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Souterrains de Chinon.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Sam 25 Déc - 17:29 (2010)    Sujet du message: Souterrains de Chinon. Répondre en citant

Souterrains de Chinon.
Chinon.

Les Caves de la Brèche (Chinon)
De A. Boucher et J.-C. Richard.

Les découvertes et les relevés entrepris par notre collègue Raymond Mauny durant les mois de l'été 1953, nous avaient amené à modifier notre plan primitif au bénéfice de ces travaux d'un grand intérêt. Ils nous avaient révélé l'importance des souterrains du collège et leur si curieuse topographie. Voici que, de nouveau, l'activité de Raymond Mauny nous oblige à élargir la parenthèse ouverte dans l'ordre primitif de notre description, afin de donner à d'autres découvertes plus récentes (septembre 1956), la place qu'elles méritent. Elles pourraient, il est vrai, s'insérer dans le cadre de la description de ces points particuliers évoqués dans notre précédent article, mais leur nouveauté, l'intérêt qu'elles présentent en même temps que l'audace et la ténacité qui ont permis à notre collègue d'atteindre le but qu'il s'était proposé, nous incitent à publier, avant toute autre chose, le résultat de ses travaux.

Reprenant l'exploration d'une partie assez dangereuse que la prudence nous avait fait abandonner, il y a quelques années, Raymond Mauny voulut savoir où aboutissait une ouverture provoquée par le « flambage » de la paroi sud de la cave Rageau. Cette cave est située à quelques dizaines de mètres de l'entrée de la rue des Caves-Vaslins, c'est-à-dire de leur unique accès avant l'éboulement de 1921. Le boisage franchi, on la trouve sur le côté gauche ; elle est la deuxième à quelques mètres du « berceau du roi », cette simple mangeoire creusée dans la paroi Ouest du rameau d'entrée.

L'effondrement résultant du flambage a provoqué une ouverture par laquelle on aperçoit une large voûte dont le plafond est à peu près au niveau de celui de la cave Rageau, mais dont le sol, encombré de nombreux blocs détachés de ce plafond, se trouve à un niveau inférieur de deux mètres environ. Nous y étions descendus au cours de nos recherches antérieures et nous avions trouvé, à notre gauche en tournant le dos au trou de descente, deux salles successives terminées par un éboulement, alors qu'à droite, un couloir légèrement descendant, obstrué de gros blocs, semblait s'arrêter définitivement sur un rétrécissement dans la paroi latérale gauche duquel une porte de cave à vin entièrement obstruée, précédait de fort peu un éboulement jugé infranchissable. L'aspect très inquiétant de la voûte avait d'ailleurs renforcé cette décision.

 

C'est cet éboulement que franchirent cependant, les 27 et 28 septembre, Raymond Mauny accompagné d'un jeune spéléologue, M. F. Dubas. Leur audace devait trouver sa récompense : Ils arrivèrent devant un ensemble assez étendu occupant l'espace important compris entre l'ancienne entrée des Caves Vaslins et la cave du Syndicat de Défense des Vins, à laquelle on accède par la rue du Docteur-Gendron (l'une des anciennes caves Chalon) et qui est reliée à l'ensemble à son extrémité Nord. Ecrasé par l'éboulement de 1921, ce système présente une extrême complexité. Peut-être, même, représente-t-il ce qui subsiste de plusieurs groupes de caves, indépendants les uns des autres, toutes de niveau très inférieur à celui des Caves Vaslins, autant que permet de le concevoir le bouleversement occasionné par l'effondrement, car l'ensemble de l'espace exploré correspond exactement au secteur des Vaslins le plus éprouvé en 1921: Descendant par l'orifice résultant de flambage de la cave Rageau, on entre dans une salle au plafond menaçant (B1) et au sol encombré de débris. Deux ouvertures s'offrent à notre choix : l'une vers le Nord-Est, l'autre vers le Sud-Est, de part et d'autre d'un pilier central. Empruntons celle du Nord-Est. Elle donne accès dans deux petites salles, successives (B2 et B3). Dans B3 nous trouvons un détail curieux,- unique même, dans tout l'ensemble des Vaslins : savoir, une rigole creusée dans les déblais, le long du mur Est. Cette rigole, d'une longueur de. 15 mètres environ, d'une profondeur d'à peu près 0 m 40, partiellement à sec, semble avoir été destinée à conduire l'eau vers des bassins situés plus au Sud, en vue de l'alimentation de la fontaine qui, avant le forage du puits artésien, occupait l'emplacement de la vasque actuelle, face à l’hôtel de France, et dont l’installation remonte à 1867.

De l'eau séjourne encore dans la partie Nord de cette rigole, ce qui n'a pas permis de progresser dans cette direction où une chatière est visible au ras de la nappe. Il est important de préciser que nous devons nous trouver sous la galerie boisée aménagée en 1940, c'est-à-dire sous la galerie d'entrée des Vaslins. Passons dans la salle suivante (B4), assez grande et très encombrée d'éboulis ; des restes de murs la divisent par endroit. Les ouvertures qu'on y remarque conduisent : l'une, au Nord-Est, vers B5, la seconde vers le Sud-Est (c'est la seule issue vers le puits de la pompe du Puy-des-Bans et les salles B9 à B16). Une troisième, orientée en plein Sud, se dirige vers B6, une quatrième, à l'Ouest, vers B7 et B8, sans compter les deux issues vers les systèmes précédemment décrits. L'ancienneté de cette galerie est certaine ; elle est d'ailleurs attestée par une inscription gravée sur l'un des murs, portant la date de 1769, largement postérieure, sans doute, aux recherches des eaux de sources de la Brèche. Une délibération du Corps de Ville, datée du 22 juillet 1577, prescrit leur utilisation. Si l'on part du centre de B4, en se dirigeant plein Ouest, on atteint un nouveau système de deux caves successives au sol marneux, très glissant, et au plafond extrêmement menaçant. Le niveau du sol est d'ailleurs plus élevé, sans doute à cause de la superposition des débris B7 est une sorte de couloir de forme légèrement incurvée, mesurant 8 mètres de longueur, et duquel se détache, dans son côté sud, un court passage menant à une chambre carrée terminée par un mur à son extrémité sud. Au fond de B7 se trouve un étroit passage débouchant dans B8, large salle de 20 mètres sur 10 environ, toute encombrée de gros débris. Une chatière y est visible dans l'angle sud-ouest mais il n'a pas été possible de la franchir. Dans sa partie Nord, des essais au son, tentés entre cette salle et la cave Rageau, ont été concluants. Il serait intéressant de les répéter en direction de l'Ouest où se trouve la cave du Syndicat des Vins.

Repartons de B4 en nous dirigeant vers le Nord-Est. Nous arrivons dans un système d'anciennes caves à vin aux murs encore debout (B5) mais dont le sol est recouvert d'une mince nappe d'eau provenant de la partie Nord de ces caves qui ne sont qu'un grand éboulis. C'est de cet endroit que l'on entend distinctement le bruit d'écoulement d'une source abondante, la seule de tout l'ensemble des caves Vaslins (caves du Collège inclus).

Cette source présente la particularité de couler en arrière du sommet de l'éboulis, à 3 mètres environ au-dessus du niveau du sol de ces caves. Son abondance a provoqué la formation de stalagmites en draperies, du type de celles de Savonnières, dont R. Mauny dit qu'elles sont du plus bel effet. Cette source peut parfaitement être mise en cause dans la destruction progressive du boisage de la galerie d'entrée d'où l'eau suinte et s'égoutte de façon continue. Les vieux Chinonais se souviennent d'une large flaque d'eau qui occupait, avant 1921, le centre de cette galerie écroulée depuis. Nous nous trouvons probablement ici devant l'une, sinon la principale des causes de l'éboulement de 1921, comme de celui de 1907. Une chatière montante termine l'éboulement de B5. Il n'a pas été possible de l'explorer à cause de son étroitesse ; il serait à souhaiter que des recherches plus complètes soient effectuées en cet endroit. Repartons de B4 La salle B6, au Sud de celle-ci, présente un intérêt moindre que celui des précédentes. Il ne s'agit là que d'une petite galerie montante terminée, elle aussi, par une chatière.

La dernière issue de B4 est la seule communication avec la suite des caves B9 à B16. On s'engage d'abord en se courbant fortement, dans d'anciennes caves à vin presque comblées (B9) et, de là, on débouche dans une vaste salle (10 x 10 mètres environ) presque entièrement encombrée, elle aussi, par une couche épaisse de matériaux d'éboulement qui en masquent totalement les issues et dans lesquelles, pour retrouver notre chemin, nous avons, dû tracer de nombreux repères. Deux autres issues, l'une au Sud-Est d'une part, communiquant avec le puits d'aération de la pompe du Puits-des-Bans, l'autre, à l'Est, accédant aux caves B12 à B16. Pour accéder à ce puits, il faut se glisser entre les blocs pour, ensuite, arriver au pied d'un cône de terre végétale provenant du jardin dans lequel débouche cet orifice. Ce cône est assez volumineux pour permettre de regagner la surface en s'aidant des racines d'un figuier qui a poussé sur ses bords. Un rameau presque obstrué, et en très mauvais état, se dirige de ce puits, vers le Nord, sur une longueur de quelques mètres.

Revenons à B10 en nous glissant de la même façon entre des blocs en bascules, en laissant à droite B11, sans intérêt, nous atteignons B12, une vaste salle de 12 x 5 mètres environ, elle-même encombrée de matériaux. Elle présente à son extrémité sud un cône de terre végétale. Au Nord-Est, une ouverture permet d'accéder à B13 et B14, caves à vin aux murs encore debout. Elles doivent se trouver immédiatement derrière celle qui (appartenant aux caves Vaslins au niveau desquelles elles se trouvent) sont encore utilisées. Les ouvriers qui ont remis l'une d'elles en état, il y a quelques années, nous ont dit s'étire débarrassé d'une masse de terre considérable en la précipitant dans un trou qu'elle n'a pas suffi à combler et qui se trouvait à la partie Nord de leur cave. L'opération terminée, ils élevèrent sur le bord de l'excavation, un mur lui assurant une forme régulière. Elle est la propriété de la Compagnie des Sapeurs-Pompiers B15, qui fait suite, est également encombrée d'un important amas de terre végétale d'aspect récent, provenant vraisemblablement des travaux dont nous venons de parler.

Reste un dernier élément, situé dans le prolongement sud du précédent. Il se compose d'une salle dont le grand axe, de direction Nord-Sud, mesure une douzaine de mètres. Il est interrompu dans son tiers supérieur par un reste de mur. On arrive ensuite devant deux rameaux voûtés affectant la forme d'un « Y » renversé, l'un en direction du Sud-Est long de quelques mètres alors que l'autre, se dirigeant vers le Sud-Est, mesure environ 16 mètres. L'un et l'autre sont partiellement effondrés, également terminés par des amoncellements de terre qui suggèrent la proximité de la surface. En mettant au point le plan qui accompagne ces lignes, nous avons constaté que l'un ou l'autre de ces rameaux aboutissait à peu près à l'ancienne entrée des caves de la Brèche (alias caves Cornet) située à 15 mètres environ, à l'Ouest de l'ancienne entrée des caves Vaslins, celle de la rue de même nom.

On se rend compte, par ce qui précède, de la difficulté de telles recherches dans lesquelles, le plus souvent, la boussole est le seul instrument utilisable ; elle est d'ailleurs strictement indispensable, étant donné la facilité avec laquelle, dans de tels chaos où l'on est le plus souvent à plat-ventre, parfois à quatre pattes et très rarement debout, on perd la notion de direction. Si l'on ajoute aux difficultés de la progression et de l'observation, la sensation constante d'une insécurité sérieuse, on demeure plein de respect admiratif envers ceux qui ont mené à bien cette récente exploration.

Si la partie occidentale des Vaslins est complètement connue, il n'en est pas de même de la partie orientale où nous nous trouvons. Il est souhaitable que l'on surveille toutes les modifications de surface, tous les petits effondrements partiels, toutes les fissures des murailles survenant dans le quartier du Puits-des-Bans, ainsi que les altérations des parois des caves qui y sont encore utilisées, afin de prévenir le retour d'événements analogues à ceux de 1921.
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Source : Bulletin - Amis du vieux Chinon. 1956, page 42
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MessagePosté le: Sam 25 Déc - 17:29 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 25 Déc - 17:33 (2010)    Sujet du message: Souterrains de Chinon. Répondre en citant

Les Caves peintes et Caves Vaslins.
De A. Boucher et J.-C. Richard.


Vers la fin de 1947, au cours d'une réunion du Comité d'Organisation du Syndicat d'Initiative, on évoqua l'intérêt touristique que pouvaient présenter les Caves Peintes et les Caves Vaslins. Une visite collective en fut décidée. Elle eut lieu quelques jours plus tard sous la conduite de MM. Chanimbaud et P. Lorrain. L'impression qu'elle nous laissa fut telle que nous résolûmes de la renouveler. Déconcertés, à la première tentative, par la complexité de leurs dispositions, nous prîmes le seul parti logique, celui d'en entreprendre un relevé sommaire et d'en établir un plan schématique susceptible de diriger sûrement les visiteurs éventuels en même temps que de permettre la formation de quelques guides. Ce tramait se révéla d'un tel intérêt que nous avons été amenés à en amplifier l'importance au cours de multiples séances. Nous avons d'autre part recueilli tous les renseignements verbaux à notre portée, compulsé de nombreux documents, archives et plans divers. Les visites récentes d'ingénieurs ont encore élargi notre conception primitive du sujet et nous ont permit d'atteindre le but que nous nous étions proposés. Nous avons pensé intéresser les « Amis du Vieux Chinon » en leur offrant ce modeste travail sur un sujet très controversé et jusqu’ici mal connu.


Parmi les souterrains échelonnés sous les coteaux de Chinon, les caves Vaslins ont toujours exercé dans l'esprit des Chinonais une évidente attraction. Il en' est ainsi de tous ceux qui atteignent quelque importance et les légendes ne peuvent que se multiplier autour de leur mystère, lorsqu'ils sont creusés sous une ville de l'intérêt historique de la nôtre. Aussi ne faut-il point s'étonner d'entendre détailler leurs nombreuses ramifications. Elles allaient, disent les uns, d'une part au Plessis Gerbault en traversant la rivière et, d'autre part, vers la forêt. D'autres ne manquent pas de renchérir en prolongeant leur parcours jusqu'à Azay-le-Rideau, traversant ainsi le cours de l'Indre avec autant de facilité que celui de la Vienne. Et l'on situait tout naturellement au château, le point de départ de tous ces longs trajets. Il est juste de dire que des souterrains, dont quelques rameaux sont encore accessibles, existent sous le donjon du Coudray leur longueur, réduite maintenant à quelques décamètres, devaient fatalement suggérer une liaison, d'ailleurs assez logique, avec l'ensemble considérable de galeries sinuant sous la ville de Chinon. On trouve, en effet, en partant du Vieux-Marché et en allant de l'Ouest à l'Est, les caves Pointreau qui, elles, sont reliées au château de façon certaine par le puits du Coudray (pour le distinguer du puits des logis royaux). Ensuite, ce sont les caves particulières, assez nombreuses et d'importance minime, dont les orifices jalonnent les ruelles de la rue Voltaire et qui, orientées vers le Nord, s'enfoncent sous le château. Les plus intéressantes, au point de vue où nous nous plaçons, sont celles de l'hôtel Torterue de Langardière, au début de la rue Jeanne-d'Arc. Le fond en fut bouché par un mur, derrière lequel se trouvait un passage aboutissant, à travers des éboulements, aux caves Vaslins, Plus à l'Est, à cent mètres environ, à l'extrémité de l'impasse qui prolonge la rue du Grenier-à-Sel, s'ouvre la haute ogive de l'entrée des Caves Peintes. Elles existaient déjà au temps de Rabelais qui les cite dans son oeuvre (chap. XXXV du Ve Livre). Il semble d'ailleurs que son attention se soit exclusivement limitée à une salle voûtée sise à droite et à quelques mètres de l'entrée, et actuellement occupée par lès magasins et services de l'Electricité de France.

Les Caves Peintes, fréquemment confondues avec, les caves Vaslins, sont peu profondes. Une salle assez vaste, presque carrée, s'enfonce à quarante mètres environ vers le Nord. Sur le côté Ouest, plusieurs petites galeries, abritant des caves à vin, s'infléchissent également vers le Nord sans aller bien loin. Mais, dans la paroi du fond, au milieu de quelques caves privées, s'ouvre une. avenue d'une cinquantaine de mètres, cheminant sensiblement, elle aussi, vers le Nord, et aboutissant à un élargissement qui, jusqu'en 1921, était une cave particulière, terminant le système. L'ensemble offre grossièrement la forme d'une main gauche, face palmaire en dessus, le pouce replié, et dont le majeur, seul, aurait la longueur normale. Elles sont, disions-nous, souvent confondues actuellement avec les caves Vaslins, la confusion provient surtout de ce qu'en 1921 un éboulement considérable vint modifie l'aspect du sous-sol chinonais et déterminer le percement d'une voie d'accès vers ces dernières, bloquées à quarante mètres de leur entrée primitive. Poursuivons notre marche vers l'Est de la ville et montons la rue du Docteur-Gendron (laquelle n'est en réalité qu'une impasse). Sous un grand mur soutenant la montée de la rue Jeanne-d'Arc, s'ouvrent deux portes de cave dont l'une, celle de gauche, voûtée en plein cintre, est partiellement écroulée. Elle conduit, au bout d'un couloir légèrement descendant, à une succession de trois Salles dont les deux premières sont sensiblement de direction Sud-Nord, alors que la troisième, perpendiculaire, se termine vers l'Est par deux éboulements. Sur la paroi Ouest de cette dernière salle une petite porte, percée assez récemment, donne accès, aux caves Vaslins. Notons que sous ces salles se trouvent .d'autres galeries, signalées par une sorte de puisard fermé par une trappe. Un peu plus loin encore, dans le haut de la place de l'Hôtel-de-Ville, nous rencontrons les caves dites caves de la Brèche, caves particulières, dont un certain nombre furent écrasées par l'éboulement de 1921 ; elles dépendent des immeubles voisins de l'escalier de la Brèche reliant la place de l'Hôtel-de-Ville à la rue du Puy-des-Bans et elles s'enfoncent sous le mur qui, jusqu'à la rue de l'Ours, soutient cette rue.

Si maintenant nous remontons jusqu'à son extrémité la première petite rue à gauche dans la rue Jean-Jacques-Rousseau, nous retrouvons le grand mur signalé plus haut et, à sa base, une petite porte en plein cintre, assez basse, qui, dans l'axe de la rue, signale les caves Vaslins. Pendant au moins deux siècles, les Chinonais y abritèrent, dans de nombreux caveaux particuliers, d'amples provisions de vénérables bouteilles, près des barriques où « se faisait » lentement le, vin des récoltes récentes. D'années en années, le nombre des caves ne cessa de s'accroître, les unes aux dépens des galeries qu'elles obstruaient, les autres par l'élargissement de cavités de dimensions jugées insuffisantes, dans lesquelles le pic du carrier faisait son office. Les maçons trouvaient là eux aussi en hiver un profit appréciable et non sans agrément. Peut-être faut-il voir dans cet empressement à multiplier les aménagements et les agrandissements, une des causes de d’éboulement qui, en août 1921, vint bloquer la grande galerie d'entrée, à trente mètres environ de la porte, entraînant dans le sous-sol une partie du coteau Saint-Martin.

Des signes avant-coureurs avaient heureusement permis à la majorité des propriétaires de caves de mettre à l'abri leur précieux contenu. Nous nous étendrons plus longuement sur ce qui suivit dans un chapitre ultérieur. Résumons simplement, dans cet aperçu topographique sommaire, l'état de choses.actuel. Il est aujourd'hui possible de franchir la zone d'éboulements sous une galerie protégée par un boisage et d'arriver ainsi au lieudit le Berceau du Roi. On chemine ensuite vers le Nord jusqu'au carrefour de la Rencontre, dont le nom est désormais presque dépourvu de signification, puisque plusieurs des galeries qui s'y rendaient par des cheminements différents ont été bouchées et converties en séries de caveaux. Tel qu'il demeure, ce carrefour semble encore l'intersection de deux galeries, mais, en réalité, si l'on tourne vers l'Est, on est arrêté à cent mètres par l'éboulement. Veut-on continuer vers le Nord ? On arrive devant un système compliqué de caves abandonnées, puis... de nouveau à l'éboulement. Une seule direction reste libre qui, vers l'Ouest, conduit à un vaste système de rameaux dans lesquels on peut circuler pendant presque trois heures sans repasser au même point. Vers l'Ouest, jusqu'à ce jour tout au moins, aucune trace de liaison, soit avec le château, soit avec les souterrains voisins n'a pu être découverte. S'il en existe, elles ne sauraient être ailleurs que dans les nombreux écoulements répartis sur toute la superficie de ces vastes rameaux. De toute évidence, ils semblent n'avoir jamais été autre chose que les carrières d'où sont sorties les pierres de la ville et celles du château. L'ensemble reproduit d'ailleurs grossièrement, dans ses parties occidentales, la forme générale de la forteresse.

Poursuivant notre inventaire, nous trouvons, toujours plus à l'Est, les caves de l'impasse Jean-Macé. Peu profondes, elles sont creusées jusqu'à un niveau inférieur à celui des Vaslins. La rue du Puy-des-Bans nous offre ensuite un système de caves assez complexe. Caves particulières, pour la plupart, parmi lesquelles celles de l'immeuble situé à l'angle Nord-Ouest de la rue du Puy-des-Bans et de la rue Jean-Jacques-Rousseau, se signalent par la superposition de deux étages. Au Nord de la rue du Puy-des-Bans, dans une petite venelle reliant cette voie au coteau Saint-Martin, se trouve l'entrée d'un autre ensemble de caves assez important qui: devait, avant l'éboulement de 1921, se relier aux caves Vaslins et aboutir vraisemblablement au lieudit le Buffet. Ces caves, propriétés particulières, possèdent, de plus, une ramification, de direction Est, qui les reliait à celles du collège.

Tous les anciens élèves de cet établissement ont gardé le souvenir des explorations, heureusement limitées aux médiocres moyens d'éclairage dont disposaient les membres de l'expédition. La topographie de ces souterrains est d'une complexité assez curieuse, très différente, d'ailleurs de l'aspect caractérisé de carrières, présenté par les autres. Là aussi, un mur a été édifié, dans la partie Ouest, abolissant une communication avec le système précédent. Citons, pour mémoire, les caves auxquelles on accède par la cour de l'immeuble situé au bas et à l'Est de la rue du Collège et celles situées dans la rue Jean-Jacques-Rousseau, au fond de la cour de l'immeuble portant le n° 86, appelées autrefois caves de la Psallette. Elles sortent du cadre de notre étude.

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Source : Bulletin - Amis du vieux Chinon. 1949. page 54
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MessagePosté le: Sam 25 Déc - 17:38 (2010)    Sujet du message: Souterrains de Chinon. Répondre en citant

Les souterrains de Chinon - Caves peintes et Caves Vaslins.
De A. Boucher et J.-C. Richard.


Signalons, tout d'abord, que quelques jours après la publication du dernier numéro du Bulletin, l'hypothèse de la liaison des Caves Vaslins avec le château devenait une certitude. En effet, en avril 1950, trois grands élèves du Collège (1), explorant nos souterrains, progressaient péniblement dans l'éboulement nord de la Chapelle. Ils arrivèrent enfin à l'entrée d'un étroit boyau horizontal au fond duquel ils aperçurent une faible lueur. Ils le franchirent à grande peine et se trouvèrent au fond d'un puits vertical recevant la lumière du ciel. Au même moment, le concierge du château, guidant des touristes, arrivé à proximité des bâtiments royaux, leur affirmait que le puits près duquel ils se trouvaient n'avait plus, depuis longtemps, ni utilité ni issue. L'un d'eux s'approchant de la margelle, entendit des voix et signala le fait au concierge.

Celui-ci s'approcha et dut se rendre à l'évidence. Il héla à son tour et reçut en réponse une demande des explorateurs qui ne savaient nullement où pouvait bien émerger cette cheminée, dont ni la' hauteur, ni la largeur ne permettaient l'escalade. On le leur indiqua et ils refirent en sens inverse le laborieux trajet. La chose nous fut contée et nous prîmes contact avec l'un des auteurs de l'exploit. Il nous offrit de nous conduire à l'orifice du puits. Après avoir cheminé dans une galerie montante, obstruée de rocs éboulés d'une stabilité fort douteuse et, pour certains, d'un volume considérable, nous arrivâmes à une coupure profonde que l'un de nous ne put franchir. L'entrée du boyau était quelques mètres plus loin mais le dernier obstacle résulta de son étroitesse, dont seule la sveltesse de jeunes gens de vingt ans pouvait triompher. C'est à la suite de l'éboulement de 1921 que les Caves Vaslins furent reliées aux Caves Peintes. On connaissait, de tradition verbale, la proximité de certaines caves particulières, appartenant à l'un et à l'autre système et l'on pouvait percevoir à travers la paroi rocheuse, des bruits susceptibles de suggérer la possibilité de leur jonction.


Le schéma montre clairement l’ampleur de l’éboulement de 1921 dont la limite Sud se situe près de l'entrée de la rue des Caves-Vaslins, la limite Nord à la région du Buffet. La limite orientale est, jusqu'à ce jour, inaccessible. On trouve, par contre, quelques points de la limite occidentale, dans certaines des caves qui occupent l'intérieur de l'angle dont le sommet délimite, au Sud-Est, le Carrefour de la Rencontre.

 

La limite des Caves Peintes est figurée par un trait mixte (— — —) et l'étranglement qu'il traverse situe le passage pratiqué en 1921. La ligne pointillée (.......) exprimant la limite Sud du fort Saint-Georges, prolongée de 20 m aboutit à la base d'une cave en trapèze, réunissant le système issu de la rue du Docteur-Gendron à la galerie qui mène de la rue des Caves-Vaslins au Carrefour de la Rencontre. A gauche de l'étranglement inférieur, un petit point marque la position du puits de la parcelle 47 du plan cadastral, point grâce auquel nous avons pu esquisser la superposition des ensembles de la surface et de ceux des souterrains.

Le légitime désir de sauver les précieuses provisions murées derrière des milliers de mètres cubes de roches et de terre, détermina leurs propriétaires à pratiquer une ouverture, simple trou suffisant à l'évacuation des caves épargnées par l'effondrement. On put ainsi se rendre un compte exact de son importance, de son étendue ainsi que de la solidité des- zones voisines. Ajoutons que, dès la première exploration, il fallut bien se rendre à l'évidence : des prospecteurs, plus hardis que scrupuleux, venus par des voies mystérieuses, avaient ouvert les caves les plus réputées et fait main basse sur les précieuses bouteilles dont elles étaient pleines. Dans certains cas, même, estimant trop difficile ou trop long leur transport, les ravisseurs en avaient, le plus simplement du monde, brisé le col, versé le contenu dans des récipients d'une évacuation plus aisée ou plus rapide, se réservant d'effectuer en toute sécurité le filtrage qui s'imposait. Ainsi s'explique la présence, dans des caves aux portes arrachées, de tas de bouteilles brisées, toutes de la même façon. La justice fut saisie, des enquêtes entreprises, des poursuites engagées...

Survint le coup de tonnerre de Munich, puis l'orage de 1939. L'organisation de la défense passive envisagea immédiatement l'utilisation, des vastes souterrains de Chinon. Elle dirigea, en particulier, l'aménagement de ceux qui font l'objet de cette étude et les premières mesures, décidées furent, avec l'installation d'un réseau d'éclairage électrique, l'élargissement du trou primitif de communication des deux caves aux dimensions d'une porte suffisant au passage de deux personnes de front. Les Caves Peintes servirent donc d'entrée aux abris qui, tous, furent installés au-delà de cette porte, c'est-à-dire dans les Caves Vaslins. Des milliers de personnes s'y rendirent et s'y abritèrent jusqu'à la Libération : Chinonais, réfugiés et fonctionnaires du Ministère des Finances dont les services, repliés à Chinon, y séjournèrent jusqu'après l'arrivée des Allemands. Ne servit d'abris que la portion des Vaslins comprise entre la porte de communication et le Carrefour de la Rencontre.

De plus, une partie des caves auxquelles on peut accéder par l'impasse du Docteur-Gendron, pareillement pourvues d'éclairage électrique et voisines d'une petite source, furent aménagées en poste de secours, lequel, heureusement, n’eut jamais à être utilisé. Cette zone des abris constitue l'une des deux parties distinctes des Vaslins distinctes par leur aspect général, autant que par l'usage que devaient en faire les Chinonais des siècles derniers à l'entrée, la zone des caves à vin et, plus au fond, les carrières. Bien que les caves à vin n'aient reçu cette utilisation qu'à une époque relativement récente, antérieure toutefois au XVIIIème siècle (2), les multiples galeries, ramifiées au point de constituer pour le néophyte un véritable labyrinthe, ont encore été compliquées par des percements arbitraires, des fermetures de galeries, uniquement destinés à la satisfaction d'intérêts particuliers et ce, bien souvent, au détriment de l'intérêt général. De plus, sans doute par crainte des larcins possibles, des petits groupes d'occupants imaginèrent d'interdire par une porte commune, la galerie où s'ouvrait l'ensemble de leurs caves.

Il est évident, cependant qu'à l'origine les artères principales étaient assez spacieuses pour permettre le passage des chariots nécessaires à l'enlèvement des pierres extraites par les carriers, et leur étroitesse actuelle est due, presque partout, à la construction de murs longitudinaux derrière lesquels on a pu multiplier le nombre des caves. Un exemple typique de cette façon de faire est visible dans les Caves Peintes : dès que l'on a franchi la porte qui, de la grande salle d'entrée donne accès à la galerie, la paroi de droite, visiblement de maçonnerie récente et percée de portes, a réduit considérablement la largeur primitive de la galerie un coup d'oeil au plafond suffit à le démontrer.

Les premières visites laissent à l'esprit un souvenir très particulier: il semble impossible, en effet, de rattacher à un système quelconque ce réseau inextricable de caves très nombreuses, dont les ouvertures, béantes aujourd'hui, apparaissent de tous côtés, souvent d'orientation paradoxale, de dimensions et de formes infiniment variées. Cependant en utilisant les trous pratiqués par les pillards de 1921, pour progresser de cave en cave et atteindre celles qu'ils pensaient être les mieux garnies, il est possible de retrouver les grands traits du plan primitif. Il nous est arrivé, cependant, en suivant de pareils itinéraires au prix de franchissements délicats, de nous retrouver, non sans quelque surprise, à quelques dizaines de inètres de notre point de départ. On peut donc résumer ce qui précède en donnant comme centre à cette première partie des Caves Vaslins, le Carrefour de la Rencontre. Les maçonneries qui en ont singulièrement rétréci les dimensions, altèrent sa forme primitive au point de ne'plus laisser soupçonner sa destimation première. Négligeant le nouvel accès par les Caves Peintes, nous allons, en suivant l'itinéraire de nos pères et en pénétrant par la porte traditionnelle, décrire successivement tous les rameaux accessibles de la zone des caves à vin.

La porte franchie, on se trouve dans une salle assez courte dont le plafond est encore menaçant. La paroi de droite, soutenue par un robuste ensemble de madriers, évoque d'une façon impressionnante le cataclysme de 1921 qui a totalement écrasé un rameau se dirigeant vers l'Est. La paroi de gauche est percée de deux portes de caves. Au fond, une galerie, boisée et suintante, permet de franchir, en direction du Nord, le centre de la zone sinistrée. Quelques centimètres d'eau recouvrent le sol et, quelque part, une source mystérieuse s'égoutte. Trente mètres d'un parcours en S amènent à son extrémité. Nous débouchons alors dans l'ancienne artère qui conserve, ainsi que nous l'avons dit, sans grands changements, sa direction sensiblement S.-E. - N.-O. Aucun rameau perpendiculaire ne subsiste plus. L'éboulement demeure visible, à droite, sur une vingtaine de mètres après la sortie du boisage. A la suite se trouvent quelques petites caves effondrées. Sur la gauche, à quinze mètres de cette sortie, deux autres ont été remplies de débris résultant du percement du passage boisé. La deuxième présente un grand intérêt : la pression exercée par le poids des roches qui a fait éclater le fond de sa paroi Sud, par flambage, a démasqué un système de galeries d'un niveau inférieur de 2 m 50 environ et dans le fond duquel se serait trouvée une source assez abondante. On pouvait, paraît-il, autrefois, y cheminer sous terre, vers le Sud-Ouest, dans la direction de la Vienne sur une distance assez importante, tandis que vers le Nord-Est, on rejoignait sans doute les caves de la Brèche, sont visibles parmi les blocs amoncelés. dont les premières Une sorte de chenal existe encore dans la partie

Reprenons dans la galerie notre marche vers le Nord. Nous rencontrons à quelques mètres une sorte de niche, portant autrefois le nom de Berceau du Roi. Il s'agit sans doute d'une simple mangeoire pour les chevaux des carriers. La galerie continue et s'évase sensiblement. Sur les deux côtés, d'autres caves abandonnées. L'une d'elles, sur la gauche, renferme la citerne dont on avait envisagé l'utilisation pour le poste de secours. Peu profonde, elle est alimentée d'une eau très limpide. Elle se trouve exactement sous une maison située à l'angle des rues du Puy des-Bans et de la Porte-du-Château (parcelle 47 du plan cadastral). Cette précision résulte de la mésaventure survenue à un puisatier qui, pendant la guerre, approfondissait le puits de cet immeuble. Son outil, s'enfonçant soudain, disparut dans les ténèbres. On devait le retrouver dans la citerne dont nous venons de parler. Certains affirment que notre ouvrier sentit tout à coup le sol manquer sous ses pieds et qu'il disparut lui-même dans le noir... et dans l'eau. Fort heureusement, ses cris auraient été entendus par un des très rares passants de ces caves abandonnées qui, en le délivrant, aurait révélé au rescapé sa position en le délivrant, aurait révélé au rescapé sa position exacte.

La galerie continuant, aboutit à un premier carrefour. Sur la gauche, dans la maçonnerie, une large porte s'ouvre dans la direction Ouest sur deux grandes caves successives au bout desquelles une courte descente mène à l'ouverture de communication avec les Caves Peintes. Reprenant dans la galerie notre marche vers le Nord, nous cheminons pendant vingt mètres entre deux parois de murs et de rochers, percées l'une et l'autre de quelques ouvertures béantes, jadis portes de caves, maintenant abandonnées, et nous arrivons ainsi au Carrefour de la Rencontre d'où, redisons-le, trois directions s'offrent à notre choix : A notre droite une galerie vers l'Est, à gauche urne galerie vers l'Ouest et, en face, devant nous, deux portes dont l'une, très large, fermée par une grille à deux battants, donne accès à une série de caves.

Dirigeons-nous vers l'Est. La galerie, assez étroite, est également assez courte, sa longueur n'excède pas trente mètres. Elle est caractéristique et donne un exemple frappant des altérations considérables qu'ont fait subir aux dispositions primitives les constructions particulières prises sur les galeries anciennes. Nous avons, ici, à gauche la paroi rocheuse qui, à l'exception de quelques mètres de murs au début, est visible jusqu'à la fin. Une seule porte y est pratiquée, à quelques mètres du Carrefour. A droite, au contraire, une succession de portes ménagées dans un mur continu, signalent des caves peu profondes au fond desquelles on retrouve là paroi rocheuse initiale. En s'éloignant du Carrefour, la galerie primitive se resserrait légèrement car la profondeur des caves diminue progressivement. Nous arrivons ainsi à une sorte de rond-point de forme irrégulière, nettement déporté vers la gauche, par rapport à l'axe de la galerie dont le mur, sur notre droite, se prolonge de quelques mètres. Trois caves s'ouvrent sur ce rond-point ; les deux plus rapprochées de la galerie sont orientées vers l'Ouest tandis que la troisième fait face au Nord.

Légèrement à droite et faisant suite au mur de la galerie qui constitue l'un de ses piliers, une large ouverture s'appuie vers le fond du rondpoint sur un rocher de solidité douteuse. Elle donne accès à une salle assez vaste, au plafond assez bas (moins de deux mètres) et dont tout le côté droit est rempli par un long amas de décombres. Était-ce là un rameau important ou, simplement, le vestibule sur lequel s'ouvraient des caves nombreuses ? L'état actuel ne permet pas de le déterminer. Nous sommes arrivés à la lèvre Nord du grand éboulement de 1921 et le flambage des piliers, les crevasses suintantes du plafond signalent son extension possible et le danger toujours menaçant. Sur la gauche, la roche fait un angle rentrant dans lequel une baie de deux mètres de largeur donne accès à une assez grande salle centrale sur laquelle trois autres viennent s'ouvrir en éventail. Leurs parois sont alternativement faites de rochers et de murs et, au fond de celle de gauche, par rapport à l'entrée du système, une grille de fer laisse apercevoir un espace assez vaste dont on ne discerne pas le fond. Revenons dans la grande salle et suivons le mur opposé à l'amas de décombres dont nous avons parlé. A deux mètres environ, une cave avec, au fond, une citerne. Puis la paroi rocheuse continue en ligne droite pendant une dizaine de mètres avant de s'infléchir et de se perdre dans l'imprécision des éboulements qui, à cet endroit, atteignent le plafond. Toute cette partie est elle-même bordée de fragments de roches provenant du flambage. Juste à la fin de la ligne droite, signalée par quelques gros blocs de chute récente, une dernière ouverture s'offre à nos yeux. Irrégulière, avec des piliers flambés, ouverte dans une roche délitée, elle accède à un petit rameau perpendiculaire à la grande salle. C'est le lieu dit Le Buffet, entièrement disloqué par l'affaissement des couches supérieures.

Dès l'entrée, à droite, une porte dont les pieds-droits et le linteau sont écrasés, à demi remplie de pierres avec, dans le mur du fond, un trou indiquant le passage des pillards. Un peu plus loin, une autre ouverture. Mais là, la cave a été complètement anéantie. Nous sommes au fond de ce qui fut peut-être un rameau, mais un énorme amas de blocs ne laisse rien devine» de son ancien aspect. Cependant, sur la gauche de l'axe longitudinal, une crevasse conduit à un bout de galerie qui se heurte à un chaos absolument infranchissable, bien antérieur à 1921. C'est sur le côté gauche de cette crevasse que l'on voit encore un pan de rocher vertical, rectangulaire, bien dressé, au-dessous duquel, à hauteur d'appui, une partie horizontale plus saillante qu'une tablette de cheminée, figure approximativement un buffet et justifie la dénomination de ce quartier des Caves.

Il semble qu'autrefois ce rameau rejoignait les grands souterrains du coteau Saint-Martin, dans lesquels on entrait par une venelle de la rue du Puy-des-Bans et qui se continuaient, avant que de multiples éboulements ne les aient tronçonnés, jusqu'aux caves du Collège où se trouvait jadis la sortie principale des Vaslins.

(1) J.-C. Proust, qui nous accompagna, A. Pournier et M. Caru.
(2) Le 12 juin 1667, une délibération du Corps de Ville autorisait François Bridonneau, président en l'Election, à faire pier une cave dans les « Caves des Valains
», pour sa commodité personnelle... (Archives municipales)
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Source : Bulletin - Amis du vieux Chinon. 1950. page 44.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:21 (2017)    Sujet du message: Souterrains de Chinon.

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