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Les souterrains du château de Loches.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Sam 10 Mar - 12:32 (2012)    Sujet du message: Les souterrains du château de Loches. Répondre en citant

Les souterrains du château de Loches.
Par E. Gauthier.


A la session du congrès archéologique de Loches, le 11 juin 1869, je décrivais les souterrains du château de Loches, et j'émettais cette opinion :
« Les souterrains du donjon sont des souterrains de refuge d'une importance considérable. Ils ont de nombreux points de similitude avec ceux qui ont été fréquemment découverts en Poitou (1). Ce que nous en connaissons n'est qu'un fragment de ce qui existait autrefois. Ils font partie d'un vaste système de défense qui doit s'étendre sous toute l'enceinte du château et dans la campagne, à des distances considérables. »

Le lendemain même, M. Paillart, Sous-préfet, faisait ouvrir à la Sous-préfecture, dans une chambre à coucher de la partie Louis XII, une porte murée depuis nombre d'années. On trouva un escalier à vis donnant accès à des souterrains de dimensions très-vastes, et de la configuration desquels il serait difficile de se faire une idée sans une étude attentive. Les membres du congrès les visitèrent, et ils furent facilement convaincus qu'ils avaient été pratiqués dans un but de défense ou de retraite.Malheureusement, comme au donjon, ils sont murés ou comblés dans toutes leurs issues. Voilà donc, aux deux extrémités du massif de rocher que l'on appelle l'enceinte du château, deux fragments de souterrains ayant, à quelques différences près, les mêmes caractères et la même destination. D'autres encore existent entre ces points extrêmes, et avec un peu de temps et d'étude il serait possible, sinon facile, de jalonner leur direction. La plus grande difficulté vient de ce que dans beaucoup d'endroits ils ont été interrompus par des murs, quelquefois même comblés et ensuite murés. Mais, je le répète, il ne serait pas impossible de retrouver leur direction et leurs principales issues. Chaque jour pourra amener sa découverte, qui sera perdue si elle est isolée, mais qui donnera des résultats précieux pour l'archéologie, si l'on a soin de les rattacher toutes à un ensemble, à un plan général.

De ces éléments, encore trop restreints, j'ai fait le point de départ d'observations dont je vous demande, Messieurs, la permission de vous entretenir. Ce n'est pas la première fois que vos études se portent sur les souterrains de refuge. Un certain nombre vous a déjà été signalé. Mais je crois reconnaître, dans ceux que j'ai étudiés et qui font l'objet de cette note, des caractères particuliers d'une haute importance, et qui n'ont point été signalés jusqu'ici et, ce qui est plus Important, j'ai cru pouvoir leur assigner une date qui ne doit pas être loin de la vérité.
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(1) Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, années 1851.
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MessagePosté le: Sam 10 Mar - 12:32 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Mikerynos
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MessagePosté le: Sam 10 Mar - 12:35 (2012)    Sujet du message: Les souterrains du château de Loches. Répondre en citant

Souterrains du Donjon.

L'étage inférieur des constructions élevées au XVe siècle, est occupé par un souterrain de forme irrégulière, où la tradition a placé les oubliettes et l'entrée d'un chemin couvert qui se prolongeait jusqu'à Châtillon. Je remarque, en passant, que dans tous les vieux châteaux où il y a. des souterrains, la tradition veut que ceux-ci s'étendent sous la campagne à une distance excessive : il en est ainsi pour les châteaux de Preuiily, du Grand Pressigny, d’Etableau, et pour beaucoup d'autres. Cette tradition nous indique, à mon avis, leur véritable destination. C'est un moyen de communiquer au dehors, souvent à une distance considérable, mais certainement exagérée par la légende.

Mais à Loches nos souterrains ont des caractères particuliers que je vais signaler. Permettez-moi d'abord de mettre de côté la légende des oubliettes. Vous savez combien elles sont rares. Partout où l'on croyait en trouver, les hommes de l'art ont reconnu qu'ils avaient affaire à tout autre chose. Ici encore, la principale oubliette communique avec le cachot de Ludovie Sforce (2), où elle servait à un usage moins terrible et plus journalier.

Quant aux autres, j'y reviendrai ; mais dès à présent il faut remarquer qu'il est inadmissible de supposer des oubliettes communiquant avec un passage fréquenté, témoins les inscriptions des murs, et auquel on accédait par un escalier tournant parfaitement construit. Il faudrait supposer aussi que nôtre château aurait été vraiment privilégié sous ce rapport, puisqu'on en compte jusqu'à trois, peut-être quatre. Une seule aurait bien suffi. Est-ce à dire pour cela que ces souterrains n'ont point vu d'exécutions secrètes et autres mystères de ce genre ? L'inscription requiescat, qui se trouve répété deux fois en cet endroit, donne fort à penser le contraire. Mais ce ne sont pas là des oubliettes dans le sens qu'on donne à ce mot. Il faut donc abandonner cette idée trop romanesque et contredite par les faits. Si nous y perdons en poésie lugubre, nous y gagnerons quelque chose en vérité archéologique.

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(2) Duc de Milan, en 1504, il est transféré au château de Loches où il vivra ses dernières années. Il meurt dans sa prison le 27 mai 1508. Officiellement, il est mort le jour de sa libération « ébloui par la lumière du soleil ». Cette cause de décès camouflerait un décès par maladie, ou par assassinat. Son corps aurait été, dans un premier temps, enseveli près de la Collégiale Saint Ours, à Loches, puis transféré à Milan dans l'église de Santa Maria delle Grazie auprès de celui de Béatrice d'Este, mais il semblerait que les Milanais n'aient pas voulu du corps de celui qu'ils n'ont jamais reconnu comme duc de Milan. Aucune sépulture ne lui est aujourd'hui consacrée.
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MessagePosté le: Sam 10 Mar - 18:45 (2012)    Sujet du message: Les souterrains du château de Loches. Répondre en citant

Description.
Le souterrain est de forme irrégulière, creusé en plein roc, quelques parties de soutènement sont seules bâties. Le rocher dans lequel il est creusé supporte les constructions de cette partie du château qu'on appelle « Le Martelet » On y descend par un escalier tournant, qui, à partir du cachot de Ludovic Sforce, prend la direction rectiligne pour descendre au cachot de l'oubliette. Un autre escalier tournant nous conduit dans une vaste salle qui s'étend à droite et à gauche, et se prolonge en avant, à peu près dans la direction du sud, par un boyau terminé par un escalier que l'on monte, et au bout duquel est une porte murée. Voilà l'ensemble.


Localisation 

Dans la salle dont je viens de parler, et que j'appellerai la salle d'entrée, on remarque au ciel de la carrière trois trous cylindriques. Celui du milieu est bouché, et communique avec le cachot de l'oubliette qui est immédiatement au-dessus. Celui de droite traverse presque toute la hauteur du bâtiment et communique à la fois avec le cachot de l'oubliette et avec le privé du cachot de Ludovic Sforce. Le troisième s'arrête à une certaine hauteur sans avoir été creusé plus avant. Évidemment celui-là n'a pas pu servir d'oubliette, puisqu'il n'a pas d'issue par le haut. J'y montai, et je ne fus pas surpris, quand je fus engagé dans ce cylindre, de trouver de chaque côté une ouverture d'un mètre, donnant accès dans un nouvel étage de souterrain également creusé dans le roc.

L'un des côtés semble avoir deux directions B et C. Dans la paroi de gauche du côté C j'ai remarqué deux niches allongées creusées à environ 1m50 au-dessus du sol. Dans le côté A un tube creusé dans l'épaisseur du roc se voit au plafond et se continue au-dessous. La partie du dessous est bouchée mais parfaitement reconnaissable. Ce tube peut avoir un décimètre de diamètre. Le côté A est en partie rempli de décombres (PI. II. fig. 1) Le trou du milieu communique comme je viens de le dire avec le cachot de l'oubliette (fig. 2)

Remarquons que ce cachot se trouve au même niveau que le souterrain ABC. Un examen prolongé m'a fait penser qu'il avait été bâti dans une partie de ce souterrain dont on voit encore deux prolongements en dehors du périmètre construit du cachot. Une porte que l'on fit déboucher nous montra une partie de ce souterrain remplie de décombres ayant deux tubes creusés dans le roc, l'un perpendiculaire, l'autre oblique. Cette fraction de souterrain s'ouvre à mi-étage sur le conduit du cachot de Ludovic Sforce. Une autre partie également en roc est accessible par une porte du cachot bâtie évidemment dans cette intention. Un homme placé dans le souterrain C frappa le mur qui le ferme, et j'entendis très-distinctement les coups dans de l'oubliette au mur du fond. Ils paraissaient cependant assez éloignés, ce qui me fait penser que le mur du cachot a une grande épaisseur. Il faut encore remarquer que les murs de ce cachot laissent voir à leur base des portions de rocher. (fig. 2)


Fig.2 

Le troisième trou monte comme je l'ai dit au cachot de Ludovic Sforce. Ce cachot a encore été bâti dans un souterrain, ou du moins à l'affleurement du sol, on aperçoit le roc au pied du mur. Une quatrième ouverture pareille aux trois autres paraît exister à quelques pas de là, au-dessus d'un amas de décombres qui bouche une des branches du souterrain. Voilà pour ce qu'on appelle les oubliettes. Le reste est un long boyau qui peut avoir deux ou trois mètres de large selon les endroits, sur une hauteur de 1m ou de 1m50, et une longueur de 15 à 20 mètres. La voûte est inégale, comme dans une carrière, et trop basse pour qu'on puisse passer debout, mais sur la droite elle s'élève d'une hauteur suffisante. Je ne sais si cela a été fait à dessein ou creusé après coup. (PI. II. fig. 3) Au bout on trouve un escalier de 16 marches taillé dans le roc, et la voûte s'élève en suivant la pente de l'escalier, mais elle est bien plus haute que dans le reste du souterrain. Au bout de cet escalier le passage était fermé par une maçonnerie récente et grossière. Nous le fîmes ouvrir. Derrière était un amas considérable de décombres, mais nous avons pu reconnaître l'entrée d'une chambre taillée dans le roc. Un éboulement était à craindre. Les décombres paraissaient avoir été introduites par le haut, sans doute par une ouverture semblable aux oubliettes ou par une issue ignorée aujourd'hui. Il fallut s'arrêter. (PI. II. fig. 4)
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MessagePosté le: Sam 10 Mar - 18:48 (2012)    Sujet du message: Les souterrains du château de Loches. Répondre en citant

Un détail à noter : Les coups de pic sont encore très-visibles sur le rocher, et leur direction nous donne à supposer que l'escalier à été creusé de haut en bas, c'est-à-dire en descendant, de sorte qu'il fallait remonter derrière soi tous les matériaux de déblai. Nous aurons occasion de faire plus tard.

La même remarque dans un autre endroit. Elle ne peut s'expliquer que très-difficilement, peut-être par une différence de niveau dans le percement du souterrain entrepris de deux côtés à la fois ; mais l'existence d'un souterrain supérieur paraît démentir cette supposition. Peut-être ne faut-il pas attacher à cette remarque trop d'importance, et ce travail peut avoir été fait après coup pour régulariser les côtés de l'escalier. Dans tous les cas, le fait existe. Nous n'avons pas mesuré la profondeur exacte de ces souterrains, mais nous avons pu voir, par des points de repère communiquant avec le dehors, qu'ils sont plus élevés de quelques mètres que le niveau des fossés. Cependant, le niveau des souterrains doit être très variable, et dans les fossés nous avons trouvé des ouvertures communiquant avec les parties ignorées, lesquelles ouvertures ont, du côté opposé du fossé, une ouverture à peu près correspondante. Ce qui me fait supposer, non sans raison je crois, qu'ils communiquaient avec d'autres souterrains connus sous le nom de « Caves de la porte poitevine » souterrains énormes, encore exploités aujourd'hui comme carrières. A Bel Ebat, deux trous à fleur de terre, infiniment-plus larges que les oubliettes, communiquaient avec ces caves. Dans l'angle du premier on voit les restes d'un escalier ancien, hexagone, et qui prenait jour sur ce puits. Les marches sont écroulées et une végétation abondante de lierres et de clématites entretient en cet endroit une obscurité qui ne permet guère d'en distinguer la forme. (PI. II. fig. 8)


A quelque distance du château, sur la contre-escarpe du fossé, dans une vigne, on trouve un trou pareil aux oubliettes. Et dans ce même endroit il m'a été dit qu'on avait trouvé des tuyaux en terre, enfoncés perpendiculairement dans le sol. Quel est donc le véritable caractère de nos souterrains : Sont-ils des oubliettes ? Assurément non. Sont-ils des carrières ? Il n'est pas impossible qu'on ait utilisé la pierre qui en est sortie pour bâtir certaines parties du château. Mais à y voir le caractère ordinaire des carrières, Il y a là une exploitation trop irrégulière, et c'est aussi l'avis de plusieurs carriers que j'ai interrogés à cet égard. J'y vois avec plus de certitude des souterrains de refuge, ou bien un chemin de ronde pour le service de la forteresse. Dans tous les châteaux anciens on trouve ces souterrains disposés soit pour la défense, soit pour la retraite, soit pour le service de la place et les communications au dehors. Il serait assez naturel de retrouver la même chose ici. Mais, chose singulière, c'est le château lui-même, ou du moins la partie qui est au-dessus du souterrain, qui a détruit le souterrain. Dans cette longue galerie de roches, tout ce qui est construit est ancien, et les dates inscrites sur les murs, dates qui ne paraissent pas du tout apocryphes, se rattachent au commencement du XVe siècle. Tout ce qui est construit parait fait pour porter les constructions supérieures dans la crainte d'un écroulement.

On ne s'est pas préoccupé le moins du monde du souterrain, et on l'a muré sans scrupule, on a soutenu les rocs suspendus, partout où l'on avait besoin d'une partie solide quand on rencontrait une partie minée. Bien plus, le cachot de Ludovic Sforce, et celui qui est au-dessous, paraissent bâtis dans le souterrain lui-même, qu'on a rencontré là en construisant, et qu'on a utilisé comme il se présentait. (PI. II. fig. 5) Aussi, pour le cachot de Sforce, la forme irrégulière paraît avoir été nécessitée par une disposition antérieure des lieux. Dans tous les appartements du château, je vous demande pardon, Messieurs, de revenir sur ces détails, mais je désire ne rien négliger, dans tous les appartements du château, le privé se trouve dans un coin. Ici, au contraire, il se trouve au bout d'un passage de deux mètres, et non pas directement à l'extrémité, mais un peu à droite dans un enfoncement. N'est-il pas permis, quand on voit à la base des murs le rocher intact, de supposer un souterrain de forme, c'est à-dire une salle assez large, communiquant par un boyau étroit à ce puits qui descend jusqu'au bas du souterrain inférieur. Notons encore que les parois du puits portent des trous qui permettent de placer les pieds et les mains pour y descendre, et que dans le cachot du dessous, il y a un rebord qui permet l'accès dans le cachot avant de descendre dans l'étage inférieur.
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MessagePosté le: Sam 10 Mar - 18:48 (2012)    Sujet du message: Les souterrains du château de Loches. Répondre en citant

Voilà donc, à mon sens, trois étages communiquant les uns avec les autres au moyen de ce puits. Le cachot de l'oubliette, comme celui de Sforce est bâti dans un souterrain, et ici la chose est évidente. Deux portions de souterrains existent encore en dehors de cette chambre, avec des portes pour y accéder. Le cachot, dans la partie indiquée C, communique avec le souterrain supérieur C dont j'ai parlé plus haut. (PI. II. fig. 2) De tout ce que je viens de dire, et c'est là le point important sur lequel je me permets d'appeler toute votre attention, je tire cette conclusion que les souterrains sont antérieurs à la construction qui les surmonte, et qu'ils n'ont point été faits pour elle, puisqu'elle les a toujours détruits ou modifiés partout où elle les rencontrait.

  

Nous avons donc un point de départ certain, une date que nous ne pouvons dépasser ; il faut remonter plus haut. J'irai plus loin : l'enceinte primitive du château du côté des fossés, enceinte qu'on peut attribuer au XIIe siècle environ, se composait d'un mur droit protégé de distance en distance par de petites tours rondes en maçonnerie pleine. On y ajouta trois grosses tours angulaires, dont la date est évidemment postérieure, et qu'on attribue au XIIIe siècle. En élevant ces tours on creusa plus profondément le fossé. Ce qui le démontre c'est que deux de ces tours assises sur un empâtement de roches ayant exactement la même forme qu'elles, tandis qu'on n'en remarque pas à celle du milieu, qui descend en maçonnerie jusqu'au niveau actuel du fossé, niveau certainement surélevé. Or plusieurs ouvertures de souterrains sont à peu près même niveau, et l'on retrouve des ouvertures correspondantes dans l'escarpe et dans la contre-escarpe ; ce qui nous prouve que le souterrain a été coupé lorsqu'on a voulu creuser le fossé plus profondément lors de la construction des grosses tours. (PI. II, fig. 6 et 7)

Il faut donc encore en tirer cette conclusion que les souterrains sont antérieurs au fossé qui est venu les couper : non pas au fossé pouvant exister au XIIe siècle et qui paraît avoir été peu profond, mais à celui du XIIIe qui a été creusé plus profondément. Il faut donc reculer notre borne au XIIe siècle, et chercher plus haut l'origine de nos souterrains. Jusqu'à présent il m'a été impossible de trouver dans le château un souterrain dont on puisse d'une façon certaine et bien constatée établir l'existence antérieurement à la construction du vieux donjon. Il est cependant à peu près certain qu'il en existe quelques-uns, car nous ne connaissons qu'une petite partie de ceux qui traversent dans tous les sens le sol de la citadelle. Un puits découvert en 1866 dans l'angle sud de la Tour Carrée pourrait bien être l'entrée de ceux que nous cherchons et qui seraient alors au moins contemporains de cette tour. La même disposition se remarque à Beaugency el à Montbazon. Ces puits servaient à la fois pour donner de l'eau à la garnison et pour communiquer avec les souterrains.

  

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Note: Planches en haute définition disponibles sur demande.
Source: Bulletin SAT 1874 (T3)-1876

Souterrains de la Sous-Préfecture.
La Sous-préfecture (ancien château Royal), située à l'extrémité opposée de l'enceinte du château, nous présente encore un ensemble considérable de souterrains. Ici encore, même caractères que dans la citadelle, plus accentués si c'est possible. C'est un véritable dédale, et il est impossible de se rendre un compte exact de tous ces détours, de tous ces recoins, la première fois qu'on les visite... La suite : Souterrains de la Sous-Préfecture.
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MessagePosté le: Sam 11 Juin - 18:41 (2016)    Sujet du message: Galerie de ravitaillement du château de Loches. Répondre en citant

Galerie de ravitaillement du château de Loches.

Établie sur un promontoire long de 450 m. et resserré à la racine qui le relie au plateau, la forteresse de Loches bénéficie d'une haute antiquité, puisqu'elle est entrée dans l'histoire vers le milieu du Ve siècle…

En avant de l'enceinte, on a entaillé le plateau, à la naissance du promontoire, d'un fossé considérable véritable tranchée creusée en pleine craie et profonde actuellement de 10 mètres sur une largeur maxima du double. La contrescarpe est affouillée d'un labyrinthe de galeries et de salles pratiquées dans le roc et qui ont servi de carrières, de souterrains-refuges, de galerie de mine et autres usages. les innombrables galeries et caves creusées dans le roc et débouchant parfois au pied des remparts ; beaucoup ont été comblées et murées, dans l'ensemble, on les a insuffisamment explorées..


Dans l'angle des murs ouest et sud et au haut de la ligne oblique déterminée par les arcs méridionaux, se loge la porte étroite dont nous avons parlé et qui est justiciable du projet définitif. Le rez-de-chaussée servait de cellier, de magasin et d'arsenal ; éclairé par cinq meurtrières, il possédait deux fours creusés dans les murs nord-est et sud-ouest. Un puits débouchait dans cette grande cave obscure et donnait accès à des galeries souterraines. Ce puits est intérieurement parementé, ce qui est un indice de tardiveté relative, le puits du Coudray à Chinon, datable de la fin du Xe siècle, ne possédant aucun parement. Les galeries ont dû servir de carrières, de contremines ou de magasins, il est possible qu'elles aient eu des ouvertures sur la campagne par des branches aujourd'hui comblées..

Le Martelet est un pavillon de fort médiocre saillie au-dessus du terre-plein de la citadelle, mais d'un relief considérable au-dessus du pied de l'escarpe, le bâtiment est presque entièrement creusé dans la craie : il comprend deux étages au-dessus du sol, et trois étages de caves, cachots et galeries dont certains, assurément antérieurs au xve siècle, ont pu servir de carrière ou de souterrains-refuges.


Un large couloir irrégulier, long d'une vingtaine de mètres, large de deux à trois, ressemble bien à la galerie d'exploitation d'une carrière ; il aboutit à un escalier qui part du milieu de la basse cour pour descendre jusqu'au fossé où il débouche entre les tours A et B. (L’entrée des souterrains ES)


 
Cette entrée des Galeries de secours et de ravitaillement (ESR) ont été découverte à 12 mètres de profondeur dans l'enceinte du Grand Donjon, par M. Girardin, Gardien-Chef. Cet escalier, longtemps obstrué par un amas de décombres, a été découvert en 1910 par le gardien (chef de la prison, M. Girardin, qui en avait déjà déblayé la moitié inférieure en 1927.


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