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Aqueduc de Luynes.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Ven 24 Déc - 08:56 (2010)    Sujet du message: Aqueduc de Luynes. Répondre en citant

Aqueduc de Luynes. (Luynes)
Le mieux conservé et le plus impressionnant reste l'aqueduc de Luynes dont on a parfois pensé qu'il alimentait caesarodunum mais qui en réalité alimentait un établissement proche de Luynes. Il se trouve à environ 2 Km à l'extérieur de la ville. Il conserve 44 piles dont 9 supportent 8 arcs sur les 90 d’origine. Ces vestiges s'étendent encore sur plus de 300 m. D’une longueur totale de 1800 mètres, l’aqueduc était composé d’une partie aérienne de 600 mètres qui continuait ensuite sous terre sur une longueur de 1200 mètres. Depuis la source jusqu'à son aboutissement, la pente constante atteint 1,64 m par kilomètre. Il est construit en « petit appareil » (assemblage de petits moellons), avec des rangées de briques au niveau des arches. Ce pont-aqueduc ne desservait probablement pas une ville, mais une importante villa privée, connue grâce à Grégoire de Tours sous le nom de « Malliacum ».


Localisation :
47° 23’ 49.53’’ N - 0°34’.05 86’’ E


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Dernière édition par Mikerynos le Jeu 13 Jan - 14:47 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 24 Déc - 08:56 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Mikerynos
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MessagePosté le: Ven 24 Déc - 09:18 (2010)    Sujet du message: Aqueduc de Luynes. Répondre en citant

L'aqueduc gallo-romain de Luynes et l'antique cité de Malliacum (I.-et-L.).
Michel LAURENCIN.


La topographie de la cité de Malliacum.
L'actuelle ville de Luynes est située à une dizaine de kilomètres à l'Ouest de Tours, sur la rive droite de la Loire. Elle occupe le front de la côte et les parties en contact avec le plateau et la vallée. Entre les points les plus élevés et la vallée, la dénivellation est d'une quarantaine de mètres. L'aqueduc est en position excentrique par rapport au village, sur le sommet du plateau, au Nord-Est du centre de l'agglomération. De prime abord, nous reconnaissons un site classique. A l'abri des crues du fleuve, l'édifice bénéficie de la pente naturelle du terrain et conduit les eaux en direction d'une cité établie sur les premières déclivités du plateau. La Sauvagère pensait que l'aqueduc était destiné à l'alimentation de la cité de Caesarodunum (l'actuelle ville de Tours), qu'il plaçait sur les hauteurs de Luynes. Les découvertes archéologiques et l'étude approfondie des textes ont montré l'étendue de l'erreur.


Aucune canalisation en direction de Caesar odunum n'a été retrouvée ce jour, et les dimensions réduites de l'édifice laissent penser que l'idée d'une alimentation en eau de la cité des Turones par cet aqueduc est des plus improbables. La position géographique devait cependant faciliter l'établissement de la cité de Malliacum, à une date qui reste encore inconnue. Edifiée sur le sommet du plateau, et proche de l'aqueduc, la cité, qui paraît avoir été un camp romain à l'origine, contrôlait les communications vers Caesarodunum et les relations entre les principales cités de la vallée de la Loire. La disposition des voies romaines plaçait Malliacum en position privilégiée. La voie de Caesarodunum en Armorique empruntait les coteaux de rive droite, à l'écart des dangers d'inondations, et passait à Fondettes, Luynes, Cinq-Mars, Langeais et Bourgueil. Celle de Caesarodunum en Armorique par Suindinum (Le Mans) n'était distante de Malliacum que de quelques kilomètres.

L'aqueduc reste le seul élément encore visible de la cité. Cependant l'analyse toponymique, qu'il faut toujours considérer avec intérêt, permet d'avancer quelques hypothèses que des fouilles archéologiques pourraient vérifier, ou appuyer certaines conclusions.
La ferme dite Le Carroir tire son nom du mot latin quadruvium qui semblerait indiquer que nous nous trouvons sur un croisement de voies. Resterait la question de leur délimitation. Plus intéressant nous paraît le toponyme les Arènes donné à la ferme située au pied de l'aqueduc, et par extension au lieu-dit. Si nous en croyons Verly, c'est sous ce nom que les habitants désignaient au siècle dernier les restes de l'aqueduc. Il ne pourrait s'agir ici que d'une confusion dans l'esprit des gens si le nom de Villeronde n'était donné à une ferme voisine de l'édifice.

La photographie aérienne fournit de précieux renseignements. Une multitude de taches blanchâtres apparaissent nettement tout au long du coteau de Saint-Venant, et il pourrait s'agir en l'occurrence de traces de villae gallo-romaine. Dans de nombreux champs, et tout particulièrement au niveau des fermes Le Carroir, les Lapidaires, Panchien, les Richardières, nous faisons les mêmes observations. A l'Ouest de Villeronde, une tache ovoïdale est nettement visible dans un champ. A première vue, nous pourrions penser qu'il s'agit de traces laissées par un étang aujourd'hui disparu. Il faut cepen dant abandonner l'hypothèse si nous remarquons que la tache correspond précisément à un endroit légèrement surélevé.


Le site et l'existence de la cité de Malliacum étant maintenant définis, et le rapport entre celle-ci et l'aqueduc établi, il convient de porter nos regards sur l'alimentation en eau de l'édifice.

L’alimentation en eau de l’aqueduc.
II est difficile de connaître avec certitude la source qui fournissait l'eau à l'édifice. C'est cependant au niveau de la ferme La Pinnoire, à une altitude moyenne de 88 à 89 mètres, que se situent la ou les sources. L'endroit est d'ailleurs très riche en filets d'eau, et les habitants de la ferme n'en connaissent pas eux-mêmes le tracé et la provenance. Une abondante végétation rend malaisée toute recherche.

Une source retient néanmoins l'attention, par l'entretien et l'intérêt que les fermiers lui prodiguent. Elle ne sort pas directement du sol. L'eau arrive d'une sorte de puits sensiblement carré de 1 m de côté et 1,50 m de profondeur, consolidé à l'intérieur par des pierres. L'idée d'une canalisation n'est donc pas à exclure, elle aurait d'ailleurs l'avantage de laisser croire à la multiplicité de l'alimentation, ce qui nous semble des plus certains. C'était
au reste l'idée avancée par Verly :

« ...Un vieux paysan me dit qu'il y avait autrefois en haut de la côte une très forte fontaine dont on connaît encore la place, et qui a été comblée ; que depuis ce temps, six autres petites fontaines ont paru en divers endroits. » Le filet d'eau se dirige vers un bassin grossièrement circulaire, de deux mètres de diamètre environ. Il pourrait bien s'agir du bassin de décantation ou castellum. Le ruisseau ainsi formé adopte une orientation Sud-Ouest, différente de celle de l'aqueduc. Le fait est aisément explicable, si nous songeons que la rupture de celui-ci a libéré les eaux qui ont gagné les parties les plus basses.

La canalisation.
Les restes de l'aqueduc s'étendent sur une longueur de 300 mètres. Son orientation est sensiblement N. N.-E., S. S.-O., l'eau s'écoulant vers le S. S.-O. Nous savons que la pente était soigneusement calculée. Elle varie ici suivant les parties de l'édifice. De la source à Villeronde, elle est, sur une distance de 525 mètres, de 1,52 mètres par kilomètre. Dans la partie terminale, de Villeronde au Prieuré de Saint-Venant, elle est sensiblement plus élevée, de l'ordre de 2,92 mètres par kilomètre, sur une distance de 1 300 mètres. Cette fraction est aujourd'hui entièrement disparue. La longueur totale de l'édifice, tel qu'il se présentait à l'origine, étant évaluée par nous à 1 825 mètres, la pente moyenne est de 1,64 mètres par kilomètre. Elle se situe donc parmi les plus fortes que nous connaissons. L'aqueduc du Mont d'Or, le plus ancien de Lyon a une pente de 3,59 m/km7 ; celui de La Martinière de 1,11 m/km. L'aqueduc du Gier, le plus récent des édifices lyonnais, a une pente très voisine de celle que nous rencontrons à Luynes : 1,67 m/km. Notons que, pour l'édifice de Fontenay situé en bordure de la vallée du Cher, M. C. Liot a trouvé une pente de 0,281 m/km.

La première pile visible est à 225 mètres de la source, à une altitude de 78 mètres. Nous avons reproduit en noir l'état actuel du monument, et en grisé l'état supposé initial. Nous n'avons pu figurer le tracé de la partie terminale qui aurait inévitablement trop de différences par rapport à la réalité. Il nous a donc été possible de placer 90 piles ; il n'en reste aujourd'hui que 44, dans un état de conservation plus ou moins grand. Les fondations de 13 piles n'ont pu être trouvées, et sur les 44 visibles, 9 ne possèdent plus que la base, 20 sont debout, mais détruites au sommet, 6 sont entières avec la naissance de l'arc, et 9 enfin supportent 8 arcs en plein cintre.

L'aqueduc est construit sans fondation, sur un mur continu qui est partiellement visible. La distance entre les piles manque parfois de régularité. Elle est en moyenne de 3 mètres, mais se réduit à 2,40 mètres près de Villeronde. La hauteur des piles les mieux conservées, celles qui portent encore des arcades, est de 8,90 mètres de la base à la clef. C'est là une dimension réduite, comparativement aux hauteurs des aqueducs de Gier (15 mètres),
et de la Brévenne (17,40 mètres). La base des piles n'est pas de section carrée, comme des études précédentes le laissaient supposer. Prenant pour échantillon d'examen les piliers supportant les arcades, nous avons trouvé pour les côtés Est et Ouest 2 à 2,22 mètres, et pour les côtés Nord et Sud 2 et 1,80 mètres. Chaque arcade a 3 mètres d'ouverture. De la base au sommet, les piles diminuent par retraits successifs.
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MessagePosté le: Ven 24 Déc - 09:27 (2010)    Sujet du message: Aqueduc de Luynes. Répondre en citant

La pierre calcaire qui compose l'édifice fut probablement tirée d'une carrière toute proche, au lieu-dit la Gauthièrerie, située au Nord-Ouest. Elle est aujourd'hui comblée. La contrée est riche en pierres exploitables, et les carrières d'Ambition et de Pernay, fort anciennes, ont également pu servir dans la construction.

Les piles sont en petit appareil, sans chaînage de briques. Les assises tiennent toute l'épaisseur du mur, et chacune repose sur une couche de mortier, les pierres chevauchant l'une sur l'autre alternativement. C'est dire que nous nous trouvons en présence de Vopus incertum, classique en Gaule. Les assises ont une longueur moyenne de 10 à 17 cm et une largeur de 17 à 21 cm. Entre les éléments est disposée une couche de mortier de 2 à 3 cm d'épaisseur. L'intérieur est constitué par un blocage en béton, assemblage de mortier et de pierres. La place des boulins est encore très nettement visible. Dans les cintres seuls sont disposées des briques, au nombre de 15 par arcade. Plates et rougeâtres, elles ont pour dimensions 32 cm de long, 22 cm de large et 3 cm d'épaisseur. Aucune inscription n'est remarquée. L'eau ne semble pas avoir emprunté des conduits de terre cuite ou de plomb, comme l'usage s'en était répandu. Elle paraît avoir circulé directement, dans un radier de 10 à 12 cm de diamètre. Les piles proches de Villeronde, pour lesquelles l'espacement se réduit à 2,40 mètres, paraissent avoir été consolidées à la base. Il est possible de penser à une dérivation de l'aqueduc ; notons d'ailleurs que ces piles correspondent à un changement d'orientation de l'édifice.


L'absence de toute inscription et de monnaies rend difficile la tentative de datation de l'ouvrage. La nature de l'appareil et des briques, l'absence de cordons de briques dans la maçonnerie peu vent faire avancer le IIIe ou le IVe siècle comme date de mise en chantier de l'appareil. Un fait demeure toutefois certain : l'aqueduc est antérieur aux premières invasions et vit sans doute son édifi cation durant la Pax Romana. Seul un diplôme de Charles le Simple de 919 indique que des réparations furent faites à la construction.

Le point d’aboutissement.
A partir de Villeronde, nous ne possédons plus de vestiges de l'aqueduc. La destination exacte et le trajet initial peuvent donc paraître hypothétiques. Toutefois, La Sauvagère signalait des restes sur le chemin du Carroir, et des vestiges dans les vignes du Prieuré
de Saint-Venant. Il notait également l'existence d'un puits et d'un réservoir de pierres et de ciment identiques à ceux qui composent les piles de l'aqueduc. Verly faisait les mêmes constatations cinquante années plus tard.

Le réservoir est toujours visible dans les jardins du Prieuré de Saint-Venant. Profondément remanié par les moines dès l'époque mérovingienne, il reste un vestige difficile à étudier. Ses dimensions et sa disposition font qu'il est très probablement le castelîum terminal d'où partaient les différents tuyaux allant alimenter en eau les bassins et les fontaines, les thermes et les demeures particulières. Sa profondeur est d'environ 17 mètres. Dans cette partie terminale, l'aqueduc devait très vraisemblablement posséder une fraction souterraine. Verly indiquait que des vestiges de canalisation en terre cuite avaient été découverts à 2 et 3 mètres de profondeur au milieu des vignes du Prieuré de Saint-Venant. Elles se dirigeaient en outre vers le réservoir que nous assimilons au castelîum de distribution.

Un mur existe encore dans l'enceinte du Prieuré de Saint-Venant, qui mérite l'attention. Sa hauteur est de 13 mètres environ et la nature de son appareil fait penser à celui de l'aqueduc. Nous sommes probablement là en présence de vestiges des thermes.

Conclusion.
Bien des points demeurent encore obscurs. Des conclusions peuvent toutefois être tirées, à partir desquelles les recherches sur le terrain devraient être entreprises. L'aqueduc de Luynes n'a rien de très considérable. Il prend même place parmi les édifices de ce genre les plus réduits en importance : le plus court sans doute, mais aussi celui qui possède une pente très forte. En revanche, il permet de porter nos regards sur la cité de Malliacum. La photographie aérienne et l'analyse toponymique sont en concordance pour démontrer l'existence d'une agglomération dont nous ignorons l'importance et les édifices. Seul l'aqueduc est visible, mais il est permis de penser qu'il n'est qu'un élément d'un plus vaste
Ensemble.


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