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La Chartreuse du Liget

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Mer 1 Déc - 11:42 (2010)    Sujet du message: La Chartreuse du Liget Répondre en citant

La Chartreuse du Liget
Chemillé-sur-Indrois.

Ses habitants faisaient vœu de pauvreté, les plus puissants l’ont protégé et couvert de richesses. Son mur d’enceinte le protège des attaques, son architecture intérieure est tournée vers la prière. Ce site a rayonné pendant plus de cinq siècles. Il est pourtant l’un des plus secrets de Touraine… Pensée nouvelle, splendeur, puis dramatique déchéance : la Chartreuse du Liget est le témoin d’une histoire de foi et de lumière qui s’est achevée dans la destruction de l’après Révolution. Après ces années de plomb, la Chartreuse du Liget s’est peu à peu redressée grâce aux soins de ses propriétaires. Aujourd’hui, l’esprit de ses pères se fait toujours sentir dans ses cours et ses murs ceints par la forêt.


La Chartreuse du Liget est un monastère de l’ordre religieux des Chartreux fondé en 1178 par Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou et roi d’Angleterre. Ce monastère est situé en Indre-et-Loire à 50 km au sud de Tours, au cœur de la forêt de Loches sur la commune de Chemillé-sur-Indrois. Le Liget fait partie des cinq fondations cartusiennes de l’arc Atlantique, antérieures au XVe siècle. Le monastère a été sérieusement endommagé à la Révolution française et ne laisse voir aujourd’hui qu’une faible partie de ce à quoi il pouvait ressembler en 1789.

La Chartreuse du Liget, comme toutes les chartreuses, est composées de deux parties : une Maison Haute qui abrite les cellules des Pères, et une Maison Basse qui abrite les cellules des Frères. À ces deux parties, on peut ajouter une chapelle isolée dans une clairière non loin de la Maison Haute. Sur les plans laissés par l’architecte tourangeau Jacquemin en 1787, on peut avoir une idée des bâtiments qui formaient la Maison Haute. Située au fond d’une cuvette, près d’un point d’eau et entourée par la forêt, la Maison Haute du Liget comprenait deux cours. La cour extérieure était flanquée de longs bâtiments contenant la cuisine commune, le four à pain, la forge et divers autres ateliers. La cour intérieure ou petit cloître donnait sur la salle capitulaire, le réfectoire, la bibliothèque et l’église. Derrière l’église se déployait le grand cloître qui renfermait le cimetière. Les 17 cellules individuelles des moines donnaient sur ce cloître. Chacune des cellules était complètement indépendante. Elle consistait en un pavillon à étage entouré d’un jardinet.


La Maison Haute
Sur les plans laissés par l'architecte tourangeau Jacquemin en 1787, on peut avoir une idée des bâtiments qui formaient la Maison Haute. Située au fond d'une cuvette, près d'un point d'eau et entourée par la forêt, la Maison Haute du Liget comprenait deux cours. La cour extérieure était flanquée de longs bâtiments contenant la cuisine commune, le four à pain, la forge et divers autres ateliers. La cour intérieure ou petit cloître donnait sur la salle capitulaire, le réfectoire, la bibliothèque et l'église. Derrière l'église se déployait le grand cloître qui renfermait le cimetière. Les 17 cellules individuelles des moines donnaient sur ce cloître. Chacune des cellules était complètement indépendante. Elle consistait en un pavillon à étage entouré d'un jardinet.

La Maison Basse
Apposée à la Maison Haute qu'est l'ermitage, lieu de prière, la Maison Basse ou Corroirie est quant à elle proche de la terre et de ses bienfaits, assurant l'existence matérielle des moines (corroirie2 vient du latin Conderium ou Conderia, qui désigne tout ce dont les moines ont besoin pour survivre : nourriture, vêtements et entretien). On y trouve des moulins, un pressoir et des granges. Une chapelle, bâtie au XIVe siècle, s'élève dans l'enceinte de la Corroirie du Liget. Cette dernière, fait singulier, est également le lieu seigneurial auquel de nombreux droits sont attachés. À ce titre et grâce à la donation faite en 1223 par le seigneur de Craçay, les Chartreux constituaient donc une puissance féodale en Touraine. Ils jouirent de tous leurs privilèges maintes fois renouvelés jusqu'en 1789.


Apposée à la Maison Haute qu’est l’ermitage, lieu de prière, la Maison Basse ou Corroirie est quant à elle proche de la terre et de ses bienfaits, assurant l’existence matérielle des moines (corroirie vient du latin Conderium ou Conderia, qui désigne tout ce dont les moines ont besoin pour survivre : nourriture, vêtements et entretien). On y trouve des moulins, un pressoir et des granges. Une chapelle, bâtie au XIVe siècle, s’élève dans l’enceinte de la Corroirie du Liget. Cette dernière, fait singulier, est également le lieu seigneurial auquel de nombreux droits sont attachés. À ce titre et grâce à la donation faite en 1223 par le seigneur de Craçay, les Chartreux constituaient donc une puissance féodale en Touraine. Ils jouirent de tous leurs privilèges maintes fois renouvelés jusqu’en 1789.

Le 2 novembre 1789, l'Assemblée Nationale décide que tous les biens ecclésiastiques sont mis à la disposition de la nation. L'année suivante ces vines sont mis en vente par lots. Le 10 mai 1790, une première visite de la Chartreuse est réalisée par les responsables du district de Chemillé-sur-Indrois. À l'issue de cette première visite, un recensement des Frères est effectué : 12 noms sont cités. Deux jours plus tard, une nouvelle visite est organisée afin de réaliser un premier inventaire. Les « inspecteurs » dénombrent 6900 volumes dans la bibliothèque. Le patrimoine des Chartreux est estimé à 21 000 livres. La Chartreuse est achetée comme Bien national le 19 août 1791 pour 25 300 livres par Louis-Ours-Victor-Philippe Potier, juge au tribunal de Loches et Jean Ondet, marchand de cette même ville. Les bâtiments sont transformés en carrière. La Corroirie est, pour sa part, vendue le 1er juin 1791 pour 7000 livres à Martin Legrand. Le départ des Chartreux semble dater du mois de février 1791.

Le 6 août 1837, Côme-Édmond de Marsay, ancien maire de Loches, achète une partie de la Chartreuse c'est-à-dire le cloître, la chambre des vendanges et la chapelle. Il meurt en 1838 et laisse un héritage important à ses deux fils encore en bas âge (Édouard et Arthur). Le 13 décembre 1862, les deux héritiers étant tous deux majeurs, le bien de la Chartreuse est partagé. En 1864, Paul-Théodore Bataillard, qui possédait le reste de la Chartreuse, cède son bien à Arthur de Marsay. Quelque temps après, Édouard revend sa part à son frère. Désormais seul propriétaire de l'ensemble de la Chartreuse, Arthur de Marsay, officier aux Guides de la Garde impériale, va entreprendre les premiers travaux de conservation du site. Sa fortune est conséquente. Au Liget, il acquiert des terres et s'évertue à reconstituer le « désert » des Chartreux. À sa mort en 1888, son deuxième fils, René de Marsay, hérite de la Chartreuse. Marié à Marcelle Delagrave, fille du grand éditeur parisien, il continue l'œuvre de son père. En 1899, il réussit à racheter la Corroirie. Il meurt en 1910 sans laisser d'enfant. Après la Première Guerre mondiale, les terres reviennent à Henri de Marsay, neveu de René de Marsay. Il s'installe au Liget en juillet 1919 avec son épouse, Paule Drake del Castillo. À sa mort, en 1975, la propriété du Liget couvre 700 hectares (346 de bois, 350 de terres et 4 de vignes). Les terres sont alors partagées entre ses six filles. Aujourd'hui, une grande partie de la Chartreuse appartient à Mme Élie-Benoît Arnould, née Anne-Marie de Marsay. L'autre grande partie, comprenant la Corroirie, est occupée par la comtesse Guy Boula de Mareüil, née Germaine de Marsay.

La Corroirie du Liget.
Construction fortifiée, les moines de la chartreuse s'y réfugiaient en cas de danger ou d'attaque. (Voir le dossier sur forum)
La chapelle Saint-Jean.
Cette chapelle, érigée par Jean Sans Terre au XIIe siècle, fut sans doute construite pour commémorer l’établissement originel des premiers Pères chartreux au Liget, et ce peu de temps après la fondation. (Voir le dossier sur forum)

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Référence Mérimée : PA00097650
historique En 1178, Henri II Plantagenet acheta à Hervé, abbé de Villeloin, le lieu dit "Ligetum", et en fit don aux Chartreux pour la construction d'un monastère. La fondation de la chartreuse fut confirmée en 1199 par Jean, roi d'Angleterre et, en 1234, par Saint-Louis. Charles VI, Charles VII et Louis XII y séjournèrent. De l'ancienne chartreuse subsistent des vestiges dans l'enceinte à quatre tourelles d'angle. Les éléments les plus intéressants sont les ruines de la chapelle romane et les bâtiments du 18e siècle, en particulier l'entrée avec toutes ses dépendances. Seul le bâtiment d'habitation, datant du 18e siècle, a été très restauré et transformé au 19e siècle. Deux pavillons jumeaux du 18e siècle encadrent la deuxième enceinte. Au nord-est se trouve un commun fait de deux ailes en équerre. S'y trouvent d'importants fours à pains. Dans la dernière enceinte se trouvent les ruines de la chapelle romane dont il ne reste que la nef. Une abside semi circulaire terminait l'église et le clocher s'élevait au-dessus. Après avoir été ruiné pendant la guerre de Cent ans et les guerres de Religion, le grand cloître fut reconstruit en 1787. Il fut à nouveau presque entièrement détruit à la Révolution. Seule la galerie occidentale, du 18e siècle, est intacte. Les tourelles des quatre angles de la grande enceinte sont rondes, en encorbellement, posées sur cul de lampe.Protection MH :1972/03/13 : classé MH ; 1972/03/13 : inscrit MH : Les cinq portails et les deux pavillons situés de part et d'autre du second portail (cad. C 448) : classement par arrêté du 13 mars 1972 ; Le sol de l'ancienne chartreuse ; le mur de clôture avec ses tourelles d'angle ; les restes de l'église et du cloître ; les façades et les toitures des communs (cad. C 447 à 453, 455) : inscription par arrêté du 13 mars 1972.

- La Chartreuse du Liget, par PHILIPPON, Chemillé-sur-Indrois - SAT T.XXV 1933. Page 66.
- La liquidation de la Chartreuse du Liget par la Révolution, par M. Albert PHILIPPON - SAT T.XXVIII 1941 Page 108.
- Etude archéogéographique du Liget par Rémi LEQUINT et Anthony GRILLOT.

La Chartreuse-Notre-Dame-et-Saint-Jean-du-Liget. Cne de Chemillé-sur-Indrois. Fratribus Cartusiae locum illum qui vulgo Ligetum appellatur, vers 1178 (Martène, Thesaurus, I, 570, charte d’Hervé, abbé de Villeloin, pour Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre) ; Ecclesiae Beatae Mariae et Sancti Johanni Baptistae de Ligeto, vers 1180 (Delisle et Berger, Henri II Plantagenêts, t. II, n° 684, charte de Henri II d’Angleterre, pour la chartreuse du Liget) ; Domus Cartusiensis de Ligeto, 1209 (Charte de Guillaume de Pressigny, seigneur de Sainte-Maure) ; Eccleisa Beatae Mariae de Ligeto, 1213 (Charte de Jean, archevêque de Tours) ; Chartrosse, 1218 (Charte de Guillaume Barbe, chevalier) ; Domus de Chartrusie, 1233 (A.D. 86-3 H 503) ; Priori et fratribus domus Legeti Cartusiensis ordinis, 1237 (Charte de Dreux de Mello) ; Domus de Chartrouse, sita in castelliana de Lochis, 1239 (Charte du Liget) ; Prior et conventus de Ligeto, Cartusiensis ordinis, Turonensis diocesis, 28 décembre 1278 (Cartulaire de l’archevêché de Tours, t. 1, charte 75, p. 200) ; Couvent du Liget de Chartrouse, 1280 (Charte de Geoffroy, seigneur de Montbazon) ; Conventus de Cartusia, 1283 (A.D. 37-H 167) ; Aux prieur et religieux de la Chartreuse du Liget, septembre 1312 (A.N.-JJ 48, fol. 50, n° 89) ; Pro fratribus de Ligeto, Cartusiensis ordinis, mars 1317 (A.N.-JJ 53, fol. 41 v°, n° 93) ; Les prieur et communauté de la Chartreuse du Liget, février 1319 (A.N.-JJ 56, fol. 244 v°, n° 558) ; Prior de Ligeio, Cartusiensis ordinis, vers 1330 (Pouillé de Tours, p. 30) ; Aux Chartreux du Liget, novembre 1335 (A.N.-JJ 69, fol. 119 n° 282) ; Les religieux de la Chartreuse du Liget, 19 juin 1338 (A.N.-JJ 71, fol. 49 v°, n° 64) ; La Chartreuse du Liget, janvier 1344 (A.N.-JJ 68, fol. 36, n° 57) ; Don aux chartreux du Liget, juillet 1344 (A.N.-JJ 75, fol. 62 v°, n° 125) ; Chartreux du Liget, juillet 1363 (A.N.-JJ 91, n° 487, fol. 264 v°) ; La Chartreuse du Liget, novembre 1365 (A.N.-JJ 98, n° 477, fol.150) ; La Chartreuse Sainct Jehan du Liget en Touraine, mars 1384 (A.N.-JJ 124, n° 170, fol. 97) ; Priori de Ligeto, fin XIVe s. (Pouillé de Tours, p. 42) ; In favorem Carthusianorum Sancti Johanis de Ligeto, 20 octobre 1403 (Cartulaire de l’archevêché de Tours, t. 2, p. 242=256, charte 301) ; La Chartreuse du Liget en Touraine, janvier 1478 (A.N.-X1A 8607, registre F, n° 1130) ; La Chartreuse du Liget, 15 janvier 1480 (A.N.-X1A 9318, n° 47) ; Le monastère Nostre Dame et l’église Sainct Jehan Baptiste du Liget près Loches, de l’ordre des Chartreux, novembre 1483 (A.N.-JJ 213, n° 30, fol. 26 v°) ; Confirmation des privilèges de la chartreuse Nostre Dame et Sainct Jehan du Liget, juillet 1498 (A.N.-JJ 230, n° 222, fol. 105 v°) ; Les religieux, prieur et convent de la Chartreuse près Loches, 28 octobre 1526 (A.N.-Z1E 1133, fol. 49 v°) ; Couvent de Notre Dame de Saint Jean du Liget les Loches, de l’ordre des chartreux, août 1649 (Lettres Patentes) ; Les religieux et couvent des chartreux de Saint Gelin du Liget, 25 mai 1665 (A.D. 37-C 602, Aveu) ; Chartreuse de Notre Dame et Saint Jean Baptiste du Liget, 1679 (A.D. 37-H 168) ; Couvent des Chartreux du Liget, archiprêtré de Loches, 1781 (A.D. 37-G 11, fol. 233) ; Chartreuse du Liget, XVIIIe s. (Carte de Cassini) ; Les Chartreux, 1832 (Cadastre) ; La terre des Chartreux située commune de Chemillé, 31 mars 1858 (acte Robin-Tours) ; Le Liget, 1936 (Cadastre). Le cadastre de 1832 note : 9 cellules, église. Couvent régulier de l’ordre des Chartreux, fondé en 1170 sur une terre cédée par l’abbé de Villeloin, à la demande d’Henri II, roi d’Angleterre, rattaché à la Province de France ad Lingerim, lors de sa création en 1701. Cartulaire : A.D. 37-H 167 ; B.M. de Tours-Ms 1356 ; B.N.-Dom Housseau, t. 12. Bien National. Chapelle Notre-Dame et Saint-Jean.
_______________________
Source.
http://www.lachartreuseduliget.fr/index.html

Localisation.
Situé entre Montrésor et Loches, dans la forêt domaniale de Loches, le long de la D 760.




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MessagePosté le: Mer 1 Déc - 11:42 (2010)    Sujet du message: Publicité

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