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Les souterrains de Bourges : Mythe et réalité.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Mer 17 Avr - 11:00 (2013)    Sujet du message: Les souterrains de Bourges : Mythe et réalité. Répondre en citant

Les souterrains de Bourges : Mythe et réalité.

Le sous-sol de Bourges est un véritable gruyère. Les civilisations se sont succédé pendant 2000 ans sur l'ancien oppidum gaulois, s'empilant littéralement les unes sur les autres si bien qu'aujourd'hui, en certains endroits du cœur historique de la ville, le sol géologique se trouve à plus de dix mètres de la surface! Carrières, caves et galeries forment le décor énigmatique de ce « Bourges souterrain » dont on ne sait pas grand chose avec certitude. D'où certaines légendes à la peau dure, comme celle qui veut qu'un souterrain secret traverse Bourges, reliant le château royal de Mehun au château de Bois-Sir-Amé (plus de trente kms) où résidait Agnès Sorel, la maîtresse de Charles VII. S'appuyant sur des études sérieuses, Philippe Goldman essaie de nous faire découvrir et comprendre la vraie nature du sous-sol berruyer.


 

La vieille ville au pied de la cathédrale, « Cette ville ( Bourges) est creuse comme un clapier et suspendue sur des caves comme Thèbes en Egypte » Cette citation provient d'un opuscule publié en 1682 par Nicolas Catherinot. Depuis lors, les souterrains de Bourges sont devenus l'un des phantasmes favoris des Berruyers. Les légendes les plus invraisemblables ont été brodées autour de ces galeries, On leur a prêté des destinations et surtout des distances fantaisistes ou farfelues. Tous les propriétaires de maisons anciennes du centre de Bourges ont tenté, un jour ou l'autre, d'explorer « leur» souterrain, voire d'en inventer en fouillant leur cave, Livres, bandes dessinées, articles de presse ont aidé à la diffusion de ces légendes, dont on finit par se demander si elles ne mériteraient pas une étude psychanalytique...

Si l'on tente de laisser de côté toute cette mythologie, tantôt « second degré », tantôt complètement délirante, pour faire le point de façon aussi raisonnable que possible, on constate d'un côté l'existence d'éléments concrets, observables (et d'ailleurs dûment observés depuis un siècle), mais aussi la difficulté de répondre de manière satisfaisante à toutes les questions posées. Il est nécessaire d'établir en premier lieu une distinction entre trois de ces éléments trop fréquemment mélangés : il existe d'une part des caves, sur un ou parfois deux ou trois niveaux; il existe d'autre part des galeries souterraines; il existe enfin, surtout à la périphérie de la ville, des carrières de pierre. Cela étant, caves et souterrains sont souvent en relations, et il est possible que nombre de souterrains soient à l'origine d'anciennes carrières...

Les carrières: un calcaire de qualité variable. Des raisons d'économie ont conduit de tout temps à vouloir raccourcir les distances et limiter les transports. On a donc essayé, chaque fois que c'était possible, de tirer la pierre sur place. Des carrières sont attestées tout autour de Bourges: celles dites «du Château », route de Dun; celles « de Lazenay»; celles « de Saint-Ambroix » ; celles « du Moutet» ; celles « des Tailleries» ; etc.., Certaines furent sans doute exploitées dès l'époque romaine, d'autres apparaissent dans des documents médiévaux, d'autres encore ne sont documentées qu'aux XVIIe, XVIIIe, ou XIXe siècles. Cependant, le calcaire qui en était extrait n'était pas, en général, d'une très grande qualité, et pour les beaux édifices, ou tout simplement pour les pièces importantes de maisons ordinaires (seuils, fenêtres, cheminées...), on avait recours à des carrières plus éloignées (région de la Celle-Bruère / Meillant, Charly, La Chapelle-SaintUrsin, Apremont, etc.).

 

Si la pierre extraite autour de Bourges n'était pas toujours de qualité, celle du centre même de la ville l'était encore moins, et paraissait difficilement utilisable pour tailler des moellons. Pourtant - et nous y reviendrons - bon nombre de souterrains présentent des caractéristiques de carrières (fronts de taille, puits d'aération...). Faut-il supposer que des bancs de pierre de meilleure qualité aient existé? Ou bien cette «pierre» aurait-elle servi à d'autres fins que la taille, par exemple pour constituer, mélangée à la paille, le hourdis entre les pans de bois? Hypothèses non vérifiées. Quoi qu'il en soit, sur un plan économique, on peut également se demander si le coût d'une extraction d'aussi peu d'intérêt, et aussi profonde, donc délicate, compensait celui des transports...

Les caves sont de création assez « récentes » On a coutume d'imaginer toutes les maisons urbaines anciennes comme dotées de caves. Cela n'a pourtant pas toujours été le cas. Il semble que ce soit aux XIII', XIV" et XV' siècles qu'aux « celliers », plus ou moins enterrés (ou excavés), aient succédé des caves de plus en plus nombreuses, au moins dans les centres-villes, suivant l'accroissement démographique et l'augmentation de la densité urbaine (avant les ravages de la peste, puis reprenant à la fin de la Guerre de Cent Ans). Il se trouve que les caves sont le plus souvent d'une datation très difficile. Si une croisée d'ogives renvoie sans trop de contestation possible aux XIIIe-XIVe siècles, par contre les voûtes en berceau - les plus répandues - sont d'un type utilisé jusqu'à une période très récente sans grandes variations dans leur forme ou leurs matériaux, sans ornements architecturaux, elles sont rebelles aux étiquettes chronologiques précises.

Les carrières du Château.
Le superbe ensemble de galeries «du Château », route de Dun, est devenu célèbre par
Les colonies de chauves-souris qui y logent, et qui l'ont sauvé de la destruction en détournant la rocade Est de Bourges. L'histoire de ces carrières qui furent bien utiles aux Berruyers a été publiée (avec un plan) par André Bernon dans un numéro spécial des «Cahiers d’Archéologie et d'Histoire du Berry » (n° 106, juin 1991).

Des fouilles archéologiques sérieuses sur les sols et les fondations de ces caves apporteraient peut-être des éléments de réponses, mais ces sols eux-mêmes ont été largement bouleversés au cours des siècles... ne serait ce que par les fouilles sauvages des propriétaires en quête de souterrains. Les documents d'archives permettent rarement de dater précisément les caves. D'abord, il faut être certain de la synchronie entre cave et maison; ensuite, il faut posséder des preuves de l'édification de la maison à une époque donnée - ce qui n'est pas possible pour toutes les demeures. Caves et maisons ne sont pas toujours de la même époque La contemporanéité des caves et des maisons peut sembler aller de soi, ce n'est pourtant pas toujours le cas. D'un côté, on a des exemples de caves plus anciennes que les maisons, car réutilisées telles quelles (ou à peu près) après la destruction de la maison qui les surmontait « Faire rhabiller et réparer la voûte de la cave », lit-on dans un titre de 1553 concernant une maison du bas de la rue Bourbonnoux détruite par un incendie). Plus surprenant, on a aussi des exemples de caves postérieures aux habitations qu'elles supportent. Ainsi, vers 1490, le pelletier Guillaume Musnier accense une maison près de la porte Ornaise, mais s'engage à « faire une cave dessus ladite maison»; de même, Catherinot parle du « Sieur Asse faisant creuser vers 1667 en sa maison pour y voûter une cave» (Bourges souterrain). Il y a quelques années, des riverains de la rue Bourbonnoux ont entrepris de façon scientifique l'étude du sous-sol de certaines maisons du quartier, la plupart datant des XVème et XVIème siècles. Le principal enseignement de leurs recherches est qu'il n'existe pas de correspondance systématique entre les caves, souvent sur deux niveaux, et les maisons. Ceci montre, semble-t-il, que caves et maisons n'ont pas toujours été réalisées en même temps. Voici en images le fruit plutôt spectaculaire de ces découvertes sous une maison de la rue Joyeuse.

 

En un mot, si l'un peut supposer que l'époque du creusement de la cave et celle de l'édification de la maison sont souvent contemporaines, cela n'est pas systématique, et l'antériorité peut revenir suit à l'une, suit à l'autre... De quoi bouleverser les idées reçues et signifier qu'en matière historique, il convient de garder toujours la plus grande prudence.
Les enseignements d'une étude sur la rue Bourbonnoux Une étude réalisée sur la rue Bourbonnoux, avec l'aide de l'association de quartier, par Annie Chazelle et Isabelle Renault-Constant, a toutefois permis de vérifier que le cas le plus fréquent était la correspondance exacte entre l'implantation de la cave et celle de la maison - maison remontant le plus souvent à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe. D'autres cas, qui montrent la présence de plusieurs caves sous un même bâtiment, ou à l'inverse des caves scindées par un mur indiquant le morcellement de la parcelle, dénoncent des modifications postérieures au creusement des caves, modifications qui peuvent parfois être expliquées à l'aide de documents d'archives. Enfin, des points d'interrogation demeurent, qui concernent des caves en retrait par rapport à la rue, ou bien l'absence de caves sous certaines maisons - on peut conjecturer avec quelque vraisemblance qu'elles ont été comblées. Le sol géologique parfois à plus de 10 mètres... sous terre certaines demeures reposent sur deux étages de caves: était-ce pour fonder plus solidement sur un sol peu stable parce que traversé de galeries ou composé de remblais. Au fur et à mesure de leurs fouilles, les archéologues berruyers constatent les fantasques modifications apportées au sous-sol en plus de deux millénaires d'occupation humaine: en certains points, il faut rechercher à plus de dix mètres le sol naturel « géologique » non bouleversé par les travaux gaulois, romains, médiévaux ou modernes. Ces deux étages de caves signifient ils plutôt une recherche de place? Il est vrai qu'au Xe siècle, le centreville apparait concentré, tassé. Dans d'autres villes, on rencontre ces étages superposés, mais semble-t-il, sans qu'on les ait davantage explicités. Les hypothèses évoquées ici sont les plus vraisemblables, en attendant une recherche plus sérieuse.

L'énigme posée par les souterrains.
Les galeries auxquelles on accède souvent par les caves, au deuxième ou troisième niveau, sont beaucoup plus énigmatiques. On en a signalé un peu partout dans le centre-ville, essentiellement à l'intérieur de l'enceinte du Bas-Empire: rue Moyenne (haut de la rue, emplacements de l'Hôtel des Postes, du Printemps, du Crédit Lyon_ nais), enclos des Jacobins, rue du 95e de ligne (annexe de la préfecture), rues Emile-Zola, de l'Equerre, Edouard-Branly, Coursarlon, de l'Hôtel-Lallemant, de la Grosse-Armée, Porte-Jaune, de la Monnaie, place Etienne-Dolet, sous la rue des TroisMaillets et sous le palais JacquesCoeur. Mais on en a aussi découvert autour de cette enceinte: rues Bourbonnoux, Joyeuse, place Louis-Lacombe, rues du Commerce, Littré, des Arènes... Les zones les plus basses, où la nappe phréatique est trop proche, sont naturellement exclues: quartiers Edouard-Vaillant, Mirebeau, Auron.

En effet, ces galeries atteignent souvent des profondeurs importantes: environ douze mètres pour les souterrains dits « De Saint-Guillaume », quatorze en haut de la rue Bourbonnoux, dix-sept pour les galeries découvertes lors de la construction de l'annexe de la préfecture Conduit par Bruno Frot, ingénieur en chef à la ville de Bourges, visite du souterrain Saint Guillaume, la plus longue galerie connue (environ50 m) entre la mairie (ancien archevêché) et la cathédrale. Nul ne sait à quoi servait ce passage. A douze mètres sous terre, partie obstruée dans le souterrain Saint-Guillaume. Notez le remarquable travail de maçonnerie (arcs doubleaux en plein cintre, croisées d'ogive et pierres de taille chanfreinées) qui permet de dater le creusement de la galerie à l'époque médiévale. (observation de M. Cothenet en 1963)

Il ne parait donc pas possible d'établir une relation entre le rempart du Bas-Empire et ces souterrains. De même, ceux-ci se soucient peu de la surface, ignorant résolument le réseau des rues, et passant sous les limites parcellaires. On ne peut rien tirer non plus de leur orientation. Ils adoptent rarement un plan cohérent: tantôt brisés, tantôt courbes, ils n'autorisent pas le dessin d'un plan-type, et aucune orientation privilégiée ne peut être décelée. Bref, la logique de leur creusement n'apparait pas à première vue. Les souterrains ne forment pas un réseau cohérent Il est exclu d'imaginer un réseau cohérent de galeries sous la cité, et même largement illusoire de privilégier leur fonction de communication. Ces souterrains, le plus fréquemment, ne paraissent pas avoir mené d'un édifice X à un édifice Y. Certes, les innombrables éboulements ne permettent pas de connaître toutes les issues, et il est vraisemblable que certains étaient reliés, mais beaucoup ne possédaient qu'un seul accès, et plusieurs n'ont pu être découverts qu'à l'occasion de travaux de construction - qui en ont d'ailleurs amené la disparition (Hôtel des Postes, Crédit Lyonnais, Jacobins, et derniers en date, à l'emplacement de la nouvelle aile de la mairie et de la Chambre des Métiers, rue Moyenne). Les dimensions doivent en être relativisées : la galerie qui semble la plus longue, celle «de Saint-Guillaume », entre cathédrale et mairie, mesure une cinquantaine de mètres, abstraction faite des raccordements ajoutés par la Défense passive en 1939-1940. Nombre d'autres souterrains ne dépassent pas la dizaine de mètres - même si l'obscurité, les difficultés de l'exploration et les obstructions consécutives à des éboulements (ou bien n'était-ce pas plutôt des extrémités ?) incitent à surévaluer les distances. On est loin des légendes (encore bien vivantes dans l'opinion) de souterrains longs de plusieurs dizaines de kilomètres, permettant d'aller à cheval, par exemple, de Mehun-sur- Yèvre au château de Bois-Sir-Amé !...
_____________________________________
Source: Berry Magazine No 30 (Juin 1994) Page 17 à 24.
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Dernière édition par Mikerynos le Ven 19 Avr - 09:52 (2013); édité 1 fois
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Mikerynos
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MessagePosté le: Ven 19 Avr - 09:51 (2013)    Sujet du message: Les souterrains de Bourges : Mythe et réalité. Répondre en citant

Souvent la marque d'un travail soigné.
Donc, pas de réseau organisé, mais des galeries indépendantes, qui plus est sans orientation ou forme commune. Néanmoins, il existe aussi des ressemblances: largeur et hauteur souvent comparables, présence fréquente d'alvéoles latérales, voûtements présentant des similitudes. Un certain nombre de galeries sont taillées dans la « roche» (bien friable...) et font incontestablement penser à des carrières. Les plans, quand ils en ont été dressés, confortent cette hypothèse. D'autres sont entièrement maçonnées renforcées d'arcs doubleaux en plein cintre ou surbaissés, d'un travail soigné, en pierres de taille chanfreinée dont l'excellent état de conservation saute aux yeux de tous les visiteurs, qui ne peuvent s'empêcher de remarquer qu'elles paraissent « comme neuves» ou « faites d'hier ». Il en est aussi qui possèdent à la fois des parties maçonnées et des parties brutes, comme ces alvéoles qui paraissent parfois autant de fronts de taille. Cette qualité de maçonnerie est largement la plus forte pour critiquer l'hypothèse des « carrières» : sur un plan économique, outre la mauvaise qualité de la pierre, le travail effectué pour voûter ces galeries et l'investissement en bonnes pierres pour ces voûtes laissent sceptique sur l'intérêt d'une telle opération. Sauf à envisager deux phases distinctes, et peut-être éloignées dans le temps: une première, de creusement et d'extraction, puis une deuxième de réutilisation à d'autres fins, en tous cas de consolidation par des arcs soigneusement taillés.

Dans le brouillard des galeries, quelques hypothèses.
Depuis que l'on s'intéresse aux galeries de Bourges, on a avancé bien des hypothèses. Au siècle dernier, des archéologues sérieux ont mis en avant la théorie des carrières. Elle a été reprise récemment par Olivier Ruffier (Archéologie à Bourges, 1980-1982) L'existence de « souterrains refuges » ou de magasins a, pour sa par été privilégié, dans l'entre deux-guerres, par Gauchery et Chenu (cf. Bulletins de la Société Historique du Cher»). Pour J.Lamy « Bourges souterrain » (le «Bulletin d'information du département du Cher », mars 1976), il y a eu d'abord des galeries, remontant peut -être pour certaines à l'époque gauloise, puis, lors de la construction des grandes maisons des XVe-XVIe siècles, consolidation de ces galeries, et fondations élevées sur deux, voire trois niveaux de caves. Une chose est certaine: la maçonnerie n'est pas romaine. Dans certains cas, elle est apparemment médiévale (croisée d'ogives XIIIe ou XIVe dans les galeries «Saint-Guillaume », observations de Dervieu, Gauchery, Chenu). Dans d'autres cas, on peut la supposer nettement plus récente (XVIe ? XVIIe - XVIIIe ?). Ce qui est surprenant, c'est l'absence de ces galeries dans les documents d'archives: on ne trouve guère, aux XVIIe et XVIIIe siècles, que quelques mentions de « caveaux» ou «cavereaux » dont on n'est même pas sûr qu'elles s'appliquent à ces souterrains. Ce «non-dit », ou plutôt ce «non-écrit» ne facilite pas la compréhension.

Bourges souterrain: du pain sur la planche des chercheurs.
Sous l'intitulé «Bourges souterrain », on place donc beaucoup de choses différentes: des caves; des carrières; des galeries d'extraction des pierres gallo-romaines constituant la base du rempart du Bas-Empire (sous la rue des Trois-Maillets par exemple) ; des vestiges gallo-romains (portique et fontaine monumentale rue Fernault) ; des aqueducs (il y en a plusieurs qui aboutissent à Bourges, venant, quant à eux, parfois de plusieurs dizaines de kilomètres comme celui de Traslay, tantôt souterrains, tantôt en élévation, selon la topographie - dans certains cas, on peut se demander s'ils ne sont pas à l'origine des légendes de souterrains de longue distance); et enfin les galeries souterraines de Bourges, qui sont les seules à poser de véritables énigmes. Leur ancienneté est inconnue: sont elles gauloises, comme l'interprétation d'un passage de César sur les mines et les contre-mines d'Avaricum l'a fait croire à certains? L'hypothèse est très risquée. Sont-elles médiévales? Probable. Sont-elles parfois plus récentes? Cela ne peut être exclu. Leur destination n'est pas établie avec certitude: on peut laisser de côte, le plus souvent, la fonction de circulation ; on peut aussi s'interroger sur la validité de l'hypothèse «magasins », compte tenu des difficultés d'accès et de l'humidité; restent les théories « refuge» et surtout « carrières ».

Leur construction enfin rend perplexe : si les galeries taillées dans la roche font songer aux carrières, le bel appareillage des autres n'a pas encore reçu d'explications satisfaisantes. Fouiller oui, mais pas sauvagement. D'ailleurs, pourquoi n'y aurait-il pas des cas différents, et des réponses différentes, aussi bien pour la datation que pour le mode de construction et la destination? La recherche doit continuer pour tenter de répondre à ces questions, mais, autant que possible, puisse-t-elle se faire de façon sérieuse et organisée, sous le contrôle scientifique des archéologues, qui sont les meilleurs connaisseurs du sous-sol, voire avec le concours de géologues ou des services de l'Inventaire qui ont déjà travaillé sur les caves. Les fouilles sauvages (1) n'aboutissent qu'à la destruction des matériaux qui pourraient servir à une véritable analyse, sans compter les risques importants et réels d'éboulements de ces souterrains sur les chercheurs imprudents et de mise en danger des maisons qui les surmontent.


Les dangers de l'exploration.
«Dans un coin de la cave, il y avait un orifice recouvert de planches. On les déplaça, un trou béant apparut, et une odeur de... enfin, de... nous prit aux narines. C'était là que se déversaient les cabinets d'aisance de la maison; c'était une zone extrêmement dangereuse à franchir (...) Je descendis ainsi de quatre ou cinq mètres, et je pris pied au fond, enfonçant mes bottes dans la vase d'un tunnel en pente. Pouah! Il Y avait dans un coin, près du mur, deux ou trois cadavres de rats crevés... » «Les conspirateurs de la rue des Arènes », «Le Berry Républicain », 29 janvier 1948).
______________________________________________
Philippe GOLDMAN
(1) Rappelons d'ailleurs que les fouilles archéologiques .sont interdites et sévèrement punies par la loi, sans autorisation.
Source: Berry Magazine No 30 (Juin 1994) Page 17 à 24.
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