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Souterrain du château de Chinon.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Lun 27 Déc - 18:26 (2010)    Sujet du message: Souterrain du château de Chinon. Répondre en citant

Souterrain du château de Chinon.
Par E. Pépin.


Le 2 Janvier dernier, j’ai exploré avec M. Dufresne le dévoué et intelligent concierge du château de Chinon, une galerie des souterrains du Fort du Coudray, galerie inconnue et impraticable jusqu’à ce jour. Je tiens à communiquer dès maintenant à la société quelques notes sur cette galerie. En partant du fond des souterrains, à 7 m du puits, sur la paroi Ouest, la galerie à une direction générale du Nord-Ouest au Sud-Est. Après un double détour à angle droit, elle se poursuit sur une vingtaine de mètres de longueur, et elle s’arrête à un mur construit en pierres sèches. Sa largeur varie entre 1 m et 1,25 m, cette galerie de niveau, elle était sans doute autrefois en escalier. La dénivellation est de 8 à 9 mètres. Elle fut creusée dans le roc, et ne reçut aucun revêtement de maçonnerie dans sa plus grande longueur. Le ciel est taillé en berceau, puis les huit mètres sont revêtus d’assises appareillées et recouverts d’une voûte en berceau brisé. A signaler la surélévation de la voûte et l’élargissement du souterrain pendant les trois derniers mètres. Cette voûte à trois mètres d’élévation, et sa hauteur dans la partie taillée dans le roc devait certainement être un peu plus grande.

Il nous faut faire remarquer encore un conduit d’aération rectangulaire et partant de la première voûte. La section de la voûte et l’appareil rappellent tout à fait la voûte recouvrant l’escalier qui conduisait du rez-de-chaussée de la tour du Coudray à l’étage souterrain. Nous attribuerons cette voûte au XIIIe siècle. Mais le souterrain existait-il avant ? C’est une question que nous ne discuterons pas ici. Si l’on applique le relevé de ce souterrain sur le plan du Fort du Coudray, on s’aperçoit que la partie voûtée est contiguë à la tour du Coudray. Selon nous, il servait à faire communiquer cette tour avec le réseau des souterrains, qui reliaient entre elles les différentes tours, portes et poternes de cette enceinte. Ce souterrain fut en partie comblé par un éboulement qui se produisit en avant de la première voûte. Et il semble que par un puits, dont on aperçoit encore la cheminée, on ait cherché à combler tout à fait cette galerie en y jetant des décombres.

 

Ceux-ci forment une certaine épaisseur au-dessus de la partie en pente, et pourraient être une cause d’accidents pour ceux qui voudraient y aller, sans s’être rendu compte du danger. Il y aurait lieu de faire descendre cet amas de terre et de pierrailles. C’est ce qui a été fait par M. Dufresne, dont on ne saurait trop louer l’initiative et à qui revient le mérite de la découverte de cette galerie.
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MessagePosté le: Lun 27 Déc - 18:26 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Mikerynos
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MessagePosté le: Lun 27 Déc - 18:30 (2010)    Sujet du message: Souterrain du château de Chinon. Répondre en citant

Les Souterrains du Fort du Coudray.
Château de Chinon.
Par J. H Gabus.

C'est en visitant le château de Chinon, voici quelques années, que mon ami Gérard Lamy eut l'idée de revenir avec moi pour en voir les souterrains. Disons d'emblée que le gardien du château, M. Balzeau, parle, en faisant visiter le donjon, de kilomètres de souterrains, dont certaines branches iraient loin dans la campagne. L'une d'elles, même, passerait sous la Vienne : des joints de plomb assureraient l'étanchéité du passage. La question méritait d'être examinée, et c'est pourquoi en ce printemps 1954, nous arrivions à Chinon, munis du matériel nécessaire à ce genre d'exploration. Celui-ci consistait en corde, chevillère, mètre, boussole-théodolite et diverses lampes ; ce matériel devait nous servir à faire un lever de « topographie expédiée ». Renseignements pris auprès de M. Richard, puis de M. Boucher, le seul travail restant à exécuter était un lever des souterrains du Fort du Coudray. Nous le fîmes en deux jours et demi et la restitution du plan d'après nos notes et croquis se fit à temps perdu, cet été. Ce château de Chinon, dont l'importance historique n'est pas à discuter, a été malheureusement fort abîmé dans son passé historique et plus récemment par les remblayages de toutes les excavations du sous-sol avec les débris des murailles. On a négligé d'en faire les plans, si bien que tout le dispositif architectural précis du Château du Milieu est perdu, à moins de gros travaux. Le sous-sol du Fort du Coudray n'a pas échappé entièrement à ce remblayage, c'est ainsi que plus d'une centaine de mètres cubes de déchets, terre et pierres, y ont été déposés.

Le Donjon.
D'une hauteur intérieure actuelle de 19 mètres et d'un diamètre total de 11,5 mètres, ce donjon est divisé en trois étages, dont seuls les deux inférieurs sont encore intacts. La salle du rez-de-chaussée (par rapport à l'esplanade) est ronde. C'est la salle des graffitis des Templiers. On y a percé une porte en profitant d'une meurtrière côté Ouest (27) la vraie entrée se trouve en effet au premier étage et au Sud du donjon. Le sous-sol auquel on accède par un escalier caché dans l'épaisseur du mur, en partant du rez-de-chaussée, est composé de deux salles. La première, à notre gauche en descendant, sur le troisième palier (5), conduit à la margelle d'une citerne (6 et 7). Celle-ci (8), dans laquelle nous sommes descendus, est à 12 mètres de profondeur. Elle a un diamètre de 3,5 mètres. Le fond est couvert de déblais dont nous ne pouvons estimer l'importance. Si du fond de la citerne nous levons les jeux vers, le côté Sud, nous voyons un second canal incliné dans sa partie directement visible (8). Plus haut, il se redresse et aboutit dans les restes de la muraille de la chapelle adossée au donjon. Il s'agit là, sans aucun doute, du canal qui amenait l'eau de pluie dans la citerne. Il est très probable que l'on récoltait l'eau des toits voisins et de celui de la chapelle à cette même fin. En face de la margelle de cette citerne, une meurtrière (4) donne le jour. Elle a été condamnée par la construction du soubassement, de la chapelle, tout comme la meurtrière (3) de la base de l'escalier à gauche en descendant. Mais tournons à droite : nous voici dans la salle du sous-sol, plus belle encore que celle du rez-de-chaussée. De forme octogonale régulière, ses murs sont percés de deux meurtrières donnant sur la douve (1 et 2) à l'Est et au Sud. Cette dernière a été agrandie pour permettre le passage d'un homme, probablement à l'époque pas très éloignée où la salle servait de glacière. Au plafond, nous remarquons un trou qui servait à verser la glace de la salle du rez-de-chaussée. A même fin, une porte a été percée entre l'escalier et la salle. Elle bée aujourd'hui sur le vide. Nous n'avons pas porté ces mutilations sur notre plan. La voûte sur croisée d'ogive, quadruple, est un chef-d’œuvre de construction gothique. Elle repose sur quatre arcs ogifs se croisant à la clé, et vient s'appuyer sur les huit pans de mur par huit formerets moulurés, qui retombent sur les huit chapiteaux aux intersections des murs. Au-dessus des embrasures des meurtrières, des ogives noyées dans le mur empêchent le poids de la tour d'en écraser les linteaux. Le tout est construit avec un art et un soin remarquables les moellons ont tous la même taille et sont impeccablement ajustés.
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Mikerynos
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MessagePosté le: Lun 27 Déc - 18:36 (2010)    Sujet du message: Souterrain du château de Chinon. Répondre en citant

Dans le mur Ouest est percée la porte qui marque le début des souterrains (1). Débutant par un court passage ogival dans l'épaisseur de la muraille, il est rétréci par une seconde porte au linteau renforcé, d'un très joli dessin. Nous retrouvons cette forme chaque fois qu'une ouverture n'est pas recouverte par l'ogive (par exemple la meurtrière 3, la porte 5). Nous voici au grand escalier, maçonné avec moins de soin que ce que nous venons de voir (11). Au plafond un canal un peu incliné, non visible sur le plan, servait peut-être à lancer des projectiles sur un ennemi infiltré dans le souterrain.

Le couloir dont nous descendons les escaliers a un tracé hésitant coudé légèrement à droite puis légèrement à gauche, il se termine en cul-de-sac. Auparavant un contour à angle droit (12) nous permet de continuer notre chemin. Nous avons quitté la partie maçonnée pour entrer dans la partie taillée à même la roche. Un cul-de-sac peu marqué arrête le couloir, nous tournons à gauche pour tomber dans le couloir horizontal (13) qui s'ouvre sur le puits III par l'orifice (14). Si, au lieu de nous diriger vers le puits, nous tournons sur la gauche, nous entrons dans le couloir 16 dans lequel s'ouvre le 15 qui passe sous le grand escalier (11 et 12) et qui s'arrête exactement sous le passage 12. Une dalle les sépare.

Le couloir 16 nous conduit à un carrefour (17) ; à main droite s'ouvre un cul-de-sac très bas et long (18), à main gauche un passage ogival et voûté (19): Continuons notre chemin par le passage coudé sur la gauche (20) pour entrer dans la demi-salle ogivale (21), percée d'une petite porte (22). Nous voici arrivés au carrefour (23). En face de nous un mur ferme le passage. Nous l'avons exploré par 2 mètres environ sans rencontrer le vide. Mais le plan nous en donne l’explication: cet ancien passage aurait été coupé par la douve creusée après coup. Le plafond du souterrain n'est qu'à 2,5 mètres en dessous du fond actuel de la douve qui, on le sait, est remplie de déblais. A nôtre droite, un passage très bas donne sur l’escalier (24) qui nous emmène à la tour de l’échelle, la partie supérieure de ce passage est maçonnée (26) et nous y voyons les montants d'une porte aujourd'hui disparue. Au plafond, à droite avant la porte, une a cheminée » contient un boulet rond de 25 cm de diamètre. Quelques mètres encore et nous voici au pied de l'échelle, dans la base d'une ancienne tour. Si la dalle qui en couvre l'orifice était enlevé, nous déboucherions sûr l'allée sablée de la terrasse du fort, entre le pont de la douve et la tour du moulin. Notons pour terminer cette description trop sèche, que les parties maçonnées du souterrain sont exécutées avec beaucoup moins de soins, que les autres constructions du Fort.

Considérations générales sur la construction du souterrain.
Ce qui frappe en regardant le plan de ce souterrain, c'est son incohérence, le tracé en est hésitant, les culs-de-sac nombreux. A notre avis, son tracé est le résultat d'efforts tendant tous vers la recherche dé l'eau, d'abord pour le Château du Milieu, ensuite pour le Donjon. Le couloir IV qui reliait vraisemblablement le Château du Milieu à l'emplacement du Fort est un couloir qui va à la recherche du puits, car le château n'a probablement pas d'eau ailleurs que dans des citernes. En cas de siège on doit pouvoir accéder à l'eau hors de la vue et des coups de l'ennemi. On creuse alors IV puis 23, 21, 20, 19, 17. On travaille sans instruments de topographie, et quand on juge être assez loin on perce 18 en direction du puits ; il est trop tôt, la galerie de sondage échoue et on abandonne. On se risque alors en direction 16, puis 15, on oblique à nouveau parallèlement à 18 et c'est alors la galerie 13 qui atteint le but recherché : le puits. Les mêmes tâtonnements se remarquent dans le tracé de l'escalier du souterrain descendant du donjon (11). Au bout de l'escalier un cul-de-sac, on tourne presque à angle droit sur la droite (12), cul-de-sac. A ce moment les ouvriers vont à la rencontre depuis la galerie 16 et nous voyons le sondage 15 être construit. On se rencontre enfin dans le plancher 12 à plafond de 15. La différence de niveau est brusque : 2 mètres c'est trop pour en faire un passage pratique. L'important est que l'on sache où l'on est. Le passage en plan incliné, reliant 12 à 13 et 16, est alors percé.

    

Dans le grand escalier au pied de l'échelle nous remarquerons les mêmes hésitations : le cul-de-sac 25, et au plafond des amorces de galeries abandonnées parce que bien au-dessus du niveau de l'axe principal du souterrain. Il ne nous appartient pas de donner des dates quant à l'exécution de ces travaux. Bornons-nous à en donner la suite logique :

1. Recherche de l'eau pour le Château du Milieu. Tentatives d'accéder au puits donnant sur la seule source de l'endroit. On creuse le passage principal IV à III (le puits). Travaux difficiles si nous en jugeons par les hésitations marquées de ce tracé.
2. Construction du Fort du Coudray, partie essentiellement militaire, alors que le Château du Milieu sera la partie habitable de l'ensemble. On construit alors la douve qui, trop profonde, entame le souterrain qui mène au puits. Ou mure alors le passage (IV).
3. La citerne du Donjon doit être gardée pour les cas extrêmes et un passage vers le puits est creusé. Hésitations à nouveau marquées (11 et 12). Une galerie de rencontre (15) est creusée à partir de l'axe principal (16). Elle échoue en partie à cause de la différence de niveau constatée au point de jonction. On creuse alors le plan incliné qui, encore actuellement, rejoint le puits.
4. L'escalier au pied de l'échelle est peut-être creusé pour une fin militaire. La jonction avec le donjon permet à la garnison, en dernière extrémité, de se réfugier dans le donjon. Les soldats passés, on retire l'échelle. (Sans cela, pourquoi un passage si mal pratique?)
5. La chapelle adossée au Nord du donjon est construite. Son soubassement sur la douve condamne deux meurtrières du donjon (3 et 4). Nous ne pouvons pas prouver que le point 4 ait été exécuté avant le point 5, ceci nous semble simplement plus probable logiquement.

Ainsi, nous semble-t-il, ce souterrain n'a rien du passage secret qui devait conduire à la campagne ou sous la Vienne. Nous ne nions pas que ces passages existaient ou existent encore en partie, mais une chose est certaine, ils ne partent pas du donjon du Fort du Coudray comme le dit le guide. Peut-être faudrait-il chercher dans le Château du Milieu ou dans la base des tours situées sur les murailles. Mais au fond qu'importe ? Comme nous le disait M. Balzeau : « Il faut bien raconter quelque chose aux visiteurs ! »
___________________________
Source : Bulletin - Amis du vieux Chinon. 1954. Page 23

Légende pour les plans des souterrains du Fort du Coudray (Chinon).

I. Entrée principale du souterrain dans la salle inférieure du donjon.
II. Entrée par la base d'une ancienne tour, puits de l'échelle.
III. Puits du Fort, donnant sur une source qu'on peut aussi atteindre
par les carrières du côté Ouest de la ville.
TV. Ancien passage présumé joignant le Fort du Coudray au Château du
Milieu.
1, 2, 3, 4. Meurtrières du rez-de-chaussée du donjon (côté douve).
5. Porte d'accès à la margelle de la citerne du donjon.
6. Margelle.
7. Citerne du donjon.
8. Ancien conduit d'eau du toit de la chapelle (?) à la citerne,
ou peut-être du toit de bâtiments détruits aujourd'hui.
9. Palier d'angle de l'escalier inférieur du donjon.
10. Porte de l'escalier inférieur du donjon.
11. Grand escalier du souterrain (partie maçonnée).
12. Escalier dans la roche.
13. Couloir menant au puits III (taillé dans la roche).
14. Ouverture du couloir sur le puits III.
15. Cul-de-sac passant sous 12 (taillé dans la roche).
16. Couloir taillé dans la roche.
17. Bifurcation (salle haute taillée dans la roche).
18. Couloir en cul-de-sac (taillé dans la roche).
19. Couloir voûté et maçonné (ogival).
20. Couloir coudé (taillé dans la roche).
21. Couloir voûté et maçonné (ogival).
22. Porte fermant les deux parties du souterrain.
23. Bifurcation (salle taillée dans la roche).
24. Grand escalier menant à l'échelle (taillé dans la roche).
25. Cul-de-sac (amorce de galerie).
26. Partie maçonnée du grand escalier et puits de l'échelle (III).
27. Entrée actuelle du donjon.

Ces plans et coupes sont exécutés à l'échelle de 1/100". La vue en perspective des souterrains débarrassés de leur entourage rocheux, supposé transparent, est exécutée au 1/200e échelle réelle pour la direction verticale et la direction à 30° sur le plan (45° dans l'espace). Pour cette figure, les souterrains ont été construits dans un système de coordonnées cubique vu par un axe d'ordre 3 ou, si l'on préfère, par une des grandes diagonales du cube. L'observateur est supposé être à l'infini dans cette direction. L'abondance des matières ne nous a pas permis de cette vue en perspective. L'auteur voudra bien nous en excuser.
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Dernière édition par Mikerynos le Mar 28 Déc - 13:53 (2010); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 28 Déc - 12:33 (2010)    Sujet du message: Souterrain du château de Chinon. Répondre en citant

Le souterrain de Roberdeau.
Raymond Mauny et Monique Laprune.



Fouilles, sondages et travaux effectués au Château de Chinon.
Pendant l’été 1968, les autorisations nécessaires ayant été accordées par le Chef de la Circonscription archéologique, le Professeur Gilbert Picard, l'Architecte des Bâtiments de France à Tours, M. J. Bidaut et les autorités préfectorales, une campagne de fouilles et sondages a eu lieu au Château de Chinon en août 1968. Une quinzaine de jeunes, recrutés par l'Association CAINO qui fournit, avec la participation financière des intéressés eux-mêmes, sans aucune aide du Département, de la Ville de Chinon ni des Sociétés locales, le soutien matériel nécessaire, travaillèrent sous notre direction à divers chantiers dans les douves du château et à ses abords immédiats.

Sondage au pied de la Tour du Coudray.
Une tranchée de 2,50 m de large était initialement prévue à travers les 10 m de la douve, juste à l'Est de la Tour. L'emplacement choisi était la base du milieu même de cette tour, point le plus bas du milieu même de cette tour, point le plus bas recouvert par des déblais du XIXe - XXe siècle. Les fondations furent atteintes à 2,80 m de profondeur du niveau initial, soit 24,70 m au-dessous du sommet actuel de la tour. Six couches furent reconnues, toutes de déblais, pierres et terre argileuse. Le matériel trouvé était sans intérêt : vers la surface, douilles de cartouches allemandes de 1940-1944, les douves servant alors de stand de tir, nombreuses ardoises, plus bas, avec fragments de poterie commune, non datable. Les mêmes constatations ayant été faites sur le bord opposé de la douve, au droit de l’excavation pratiquée dans le millarge, le sondage de la partie médiane fut jugé sans intérêt. L’essentiel avait été obtenu : La reconnaissance de la base de la tour.

Sondage au pied des Logis royaux.
Des travaux avaient été faits en 1960-1963 par des entrepreneurs afin de consolider la tour des latrines qui se termine à l’Ouest des Logis Royaux. Du matériel intéressant avait alors été recueilli : Nombreux fragments de poterie émaillée ou non, pieds de verre anciens (XVe - XVIe) carreaux d’ardoises, une monnaie d'argent de 1579, des os et des coquilles d'huîtres. Un sondage de 4 m sur 3, poussé à 1 m de profondeur (l'endroit était recouvert avant 1960 de 3 m de déblais récents) fit retrouver un matériel identique, mêlé de façon inextricable ; aucune stratigraphie n'était possible en ce point bouleversé au cours des siècles. A noter, un fragment de poterie émaillée XVIe, brun à lettres jaunes, de nombreux fragments de poterie émaillée verte (XVe - XVIe) dont un petit saint Pierre et un Enfant Jésus, faisant pendant à une Vierge en poterie émaillée verte trouvée en de poterie émaillée ou non, poterie domestique qui devait être utilisé dans les cuisines royales, devenues après 1500 celles du gouverneur du Château, plusieurs pieds de verres vénitiens dorés (XVe - XVIe), à tête de lion, deux jetons de Nuremberg aux armes du Dauphiné, une monnaie Louis XV, des os d'animaux, coquilles d'huîtres, de moules, etc. Il est normal de retrouver ce matériel en ce lieu, car nous sommes juste au-dessous des cuisines royales et la « casse » et les détritus devaient être jetés tout bonnement dans les douves.

Galerie sous la courtine Nord.
La galerie sous la courtine Nord, obstruée par 1 à 2 m de déblais, (XIXe - XXe) fut dégagée en grande partie afin de savoir s'il ne s'embranchait pas là des souterrains. Nos déblais ont montré qu'il s'agit d'une communication indépendante, sans liaison avec d'autres souterrains, faite sans doute pour faciliter les sorties des défenseurs du château.

Le souterrain de Roberdeau.
Le plus intéressant devait se montrer, le souterrain de Roberdeau, qui fut dégagé en grande partie des déblais qui l’obstruaient. L'on sait que Charles VII s'était épris violemment, vers 1442, d'une des filles d'honneur de la reine Isabelle de Lorraine, Agnès Sorel, et qu'il lui avait fait construire, au pied Nord du château, le manoir du Roberdeau, sis entre l'impasse Agnès-Sorel et la route de Tours. Il en subsiste bien peu de restes : une cheminée XVe, des soubassements de murs, des portes ogivales donnant accès à des caves et quelques piliers de soutènement.

Or la tradition chinonaise, consignée dès le XVIIe par le manuscrit des « Antiquitez de la Ville de Chinon », disait qu'un souterrain reliait le château au Roberdeau et certains ajoutaient même qu'il allait à 1.500 m de là jusqu'au château des Fontenils. Connu dès le début du XVIe comme l'atteste un graffite de ce souterrain (1519), puis au XVIIe (graffiti de 1659, 1660, 1670, 1683), retrouvé en 1806 par le sacristain creusant une tombe dans le cimetière Saint-Maurice, son existence n'était pas reconnue, paradoxalement, par l'historien chinonais G. de Cougny, qui écrivait en 1874 (3) que ce souterrain n'avait jamais existé. Son entrée est pourtant bien visible à 10 m au Nord du pied de la Tour d'Argenton, à 2 m de profondeur, dans l'ancien cimetière Saint-Maurice, pour peu qu'on se donne la peine de le chercher en coupant les ronces, les lianes et la végétation qui l'encombrent et la cachent.


Il en subsiste un tronçon de 20 mètres de long, construit en bel appareil voûté à décrochements, avec trou d'aération de 2,50 m de haut, il se termine au Nord, au bas d'une pente accentuée par un éboulis ancien. Sa direction générale est bien Tour d'Argenton - manoir du Roberdeau, dont les murs ne se trouvent qu'à 20 m au-delà. Son entrée septentrionale, qui doit se situer dans le clos du Roberdeau, n'a pas été retrouvée et les deux caves à entrée ogivale dont la plus orientale a été coupée en deux lors du creusement de la tranchée de la route de Tours en 1774 et aboutit à la cave à eau de la propriété Soulas, au Nord de la route, ne fait pas partie de cet ensemble. Notons que la cave Soulas se termine à 4 m en cul-de-sac sur la paroi rocheuse : Il ne peut donc être question d'envisager qu'il puisse aller jusqu'aux Fontenils. Encore une légende chinonaise tenace qui s'écroule...

Mais le tronçon de 20 m de l'ancien cimetière, lui, représente bien le souterrain du Roberdeau : typique souterrain de communication, il ne peut être autre que celui dont la tradition attribue la construction à Charles VII pour rendre des visites discrètes à sa belle. Il devait aboutir au Sud dans le château dans une petite tour semblable à celles de l'enceinte Nord et qui fut démolie fin XVe pour être remplacée par la Tour d'Argenton. C'est lors des travaux d'édification de cette dernière que le souterrain, désormais inutile, dut être réduit et une porte d'entrée posée pour en empêcher l'accès : l'encadrement, encore visible, portant des dates du XVIIe et une signature plus ancienne, en écriture gothique, attestent son ancienneté. Il est donc permis dans ce souterrain historique d’évoquer Charles VII allant retrouver la belle Agnès Sorel... Enfin, la pierre tombale du curé Gendron, curé de Saint-Maurice, mort le 23 mai 1832 âgé de 65 ans, qui se trouvait dans ce souterrain, où elle dut être transportée début XXe pour une raison inconnue, a été placée, pour en assurer la sauvegarde, dans la salle basse de la Tour de Boissy. Il est à souhaiter que de nouvelles campagnes de fouilles viennent au cours des prochaines années compléter encore nos données sur l'antique forteresse, et en particulier celles relatives à l'époque gallo-romaine.


_________________________
Source : Bulletin - Amis du vieux Chinon. 1969. Page 69
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