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La « Bête » du gévaudan.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Lun 3 Mar - 16:30 (2008)    Sujet du message: La « Bête » du gévaudan. Répondre en citant

La « Bête » du gévaudan.
(La « Concurrence » du loup)
Synthèse - Mikerynos 2003


A-/L’Hypothèse du Loup.
B-/L’Hypothèse de la Hyène.
A-La hyène tachetée (Crocuta crocuta)
B-La hyène brune (Hyaena brunnea)
C-La hyène rayée (Hyaena hyaena)
D-Le Protèle (Proteles cirstatus)
C/-L’Hypothède du loup de Tasmanie.
D/-L’Hypothèse de l’Hémicyon.
E/-L’Hypothèse de l’homme.
F/-L’Hypothèse du chien. Page 20
G-/L’Hypothèse d’autres animaux.
 


Introduction.

Plusieurs auteurs (sans parler d’Alphonse Boudard) dont Gérard Ménatory, spécialiste incontesté des loups, font valoir à juste titre qu’il n’a jamais été question du « Loup du Gévaudan » puisque tous ceux qui connaissaient bien les loups, et ils étaient nombreux à l’époque, savaient parfaitement qu’il ne s’agissait nullement de cet animal.
L’hypothèse d’un autre animal a été plusieurs fois émise: hyène, lynx, ours, panthère et même singe ou bête fabuleuse résultant du croisement de plusieurs de ces animaux qui se seraient échappés d’un cirque de Mende. Mais on ne retrouve nulle trace de ce cirque et moins encore de ces animaux . «Il existe une querelle entre ethologues et historiens, entre spécialistes et généralistes, entre lycophiles et chasseurs, entre « étrangers » et Gévaudannais ».
Ce qui ne simplifie pas les choses. De plus, bon nombre de chercheurs se bloquent définitivement sur une hypothèse : soit le loup, soit plusieurs loups, soit la bête mystérieuse, soit le chien (ou les chiens dressés), soit le sadique (ou les sadiques) utilisant soit une bête mystèrieuse, soit un chien dressé, soit plusieurs chiens dressés, soit un hybride entre chien et loup soit plusieurs hybrides, soit une hyène.

A-/L’Hypothèse du Loup.
Il existe chez le loup quelque chose de la nature à l’état pur. Le loup est l’animal sauvage par excellence. Farouches et secrets, les loups sont de véritables prédateurs mais pas pour l’homme.

Origines du loup
Le loup fait partie de la grande famille des caniformes qui regroupent également les canidés, les ours et les phoques. Apparus à l’eocène en Amérique du Nord, les premiers ancêtres du loup ne pesaient pas plus de 3 kg. Hesperocyon gregorius (Ci-contre)était un chasseur habile et gracile.Leptocyon va jouer un rôle prédominant dans l’évolution de cette famille. C’est le premier ancêtre de la lignée du chien qui remonte à près de 25 Ma.
Certains de ses descendants quitteront l’Amérique du Nord, il y a 5 Ma, et partiront conquérir d’autres continents. Canis Dirus « chien terrible » était un grand loup qui vivait au Pléistocène.On a retrouvé 1 600 fossiles conservés dans les fosses à goudron en Californie.On suppose qu’ils devaient être attirés par les animaux qui s’enlisaient et se trouvaient eux-mêmes pris au piège. Ce loup avait un crâne plus volumineux que celui de nos loups actuels, des dents plus puissantes et des pattes plus courtes.Il mesurait 2 m de long et vivait certainement en meute.

Le loup actuel : Canis Lupus. Le Loup Gris
Les loups vivent en meute de 7 à 12 individus et entretiennent des liens sociaux très étroits. Dirigée par un couple dominant, la meute suit son chef. Ce couple est uni pour la vie ; seul le couple dominant peut se reproduire. Cette limitation volontaire permet à la meute de pouvoir nourrir les petits.
Les mensurations du loup sont variables. Un mâle dominant peut peser jusqu’à 80 kg
Le pelage peut être gris, noir ou presque blanc.Hurler est un moyen de montrer l’unité du groupe et de toujours garder le contact. Le loup a un sens de la territorialité très poussé et tout intrus est tué sans pitié. Des guerres territoriales peuvent s’engager entre meutes rivales.Contrairement à ce que l'on croit souvent, le loup n'est pas un nomade. Chaque meute possède son territoire.

De vrais prédateurs
Le loup n’hésite pas à attaquer des proies dix fois plus grosses que lui comme l’élan ou le bœuf. Ils chassent toujours en meute, harcelant et encerclant la proie jusqu’à la mise à mort.Mais un loup ne tue que quand il a faim car chaque chasse demande à la meute beaucoup d'énergie. Le travail se fait en équipe, coordonné par le chef de meute.On a constaté que les loups ne tuaient pas au hasard. Ils choisissent des animaux âgés ou affaiblis. Un loup adulte peut engloutir 10 kg de viande en un seul repas. Sa mâchoire peut exercer une pression de plus de 15 kg/cm². C'est également un bon coureur qui peut atteindre la vitesse de pointe de 60 km/h.

Reproduction : Une union parfaite
Le couple dominant se montre particulièrement affectueux avant de s’accoupler. Ce couple se forme pour la vie et mène une entente parfaite.Après deux mois de gestation, 4 à 5 petits en moyenne de 500 g viennent au monde. Les jeunes sont sourds et aveugles à la naissance. Leur mère les allaite pendant 1 mois 1/2. Le père est aussi attentif auprès de ses petits que la mère. Les membres de la meute adorent s’occuper de la progéniture du couple. Les jeux font partie de l’apprentissage des louveteaux.

Le loup et l’homme
Haïs par les pionniers et les éleveurs, les loups sont devenus des ennemis à abattre en 1900. Il a été exterminé dans tout l’Ouest américain mais également en Europe.
Confiné au Canada, en Alaska et au Groenland, le loup n’a été réhabilité en Amérique du Nord qu’en 1970. Mais les éleveurs se sont opposés à leur réintroduction. Il a fallu attendre 1995 pour qu’une loi autorise sa réintroduction dans le parc de Yellowstone dans l’Ouest américain. On compte actuellement environ 200 000 loups à travers le monde.

Conclusion.
Officiellement le loup est la « Bête », mais lorsque l’on recherche un peu plus, cette hypothèse ne tient plus. D’ailleurs la plupart des témoins de l’époque non pas reconnu un loup dans leurs descrïptions de la bête, et pour cause…
Comme dans de nombreuses régions de France, à cette époque, le loup à servi de « bouc-émissaire » et puis massacré sans scrupule par l’homme.

B-/L’Hypothèse de la Hyène.
Prédateur à la silhouette ingrate et au ricanement glaçant, l’hyène n’attire vraiment pas la sympathie. Pourtant, son rôle est important dans l’équilibre de la savane africaine. Les hyènes comme la hyène tachetée ou la hyène rayée ont pour mission de nettoyer l’environnement des cadavres. Sans de tels charognards, les épidémies se propageraient. L’hyène fait partie de la famille des hyénidés.

Il existe 4 espèces d’hyènes:
A-La hyène tachetée (Crocuta crocuta)
B-La Hyène brune (Hyaena brunnea)
C-La hyène rayée (Hyaena hyaena)
D-Le Protèle (Proteles cirstatus)
A-/La hyène tachetée (Crocuta crocuta)

C’est la hyène la plus imposante avec ses 80 kilos. Elle vit au cœur de la savane africaine en groupes d’une dizaine d’individus.
Son pelage est jaunâtre marqué par des tâches brunes.
Longtemps considéré comme un charognard peureux, on sait aujourd'hui que c'est un prédateur puissant et téméraire. Elle est capable de poursuivre sa proie à 60 km/h pendant plus de 3 km. C'est un animal très mobile qui parcourt de longues distances, jusqu'à 70 km en une nuit. Son opportunisme est poussé à l'excès d'où sa grande adaptabilité. Elle peut parfaitement se nourrir seule un jour, puis chasser avec d'autres congénères le lendemain ou harceler avec un clan au complet des lions en train de manger. Les hyènes tachetées aiment se rafraîchir dans l'eau. On peut souvent les observer en train de se baigner par de chaudes journées d'été.
une hyène tachetée peut vivre jusqu'à 40 ans.

La hyène tachetée : un prédateur puissant
Il ne faut pas croire que ce carnassier se contente de charognes. C’est en réalité l’un des plus puissants prédateurs de la savane. Elles lancent, en groupe, des chasses d’une incroyable cruauté. Elles peuvent poursuivre leur proie sur de très longues distances. Ne pouvant pas terrasser une grosse proie comme un zèbre ou un gnou d’un seul coup, elles harcèlent la victime et le mutilent. L’animal meut d’hémorragie suite aux plaies béantes infligées par la horde.
Ses mâchoires surpuissantes constituent l’arme maîtresse de ce prédateur. Elle est capable de broyer pratiquement tous les os. La hyène tachetée a une puissance de 3 tonnes dans la mâchoire au cm².
De plus, son appareil digestif peut tout assimiler. Elle possède une excellente vue, y compris la nuit ainsi qu’un fort odorat.
Sa technique de chasse est simple, elle attend la nuit pour attaquer en groupe les gazelles, antilopes ou les gnous qui se reposent. La coopération entre les différents membres du groupe est très efficace. Chaque hyène est capable d’ingurgiter 10 à 20 kg de viande à chaque repas. Des proies de 150 kg sont ainsi déchiquetées en quelques minutes.Mais, il faut souligner qu’en attaquant les animaux les plus faibles ou malades, les hyènes préservent la vigueur des espèces.

Une structure sociale très hiérarchisée
Les hyènes vivent en groupe avec une structure très hiérarchisée. Le clan a deux missions essentielles : la recherche de nourriture et la défense du territoire.
Le clan est dominé par des femelles. Par contre, on ne peut pas parler de coopération de groupes comme il en existe chez les lions par exemple. Les petits ne sont pas élevés en commun sauf chez le Protèle.Les hyènes ne s’aventurent pas au-delà du territoire du clan, délimité par l’odeur de ses occupants. Ces frontières sont parfaitement respectées par les différents clans.
Reproduction Les hyènes sont des parents très attentionnés. Les mères mettent bas dans une tanière commune. Cette tanière est creusée à même le sol et dispose de plusieurs issues afin de se préserver des attaques. La mère surveille de très près sa progéniture. Les portées excèdent rarement 3 jeunes qui sont allaités pendant parfois plus d’un an.
Chez la hyène tachetée, les petits naissent les yeux ouverts. Les mâles quittent le clan natal vers deux ou trois ans et tentent de rejoindre un autre clan.Malgré leur air peu sympathique, le couple entretient des rapports plein de tendresse et les parents s'occupent beaucoup de leurs petits.
A cinq mois, les petits aux abords du terrier commencent à se faire les dents sur les carcasses que les adultes ramènent pour leur usage personnel.
La femelle chez la hyène tachetée est plus imposante que le mâle. Elle possède une particularité assez surprenante.
En effet, la femelle a un clitoris très développé qui ressemble à un pénis. Les femelles produisent autant, si ce n’est plus, de testostérone (hormone mâle) que les mâles et sont plus agressives.

Leur physique les protèges
L’avantage quand on a un physique disgracieux c’est qu’on ne provoque aucune concupiscence. C’est finalement l’atout de la hyène totalement ignorée par l’homme. Elles ne sont donc pas chassées pour leur fourrure ou leur viande.
Cependant, il arrive que la faim oblige certains groupes à attaquer les animaux domestiques. Des expéditions punitives sont alors organisées. A tel point, que dans certaines régions, l’espèce a été totalement exterminée. Le résultat a été la propagation d’épidémies extrêmement virulentes. C’est dans ces cas là où l’on peut vérifier la grande utilité de ces charognards. L'avenir des hyénidés se présente de manière contrastée pour les différentes espèces. La population de hyènes tachetées et de protèles est assez stable. Par contre, la hyène brune et la hyène rayée sont plus menacées. Cependant, il semblerait que la population de hyènes brunes, presque en voie d'extinction, ait augmenté depuis quelques années.

Conclusion.
Une sérieuse concurrente sur la liste des suspects. Le fameux animal empaillé du Muséum d'Histoire Naturelle, brûlé en 1848, portait bien la mention : « Hyène - animal qui dévora une centaine de personnes en Gévaudan »

B/-La Hyène brune (Hyaena brunnea)
La hyène symbolise la mort ou le maléfice dans de nombreuses régions d’Afrique. Pourtant, la hyène brune, avec son pelage noir hirsute et sa collerette blanche est un bel animal.
Sur la côte atlantique de la Namibie, elle porte le surnom de « loup de rivage ». Les hyènes du genre Hyaena comme la hyène brune ou la hyène rayée sont reconnaissables à leurs longs poils. Elles sont plus petites que la hyène tachetée. Menacée d’extinction il y a quelques années, la population des hyènes brunes semble augmenter.

Portrait de la hyène brune
La hyène brune habite principalement les régions sèches, notamment les régions semi désertiques et la savane de l’Afrique australe.
Contrairement à la hyène tachetée, cette hyène est un chasseur médiocre. Elle se nourrit donc surtout de charognes.
Dans le Kalahari, les fruits sauvages constituent une grande partie de son alimentation. C’est un animal omnivore et opportuniste.Son odorat exceptionnel lui permet de détecter des charognes à plusieurs kilomètres. Elle est capable de parcourir de très longues distances pour en dénicher une.C’est un animal solitaire qui n’a pas besoin du groupe pour se nourrir. Elle mesure 80 cm au garrot et pèse environ 40 kg. Elle est plutôt silencieuse et émet des grondements sourds quand elle se bat.

Une vie de rapine
Les hyènes brunes conservent un mode de vie assez sédentaire. Cependant, leur rayon d’action, dans des régions pauvres en proies, peut être d’au moins 200 Km². Elle peut parcourir jusqu’à 60 Km en une nuit. Au cours de ces randonnées, elle mange tout ce qu’elle trouve : petits herbivores ou rongeurs, insectes et reptiles.

Les hyènes brunes rodent également sur les côtes atlantiques de la Namibie à la recherche de cadavres d’otaries et d’oiseaux rejetés par la mer. Cette pratique leur a valu le surnom de « loup des plages ».
La rareté des proies les force à s’approcher des zones urbaines. Le bétail constitue une proie tentante. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles sont tirées à vue. Prévoyante, elle cache sa nourriture quand elle en a trop. Elle camoufle ses butins autour du terrier, sous des buissons.

Une piste odorante
La hyène brune possède une glande anale très développée qu’elle utilise lors de ses randonnées nocturnes.
Elle sécrète une substance blanche sur les herbes puis par dessus une sécrétion noire. Ces substances contiennent des informations pour les autres hyènes brunes.
La substance blanche indique l’identité de l’individu et la noire précise le temps écoulé depuis son passage.
Elle marque ainsi son passage à raison de 2 dépôts environ par kilomètre. Ainsi, chaque hyène brune est renseignée sur les autres membres du clan et les dépôts délimitent les territoires. Les voisins se rencontrent rarement mais si c’est le cas, ils se battent selon un rituel précis.

Vie sociale
La hyène brune vit en petits clans de 12 membres maximum. Charognards solitaires, il arrive cependant que les membres se réunissent autour d’une carcasse.Tous les membres participent à l’alimentation des petits en rapportant de la nourriture au terrier. La reproduction sort de l’ordinaire car les mâles ne s’accouplent pas avec les femelles du clan pour éviter la consanguinité. Les accouplements sont souvent le fait de mâles nomades qui vivent en solitaire. Ils visitent les femelles, uniquement quant elles sont en chaleur.La femelle met bat de 1 à 4 petits après une gestation d’environ 90 jours. Les petits restent 18 mois au terrier et sont allaités pendant plus d’un an. Mais, dès 3 mois, le lait est complété avec de la viande.

Fiche Technique
Nom scientifique: Hyaena brunnea
Ordre: Carnivora (carnivores)
Famille: Hyaenidae (Hyénidés)
Longévité: environ 25 ans
Répartition: Zone aride du sud-ouest et règions sèches de l'Afrique australe

Conclusion.
Une autre concurrente moins sérieuse sur la liste des suspects, pouvant être la « Bête » a condition d’avoir un animal un peu plus gros et surtout meilleur chasseur.

C/-La hyène rayée
Cette hyène est facilement identifiable à sa grande crinière et à son pelage gris-jaune barré de bandes verticales plus sombres. Seule espèce aussi présente en Asie, la hyène rayée est un charognard opportuniste qu'on a souvent aperçu fouillant dans les dépotoirs, aux abords des villes indiennes. La hyène rayée (Hyaena hyaena) ne dépasse pas 40 kg. Elle vit en solitaire dans les régions sèches ou désertiques du Nord et de l’Est de l’Afrique ; en Inde ; Afrique du Nord et orientale.
Elle est surtout nocturne. Le jour, elle se dissimule dans la végétation ou dans une tanière. Elle dispose d’un petit territoire autour de sa tanière.
La constitution plus frêle de cette hyène par rapport à la hyène tachetée a des conséquences importantes sur son mode alimentaire. Ne pouvant venir seule à bout de gros animaux, elle est obligée de se contenter de proies de petites tailles comme des rongeurs, des reptiles ou des oiseaux.Ces sources de pitance sont plus éparpillées et moins faciles d'accès que les grands troupeaux d'ongulés pris pour cible par la hyène tachetée. De ce fait, la recherche de nourriture nécessite de longues randonnées souvent en solitaire.Les poils de la crinière sont érectiles et se dressent en touffe en cas de peur ou d'attaque. Cela lui permet de paraître plus grosse et d'impressionner l'ennemi.La hyène rayée est l'espèce la plus distribuée: du Sénégal au Turkestan, en passant par l'Inde. La reproduction a lieu tout au long de l’année. La femelle met bas un à cinq petits après une gestation de 90 jours environ.

Les hyènes rayées vivent en petits groupes familiaux. Les contacts entre individus sont très importants.

Conclusion.
Une très mauvaise concurrente de la « Bête » à cause de sa frêle constitution et de son caractère assez craintif.

D-/Le protèle
Les hyénidés ont une réputation de charognards mais sont finalement très méconnus. La hyène tachetée est la plus connue. Pourtant, dans cette famille, l’animal le plus surprenant est sans conteste le protèle.
Si son allure générale rappelle celle des autres hyénidés, son régime alimentaire est, lui, unique.
Le protèle : une hyène insectivore
Très craintif, le protèle s’est spécialisé dans un régime alimentaire particulier. Il se nourrit presque exclusivement d’une espèce précise de termites : les trinervitermes.
Les repas sont uniquement nocturnes et le choix n’a pas été fait au hasard. Cette termite a une faible pigmentation du corps ce qui augmente la sensibilité au soleil.
De ce fait, ces insectes ne sortent que la nuit. Lorsqu’elles quittent leur termitière pour aller moissonner aux alentours, les termites forment des colonnes serrées de un mètre de long.
L’ouïe très fine du protèle est capable de détecter ces mouvements et il semble que l’odeur de l’acide formique soit également un moyen de repérage. Les soldats trinervitermes se défendent contre les prédateurs grâce à des fils soyeux de terpènes venimeux, à l'odeur d'aiguilles de pin. Le protèle tolère parfaitement cette arme chimique ce qui démontre sa longue adaptation. A l’aide de sa longue langue mobile, enduite d’une salive gluante, le protèle va laper consciencieusement la colonne d’insectes.

Il est capable ainsi d’en absorber 250 000 par nuit. Sa dentition est adaptée à son régime car les dents jugales sont atrophiées. Les canines, par contre, sont très développées.Quand l’hiver et la saison des pluies s’installent, les trinervitermes réduisent leur activité ; le protèle mange alors d’autres insectes et à l’occasion des œufs ou de petits animaux.
Il devient plus diurne en cette saison. Cependant, il peut perdre jusqu'à un quart de son poids. Malgré son aspect peu engageant, le protèle n’a rien d’un féroce prédateur africain, ni d’un charognard opportuniste. En hiver, il survit en restant inactif et se cache un mètre sous terre. Il économise son énergie en laissant baisser sa température corporelle.

Portrait du protèle
Il est rare de rencontrer un protèle en plein jour. Ces habitudes nocturnes sont liées à deux facteurs. Tout d’abord, il faut savoir qu’en Afrique lors de la saison chaude, l’air ambiant peut atteindre les 45°C et la température au sol jusqu’à 75°C.
On comprend que le protèle préfère se reposer dans un terrier où la température ne dépassera pas les 30°C.Il est plus menu que les autres hyénidés, ne mesurant que 50 cm de haut pour un poids inférieur à 12 kilos. Son nom scientifique est Proteles cristatus. Un couple occupe un territoire de 1 à 4 km². Contrairement aux autres hyènes, le protèle est généralement silencieux. Sous la menace, les cris vont de petits gloussements à un aboiement féroce, en passant par un rugissement étonnamment puissant. Le protèle ne vit que 13 ans en moyenne en captivité, moins en liberté.

Habitat du protèle
Sa spécialisation alimentaire le confine à de petits territoires. Deux populations séparées occupent le continent africain : la population du sud s’étend du Cap occidental, en Afrique du Sud, au sud de la Zambie ; celle du nord, du centre de la Tanzanie à la pointe sud-est de l’Egypte.Il affectionne les plaines découvertes d’herbe ou de broussailles. Il partage une partie de son territoire avec la hyène brune.Autour du domaine d’un protèle, on peut relever des bornes de marquage placées tous les 50 mètres.

En deux heures de temps, un protèle est capable de déposer plus d’une centaine de balises odorantes.Tous les hyénidés partagent ce besoin de délimiter leur domaine vital. Le protèle comme ses parents est doté d’une poche, située à l’entrée du rectum, qui comprend deux glandes. La substance blanchâtre qui est produite est particulièrement odorante.

Vie sociale
Le protèle est monogame. Le couple partage son domaine avec la dernière progéniture. Le territoire est défendu par les deux partenaires.
Le mâle est plus agressif que la femelle surtout pendant la période des amours. Il dort dans un autre terrier et retrouve les siens au coucher du soleil. C'est un père attentionné qui protège ses petits des chacals et autres prédateurs.
La saison de reproduction se situe en juillet. Après une gestation de 90 jours, la femelle met bas 2 à 4 petits sous terre qui émergent au bout de trois semaines.
Le mâle garde les petits pendant que la femelle s’alimente la nuit. Les petits sont sevrés à 4 mois.Les petits sont aveugles à la naissance. Leur mère les allaite mais accepte également de régurgiter des insectes.

L’avenir du protèle
Le protèle comme la hyène tachetée disposent de nombreux atouts de survie.
Au Niger, des charognes empoisonnées à la strychnine ont été placées sur les territoires des hyènes rayées entre 1976 et 1980. Malheureusement, outre les hyènes et de nombreux autres animaux, l’inoffensif protèle a également fait les frais de ce nettoyage par le vide.Les produits anti-criquets sont également des armes meurtrières.
Cependant, bien que rare, sa population reste stable. Nul ne sait ce qu’il deviendra dans les quelques espaces qui resteront en Afrique dédiés au monde animal.

Conclusion.
Une mauvaise concurrente de la « Bête » à cause de sa frêle constitution et surtout le fait qu’elle soit insectivore ne lui confère pas du tout le rôle de « prédateur ». Dommage, son pelage se « prête » bien aux descrïptions de l’époque.
Comme l’on peut sans doute le constater, a part la hyène rayée, il n’y a guère de concurrentes sérieuses de la « bête » dans cette catégorie.
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MessagePosté le: Lun 3 Mar - 16:30 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Mikerynos
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MessagePosté le: Mer 4 Fév - 21:35 (2009)    Sujet du message: La « Bête » du gévaudan. Répondre en citant

Dans le Gévaudan, on n'oublie pas la Bête
Au siècle de Louis XV, pendant trois ans, une Bête étrange sema la terreur en tuant plus de cent personnes sur les hautes terres de la Lozère.

Des battues gigantesques furent organisées. Sa mort n'a pas résolu le mystère de ce prédateur hors norme qui continue de susciter les recherches et les passions. Et qui vient d'inspirer un film.Quand on revient du Pays de la Bête, on revient de loin. La province du Gévaudan a beau n'exister aujourd'hui que dans les manuels d'histoire et être désormais compartimentée en départements créés par la République - la Lozère et la Haute-Loire avec le canton de Saugues - il reste au sein du Massif central, en pays de langue d'oc, une entité géographique qui a des relents celtiques.

Quelque chose dans l'air qui fait penser à notre bonne vieille Gaule couverte de forêts et de loups.Dans ces hauts de Hurlevent qui surplombent le Lot et la Truyère à 1.500 mètres, les hivers sont rudes et pourtant les pèlerins en route vers Saint- Jacques de Compostelle et en provenance du Puy-en-Velay y cheminaient par n'importe quel temps. Il faut dire que dans ces vastes horizons perdus, la vue d'une chapelle ou d'une cheminée qui fume vous procure toujours une joie enfantine. Ainsi ce pays n'est pas que le pays de la Bête, c'est aussi le pays de Dieu!

Hors du temps
Aux mois de janvier et de février, le gel, la neige et la brume sont les compagnons obligés des bêtes et des gens.Il a neigé la semaine dernière dans les hauts plateaux lozériens, et la splendeur austère du paysage plonge l'âme dans une méditation hors du temps et du monde. Oui, pour un peu on se croirait sur le toit du monde. Quoi d'étonnant donc que les seigneurs de Versailles venus ici sur ordre du roi Louis XV pour en finir avec « la Bête dévorante » qui depuis 1764 ensanglantait la région, aient dépeint le lieu comme un véritable Himalaya? Aujourd'hui encore, c'est-à- dire deux siècles et demi après des événements qui continuent d'émouvoir l'opinion comme une énigme non résolue, le Gévaudan garde intact son pouvoir de captation. Le vent glacial qui souffle sur ses hauteurs n'y est pas pour rien. On se sent l'âme résistante, au centre de cette réserve de vie sauvage où se sont installés pas très loin les uns des autres, un élevage de bisons et un élevage de loups en semi- liberté. Mais, au mois de janvier, les seuls loups qu'on peut apercevoir sont ceux empaillés qui figurent en couple dans la vitrine du comité départemental du tourisme à Mende. Il manque à ces bêtes immobiles et muettes ce qui constitue leur plus belle parure: l'éclat vivant de leurs yeux phosphorescents.

Pour Boris Cyrulnik, éthologue de renom, le magnétisme inquiétant de leur regard et de leur hurlement, ont fait beaucoup pour accréditer leur mauvaise réputation. Le mythe de tueur d'hommes leur colle à la peau, et on a mis longtemps sur le compte d'un et de plusieurs loups les cent morts qui, pendant trois ans, sous le règne de Louis XV le Bien-Aimé, ensanglantèrent les hauts-plateaux du Gévaudan. La peur du loup Or, et c'est toujours Boris Cyrulnik qui parle, et dans son sillage un nombre considérable de défenseurs de l'espèce, le loup a une peur panique de l'homme qui le lui rend bien. C'est oublier que les abeilles, les serpents et les cochons tuent infiniment plus que les grands loups. Mais il n'est pas facile de venir au bout d'une légende. Voilà que la passion de la défense des loups rebondit de plus belle avec la résurgence de l'histoire de la Bête du Gévaudan, relancée par le film « Le pacte des loups ». Le renversement de situation date bien sûr de l'époque romantique. Ah! Monsieur de Vigny, si les loups savaient, ils vous éleveraient une statue car votre ode les a aidés à trouver chez les humains un coeur enfin compatissant.

En fait de statues, le Gévaudan a les siennes en l'honneur de la Bête, la Malebête, ainsi qu'on l'appela au Siècle des Lumières. Car elle a bien existé la Bête du Gévaudan, comme il est dit à plaisir dans le musée qui lui consacre quatre étages et 24 tableaux, à Saugues en Haute-Loire, sur la route du Puy- en-Velay, à quelques encablures de ces derniers « exploits » au Mont Mouchet, où elle fut tuée le 19 juin 1767, par Jean Chastel. Comme disaient les colporteurs en ce temps-là, la décrivant « des pieds jusqu'à la tête » porteuse d'un présage de mort, il n'y avait pas au monde une affaire qui puisse être comparée à celle-ci. Ce fut en effet une manière de serial killer particulièrement horrible, dont une bête anthropophage, à l'identité aujourd'hui encore mal définie, a été l'acteur principal.
Des années de plomb

Sur un territoire englobant la moitié nord du Gévaudan et le Sud de l'Auvergne, en un temps où le pays plus peuplé qu'aujourd'hui relevait de famine et de guerre - celle des Camisards - pendant trois étés et trois hivers, faisant fi de toutes les battues dont certaines réunirent jusqu'à 40.000 hommes, une Bête étrange, ressemblant à un loup, mais d'une audace, d'une agressivité et d'une force hors du commun, a fait régner la terreur. De Langogne à Marvejols, du château de la Beaume aux forêts profondes du Mont Mouchet, ce furent, de 1764 à 1767, des années de plomb vécues au son du tocsin. Le pays tout entier cherchait la Bête et ne la trouvait pas, et la France et l'étranger s'émouvaient de cette traque impossible.

Le syndic du diocèse de Mende, Etienne Lafon, avocat au Parlement de Toulouse, demanda le secours des seigneurs du Vivarais, de la troupe, le retour des dragons qui n'avaient pourtant pas laissé sur ses terres redevenues catholiques à la force de la baïonnette, un très bon souvenir. Mais il fallait faire front contre l'ennemi commun, qui tantôt attaquait à ciel ouvert, tantôt par surprise la nuit et dévorait femmes, enfants, friand de chair humaine, et jamais de chair animale. Les autorités écclésiastiques y perdaient le latin, pas pour longtemps, car en chaire la Bête fut représentée comme une manifestation de la colère de Dieu, ce qui accrédita le caractère surnaturel de l'animal. Comment était-elle cette Bête prise de folie meurtrière qui, en trois ans et d'après Michel Louis qui lui a consacré de nombreuses recherches (lire interview), se livra à 250 attaques, provoqua près de 130 morts et 70 blessés et dont certaines attaques furent victorieusement repoussées, grâce au courage des bêtes - vaches et chiens - et des gens. Au total 28 personnes rescapées qui ont pu faire des descriptions qui se recoupent.

Ils la décrivent comme aussi intelligente que l'homme, d'une audace dépassant l'imagination. Tête noire, queue longue et fournie, oreilles courtes et droites, pelage roux, gorge et ventre blanc, une bande noire sur le dos... Quoique le cadavre de la deuxième bête tuée au mont Mouchet et qui mit fin à la série tragique ne comportait pas cette bande noire...

Des croyances vieilles comme le monde
Une chose est sûre: ce n'est pas un loup ordinaire. Il ne touche pas à la viande empoisonnée qu'on lui laisse, les balles semblent ne pas l'atteindre, il tranche la tête de ses victimes, les dénude. Aujourd'hui en l'an 2001, dans le pays profond on n'aime pas parler de la Bête. Elle continue à diviser les opinions. La rumeur impute à compte d'homme certains de ces meurtres qui peuvent passer pour sadiques... Un seigneur dans le style de Gilles de Rais en mal de sensations aurait mêlé ses crimes à ceux de la Bête. Les historiens, les chercheurs, les éthologues continuent de fouiller les documents. Le romanesque s'est emparé de la Bête. La sorcellerie aussi. Le musée de Saugues n'élude aucune des versions de ce mystère qui suscite passion et horreur, tous les ingrédients en somme d'une épopée qui s'est déroulée en marge de la grande Histoire et qui met en jeu des croyances vieilles comme le monde.

Le musée fantastique de Saugues
Le musée fantastique de la Bête du Gévaudan à Saugues, en Haute-Loire, sur la route du Puy-en-Velay, est situé en face de « la tour des Anglais » un chef-d'oeuvre de l'architecture militaire classé monument historique et qui domine la ville. Le musée géré et créé par l'association Macbet propose un parcours au milieu de 22 scènes inspirées de l'authentique histoire de la Bête. Visite du 15 juin au 30 septembre et en dehors de cette saison visite à la demande. Tél/Fax 04.71.77.64.22. A Auvers et à Besseyre- Saint-Mary. Une association privée, « Au pays de la bête du Gévaudan » est depuis 1982 à l'origine de la création d'une statue et d'une stèle. La statue est à Auvers, siège de l'association, et représente un épisode qui s'est réellement passé à Paulhac, tout proche, où la bonne du curé a mis en fuite la Bête. Le deuxième monument est une stèle érigée à La Besseyre-Saint-Mary, à la mémoire de Jean Chastel, le tueur de la Bête.

« La Bête était dressée pour tuer »
Michel Louis dirige un parc zoologique à Anneville, dans la Moselle, aux portes de Metz, qui compte des loups canadiens et européens. « Les animaux sauvages ont suscité chez moi une passion précoce, une véritable vocation: dès l'école maternelle, les grands fauves occupaient tous mes rêves. »
D'où son intérêt pour « La Bête du Gévaudan » à laquelle il a consacré un livre paru chez Perrin en 1992 (réédité depuis) qui ne laisse aucun doute sur ses positions: « L'innocence des loups ». Ce livre comporte deux parties bien distinctes, la première est une relation historique et passionnante des événements, la seconde donne la version et les déductions de Michel Louis sur une énigme qui continue de diviser les chercheurs.

LA DEPECHE DU DIMANCHE.- Comment avez- vous procédé dans vos recherches?

MICHEL LOUIS.- J'ai lu tout ce qui a paru, livres et revues, sur la « bête » et sur les loups. Il n'y a pas moins d'une trentaine de livres et autant de thèses. J'accorde beaucoup de crédit aux ouvrages de Gérard Ménatory qui a étudié les loups aux quatre coins du monde et qui a ouvert le parc de Sainte- Lucie près de Marvejols. Et je considère aussi qu'Alain Decaux dans un essai qui parut dans « Historia » en 1978 (1) laisse une porte ouverte à la vérité. Par ailleurs j'ai consulté les documents de l'époque, les procès-verbaux des attaques qui se sont déroulées sur trois ans et qui sont disponibles dans les archives départementales, à la Bibliothèque nationale à Paris. Enfin, j'ai fait aussi de fréquents voyages sur le terrain.

DDD.- Vous replacez les « meurtres » de la Bête dans leur contexte historique.

ML.- Le Gévaudan de cette époque-là c'est une petite Vendée. Dans ces contrées reculées et sauvages qui ont été récupérées par les catholiques, on reste fidèle au Roi. L'esprit révolutionnaire des Lumières, c'est bon pour les salons des lettrés parisiens. La paysannerie du Gévaudan n'est pas tentée par la jacquerie. Il y a plutôt une tradition de sorcellerie qui présente un miroir déformant aux crimes bien réels. Le pays était trois, quatre fois plus peuplé qu'aujourd'hui. Il ne faut pas croire que la Lozère c'est la misère. Le paysage est rude, mais magnifique et il y a dans ces contrées une familiarité de très longue date avec la vie sauvage.

DDD.-
Votre livre est un ardent plaidoyer pour « l'innocence des loups ».

M. L.- Oui, je suis toujours scandalisé quand j'entends des responsables d'institutions parler des loups avec une méconnaissance absolue de leur nature. Le loup est un animal craintif qui a une peur panique de l'homme. Il n'est pas imaginable que même affamé, il puisse préférer la chair des bergers et des bergères à celle des moutons.

DDD.- Alors si ce n'est un loup, comme persistent à le croire certains, qu'était la Bête du Gévaudan?

M. L.- A l'évidence une machine à tuer, une bête dressée au meurtre et qui ne pouvait génétiquement provenir que du croisement d'une chienne et d'un loup élevés en captivité. Il est impossible de dresser un loup à l'obéissance, comme on le fait d'un chien. La Bête du Gévaudan c'est donc un hybride, né du croisement de deux espèces et qui a hérité des qualités athlétiques du loup, son endurance à la course, notamment. Dans l'histoire de la Bête, on voit qu'il y a dix-neuf journées où elle a frappé deux fois et cinq où elle attaqué et tué quatre à cinq fois dans la même journée. On a parlé de plusieurs loups? Ça ne résiste pas à l'étude des témoignages. La Bête a toujours attaqué seule, et dans un seul lieu à la fois. Le fait qu'elle ait été touchée par les balles des chasseurs et qu'elle s'en soit toujours remise, je l'explique par le fait qu'elle était cuirassée comme cela se faisait de la Haute Antiquité au XVI e siècle pour certains gros chiens. Cette cuirasse était constituée de peaux de sangliers, ce qui explique la fameuse raie noire dont tous les témoins parlent et qu'on n'a pas retrouvée sur le cadavre de la Bête tuée par Jean Chastel.

DDD.-
D'après vous, Jean Chastel, qui a tué la bête, est aussi celui qui a participé à son dressage?

M. L.- Il était le meilleur chasseur du Gévaudan, un remarquable tireur. De ses neuf enfants, deux sont liés à l'histoire de la Bête, surtout Antoine. Les Chastel formaient un clan et on les disait sorciers. Leur fief est à La Besseyre- Saint-Mary à proximité du mont Mouchet, et de la forêt de la Ténazeyre, où la Bête s'est réfugiée finalement. Je pense que converti, Jean Chastel a décidé de mettre fin à ce qui était des meurtres par procuration. Car jamais personne n'a rapporté qu'un canidé ait décapité ses proies, jamais personne n'a vu la Bête décapiter une victime. Mais on peut imaginer qu'un homme l'ait fait.

______
(1). La revue « Historia » de ce mois de février 2001 comporte à nouveau un dossier sur « la Bête du Gévaudan »
Marie-Louise ROUBAUD

Le pacte des loups »: la bête a bon dos


Pas de doute, elle avait le goût sûr et aimait la chair tendre. En 1764, en pays de Gévaudan, dans les Cévennes, une monstrueuse bête terrorisa les populations, déchiquetant de ses crocs - qu'elle avait bien sûr terribles -, plus de cent femmes et enfants. Ceux qui avaient miraculeusement échappé à sa fureur sanguinaire faisaient de l'animal une description démoniaque, véritable figure de dragon habitée par le diable... Avec tout ce sang versé, la bête ne faisait pas que créer la panique. Par sa force, son invincibilité, elle mettait aussi à mal le pouvoir royal, incapable - en dépit des nombreuses battues organisées pour la traquer - de mettre la main sur elle. Cette histoire (cette légende?) terrible, suintant l'hémoglobine, la monstruosité et le pouvoir, est aujourd'hui le thème du « Pacte des loups » de Christophe Gans, qui nous donne, avec faste et fracas sa vision pour le moins hétéroclite et baroque de l'affaire.

Point de générique, ni de mise en situation. Entre terreur et rocaille, on entre de plein pied dans le sang et l'horreur avec un premier massacre, d'une violence rare, d'une jeune paysanne. Survient ensuite l'entrée en scène, filmée dans le pur style western spaghetti, de Grégoire de Fronsac. Entomologiste, Fronsac est dépêché sur les lieux pour mener l'enquête sur un mode scientifique. Accompagné de Mani, le bon sauvage qu'il a ramené de la Nouvelle-France d'alors, (soit le Québec d'aujourd'hui), cet indien Mowak, luttant à mains nues comme un dieu, communie avec la nature et les éléments et va assister de Fronsac dans sa recherche de la monstruosité naturelle.

« L'histoire de la bête du Gévaudan oblige à considérer le film d'époque sur un mode mythologique », explique le réalisateur, Christophe Gans.

Monté avec un budget annoncé comme phénoménal, tourné en partie dans les Pyrénées et le Gers, et interprété par une armée de comédiens, le « Pacte des loups » est bâti sur le principe de la cohabitation des genres, que le réalisateur revendique comme une marque de fabrique.Le film, aux images certes d'une superbe beauté picturale, constitue donc un mélange hybride, se riant de toute réalité historique et mêlant dans le bain de la mythologie, kung-fu et arts martiaux, combats western à la Sergio Leone, France rurale du XVIIIe siècle. « Les armes ne sont là que pour expliquer l'état d'esprit de celui qui les manie », poursuit Christophe Gans. Avec un passage du côté de « Jurassic Park », (lorsque la bête paraît), un détour du côté « D'Indiana Jones » (lorsque de Fronsac mûrit sa vengeance) et une parenté certaine de celui-ci avec Sherlock Holmes ou, plus près de nous, du détective « moderne » de l'Amérique du XVIIe, interprété par Johnny Depp dans « Sleepy Hollow », le « Pacte des loups », long, un peu trop long, possède donc de quoi surprendre. La Bête a certes bon dos. Mais en son nom, tout était-il permis?

Nicole CLODI
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MessagePosté le: Dim 28 Fév - 10:43 (2010)    Sujet du message: La « Bête » du gévaudan. Répondre en citant

Liens et sites sur le sujet.

La Gazette de la bête.
http://www.betedugevaudan.com/blog/2015/12/15/la-gazette-de-la-bete-2015/
Dans l'ombre de la Bête.
http://www.labetedugevaudan.com/accueil.html
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:38 (2016)    Sujet du message: La « Bête » du gévaudan.

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