Adélaïde et de Boniface vont être bouleversées par un événement considérable, la Révolution française, au cours de laquelle Boniface va prendre le parti des contre-révolutionnaires. Le 2 juin 1790, Boniface rejoint à Perpignan son régiment en conflit avec la hiérarchie et qui s’est déclaré favorable à la Révolution. Appréhendé, il est mis en prison pendant une semaine, puis il émigre le 3 août 1790 en Allemagne, puis en Suisse. Adélaïde, reconnaissante envers son mari d’avoir défendu, en décembre 1789, la noblesse et les États de Bretagne, vient le rejoindre en Suisse, fin 1790, accompagnée de leur fils âgé de trois ans. En France, la tête de Boniface est mise à prix. Il meurt, écrit le prince de Condé, d’une attaque d’apoplexie après huit jours de fièvre, le 15 septembre 1792 à Fribourg-en-Brisgau en Allemagne à 38 ans.

Adélaïde, dont l’union avec Boniface n’aura duré qu’un peu plus de quatre ans, n’a plus qu’un désir, revenir en France. Mais portée sur la première liste d’émigrés du département d’Indre-et-Loire établie le 8 février 1793 – Charentilly étant son dernier domicile recensé, ne peut revenir en France. Finalement, De retour d’émigration, radiée définitivement de la liste des émigrés le 9 brumaire an X, Adélaïde va vivre en Bretagne auprès de sa famille. Veuve, elle se remarie le 10 floréal an XII avec son cousin germain, le contre-amiral Pierre Dymas Thierry de La Prévalaye. Deux mois après son remariage, Adélaïde devient de nouveau propriétaire de la terre de l’Aubinière à Mettray, par « donation entre vifs », de la part de la famille héritière de l’acquéreur de ce domaine vendu commebien national.

En novembre 1792 et septembre 1793, les meubles et effets de La Goguerie sont mis en vente. Devenu bien national, l’ancien domaine d’Adélaïde va devenir le lieu du déroulement des fêtes révolutionnaires : fête civique de la Fédération (10 août 1793), fête de l’Etre suprême et de l’immortalité de l’âme. Le 22 brumaire an II, la municipalité de Charentilly procède au recensement des objets de fer ; elle « fait à l’instant briser les armoiries de La Goguerie. Nous avons remarqué qu’il y avait deux grandes portes de fer qui sont les fermetures des cours et jardins dudit lieu de La Goguerie. La municipalité a fait briser et mettre en pièces une grande fleur de Lys en fer qui existait sur une des portes […]. Le garde champêtre du même lieu nous a remis le blason portant les armoiries de Mirabeau et son épouse lesquelles seront remises avec le fer »

Le 25 avril 1815, devant Juge, notaire à Tours ,Victor Claude Dymas Riqueti Mirabeau vend la métairie de L’Aubinière, commune de Mettray qui lui appartient de par la succession de sa mère. En janvier 1817, suite à l’ordonnance du roi du 5 décembre 1814 portant sur les biens non vendus des émigrés, la ferme de La Goguerie est restituée à l’unique héritier d’Adélaïde. Le 23 mars 1817, devant le notaire de Beaumont-la-Ronce, il vend par « adjudication le lieu et ferme de la Goguerie avec ses dépendances » Le château de la Goguerie avait été estimé 20.500 livres, il fut adjugée 52.000 livres à deux acquéreurs: François Paumier, sellier à Tours, et Joseph Langlois, contrôleur des postes à Tours.

La ferme de la Goguerie, qui touchait au château forma un deuxième lot de 52,45 arpents, la maison du jardinier, un troisième lot. Le res- tant du domaine fut divisé en cinq ou six lots. Le tout passa aussi à deux acquéreurs de Tours: François-Thomas Coullon, manufacturier de poteries, et Jacques Serée fils, marchand de salines (mareyeur) Ils ne purent payer et furent déclarés en déchéance en l'an VIII ayant
joui de ces biens pendant six ans pour quelques acomptes versés. Le domaine de la Goguerie fut lamentablement morcelé. Les propriétaires actuels de la Goguerie habitent un château construit plus à l'ouest, un beau parc l'isole de la route de
Tours au Mans. La chapelle et le pigeonnier ont disparu. En 2015, le manoir était en vente au prix de 550 000 euros.
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La Goguerie. Cne de Charentilly. La Goguerie, XVIIIe s. (A.D. 37-C 639, G 398) ; Le château de la Goguerie, 5 germinal an 2 (A.D. 37-1 Q 365, P.V. 12, n° 1. Biens Nationaux) ; Le ci devant château de la Goguerie, situé commune de Charentilly, La ferme de la Goguerie, 5 germinal an 2 (A.D. 37-1 Q 365, P.V. 12, n° 2) ; Le lieu et ferme de la Goguerie, situé près le Château de Charantilly, 18 fructidor an 4 (acte Juge-Tours) ; La Goguerie, 1827 (Cadastre) ; Au lieu de la Gaugerie, commune de Charentilly, 1er juin 1829 (acte Delamare-Fondettes) ; Une ferme appelée la Goguerie, située commune de Charentilly, 18 juin 1835 (acte Belle-Tours) ; Une maison située à la Goguerie, commune de Charentilly, 31 juillet 1911 (acte Marmin-Semblançay) ; La Goguerie, 1933 (Cadastre). Fief.

La Chapelle-de-la-Goguerie. Cne de Charentilly. Au château du Plessis ou de la Goguere, appartenant à M. du Plessis ; en bon état ; fondée de 6 messes ; fondée ; expédiée ; accordé ; prolongé jusqu’en 1782 le 20 mai 1780 ; id. jusqu’en 1784 le 16 may 1782, 1775, (A.D. 37-G 14, fol. 12 v°) ; Au château de la Goguerie, appartenant à M. de Mirabeau ; en bon état ; fondée, 1787 (A.D. 37-G 14, fol. 31 r°). Chapelle domestique fondée, desservie au château du Plessis ou de la Goguerie.

Localisation.




Cadastre 1827.


1815






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MessagePosté le: Lun 26 Fév - 09:14 (2018)    Sujet du message: Publicité

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