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Dolmen de la Pierre Levée.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Lun 26 Mar - 22:12 (2018)    Sujet du message: Dolmen de la Pierre Levée. Répondre en citant

Dolmen de la Pierre Levée.
41330 La Chapelle-Vendômoise.


Un inventaire dressé par Jacky Despriée et Claude Leymarios en 1974 recense 89 ouvrages identifiables, dont 16 classés monuments historiques : 42 dolmens, 25 menhirs, 22 polissoirs. Et il précise qu'un nombre à peu près équivalent a disparu au cours du siècle précédent, ce qui fait du Loir-et-Cher un territoire fort bien doté en ce domaine.


Abstract
Monument situé sur le plateau à 70 mètres de la ligne de rupture de pente du coteau dominant la vallée de la Cisse landaise. A l'affleurement : limon avec quelques fragments de calcaire de Beauce. Tous les éléments constitutifs sont en calcaire et meulière de Beauce. Matériaux se trouvant sur place « Dolmen à portique » selon G.cordier, composé d'une chambre rectangulaire de 4,50m x 2,50m recouverte de deux tables de couverture. L'entrée de cette chambre est située à l'Est, et est, en partie, fermée par deux supports de 1,20 x 1,60m et 0,90 x 1,60m, celui-ci très incliné vers le Sud.


LE DOLMEN de la CHAPELLE-VENDOMOISE.
Par G. CORDIER.


Attirant les regards du passant sur la route nationale N° 157, la silhouette du dolmen de la Chapelle-Vendômoise est aussi familière aux Vendômois et aux Blésois que le souvenir des vicissitudes historiques dues à sa situation sur les confins des deux provinces (1). On sait que, menacé de destruction, le mégalithe fut acquis en 1862 par un habitant de Saint-Bohaire, M. Etienne Léon Noël, qui en fit don,, par acte du 25 Septembre 1864, à la Société Archéologique, Scientifique et Littéraire du Vendômois. Son classement intervint peu après, puisqu'il figure à l'Inventaire des Immeubles classés en 1887, sous le nom de la « Pierre Levée » ; il a été également désigné « Table du Diable » et « Pierre Relevée ». Il occupe au Cadastre la parcelle N° 81, section D. A travers l'abondante littérature dont il a fait l'objet, une mention fort ancienne semble être restée peu connue: celle que lui consacre en 1810, dans les Mémoires de l'Académie Celtique, l'archéologue Eloi Johanneau (2), qui le compare à un autre monument remarquable de la vallée de la Loire, l'allée couverte de Saint-Antoine-du-Rocher, près de Tours :

« Je ne puis m empêcher de dire deux mots du rapport frappant de forme et de situation de ce temple avec un monument semblable des environs de Blois. Ce monument, nommé la Table du Diable, situé dans ta commune et au sud de la Chapelle-Vendômoise, dont le nom de Chapelle a sans doute remplacé celui du temple ou d'autel druidique qui en tenait lieu, ainsi que celui de l'église de Saint-Antoine-du-Rocher a remplacé le nom du temple druidique de cette commune ; ce monument, dis-je, a été également bâti par les fées, qui y font entendre toutes les nuits une musique mélodieuse; il est également partagé en deux parties par une pierre transversale, en parvis et sanctuaire ; il est également recouvert de trois tables de pierre : car il paraît que cette division mystérieuse de l'intérieur ne va pas sans cette forme extérieure également mystérieuse... Ce n'est pas dans cette seule ressemblance de forme que consiste le rapport particulier de nos deux monuments, c'est aussi dans celle de leur situation locale. Le temple druidique de Saint-Antoine du-Rocher est situé au bord d'une rivière, près d'un confluent et d'un moulin, à gauche et le long d'un chemin sur un coteau, à trois lieues et au Nord-Ouest de la ville de Tours et de la Loire, sur la limite Nord et sud de deux communes. Le temple druidique de la Chapelle-Vendômoise est également situé sur le bord d'une rivière, près d'un confluent et d'un moulin, à gauche et le long de la route de Blois à Vendôme, à trois lieues au Nord-Ouest de Blois et de la Loire, sur la limite de deux communes et même des deux territoires des comtés de Vendôme et de Blois. Nouvelle confirmation de. l'idée que j'ai émise plus haut que le monument de Saint-Antoine-du-Rocher était un thème céleste... etc.. » Avec sa prolixité romantique, son ambiance de « mystères druidiques » et sa théorie astronomique, cette dissertation est bien de son époque. Et cependant, comme par hasard, elle contient en germe les idées intéressantes à développer aujourd'hui au triple chef de l'architecture du monument, de ses relations géographiques et de sa signification.


Le mégalithe, construit en calcaire de Beauce local, se compose essentiellement d'une grande chambre rectangulaire orientée presque exactement est-ouest, constituée de deux supports de chaque côté, d'un fond et de deux petites dalles transversales réservant une entrée au milieu, le tout recouvert de deux tables. Du côté gauche, les supports mesurent respectivement 1 ni. 80 et 4 m. 20 ; du côté droit, 1 m. 40 et 3 m. 10 ; la dalle formant fond, environ 3 m. La première table, 1res épaisse, atteint 4 m. 70 sur 1 ni. 80, la seconde 4 m. 70 sur 3 m. 20. Les deux petites dalles transversales, de 0 m. 80 de large à gauche et 1 m. 20 à droite, laissent un passage médian de 1 m. au sol, se rétrécissant à 0 m. 30 à hauteur d'homme.


Comme l'a remarqué Beaufils, cette entrée devait être fermée par une autre dalle, aujourd'hui tombée. En l'étal actuel, cette chambre, de 1 m. 60 de hauteur intérieure, est précédée d'un petit support debout (à droite), d'un support' couché (à gauche) et d'une table de 3 m. 40 sur 1 ni. 20 reposant obliquement sur les deux, blocs précédents. La disposition primitive de ces trois éléments ne peut laisser aucun doute. Après Johanneau, qui avait bien observé la division en « parvis » et « sanctuaire », Lannay notait en 1878 : « La cella est précédée à l'est d'une autre cella plus petite, communiquant avec elle au moyen d'une ouverture de 0 m. W lie large laissée entre les supports. Deux pierres et une table de 3 m. 42, de long sur 1 m. 20 de large, formaient cet. espèce de vestibule, mais un des supports s'est renversé, entraînant la table avec lui...

« Le Dictionnaire Archéologique de la Gaule » Beaufils et Florance, reproduisent cette même remarque. Il s'agit là d'un type architectural très spécial, étudié en Anjou par le Dr Gruet, qui l'a désigné « dolmen à portique », en le définissant, ainsi : « Chambre mégalithique quadrangulaire précédée d'une antichambre moins large et moins haute, à dalle de couverture unique. L'auteur proposait le ternie de « portique » pour cette antichambre. La présence de deux supports faisant façade pour fermer l'espace compris entre la chambre et le portique est très caractéristique ; cette disposition se retrouve notamment, d'après notre collègue angevin, sur les monuments de la Forêt à Gennes, de la Bajoulière à Saint-Rémy-la-Varenne, de Corzé et de Pontigné.


Ce genre de mégalithe a connu deux centres d'épanouissement : l'un au sud de la Loire, un peu à l'Ouest de Saumur ; L’autre au Nord du fleuve, aux environs de Beaugé. En dehors de ces deux îlots, on ne peut guère rapprocher de ce type qu'un dolmen vendéen (la Frébouchère, au Bernard), un autre des environs de Loudun (la Pierre Folle de Bournand) et, d'une façon plus hypothétique, deux dolmens du Poitou (Aslonnes et Château-Larcher) un du Puy-de-Dôme (Cournols) et un de la Seine-et Oise (Janville) (4). Mais nulle part ne se retrouve de noyau homogène comparable aux deux centres angevins et, sauf ceux du Bernard et de Bournand, aucun monument ne s'apparente aussi nettement au type « à portique » que celui de la Chapelle-Vendômoise.

A noter au Nord-Est la présence d’un menhir situé dans le « Bois du petit Vilain » et d’un second « Grande Pierre » (classé MH en 1979 - PA00098328) tous les deux situé sur la commune d’Averdon, et entre les deux, la Nécropole de la Grande-Mesle (classé MH en 1975 - PA00098330) l’ensemble est inclus dans la Réserve naturelle nationale des vallées de la Grand-Pierre et Vilain.
_________________________
(1) N'a-t-on pas supposé qu'il fut élevé par Foulques l'Oison, comte de Vendôme, en l'année 1057, pour marquer la limite entre ses provinces et celles de Thibault, comte de Blois, avec lequel il était perpétuellement en discussion à ce sujet !
(2) Eloi Johanneau, qui fut un des fondateurs de « l'Académie Celtique », plus tard Société des Antiquaires de France, est né à Contres (Loir-et-Cher) en 1770. Peut-être est-ce la raison de l'intérêt qu'il porte aux monuments du val de Loire ? (Il cite aussi dans le même mémoire le dolmen de la Pierre de Minuit à Pontlevoy)
_________________________
Base Mérimée : PA00098407
Propriété du département ; propriété d'une association - Protection MH 1889 : classé MH : Dolmen dit La Pierre Levée (cad. D 81) : classement par liste de 1889
Source : Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois (1960) page 51.

Localisation.




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MessagePosté le: Lun 26 Mar - 22:12 (2018)    Sujet du message: Publicité

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