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Le souterrain refuge du château de Cécigny.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Mer 16 Nov - 18:22 (2011)    Sujet du message: Le souterrain refuge du château de Cécigny. Répondre en citant

Le souterrain refuge du château de Cécigny (Lerné)

Sur la commune de Lerné, s'élèvent les ruines du château de Cécigny construit au XVe siècle. De cet ancien logis, ne restent que des pans de murs, ainsi qu'une haute tour polygonale. Les communs, datant du XVIIe siècle, sont en bon état. C'est sous ces derniers que se trouvent deux réseaux souterrains fort intéressants, appartenant, peut-être, initialement au même ouvrage. A l'extrémité Ouest des bâtiments s'ouvre rentrée de la première partie. Le départ du boyau se situe à deux mètres de hauteur dans la paroi d'un caveau. Des traces au plafond et en face de cette ouverture montrent que ce couloir était initialement plus important, et que c'est le creusement de la cave qui l'a dénaturé. Cette galerie, relativement large, incurvée, mène après plusieurs mètres dans une autre, plus haute, et appareillée dans sa partie supérieure.

Un système défensif bien étudié.
Ce couloir, de plus d'une dizaine de mètres de longueur, devait descendre du château, mais son extrémité supérieure est murée. Grâce à la forme de la voûte en berceau brisé, il est possible de dater ce passage du XIVe siècle ou du XVe siècle. Il a probablement été réalisé au XVe siècle, à l'époque de la construction du château, de la façon suivante: une galerie a été creusée à ciel ouvert dans le rocher. Elle a ensuite été recouverte par la voûte appareillée. Ce système était pratique pour l'évacuation des déblais, mais nécessitait la présence de maçons compétents pour la réalisation d'une telle voûte. Nous avons d'ailleurs remarqué, percées régulièrement dans les parois, les excavations ayant servi à maintenir les cintres soutenant la voûte lors de sa construction. Près de l'entrée murée se trouve gravés sur les pierres des graffiti anciens et intrigants. Bien que certains ne soient pas identifiables, l'un d'eux pourrait représenter un homme portant une coiffure médiévale. Après plusieurs feuillures qui permettaient de bloquer le passage, le couloir aboutit à une embrasure taillée dans le roc. Celle-ci pouvait accueillir une épaisse porte, comme en témoigne l'importante feuillure. Le battant, vu les traces laissées au plafond, s'ouvrait vers la droite. Ainsi, lorsque les assaillants réussissaient à l'enfoncer, ils devaient passer à gauche. Or, juste de ce côté, après une marche, se trouve un puits piège qu'il était difficile d'éviter à la lueur d'une torche. Mais si les assaillants le contournaient, et longeaient la paroi droite, alors les défenseurs, cachés dans une niche de vedette, pouvaient les anéantir. Ce recoin permet à un homme de se tenir parfaitement camouflé, et il n'est visible que lorsqu'on arrive à son niveau.


Après ce système défensif remarquablement bien étudié, le boyau, maintenant totalement creusé dans la roche, aboutit dans une grande salle. Celle-ci est encombrée par des pierres et de la terre provenant d'un éboulement. Cependant, dans l'angle sud, il est encore possible d'emprunter une chatière donnant accès au reste du souterrain. Passé ce goulot, qui pouvait être obstrué grâce à une épaisse feuillure, le plafond s'élève, et on peut progresser debout dans un boyau muni de niches à lampe et de feuillures. Sur la gauche, un puits donnant sans doute originellement en surface, mais aujourd'hui obstrué par des éboulis. Quelques mètres plus loin, un mur barre le passage. Ceci correspond à l'arrivée du boyau dans une cave voisine. A cet endroit, il devait exister une salle, la chatière étant destinée, tout comme les feuillures, à en interdire l'accès. Cette excavation a probablement été agrandie pour donner la cave actuelle.
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Source : Texte de J.M Machefert et J& L Triolet - Souterrains refuges de Touraine.
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Dernière édition par Mikerynos le Mer 16 Nov - 18:31 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 16 Nov - 18:22 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Mikerynos
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MessagePosté le: Mer 16 Nov - 18:30 (2011)    Sujet du message: Le souterrain refuge du château de Cécigny. Répondre en citant

L'autre réseau s'ouvre aussi sous les communs du XVIIe siècle, mais plus à l'est. L'entrée actuelle est postérieure au souterrain. Initialement, l'accès se faisait par une chatière creusée en hauteur dans la paroi. Cette ouverture;' aujourd'hui condamnée, pouvait être obstruée à l'aide d'une porte en bois logée dans la feuillure (F1) et calée par une grosse pierre. L'étroiture donnait accès à la salle (C), de petite taille et basse de plafond. C'est sur une paroi de ce réduit que se trouve gravée la date 1329. Ce graffiti, probablement laissé par un veilleur qui s'ennuyait, atteste de l'ancienneté du souterrain. Deux ouvertures permettaient ensuite de pénétrer dans la salle (A). L'une, assez étroite, se trouve juste à côté de la chatière, et l'autre pouvait être obstruée grâce à la feuillure (F3) Lorsqu'on emprunte le premier accès, arrivé dans la salle (A) la présence d'un pilier ne laisse que deux itinéraires possibles. En se dirigeant vers le nord, il faut passer entre pilier et paroi. Les assaillants se trouvent alors à la merci de deux trous de visée contrôlés de la petite salle de garde circulaire (B), Sur la gauche, le passage pouvait être barré par la feuillure (F2) et les assaillants tournaient alors le dos aux mêmes trous de visée. De plus, cet obstacle franchi, les agresseurs se trouvaient à nouveau face à un trou de visée, contrôlé cette fois de la salle (D) Le second passage venant de la première salle(C) aboutit lui aussi après (F3) au niveau du débouché de ce trou de visée.

   

A cet ensemble feuillures-trous de visée, s'ajoutait probablement un autre élément défensif. En effet, dans les parois Ouest et est, juste après les passages le long du pilier, se trouvent deux anneaux forés dans la roche. Ceux-ci servaient certainement à attacher un animal. Vu l'étroitesse de la chatière, le seul bétail pouvant être parqué serait de la taille d'une chèvre ou d'un mouton. Mais il nous semble bien étrange d'attacher à cet endroit des animaux qui auraient bloqué le passage. Ainsi, il est bien possible que ces anneaux aient plutôt servi à attacher des chiens qui faisaient partie intégrante du système de défense. Ces derniers, disposés de chaque côté du pilier, pouvaient intimider les assaillants qui s'arrêtaient alors juste dans l'axe des trous de visée. En général, le débouché d'un trou de visée se fait toujours devant un obstacle, pour que l'assaillant reste dans l'axe de tir. L'absence ici de feuillure ne peut que renforcer la thèse de l'utilisation des chiens (cf. article sur les anneaux). Enfin, la présence de molosses aboyant, grognant et grondant dans le souterrain sombre, étroit et fouillé de pièges, pouvait décourager bien des hommes.

   

Il fallait donc franchir ce redoutable système de défense pour accéder à la salle (A) qui devait être l'un des principaux lieux de séjour des occupants. Cette vaste salle, assez haute de plafond, comporte de multiples aménagements utilitaires. Les nombreuses niches de différentes tailles ainsi que les alvéoles de la paroi Nord peuvent résulter en partie de la transformation assez récente de cette pièce en cave, mais, la niche à lampe au dos du pilier, ainsi que certaines niches plus grandes étaient, sans doute, utilisées par les occupants du souterrain. L'important système d'aération et d'éclairage montre que cette salle était destinée à accueillir de nombreuses personnes et constituait un des lieux de séjour les plus confortables du souterrain. Dans la paroi est se trouvent percés cinq trous-lucarne (t1) Ces conduits obliques, dirigés vers le haut, devaient déboucher à l'extérieur. Ils permettaient tout comme le trou d'aération foré au plafond d'aérer la pièce, mais servaient aussi à l'éclairer.

Comme certaines lucarnes assurant l'éclairage des habitations troglodytes, ils sont évasés vers l'intérieur de la salle. Ainsi, la lumière du jour se réfléchissait sur les parois pour donner un éclairage diffus. La quasi-absence de niches à lampe dans cette salle semble confirmer cette hypothèse. De la salle (A) grâce à un passage défendu par la feuillure (F4) il est possible d'accéder à la salle (D) contrôlée par un trou de visée. Dans la paroi Ouest de ce réduit, une ouverture est obstruée par un mur en pierres de taille, dont les joints sont en argile. Nous avons dû aménager un passage dans la partie supérieure du mur pour pouvoir explorer le reste du réseau. Après une feuillure (F5) et un coude, ce couloir mène dans une longue salle (E) Celle-ci, assez remblayée, possède deux trous d'aération forés dans le plafond, un trou à lumière, ainsi que plusieurs niches à lampe. Il est d'ailleurs intéressant de remarquer que ces niches sont placées dans la partie de la pièce ne pouvant pas être atteinte par le faisceau du trou à lumière. Une vertèbre d'animal de grande taille (bovin par exemple) relief possible d'un repas, ainsi qu'un petit tesson de poterie vernissée médiévale (datée du XVe, XVIe siècle) trouvés tous deux sur le sol de la pièce indiquent que le souterrain a bien été occupé.

 

A l'Ouest de cette salle, une chatière de deux mètres de long mène dans la salle terminale (F) Ce goulot pouvait être bouché à l'aide d'une feuillure (F6). Cette pièce possède deux niches taillées dans ses parois, et au Nord une ouverture obstruée par des éboulements provenant de la surface. Ainsi, grâce à la topographie de ces deux réseaux, à la découverte de graffiti et à l'exploration de parties jusqu'alors inconnues, nous pouvons établir que ce souterrain date au moins du XIVe siècle, et qu'il a probablement été utilisé à cette époque.Il a, bien sûr, pu être creusé antérieurement, mais certains éléments, comme la galerie appareillée en ogive, sont contemporains du château, ce qui montre bien qu'il faisait partie intégrante du système militaire de la forteresse, constituant l'ultime retraite des assiégés.

Nous ne connaissons pas le souterrain dans sa totalité puisque certaines parties sont éboulées. Si les deux réseaux se rejoignaient initialement, le souterrain était alors très étendu, et serait beaucoup plus Important que tous ceux actuellement connus en Touraine. Mais rien ne peut confirmer ou infirmer cette hypothèse.
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Source : Texte de J.M Machefert et J& L Triolet - Souterrains refuges de Touraine.
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