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Les souterrains du vieux Mans.

 
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Mikerynos
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MessagePosté le: Dim 17 Nov - 16:22 (2013)    Sujet du message: Les souterrains du vieux Mans. Répondre en citant

Les souterrains du vieux Mans.
Le Mans (72)


Le Mans, actuel chef-lieu de la Sarthe et ancienne capitale provinciale du Maine est un lieu au riche patrimoine architectural. Le « vieux Mans » et ses quartiers voisins sont sillonnés dans leurs sous-sols de vieux souterrains. En 1935, l'érudit sarthois André Bouton y avait consacré une plaquette. Existe-t-il vraiment un réseau souterrain sous le vieux Mans ?

Les Romains ont laissé leur trace au travers de nombreux vestiges. Outre la muraille qui entoure une partie de la vieille ville, le sous-sol regorge d'un patrimoine ancien, en bon état mais pas toujours accessible. Une des curiosités du Vieux-Mans est qu’il repose sur des catacombes fermées au public pour cause de sécurité. Reliés à d’autres points stratégiques de la ville en partant de la cathédrale, un véritable maillage souterrain s’est formé. Selon Nicolas Gautier, architecte des bâtiments de France, il n’y a pas de souterrains partant de la cathédrale Saint-Julien, c’est une légende.


Après la conquête de la ville vers 1060, Guillaume le Conquérant n'est guère rassuré par le peuple manceau, qu’il juge révolté au possible. Il décide de s’installer durablement dans la ville. Pour ce faire, il érige deux donjons en bois et fait construire deux mottes surélevées : le grand et le petit Barbet. Sur le Petit Barbet, déjà terrain d’entrainement militaire gallo-romain, est bâti le lycée Montesquieu. La motte du grand Mont-Barbet a subsisté en partie entre la rue de ce nom et celle du Donjon, vraisemblablement établie à l’emplacement de profonds fossés défendant son flanc Nord - Nord-Est. La vulnérabilité des Monts-Barbet étant démontrée, Guillaume se résolut à construire la Tour Royale, appelée depuis « Tour Orbrindelle » C’était une grande tour carrée de quatre étages au moins, sans doute, assise à cheval sur le mur gallo-romain de la ville. La Tour Royale ne resta intacte que peu d'années. Avant 1138, elle était abaissée jusqu'au niveau de l'enceinte de la ville. La base resta découronnée jusqu'à sa complète et entière démolition. En février 1617, le comte d'Auvergne s'en va lui-même au Mans pour ordonner la démolition du château. Les matériaux déblayés sont vendus au profit de la ville ou bien servent à rebâtir des lieux saints. Pendant plus de vingt ans, le terrain deviendra la plus grande carrière de la ville. Vers 1785, un étage lui fut enlevé et en 1909 elle menaça de s'écrouler. Mais des travaux de rétablissement dans son premier état furent bientôt commencés et le vénérable monument fut encore une fois sauvé.

Le système de fortification du château et notamment l'achèvement de la porte défensive se situe aux alentours de 1425, cinq tours défendaient cette courtine. La première à proximité de la Place du Château, s'appelle la tour du Cavalier. La tour antique paraît enfermée en partie dans une autre du moyen âge en pierres de pavé. Cette transformation appliquée à d'autres tours de l'enceinte était nécessitées par l'emploi des bouches à feu. A côté se trouve l'escalier qui conduisait aux créneaux de l'enceinte du XVe siècle. La seconde tour située au milieu de la place actuelle était ronde, et a été remplacée par un donjon carré édifié par Guillaume le Conquérant. C'était la « Turris regia ». C'est près d'elle que se situe cette porte du Nord, dite de la Tour, citée par l'Enquête de 1245.

La suivante était la tour Margot encore existante, qui a été remaniée comme la tour du Cavalier lors de l'établissement de l'enceinte dite du Château. Dans son souterrain bien voûté, il y avait un passage pour pénétrer dans les fossés de l'enceinte. La courtine a disparu entré les tours du Cavalier et Margot ce qui a permis l'agrandissement de la place du Château, après la démolition, en 1617, de la Tour royale, dite aussi Orbrindelle. Vient ensuite la tour de la Psaletle, précédemment de l'Evêché, encore existante, encastrée avec des restes d'une galerie de l'ancien édifice épiscopal.

Les souterrains du vieux Mans regorgent de nombreuses légendes.
L'abbé Voisin cite plusieurs souterrains qui existent dans la vieille ville du Mans l'un d'eux fait partie d'une maison de la rue des Chanoines, et conduisait, suivant la tradition, a la place des Jacobins. D'après une exploration, il n'a qu'une longueur de 26 mètres. Un autre se trouve dans une maison située près de la Petite Poterne. Ces souterrains ne devaient pas servir de lieux de refuge, mais étaient plutôt destinés à l'écoulement des eaux.

L'hôtel Mauboussin.
Feu M. Mauboussin, ancien notaire, avait fait construire sa demeure sur l'emplacement de l'ancienne maison d'un parent de l'impératrice Eugénie. Il sera construit en 1835 sur les décombres de l'ancien enclos du couvent des Ursulines. La légende mancelle veut que les religieuses aient caché un trésor avant la chute de l'édifice, à la révolution. Des souterrains menant vers la vieille ville se situent sous l'hôtel. Le souterrain de l'étoile ou souterrain de la lune, passant sous la cour de l'hôtel et sous la place de l'étoile (aujourd'hui place Lionel-Lecouteux) a lui, été mis au jour, mais aucun trésor ne fut retrouvé...

Le 26 septembre 1904, le service de la Voirie en posant une conduite d'eau dans la rue Champgarreau, venait de découvrir un souterrain de 4 à 5 mètres de largeur et de 3 m 50 de hauteur sous clef. Dès le premier instant, aucun doute n'était possible. C'était le légendaire souterrain des Ursulines, qui reparaissait à la lumière. Depuis la Révolution, ce mystérieux souterrain n'avait cessé de surexciter l'imagination des naïfs, et dans son numéro du 23 juin 1836, le journal L'Ami des lois avait raconté encore longuement la merveilleuse histoire du trésor qu'on prétendait y avoir été caché. Si fantasque et si longue qu'elle soit, l'histoire est assez peu connue aujourd'hui pour que nous la reproduisions in extenso, malgré sa longueur, comme une curieuse légende de la Révolution :

« Le 3 vendémiaire an 1er de la République française, une et indivsible (24 sept. 1792), il régnait, dans le couvent des Ursulines du Mans, une agitation mêlée de terreur. Les prêtres de Saint-Julien s'étaient rendus, déguisés, chez les religieuses ; ils avaient répandu un sinistre avis ; ce jour-là, les officiers municipaux devaient procéder à la mise hors les murs des dames qui avaient choisi cette pieuse retraite. Toutes les religieuses, jeunes et vieilles, songèrent aussitôt à se mettre en règle avec le ciel. On pria, on se confessa, puis on songea aux choses de ce monde et aux richesses renfermées dans cette abbaye qu'il fallait abandonner. Or, le couvent consacré à sainte Ursule était le plus splendide et le plus fortuné de tous ceux du Maine. Ses vastes bâtiments, qui dataient du xive siècle avec leurs tourelles raides et chargées de sculptures, contenaient trois cloches d'une magnificence inouïe et qui faisaient l'orgueil des soeurs. L'une de ces cloches était en vermeil, l'autre en argent, la dernière en acier ciselé. L'enceinte renfermait des prairies, une ferme, des jardins délicieux, et comprenait l'espace qu'occuperont plus tard le domaine des comtes de Tascher, l'hôtel de M. Mauboussin, et les maisons actuelles, si petites et si multipliées, qui ressemblent à des fuies de colombes ou à des demeures de chats.... »

« Sur l'une des tables du réfectoire, les religieuses s'occupaient de ranger dans cinq coffres de bois des ciboires, des coupes, des couverts d'argent ; d'autres renfermaient dans des cassettes des rouleaux de pièces d'or, des écus de six livres et toutes les richesses qu'il importait de soustraire à l'avidité des officiers publics. Quand tout fut prêt, on ferma les coffres et l'on se mit à délibérer sur ce qu'il conviendrait de faire du trésor. L'abbesse, prenant la parole, déclara qu'elle seule choisirait la cachette, que seule elle y transporterait le trésor, et elle congédia ses sœurs... » (1)

Plusieurs années s'étaient passées depuis cet événement : le couvent, démoli en grande partie, était remplacé par les jardins de Tascher ; il n'y avait plus d'église, plus de prières, plus de religieuses, plus de souterrains ; tout avait changé de forme et d'aspect. Or, ce trésor existe certainement, et il est aux environs de la place de l'Etoile. Par contre, il est hors de doute qu'il existe encore, sous la place de l'Etoile, un souterrain. L'un des débouchés de ce souterrain a été nettement indiqué dans la description officielle du grand enclos des Ursulines en février 1793, comme s'ouvrant, « à l'entrée de cet enclos ». Il y a cinquante ans encore, dit-on, on en retrouvait trace dans la cour de la Banque, en face de la porte des Bureaux, et on y avait aménagé une cave pour le concierge. De là, il traversait l'entrée de la rue Albert-Maignan pour gagner, entre la rue Gougeard et la rue de l'Etoile, l'ancien petit enclos des Ursulines (lot n° 6). Il ne devait pas s'y avancer de beaucoup, puisque les documents de la Révolution nous ont appris expressément qu'il se partageait pour moitié entre l'acquéreur du grand enclos et le citoyen Bordier, acquéreur « d'une cave sous la place de la Lune », en avant du lot n° 6. La « voûte » du carrefour de l'Etoile, ou dans la cave du petit enclos, ou encore plutôt dans l'un des caveaux souterrains se trouvaient-ils immédiatement au-dessous des bâtiments du couvent ?
_______________________
(1) Texte intégral dans la Revue historique et archéologique du Maine - Deuxième série, tome sixième - 1926

Les caves.
On ne les voit pas, et pourtant elles sont sous nos pieds partout dans le Vieux-Mans. Les caves se comptent par dizaines, étalées sous les habitations. « Pendant la guerre de 100 ans au XIVe siècle, presque toutes les maisons du Vieux-Mans ont été détruites. Seules les caves sont restées. Les maisons ont été reconstruites. Les caves sont donc les parties les plus anciennes des habitations », explique Étienne Bouton, dont le père, André Bouton, a écrit un livre sur le sujet. Il peut y avoir deux ou trois niveaux de caves. Et plus une maison est étroite, plus elle a d'étages de cave pour gagner de la place. La dernière cave est voûtée. Si une cave n'est pas voûtée, c'est qu'il y en a sûrement une en dessous. « C'est un indice pour les trouver », indique Étienne Bouton.

Mais certaines ont été bouchées avec de la terre. Pour une raison simple. Chaque ville devait fournir au Roi du salpêtre, qui, associé au soufre et au charbon de bois, permet de fabriquer de la poudre à canon. Ce salpêtre se développe dans les milieux humides. Les salpêtriers venaient donc dans les caves et arrachaient des pierres. « Ils causaient beaucoup de dégâts, des maisons s'effondraient. Certaines personnes ont donc bouché leur cave avec de la terre », ajoute le Manceau. Lors de la restauration du Vieux-Mans dans les années 1960, des caves bouchées ont été trouvées sous le premier niveau. Les caves sont aussi parfois considérées comme des souterrains, car certaines communiquaient entre elles par des portes qui ont été murées.

« Quand mon père a écrit son livre en 1936, il a voulu faire des photos. Comme il n'y avait pas de flash, il a fait brûler du magnésium. Les fumées du magnésium utilisé dans une cave ressortaient parfois dans une autre de l'autre côté de la rue », se souvient Étienne Bouton. Et les légendes sont nombreuses : « Le musée de la Reine Bérengère possède une cave. La légende raconte qu'un tunnel en partait pour aller à l'abbaye de l'Épau, en passant sous l'Huisne, ce que les moyens techniques de l'époque ne permettaient pas. De plus, l'abbaye date du XIIIe siècle, la maison du XVe siècle... »
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