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Cachettes & Souterrains refuges Médiévaux.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Mer 22 Déc - 18:07 (2010)    Sujet du message: Cachettes & Souterrains refuges Médiévaux. Répondre en citant

Cachettes & Souterrains refuges Médiévaux.
Daniel Schweitz

Parmi les cavités artificielles creusées au cours du Moyen-Age, toutes ont pu servir de refuge à un moment donné cependant, certaines d'entre elles ont été uniquement creusées dans ce but. Les chroniqueurs médiévaux font de fréquentes allusions à des refuges, ainsi qu'à des cachettes pour les vivres et le mobilier de prix. Les premiers sont des souterrains refuges ou caves fortes, les seconds, des sortes de silos ovoïdes et des caves dont il était facile de masquer l'entrée.

Le souterrain refuge est un réduit de défense clandestin, destiné à des séjours occasionnels de populations ou de particuliers confrontés à un danger passager. Lorsqu'il persistait, que les réfugiés étaient traqués, c'est dans la forêt qu'ils trouvaient leur plus sûr abri. Ces ouvrages sont souvent associés à des mottes féodales, des châteaux, des églises ou des abbayes, parfois à des villages, des hameaux ou de simples maisons. Bien que César, Florus et d'autres auteurs fassent souvent allusion à l'utilisation par les Gaulois de refuges clandestins, il semble que ce soit les invasions du Bas-Empire et du Haut Moyen-Age, plus tard les guerres féodales, qui furent à l'origine de bon nombre d'entre eux. Si l'on cessa d'en creuser à la fin du Moyen-Age, ils servirent ultérieurement de refuges à tous les persécutés de l'Histoire.

Il est difficile de trouver des ressemblances dans le tracé général des souterrains refuges, néanmoins, les exemplaires bien typés possèdent un certain nombre de caractéristiques qui permettent de les distinguer des autres excavations artificielles médiévales. Ce genre d'ouvrage est composé d'une ou de plusieurs salles auxquelles on accède par d'étroits couloirs (env. 0,5 m. de large et 1 à 1,5 m. de haut), coudés par tronçons rectilignes de quelques mètres et barrés de portes en général, placées après un coude du couloir d'accès ces portes s'encastraient dans des feuillures, elles étaient bloquées par des barres transversales dont une des extrémités était enfoncée dans un trou et l'autre, glissée dans une gouttière coudée. Les portes sont souvent liées à un trou de visée qui donne dons l'axe du couloir, permettant d'en assurer la surveillance et la défense à travers la paroi rocheuse depuis un couloir ou une salle proche. Une autre défense consistait en l'aménagement d'une chatière, étranglement généralement cylindrique laissant à peine le passage à un homme (20 cm à 2 m. de long, 35 à 60 cm de diamètre), à l'entrée de la salle la plus reculée, où pouvaient se réfugier femmes et enfants. Les salles aménagées pour l'habitat temporaire sont en nombre et dimensions variables, suivant la destination du refuge. Elles sont munies comme leurs couloirs d'accès de petites niches destinées aux lampes à huile. On y trouve souvent, ménagées dans la paroi, des banquettes pour le repos ainsi que des étagères pour les vivres et les ustensiles indispensables. Lorsque les salles ont une certaine importance ou que le rocher est par trop friable, des piliers sont épargnés lors du creusement pour soutenir la voûte, parfois aussi des silos ovoïdes sont creusés pour conserver le grain nécessaire à la communauté. Afin que la vie soit possible dans ces refuges, des bouches d'aération verticales sont percées dans le rocher sur plusieurs mètres, leurs orifices de surface étant camouflés comme les entrées, par un taillis ou un tas de pierrailles. Là où les nécessités de ventilation étaient plus grandes, ou lorsque l'on ne savait pas percer d'étroits conduits, des puits d'aération étaient aménagés. Dans certains cas, c'est la présence de bétail qui a pu amener le besoin d'une plus grande aération.


Souterrain refuge de maison

Quand la situation devenait désespérée, l'évacuation du souterrain refuge était généralement assurée par une seconde issue dont l'entrée était, si possible, assez éloignée de la première, ou par un puits de remontée muni d'encoches latérales pour l'escalade, situé dans la partie terminale de l'ouvrage. Certains souterrains refuges peuvent être en partie appareillés dans les endroits susceptibles de se dégrader. Il est à noter que la complexité et l'étendue du refuge varient avec la fonction mais aussi avec la nature des difficultés rencontrées lors de son creusement ainsi l'ouvrage que l'on rencontrera dans une pierre trop dure ou trop tendre sera peu étendu et de structure très simple. Les souterrains refuges étaient complétés par des cachettes destinées au bétail, reconnaissables à ce que la fermeture se fait de l'extérieur, ainsi que par la présence des silos ovoïdes fermés par une ou plusieurs dalles de pierre.

S'il est relativement facile de reconnaître un souterrain refuge bien typé et en bon état, il est, par contre, souvent très difficile de le dater du fait de la rareté des débris archéologiques que l'on y trouve. Des controverses s'élèvent d'ailleurs entre les spécialistes à propos de la datation, mais aussi de la destination des excavations mal typées, certains y voyant des refuges, d'autres des lieux de culte de sectes médiévales néo manichéennes, lucifériennes, pseudo-cathares ou carrément païennes.

Les souterrains refuges devaient être très nombreux au Moyen-Age, et s'ils ont depuis presque tous disparus, sur creusés en carrière, en cave à vin, ou effondrés sous l'action des eaux, ils laissent parfois des traces dans la toponymie. Ainsi, les toponymes : la musse (du verbe musser = cacher), les musseaux, ou ceux très significatifs de : la cave forte, la cave du reclus, la cave au diable, la cave aux fées... dénotent souvent l'existence passée ou présente d'un de ces ouvrages.


Souterrains refuges de village. 


Légende.
B : banquettes
N : niche à lampe
ET : étagère
S : silo
F : feuillures de porte
TA : trou d'aération
G : goulot-chatière
TV : trou de visée

Les pentes sont indiquées par des flèches dans le sens montant.
N.B. - Croquis représentés suivant les normes établies par le Centre international de Recherches anhistoriques.

Bibliographie.

- R. Mauny et G. Cordier Souterrains refuges, caves fortes et hypogées de Touraine, Société des Amis du Vieux Chinon. 1967.
- G. Cordier Quelques souterrains refuges de Touraine, Extraits du Bulletin des Amis du Vieux Chinon. 1961.
- Acte du IVe symposium du Centre international de recherches d'archéologie chthonienne. Cordès, 1967. C.I.R.A. 1969.
- CHTHONIA, publication du Centre international de recherches anhistoriques. Barcelone n° 2 (1963), n° 56 (1965).
_________________________
Source: CVM - Cahiers Médiévaux - N°5 - Mars 1971
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MessagePosté le: Mer 22 Déc - 18:07 (2010)    Sujet du message: Publicité

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