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La chapelle Saint-Libert.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Dim 17 Nov - 15:20 (2013)    Sujet du message: La chapelle Saint-Libert. Répondre en citant

La chapelle Saint-Libert (Tours)

La Société archéologique de Touraine a entrepris la restauration de la chapelle Saint-Libert, sur les quais de la Loire. Un travail lent, financé par des dons de particuliers et des mécènes. Les archéologues ont fait de belles découvertes, à la chapelle Saint-Libert, en cours de restauration située au n° 37, avenue André-Malraux et n° 1, rue de la Bretonnerie à Tours.

Qui pourrait deviner que derrière les tristes hangars situés à l’angle de l’avenue André-Malraux et de la rue de la Bretonnerie se cache un petit trésor : l’ancienne chapelle Saint-Libert, miraculeusement préservée bien qu’elle fût déjà désaffectée bien avant la Révolution. Elle est constituée d’une nef de dimensions intérieures 17 x 7 m. couverte par un toit à deux pentes. Des extensions du XIXe siècle, coté nord et coté est, constituées d’appentis, la masquent entièrement à la vue depuis les voies publiques. Son chevet a disparu depuis bien longtemps, sans doute à l’occasion d’un élargissement de la rue de la Bretonnerie. Sa façade d’entrée, coté ouest, défigurée par un enduit ciment, est, elle aussi, cachée à la vue depuis l’avenue Malraux par une maison du XIXe siècle, appartenant à la Ville et actuellement murée. Cette façade est encadrée de contreforts massifs, dont celui de gauche est entièrement masqué par la maison du XIXe siècle. Le volume intérieur est encore préservé : ce vaisseau est couvert par une très belle charpente à « chevrons formant ferme » qui peut dater du XVe ou du XVIe siècle. (Les jours dans la couverture correspondent à des parties vitrées et non pas à des trous en toiture). On peut apercevoir aussi, depuis l’intérieur de la chapelle, la partie haute de l’ancien portail d’entrée, en arc légèrement brisé.


La façade sud, qui donne dans un jardin privé, a conservé tout son caractère. Portail central de même style que celui de l’entrée ouest ; au-dessus, trois fenêtres en plein cintre, bandeau sous toiture avec moulures et modillons sculptés. La façade nord est cachée sous l’appentis du XIXe siècle qui l’a sans doute protégée. Même bandeau avec modillons que sur la façade sud. Le rempart du castrum (IVe siècle) semble encore existant sous l’appentis.

L’ensemble des maçonneries est caractéristique du XIIe siècle.
Le sol extérieur et intérieur a été surélevé, certainement à la suite de la réalisation des quais et de la digue de protection contre les crues, portant l’avenue Malraux et réalisée aux XVIIIe et XIXe siècle. Un sondage montre que le sol d’origine était situé à environ 2 m sous le niveau actuel.

Les fouilles se poursuivent jusqu’à mi-décembre.
Les fouilles archéologiques, c'est un peu comme une enquête policière. C'est dire si Yves Cogoluegnes, président de la Société archéologique de Touraine (SAT), suit avec grand intérêt le travail des trois archéologues du conseil général, qui tentent de faire parler le sous-sol de la chapelle Saint-Libert depuis mi-septembre. « La première découverte, c'est le mur gallo-romain, sur lequel repose la partie nord de la chapelle », explique Yves Cogoluegnes. Un mur de quatre mètres de large, jusqu'à présent enfoui sous la terre, et que le public pourra découvrir à l'issu de la rénovation de la chapelle.

Une famille entière au XVIe siècle
Après avoir retiré près de 350 m3 de terre, et gratté le sol minutieusement à la main, les archéologues ont réalisé d'autres découvertes surprenantes. D'abord un squelette, puis deux, trois… « Ça n'arrêtait pas, un véritable casse-tête car il a fallu les retirer au fur et à mesure. » Au total ce sont près de quarante sépultures qui ont été recensées. « Les squelettes étaient en très bon état, car ils étaient enterrés dans des linceuls. Certains avaient toutes leurs dents. » Peu d'objets ont été retrouvés, « seulement une bague-anneau ». A priori, ces sépultures datent du XVIe siècle. « Nous pensons qu'il s'agit de membres d'une même famille, des nobles, qui se sont fait enterrer dans cette chapelle funéraire. On a retrouvé des adultes mais aussi beaucoup de squelettes d'enfants. » Aujourd'hui, les sépultures sont vides. « Nous allons envoyer tous les ossements en Bourgogne pour des analyses. » Les résultats devraient donner plus d'éléments sur la présence des squelettes sous la chapelle. En attendant, les recherches se poursuivent et offrent encore de nombreuses surprises. « En dessous des sépultures, nous avons aperçu des traces d'un bâtiment antérieur au XIIe siècle, peut-être une chapelle carolingienne. » L'enquête se poursuit…
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Sources : La Société archéologique de Touraine a lancé une souscription pour financer la restauration de la chapelle. www.sat-touraine.fr ou 06.07.27.35.01.
http://www.societearcheotouraine.eu/633/Projet_Saint_Libert_.html


HISTORIQUE de la Chapelle Saint-Libert
Etude de Jean-Michel Gorry.


Le site de la chapelle Saint-Libert et son environnement immédiat présente, pour la ville de Tours, un grand intérêt historique et patrimonial. Situé dans l’angle nord-est de l’enceinte gallo-romaine, le cœur de la Cité de Tours, il n’a jamais fait l’objet de fouilles archéologiques et pas davantage d’opération de réhabilitation ou de restauration. Ainsi, contrairement aux sites du château de Tours et à celui de l’amphithéâtre qui ont été souvent étudiés et qui sont aujourd’hui assez bien connus, celui de Saint-Libert a pu rester relativement ignoré et, de ce fait, la chapelle actuelle, bien qu’en danger de dégradation, fut à peu près conservée en son état originel.

Or, dès le milieu du XIXe siècle, la Société archéologique de Touraine avait pris conscience de la nécessité d’étudier la chapelle Saint-Libert dont l’ancienneté était manifeste et de la protéger. La SAT avait même nommé une commission d’enquête qui en donna une première description et attira l’attention de ses membres et des autorités sur son triste état d’abandon. À la date du rapport, en 1859, elle avait, certes, cessé de servir de salpêtrière, mais elle était devenue simple dépôt pour un maître charpentier qui cherchait d’ailleurs à s’en débarrasser.

L’organisation du castrum telle que le voyait G. Giraudet, dans son Histoire de la ville de Tours de 1873. Saint-Libert figure dans le secteur nord-est (Fonds SAT DF To 282) Pierre Leveel, président de la SAT, écrivait, en 1967, « Réalité presque incroyable : il existe à Tours une ancienne église du XIIe siècle, inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques [sur intervention de la SAT] depuis le 2 décembre 1946, mais entièrement passée sous silence depuis cette date ». Et il ajoutait que la Société archéologique de Touraine n’avait cessé de dénoncer auprès des autorités responsables du Patrimoine « la véritable verrue que représente encore aujourd’hui ce qui fut au début du XXe siècle une fabrique de conserves alimentaires… »

Que nous apprennent à son sujet les textes connus et étudiés depuis longtemps par de nombreux historiens, en particulier au XIXe siècle ?

Le diplôme du 27 juin 919
La plus ancienne mention d’une église sur le site de Saint-Libert se trouve dans une charte accordée par le roi Charles III le Simple aux « frères » de la collégiale Saint-Martin, le 27 juin 919. Il s’agit d’un acte solennel, un diplôme, par lequel le roi confirme la protection et l’immunité qu’il accorde aux biens et possessions de la collégiale Saint-Martin. L’acte fait l’énumération de ces biens. Voici une traduction assez littérale du passage concernant notre sujet :

« et en outre des terrains avec la salle d’audience qui était appelée autrefois Maudite, qui maintenant, à cause de la réception de saint Martin, est nommée Maison de Dieu, à l’intérieur des murs de la ville de Tours, avec mur d’enceinte et poterne, ayant de tour, depuis la porte d'Orléans jusqu'aux arènes quatre-vingt-seize perches, donnant eux-mêmes [les « frères » de Saint-Martin] en échange au seigneur Hugues l’Abbé, pour le palais comtal, pareillement à l’intérieur de la même dite cité, quatre-vingt-seize perches du côté de la Loire, avec église, mur d’enceinte et poterne.»

Ce diplôme confirme un échange intervenu entre le comte Hugues l’Abbé et les « frères » de Saint-Martin. Cet acte d’échange aujourd’hui disparu, signé entre 866 et 877, indiquait que le comte Hugues l’Abbé obtenait par voie d’échange un terrain contenant une église près d’une poterne (d’environ 3600 m2).

Ses derniers propriétaires, qui l’utilisaient comme dépôt depuis 22 ans, ont décidé au début de l’année 2010 de la mettre en vente. Les collectivités locales, prévenues, n’ont pas manifesté l’intention de l’acquérir. La SAT s’est interrogée :
- Ne devait-elle pas considérer qu’il était dans sa vocation de s’intéresser à cette chapelle et d’empêcher ainsi qu’elle ne soit acquise par un investisseur privé, pas forcément attentif à sa préservation ?
- Lui était-il possible de l’acquérir pour la préserver et la mettre en valeur ?
- N’était-ce pas l’occasion d’y réinvestir une partie du capital résultant de la vente de l’hôtel Babou de la Bourdaisière le 13 décembre 2004 ?

Une promesse de vente a été signée le 17 mars 2010 par les propriétaires au bénéfice de la SAT. La Ville nous a assurés de son soutien (lettre de monsieur le Maire du 3 juin 2010) dont nous reproduisons les termes essentiels : « …Cet édifice constitue un des éléments de notre patrimoine dont l’ancienneté et les caractéristiques architecturales sont reconnues par une protection au titre des Monuments historiques en date de 1946. Votre démarche constitue une mesure conservatoire à laquelle je ne peux que souscrire. Elle permet en effet de préserver l’intégrité de ce bâtiment et offre ainsi un précieux accompagnement à la Ville de Tours, préoccupée par la protection de son riche patrimoine historique, mais pour lequel elle ne peut à chaque fois se rendre propriétaire…

Je vous fais part de mon soutien plein et entier pour cette courageuse initiative et de manière plus générale, de ma reconnaissance pour vos travaux de sauvegarde, de connaissance et de promotion de notre patrimoine commun. » Plusieurs études de faisabilité ont alors été lancées pour fiabiliser le projet.
_________________________________
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Saint-Libert_(Tours)
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MessagePosté le: Dim 17 Nov - 15:20 (2013)    Sujet du message: Publicité

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